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dimanche 2 février 2025
vendredi 10 mai 2019
Les moutons de Ya´aqôv : la génétique et l'épigénétique dans la Tôroh
בס״ד
Sidhrath
Wayyizkôr `alôhim – Les moutons de Ya´aqôv :
la génétique et l'épigénétique dans la Tôroh
Cet article peut être téléchargé ici.
Dans
la Sidhroh de cette semaine, Wayyizkôr `alôhim,
Lovon reconnaît qu'il a abondamment été béni par HaShem ית׳
grâce
à la présence de Ya´aqôv `ovinou ע״ה,
et lui propose un nouveau salaire pour son travail. À ce moment,
Ya´aqôv savait qu'il ne fallait pas faire confiance à
Lovon, et lui demanda simplement la possession de tous les moutons
tachetés (c'est-à-dire, ayant un pelage de différentes couleurs)
et mouchetés (c'est-à-dire, ayant des pois sur le pelage). Ces
moutons à l'apparence imparfaite étaient peu en nombre. Lovon
accepta sans hésitation. Il semble que les deux connaissaient les
principes de base de la génétique. Aujourd'hui, nous savons que les
moutons peuvent avoir approximativement 17 allèles de couleurs
différentes et que la couleur blanche est dominante.
Pour
ceux qui ont oublié leurs cours de biologie lorsqu'ils étaient à
l'école : un allèle est une variation d'un gène. Ainsi, par
exemple, tous les humains possède un gène pour la couleur des yeux,
mais ont différents allèles qui codent pour obtenir les différentes
couleurs : certains ont des allèles pour des yeux bleus, alors
que d'autres ont des yeux bruns, etc. Chaque individu possède deux
allèles pour chaque gène – une de leur mère, et une autre de
leur père. Certains allèles sont « dominants », tandis
que d'autres sont « récessifs ». Les allèles dominants
ont davantage de probabilité de s'exprimer. Chez les humains, la
couleur brune des yeux est dominante sur les yeux de couleur bleue,
et c'est pourquoi +/- 55% des gens ont les yeux bruns, alors que
seuls +/- 8% ont les yeux bleus.
Les « échiquiers
de Punnet » basiques montrant les probabilités de la couleur
des yeux des enfants de parents ayant entièrement les yeux bruns et
bleus, et d'un parent aux yeux bruns ayant un allèle bleu.
Le
blanc est l'allèle dominant pour la couleur des moutons, de ce fait
Lovon supposait qu'il venait de conclure une belle affaire par
rapport à Ya´aqôv, qui semblait à première vue
ignorer la génétique des moutons. En réalité, Ya´aqôv
connaissait assez bien la génétique des moutons, et cachait quelque
chose d'autre dans sa manche. La seule raison pour laquelle il fit
cette proposition à Lovon est qu'il savait que Lovon l'avare
l'accepterait sans trop y réfléchir. Comment donc Ya´aqôv
supplanterait-il son beau-père ?
- Petite introduction à l'épigénétique
Ya´aqôv
était évidemment un généticien plus instruit que Lovon, car il
était conscient d'un concept qui ne fut découvert que dans les
récentes décennies, appelé épigénétique. L'épigénétique se
réfère aux diverses couches d'héritabilité (probabilité
pour qu'une caractéristique apparente, manifeste d'un individu soit
transmise héréditairement par les facteurs génétiques)
et des effets génétiques qui sont au-dessus, ou à l'extérieur du
code génétique en lui-même. En 2008, les scientifiques ont défini
un trait épigénétique comme étant « un
phénotype héréditaire stable résultant de changements dans un
chromosome sans modification de la séquence de l'ADN ».
Pour le dire en des termes plus simples : le chromosome qui
contient les gènes est altéré d'une certaine façon sans affecter
la séquence de l'ADN (le code génétique). Cette altération est
aussi héritable, et s'est transmise d'une génération à l'autre.
Un
certain nombre de mécanismes épigénétiques ont été découverts.
Les plus courants sont la méthylation et l'acétylation, où de
petites molécules sont attachées ou retirées du brin d'ADN,
l'amenant à se torsader soit plus fermement ou moins fermement.
