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vendredi 10 mai 2019

Les moutons de Ya´aqôv : la génétique et l'épigénétique dans la Tôroh


בס״ד

Sidhrath Wayyizkôr `alôhim – Les moutons de Ya´aqôv : la génétique et l'épigénétique dans la Tôroh


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Dans la Sidhroh de cette semaine, Wayyizkôr `alôhim, Lovon reconnaît qu'il a abondamment été béni par HaShem ית׳ grâce à la présence de Ya´aqôv `ovinou ע״ה, et lui propose un nouveau salaire pour son travail. À ce moment, Ya´aqôv savait qu'il ne fallait pas faire confiance à Lovon, et lui demanda simplement la possession de tous les moutons tachetés (c'est-à-dire, ayant un pelage de différentes couleurs) et mouchetés (c'est-à-dire, ayant des pois sur le pelage). Ces moutons à l'apparence imparfaite étaient peu en nombre. Lovon accepta sans hésitation. Il semble que les deux connaissaient les principes de base de la génétique. Aujourd'hui, nous savons que les moutons peuvent avoir approximativement 17 allèles de couleurs différentes et que la couleur blanche est dominante.

Pour ceux qui ont oublié leurs cours de biologie lorsqu'ils étaient à l'école : un allèle est une variation d'un gène. Ainsi, par exemple, tous les humains possède un gène pour la couleur des yeux, mais ont différents allèles qui codent pour obtenir les différentes couleurs : certains ont des allèles pour des yeux bleus, alors que d'autres ont des yeux bruns, etc. Chaque individu possède deux allèles pour chaque gène – une de leur mère, et une autre de leur père. Certains allèles sont « dominants », tandis que d'autres sont « récessifs ». Les allèles dominants ont davantage de probabilité de s'exprimer. Chez les humains, la couleur brune des yeux est dominante sur les yeux de couleur bleue, et c'est pourquoi +/- 55% des gens ont les yeux bruns, alors que seuls +/- 8% ont les yeux bleus.


Les « échiquiers de Punnet » basiques montrant les probabilités de la couleur des yeux des enfants de parents ayant entièrement les yeux bruns et bleus, et d'un parent aux yeux bruns ayant un allèle bleu.

Le blanc est l'allèle dominant pour la couleur des moutons, de ce fait Lovon supposait qu'il venait de conclure une belle affaire par rapport à Ya´aqôv, qui semblait à première vue ignorer la génétique des moutons. En réalité, Ya´aqôv connaissait assez bien la génétique des moutons, et cachait quelque chose d'autre dans sa manche. La seule raison pour laquelle il fit cette proposition à Lovon est qu'il savait que Lovon l'avare l'accepterait sans trop y réfléchir. Comment donc Ya´aqôv supplanterait-il son beau-père ?

  • Petite introduction à l'épigénétique

Ya´aqôv était évidemment un généticien plus instruit que Lovon, car il était conscient d'un concept qui ne fut découvert que dans les récentes décennies, appelé épigénétique. L'épigénétique se réfère aux diverses couches d'héritabilité (probabilité pour qu'une caractéristique apparente, manifeste d'un individu soit transmise héréditairement par les facteurs génétiques) et des effets génétiques qui sont au-dessus, ou à l'extérieur du code génétique en lui-même. En 2008, les scientifiques ont défini un trait épigénétique comme étant « un phénotype héréditaire stable résultant de changements dans un chromosome sans modification de la séquence de l'ADN ». Pour le dire en des termes plus simples : le chromosome qui contient les gènes est altéré d'une certaine façon sans affecter la séquence de l'ADN (le code génétique). Cette altération est aussi héritable, et s'est transmise d'une génération à l'autre.

Un certain nombre de mécanismes épigénétiques ont été découverts. Les plus courants sont la méthylation et l'acétylation, où de petites molécules sont attachées ou retirées du brin d'ADN, l'amenant à se torsader soit plus fermement ou moins fermement. Lorsque l'ADN se torsade plus fermement, le gène est rendu inaccessible, et ne peut pas s'exprimer. S'il ne s'est pas torsadé, le gène est exposé, et peut alors se traduire dans la protéine pour laquelle il code, exprimant ainsi le trait chez la personne.