Lorsque l'ADN se torsade plus fermement, le gène est rendu
inaccessible, et ne peut pas s'exprimer. S'il ne s'est pas torsadé,
le gène est exposé, et peut alors se traduire dans la protéine
pour laquelle il code, exprimant ainsi le trait chez la personne.
Enroulement
de l'ADN et expression d'un gène
Bien
que l'épigénétique soit compliquée, ses implications sont
énormes. Ce que cela signifie en termes pratiques est que bien que
quelqu'un possède un certain gène, ce gène n'a pas nécessairement
à s'exprimer, puisqu'il peut être réduit au silence à travers des
mécanismes épigénétiques. Par exemple, quelqu'un qui possède un
gène qui le prédispose au cancer, Hos
Washolôm
(à Dieu ne plaise), pourrait potentiellement voir ce gène être
supprimé, éliminant ainsi son risque élevé d'avoir un cancer.
Cela s'applique également aux personnes qui pourraient génétiquement
être prédisposées à l'obésité, au diabète, à Alzheimer, ou
théoriquement, à n'importe quel autre trait. Quelqu'un qui possède
à la fois des allèles bruns et bleus n'a pas nécessairement à
avoir des yeux bruns. L'allèle des yeux bruns peut être réduit au
silence, permettant à l'allèle bleu de pleinement s'exprimer.
Il
en est de même des moutons de Ya´aqôv.
Bien que les allèles pour donner des moutons tachetés et mouchetés
soient récessifs, l'allèle blanc dominant peut être supprimé, ce
qui aura pour conséquence de produire davantage de moutons tachetés
et mouchetés. Dans la Tôroh, nous lisons comment Ya´aqôv
a pris des branches d'arbre et retiré une partie de leur écorce
pour exposer les couches blanches intérieures de sorte que leur
motif ressemble à celui des moutons tachetés et mouchetés. Il a
ensuite placé ces branches en face des moutons blancs qui étaient
en chaleur, et cela amena les moutons blancs à produire davantage de
petits qui étaient tachetés et mouchetés. De cette façon, Ya´aqôv
fut rapidement capable de multiplier le nombre de moutons à
l’apparence irrégulière dans les troupeaux, augmentant ainsi sa
propre richesse, et laissant Lovon dans une surprise totale !
Qu'est-ce
que la science a à dire à ce propos ? Est-il véritablement
possible pour des moutons blancs de produire des petits tachetés et
mouchetés rien qu'en regardant des branches d'arbre tachetées et
mouchetées ? Quels facteurs affectent concrètement
l'épigénétique ?
- La révolution épigénétique
Dans
le nord de la Suède se trouve un petit village isolé appelé
Överkalix.
Ce village a conservé des annales historiques détaillées, incluant
les naissances, les maladies, et les morts, ainsi que les moissons et
les prix de la nourriture. Des chercheurs ont commencé à se pencher
sur ces données et ont remarqué un certain nombre de schémas
émergents. Avec surprise, ceux qui ont été élevés à des époques
d'abondance tendaient à mener des vies plus courtes et avec plus de
maladies, alors que ceux qui avaient été élevés à des époques
de relatives famines étaient en meilleure santé et vivaient plus
longtemps ! Plus choquant encore, ils ont découvert que ces
traits se transmettaient à leurs enfants et petits-enfants. Les
petits-fils de ceux qui avaient grandi à des époques d'abondance
vivaient en moyenne six années de moins que les petits-fils de ceux
qui avaient grandi à des époques de famine !
L'étude
d'Överkalix a ouvert la porte à de plus amples recherches sur le
sujet, et aujourd'hui nous savons que non seulement la nourriture a
des incidences sur notre épigénétique, mais que c'est également
le cas de la cigarette, de l'alcool, des exercices physiques que l'on
fait, et de pratiquement tous les choix de style de vie que nous
faisons. En outre, des études récentes ont découvert que non
seulement nos actes ont des incidences sur notre épigénétique,
mais également nos pensées ! En 2013, des scientifiques ont
découvert que la méditation affecte le mécanisme épigénétique
et cause, entre autres choses, moins d'inflammation dans le corps, de
meilleures réponses au stress, et des processus mentaux plus
rapides. Vous ne le savez peut-être pas, mais toutes ces choses ont
déjà été enseignées dans les textes Juifs il y a plusieurs
siècles d'ici ! C'est ainsi que, par exemple, nos Sages nous
ont déjà enseigné que la création d'un bébé pouvait être
influencée par la pensée. Si vous parvenez à vous concentrer de
façon adéquate, vous serez capables de déterminer vous-mêmes le
sexe du futur bébé !