Enroulement de l'ADN et expression d'un gène

Bien que l'épigénétique soit compliquée, ses implications sont énormes. Ce que cela signifie en termes pratiques est que bien que quelqu'un possède un certain gène, ce gène n'a pas nécessairement à s'exprimer, puisqu'il peut être réduit au silence à travers des mécanismes épigénétiques. Par exemple, quelqu'un qui possède un gène qui le prédispose au cancer, Hos Washolôm (à Dieu ne plaise), pourrait potentiellement voir ce gène être supprimé, éliminant ainsi son risque élevé d'avoir un cancer. Cela s'applique également aux personnes qui pourraient génétiquement être prédisposées à l'obésité, au diabète, à Alzheimer, ou théoriquement, à n'importe quel autre trait. Quelqu'un qui possède à la fois des allèles bruns et bleus n'a pas nécessairement à avoir des yeux bruns. L'allèle des yeux bruns peut être réduit au silence, permettant à l'allèle bleu de pleinement s'exprimer.

Il en est de même des moutons de Ya´aqôv. Bien que les allèles pour donner des moutons tachetés et mouchetés soient récessifs, l'allèle blanc dominant peut être supprimé, ce qui aura pour conséquence de produire davantage de moutons tachetés et mouchetés. Dans la Tôroh, nous lisons comment Ya´aqôv a pris des branches d'arbre et retiré une partie de leur écorce pour exposer les couches blanches intérieures de sorte que leur motif ressemble à celui des moutons tachetés et mouchetés. Il a ensuite placé ces branches en face des moutons blancs qui étaient en chaleur, et cela amena les moutons blancs à produire davantage de petits qui étaient tachetés et mouchetés. De cette façon, Ya´aqôv fut rapidement capable de multiplier le nombre de moutons à l’apparence irrégulière dans les troupeaux, augmentant ainsi sa propre richesse, et laissant Lovon dans une surprise totale !

Qu'est-ce que la science a à dire à ce propos ? Est-il véritablement possible pour des moutons blancs de produire des petits tachetés et mouchetés rien qu'en regardant des branches d'arbre tachetées et mouchetées ? Quels facteurs affectent concrètement l'épigénétique ?

  • La révolution épigénétique

Dans le nord de la Suède se trouve un petit village isolé appelé Överkalix. Ce village a conservé des annales historiques détaillées, incluant les naissances, les maladies, et les morts, ainsi que les moissons et les prix de la nourriture. Des chercheurs ont commencé à se pencher sur ces données et ont remarqué un certain nombre de schémas émergents. Avec surprise, ceux qui ont été élevés à des époques d'abondance tendaient à mener des vies plus courtes et avec plus de maladies, alors que ceux qui avaient été élevés à des époques de relatives famines étaient en meilleure santé et vivaient plus longtemps ! Plus choquant encore, ils ont découvert que ces traits se transmettaient à leurs enfants et petits-enfants. Les petits-fils de ceux qui avaient grandi à des époques d'abondance vivaient en moyenne six années de moins que les petits-fils de ceux qui avaient grandi à des époques de famine !

L'étude d'Överkalix a ouvert la porte à de plus amples recherches sur le sujet, et aujourd'hui nous savons que non seulement la nourriture a des incidences sur notre épigénétique, mais que c'est également le cas de la cigarette, de l'alcool, des exercices physiques que l'on fait, et de pratiquement tous les choix de style de vie que nous faisons. En outre, des études récentes ont découvert que non seulement nos actes ont des incidences sur notre épigénétique, mais également nos pensées ! En 2013, des scientifiques ont découvert que la méditation affecte le mécanisme épigénétique et cause, entre autres choses, moins d'inflammation dans le corps, de meilleures réponses au stress, et des processus mentaux plus rapides. Vous ne le savez peut-être pas, mais toutes ces choses ont déjà été enseignées dans les textes Juifs il y a plusieurs siècles d'ici ! C'est ainsi que, par exemple, nos Sages nous ont déjà enseigné que la création d'un bébé pouvait être influencée par la pensée. Si vous parvenez à vous concentrer de façon adéquate, vous serez capables de déterminer vous-mêmes le sexe du futur bébé !

L'épigénétique a causé une révolution dans le domaine de la biologie, et une nouvelle réalisation que nous ne sommes pas les esclaves de notre génome. Contrairement à ce qu'il a souvent été dit par d'autres scientifiques, les gènes dont nous avons hérités ne nous contrôlent pas. C'est également pour cela qu'il a été enseigné par nos Sages que אֵין מַזָּל לְיִשְׂרָאֵל « `én Mazzol Layisro`él – Il n'y a pas de Mazzol pour les Israélites ». C'est-à-dire que ce que nous sommes n'est pas déterminé par des forces extérieures sur lesquelles nous n'aurions aucun pouvoir ou contrôle. Nous sommes, au contraire, ceux qui contrôlons comment nos gènes fonctionnent, et pratiquement chaque choix que nous faisons a une incidence sur notre santé et bien-être, ainsi que la santé et le bien-être de nos enfants et petits-enfants, étant donné que ces schémas épigénétiques sont héritables. C'est l'une des découvertes scientifiques les plus éclairantes et libératrices, puisque chaque être humain tient en réalité le volant de sa destinée biologique. Cela devrait aussi nous motiver à croire davantage dans les enseignements de nos Sages et à faire des choix de styles de vie plus sains, parce que même si vous ne vous souciez pas beaucoup de votre propre santé, celle de votre postérité est directement impactée par vos choix !

  • De retour aux moutons de Ya´aqôv

Si la méditation joue un rôle sur la façon qu'ont nos gènes de s'exprimer, les autres processus mentaux peuvent permettre la même chose. En exposant visuellement ses moutons à des images tachetées et mouchetées, Ya´aqôv a actionné un changement épigénétique qui a eu pour conséquence de supprimer les allèles blancs. Les neurologues savent depuis très longtemps qu'il n'y a dans le fond aucune différence dans les schémas du cerveau lorsque quelqu'un voit littéralement quelque chose et lorsqu'ils visualisent simplement la même chose. Si les visualisations mentales comme la méditation peuvent affecter l’épi-génome, alors pourquoi pas la visualisation réelle ? Armé de cette connaissance, Ya´aqôv a supplanté son beau-père et est devenu un homme extrêmement riche.

Mais évidemment, on ne peut pas nier le rôle de HaShem dans le processus, comme Ya´aqôv lui-même l'expliquera à ses épouses dans la Sidhroh de la semaine prochaine (Baré`shith 31:7-9). Changer son épigénétique n'est pas chose facile ! Comme pour pratiquement toute chose, une petite aide de HaShem est toujours nécessaire. Ya´aqôv a fait sa part d'efforts en exposant les animaux à des vues stimulantes, et HaShem S'est occupé du reste.

Il est intéressant de noter que 119 « moutons de Ya´aqôv » sont récemment réapparus en Terre d'Israël ! Cette ancienne race de mouton tire ses origines du Moyen-Orient il y a approximativement 5 000 ans d'ici. Ils avaient été extirpés de la Terre d'Israël il y a longtemps, mais Boroukh HaShem, certains ont survécu et avaient été transportés à travers l'Afrique du Nord vers l'Europe et enfin aux États-Unis. Ce mouton tacheté et moucheté très rare est désormais retourné en Terre Sainte.


En tous les cas, à travers cette Sidhroh, nous comprenons encore plus l'importance d'avoir de solides connaissances scientifiques de façon à mieux comprendre la Tôroh. C'est pourquoi, Ribbénou a clairement écrit que sans connaissance des créations de HaShem, il est impossible de véritablement L'aimer et Le craindre, ni de pleinement comprendre Sa Parole. Sachez que les plus grands secrets de la science sont déjà inclus dans la Parole de HaShem, mais c'est uniquement aujourd'hui que les scientifiques découvrent ce que la Tôroh et le Talmoudh nous ont déjà enseigné !

dimanche 24 mars 2019

Les « rebelles » de Yisro`él


בס״ד

Les « rebelles » de Yisro`él

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Lorsque Ya´aqôv `ovinou ע״ה se présente devant son père déguisé en ´ésow son frère, dans le but de s'emparer de la Barokhoh (bénédiction) qui était destinée à ´ésow, Yishoq `ovinou ע״ה respire אֶת־רֵ֥יחַ בְּגָדָ֖יו « l'odeur de ses vêtements », et s'exclame1 : רְאֵה֙ רֵ֣יחַ בְּנִ֔י כְּרֵ֣יחַ שָׂדֶ֔ה אֲשֶׁ֥ר בֵּֽרְכ֖וֹ יְהוָֽה « Vois ! L'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que HaShem a béni ».

Le Talmoudh2 cite une lecture midhrashique de ce Possouq (verset), où le mot ְגָדָיו « Baghodhow – ses vêtements » est plutôt lu ֹגֵדָיו « Bôghédhow – ses rebelles ». D'après cette lecture, Yishoq fait prophétiquement l'éloge même des « rebelles », les impies parmi les descendants de Ya´aqôv. Même ces membres déloyaux du peuple Juif, s'exclame Yishoq, sont « odorants » aux yeux de HaShem ית׳. Ce commentaire dans le Talmoudh est précédé par le très célèbre adage talmudique suivant : « Même ceux qui sont vides parmi toi [Yisro`él] sont remplis de Miswôth comme une grenade ». Il semble que les Sages cherchent ici à souligner que même les pécheurs de Yisro`él accomplissent de nombreuses Miswôth et sont dignes d'admiration pour leurs bonnes œuvres. C'est ainsi que la plupart des rabbins comprennent ce passage talmudique.

Mais Ribbénou comprend ce passage différemment. Il rapporte le commentaire talmudique dans son fameux `iggarath Hashshamodh, un épître qu'il a rédigé à l'âge de 24 ans à l'adresse des communautés persécutées par les Almohades Musulmans, qui forçaient leurs sujets Juifs soit à extérieurement embrasser l'Islam ou à subir une expulsion. Alors que la famille de Ribbénou prit la décision de fuir (abandonnant toutes leurs possessions), de nombreux autres Juifs décidèrent de se comporter comme des Musulmans pour pouvoir rester. Ribbénou rédigea ce traité en réponse à une décision halakhique prise par une figure rabbinique majeure de cette époque (qui ne vivait pas dans les régions dominées par les Almohades), qui condamnait les Juifs qui s'étaient soumis aux persécuteurs et avaient fait serment d’allégeance à l'Islam, et les considéra comme des hérétiques et des pécheurs. Dans sa réponse, Ribbénou défend une approche plus sensible et compréhensive, en insistant sur le fait que ces victimes Juives de la persécution Musulmane restaient des enfants bien-aimés du Tout-Puissant, en dépit du fait d'avoir courbé le dos sous la pression Almohade.

Il écrit ceci dans le deuxième chapitre de ce traité :

Ils ne se sont pas rebellés contre le Tout-Puissant à la recherche du confort et du plaisir ; ils n'ont pas abandonné la foi ni ne se sont distancés d'elle pour atteindre la grandeur et accomplir les plaisirs du temps... Cet homme [qui a condamné les communautés qui ont embrassé l'Islam] ne s'est pas rendu compte que ceux qui ne pèchent pas de plein gré le Tout-Puissant ne les laissera ni ne les abandonnera jamais...comme ils [les Sages], de mémoire bénie, l'ont dit : « Il respira l'odeur de ses vêtements – ne lis pas ''Baghodhow'' mais plutôt ''Bôghédhow'' ».

De là, nous voyons que Ribbénou comprend le passage talmudique se référant aux « rebelles » comme se rapportant à ceux qui se sont « rebellés » en réponse aux pressions d'une persécution religieuse, mais qui dans le fond de leurs esprits restent loyaux à HaShem et à Ses Miswôth. C'est juste qu'ils ont succombé aux menaces de tyrans anti-Juifs.

D'après la lecture de Ribbénou de ce passage, il semblerait que le Talmoudh interprétait ce passage à la lumière de l'image symbolique de Ya´aqôv se tenant devant son père déguisé en ´ésow. Cette image anticipe l'époque où les descendants de Ya´aqôv se retrouveront sous pression de revêtir les vêtements de ´ésow, embrassant extérieurement des croyances étrangères tout en restant intérieurement fidèles et dévoués aux traditions de `avrohom `ovinou ע״ה et Yishoq (הַקֹּל֙ ק֣וֹל יַֽעֲקֹ֔ב וְהַיָּדַ֖יִם יְדֵ֥י עֵשָֽׂו « La voix est la voix de Ya´aqôv, mais les mains sont les mains de ´ésow »3). Même sous de telles circonstances, HaShem « respire l'odeur » de ces « vêtements » portés par les « rebelles » de Yisro`él ; c'est-à-dire qu'extérieurement ils semblent s'être rebellés et avoir changé d'identité, mais intérieurement ils sont restés fidèles et Israélites. C'est pourquoi ils restent bénis de HaShem, comme l'a dit Yishoq.

L'histoire du déguisement de Ya´aqôv a donc pour but d'offrir de l’espoir et des encouragements à tous ceux qui se sont retrouvés contraints de revêtir les vêtements de ´ésow à cause des pressions de la persécution, et leur rappelle l'amour de HaShem à leur égard en dépit de leur « déguisement », et les enjoint à retourner vers le sentier de la pratique de la Tôroh et à se débarrasser une bonne fois pour toute des « vêtements » de ´ésow dès la première opportunité, car sinon ce sera le signe qu'ils sont devenus comme ´ésow même intérieurement. Tout comme Ya´aqôv a mis les vêtements de ´ésow juste temporairement et afin de jouir de la bénédiction qui lui était en réalité destinée, et qui lui revenait de droit, mais est resté Ya´aqôv à l'intérieur de lui, nous aussi devons faire attention à ne pas rester déguisés en ´ésow trop longtemps, et à veiller à ne pas intérieurement accepter les doctrines et attitudes de ´ésow. De cette façon, dès qu'il sera possible de retirer ce vêtement et de retourner dans le camp de Ya´aqôv, nous n'aurons aucune séquelle intérieure et sauront évoluer correctement dans les sentiers de la Tôroh et des Miswôth.
1Baré`shith 27:27
2Sanhédhrin 37a ; voir aussi Midhrosh Baré`shith Rabboh 65
3Baré`shith 27:22

vendredi 8 mars 2019

Yishoq et les puits


בס״ד

La Sidhroh Triennale
Sidhrath Wayyizra´ Yishoq – Yishoq et les puits

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Bien. À partir de la Sidhroh de Tôladhôth Yishoq, la Tôroh nous rapporte l'histoire de Yishoq `ovinou ע״ה, et nous dit que la famine fut la raison pour laquelle il se rendit chez `avimalakh à Garor. HaShem ית׳ ordonna alors à Yishoq de ne pas descendre en Égypte, car en dépit de la famine, Il assura à Yishoq qu'Il pourvoirait à ses besoins. La Tôroh observe que cette famine n'était pas comme celle qui se produisit durant les jours de `avrohom `ovinou ע״ה. Rash''i ז״ל explique que la première famine du temps de `avrohom était une épreuve pour lui. Ramba''n ז״ל commente que `avrohom eut tort de descendre en Égypte et aurait dû avoir foi en la Providence Divine, malgré la famine. Mais concernant Yishoq, Ramba''n ne dit rien sur la décision pourtant identique qu'il prit de descendre en Égypte. Par conséquent, quitter un pays lorsqu'il est frappé d'une famine n'est pas intrinsèquement mauvais. Si HaShem ne S'était pas révélé à Yishoq, il aurait sembler être correct pour Yishoq de se rendre en Égypte, loin d'un pays affligé.

Nous voyons que la Providence continue de HaShem envers Yishoq dépendait de son obéissance de la garde de la Parole de HaShem par `avrohom. Toutefois, chaque patriarche méritait de voir le Nom de HaShem lui être connecté. Yishoq ne faisait pas que perpétuer les études reçues de son père `avrohom ; il ajouta également une dimension nouvelle, et déduisit ses convictions de son propre raisonnement. HaShem fit une promesse à Yishoq, pas seulement parce qu'il était le fils de `avrohom, mais plutôt parce qu'il l'avait mérité par ses propres vertus.

Lorsque Yishoq arriva à Garor, il fit exactement comme son père, et affirma que Rivqoh était sa sœur, afin de protéger sa vie. Après qu'un certain temps fut passé, nous avions lu dans la précédente Sidhroh que le roi, `avimalakh, regardait par sa fenêtre, et surprit Yishoq en train de s'amuser avec Rivqoh, ce qui montrait que leur relation n'était pas une relation de frère et sœur, mais de mari et femme. `avimalakh réprimanda Yishoq pour avoir mis en danger son peuple, car l'un d'eux aurait pu prendre Rivqoh, causant ainsi un péché sur eux tous. Il ordonna ensuite à son peuple de ne faire aucun mal à Yishoq et Rivqoh.

Puis, dans la Sidhroh de cette semaine, la Sidhrath Wayyizra´ Yishoq, nous lisons que Yishoq récolta plus de cent fois plus que ce qu'il avait semé, et eut beaucoup de succès. Ses réussites étaient illimitées. Les Philistins l'envièrent à cause de cela. Il y a un commentaire très intéressant de Rash''i sur Baré`shith 26:13. En citant le Midhrosh1, il déclare : זֶבֶל פִּרְדוֹתָיו שֶׁל יִצְחָק וְלֹא כַּסְפּוֹ וּזְהָבוֹ שֶׁל אֲבִימֶלֶךְ « Mieux vaut le fumier des mules de Yishoq, que l'argent et l'or de `avimalakh ». C'est une idée étrange : pourquoi les gens préféreraient-ils le premier au deuxième ? Ensuite, la Tôroh déclare2 : וְכָל-הַבְּאֵרֹת, אֲשֶׁר חָפְרוּ עַבְדֵי אָבִיו, בִּימֵי, אַבְרָהָם אָבִיו--סִתְּמוּם פְּלִשְׁתִּים, וַיְמַלְאוּם עָפָר « Et tous les puits que les serviteurs de son père avaient creusés durant les jours de `avrohom son père, les Philistins les bouchèrent et les remplirent de poussière ». Pour quelle raison la Tôroh nous informe-t-elle de ce fait obscur ?

Ramba''n déclare qu'il n'y a aucun honneur pour Yishoq dans toute cette histoire. Pourquoi fut-elle donc rapportée ? Il répond que le but de cette Sidhroh est de faire allusion à quelque chose de caché : ces trois puits font allusion aux trois Botté Hammiqdoshim. Le premier puits fut nommé ´ésaq, qui signifie « contention ». Le premier Béth Hammiqdosh fut bâtit au milieu de beaucoup de contentions. Le deuxième puits que Yishoq creusa fut nommé Sitnoh, à cause de l'adversité et haine dont les Philistins firent preuve à son égard. De même, il y eut beaucoup de haine et d'adversité durant l'époque du Bayith Shéni. Rahôvôth fut le nom du troisième puits, pour lequel les Philistins ne s'opposèrent pas à Yishoq. Rahôvôth signifie « largesses », en raison des largesses (tranquillités) désormais accordées à Yishoq. Et durant l'ère du troisième Béth Hammiqdosh, il y aura de la paix.

Dans quel sens `avrohom et son fils Yishoq étaient-ils des patriarches ? Yishoq différait de `avrohom. `avrohom se distinguait par sa capacité à interagir avec le monde. Il débattait avec beaucoup de personnes, et bien qu'il finit par s'exiler, il reprit ses enseignements. Cependant, il y a un autre élément responsable de leur réussite à répandre la connaissance de HaShem : la Divine Providence. HaShem sauva miraculeusement `avrohom à de nombreuses occasions, dégageant ainsi la route pour qu'il puisse continuer à enseigner, tout en aidant à créer sa réputation sans pareille. Yishoq était différent. C'était une « ´ôloh Tamimoh » (un holocauste entier). Ses énergies n'étaient pas orientées vers le monde ni vers le social, mais exclusivement vers la connaissance. Passer si près de la mort lorsqu'il fut élevé sur l'autel eut un effet profond sur la personnalité de Yishoq. Ainsi, HaShem ordonna à Yishoq de ne pas descendre en Égypte. Comment donc Yishoq a-t-il pu jouer un rôle de patriarche ?

Les deux famines étaient le résultat de la Providence. Mais dans le cas de Yishoq, elle n'avait pas pour objectif de servir d'épreuve, contrairement au cas de `avrohom. Durant la famine du temps de Yishoq, HaShem l'instruisit de rester dans le pays. Pourquoi cela était-il nécessaire ?

Les puits étaient essentiels pour que Yishoq émerge comme un patriarche indépendant. On nous dit qu'il devint très riche. Mais sa richesse ne cessa jamais de croître, contrairement à celle de `avimalakh. Ce dernier stagnait dans sa richesse. C'est pourquoi, les Philistins dirent qu'ils préféraient le fumier des mules de Yishoq aux richesses de `avimalakh. Cela signifie qu'ils respectaient Yishoq qui pouvait prendre du fumier (la famine) et en tirer du succès. Cette richesse créa un grand respect envers Yishoq. `avimalakh demanda alors à Yishoq de quitter Garor, car sa présence là rendait minable `avimalakh, le roi, par rapport à lui.

Mais les Philistins finirent par être envieux de Yishoq. Nous apprenons qu'ils bouchèrent les puits de `avrohom. Cela démontrait qu'ils dénonçaient et rejetaient la philosophie de `avrohom. Mais pourquoi les Philistins n'avaient pas bouché les puits de `avrohom plus tôt ? C'est parce que lorsqu'ils virent la grandeur de Yishoq, ils comprirent que l'idéologie de `avrohom n'était pas un mouvement centré sur un homme, mouvement qui a tendance à disparaître une fois que la figure charismatique meurt. Le fait que Yishoq poursuivait la philosophie de `avrohom créait donc à présent des frictions à Garor, car ils ne pouvaient plus considérer que l'ère de `avrohom était terminée. Sa philosophie survivait à travers Yishoq ; il y avait donc une dynastie. L'idée de voir les enseignements de `avrohom se poursuivre était inacceptable pour les Philistins au vue de leur mode de vie débridé. Si les opinions monothéistes de `avrohom étaient mortes avec lui, ils auraient pu rester tranquilles. Mais cela n'était plus le cas. Ils désirèrent donc se rebeller contre la poursuite des idéologies de `avrohom. Mais les Philistins ne pouvaient pas nuire à Yishoq. Ils respectaient sa richesse. C'est pourquoi, ils attaquèrent `avrohom en bouchant ses puits.

Yishoq partit, puis retourna. Pourquoi ? Il agit ainsi afin d'exprimer l'importance de rouvrir les puits de `avrohom. Il refit un voyage de retour à Garor après s'en être allé, précisément pour démontrer la raison de son retour : ressusciter la gloire et les enseignements de `avrohom. Quelle fut la réponse des Philistins ? Ils contestèrent contre Yishoq au sujet de ses nouveaux puits. Ils tentèrent de nier la grandeur de Yishoq. Contrairement au premier puits pour lequel ils dirent « L'eau est à nous », cette fois-ci ce n'était pas l'eau qui les intéressait, mais c'était la célébrité de Yishoq qu'ils déploraient. Après un certain temps, ils comprirent qu'ils ne pourraient pas vaincre Yishoq. Ils succombèrent alors à une autre émotion ; leur respect sous-jacent pour la réussite de Yishoq. Le dicton « Si tu ne peux les vaincre, joins-toi à eux » illustre bien le changement d'attitude des Philistins. Ainsi, le dernier puits, que creusèrent les serviteurs de Yishoq, fut nommé « largesses ». Yishoq n'était plus attaqué, étant donné que l'émotion d'adulation remplaça la répulsion que ressentaient au début les Philistins. C'est à ce moment-là que `avimalakh désira assurer une trêve. La richesse attire les gens. Ce fut par cette méthode que Yishoq devint célèbre.

HaShem orchestra une famine, car c'était le moyen le plus parfait pour rendre utile la richesse de Yishoq. Personne à part lui ne prospéra durant la famine. Pour finir, Yishoq retourna au lieu d'enseignement de `avrohom, à savoir Ba`ér Shova´. C'était pour indiquer qu'après avoir prospérer matériellement, il retournait désormais à l'étude et enseignement des paroles de HaShem. C'est pourquoi, le verset déclare3 : וַיִּקְרָא בְּשֵׁם ה׳ « et il invoqua dans le nom de HaShem » ; c'est-à-dire qu'il recommença à enseigner au sujet de HaShem, son objectif principal. Nous pouvons voir que le plan de HaShem fut couronné de réussite puisque `avimalakh se déplaça jusqu'à Yishoq, reconnaissant sa grandeur. La renommée de Yishoq était désormais positive. `avimalakh ne désirait aucune trêve avec Yishoq tant que ce dernier vivait à Garor. C'est seulement après ses réussites, après son exil, que Yishoq devint très riche, et cette richesse était une préparation nécessaire pour que d'autres puissent reconnaître la véracité et profondeur de la philosophie de Yishoq.

Les Philistins se rendirent compte qu'en mettant en application la philosophie de Yishoq, on pouvait atteindre la réussite dans ce monde-ci. Ce fut exceptionnellement profond, alors qu'ils subissaient une famine.
1Baré`shith Rabboh 64:7
2Baré`shith 26:15
3Ibid., 25

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