L'épigénétique
a causé une révolution dans le domaine de la biologie, et une
nouvelle réalisation que nous ne sommes pas les esclaves de notre
génome. Contrairement à ce qu'il a souvent été dit par d'autres
scientifiques, les gènes dont nous avons hérités ne nous
contrôlent pas. C'est également pour cela qu'il a été enseigné
par nos Sages que אֵין
מַזָּל לְיִשְׂרָאֵל « `én
Mazzol Layisro`él
– Il n'y a pas de Mazzol pour les Israélites ».
C'est-à-dire que ce que nous sommes n'est pas déterminé par des
forces extérieures sur lesquelles nous n'aurions aucun pouvoir ou
contrôle. Nous sommes, au contraire, ceux qui contrôlons comment
nos gènes fonctionnent, et pratiquement chaque choix que nous
faisons a une incidence sur notre santé et bien-être, ainsi que la
santé et le bien-être de nos enfants et petits-enfants, étant
donné que ces schémas épigénétiques sont héritables. C'est
l'une des découvertes scientifiques les plus éclairantes et
libératrices, puisque chaque être humain tient en réalité le
volant de sa destinée biologique. Cela devrait aussi nous motiver à
croire davantage dans les enseignements de nos Sages et à faire des
choix de styles de vie plus sains, parce que même si vous ne vous
souciez pas beaucoup de votre propre santé, celle de votre postérité
est directement impactée par vos choix !
- De retour aux moutons de Ya´aqôv
Si
la méditation joue un rôle sur la façon qu'ont nos gènes de
s'exprimer, les autres processus mentaux peuvent permettre la même
chose. En exposant visuellement ses moutons à des images tachetées
et mouchetées, Ya´aqôv
a actionné un changement épigénétique qui a eu pour conséquence
de supprimer les allèles blancs. Les neurologues savent depuis très
longtemps qu'il n'y a dans le fond aucune différence dans les
schémas du cerveau lorsque quelqu'un voit littéralement quelque
chose et lorsqu'ils visualisent simplement la même chose. Si les
visualisations mentales comme la méditation peuvent affecter
l’épi-génome, alors pourquoi pas la visualisation réelle ?
Armé de cette connaissance, Ya´aqôv
a supplanté son beau-père et est devenu un homme extrêmement
riche.
Mais
évidemment, on ne peut pas nier le rôle de HaShem dans le
processus, comme Ya´aqôv
lui-même l'expliquera à ses épouses dans la Sidhroh de la semaine
prochaine (Baré`shith
31:7-9). Changer son
épigénétique n'est pas chose facile ! Comme pour pratiquement
toute chose, une petite aide de HaShem est toujours nécessaire.
Ya´aqôv
a fait sa part d'efforts en exposant les animaux à des vues
stimulantes, et HaShem S'est occupé du reste.
Il
est intéressant de noter que 119 « moutons de Ya´aqôv »
sont récemment réapparus en Terre d'Israël ! Cette ancienne race de
mouton tire ses origines du Moyen-Orient il y a approximativement 5
000 ans d'ici. Ils avaient été extirpés de la Terre d'Israël il y
a longtemps, mais Boroukh HaShem, certains ont survécu et avaient
été transportés à travers l'Afrique du Nord vers l'Europe et
enfin aux États-Unis. Ce mouton tacheté et moucheté très rare est
désormais retourné en Terre Sainte.
En
tous les cas, à travers cette Sidhroh, nous comprenons encore plus
l'importance d'avoir de solides connaissances scientifiques de façon
à mieux comprendre la Tôroh. C'est pourquoi, Ribbénou a clairement
écrit que sans connaissance des créations de HaShem, il est
impossible de véritablement L'aimer et Le craindre, ni de pleinement
comprendre Sa Parole. Sachez que les plus grands secrets de la
science sont déjà inclus dans la Parole de HaShem, mais c'est
uniquement aujourd'hui que les scientifiques découvrent ce que la
Tôroh et le Talmoudh nous ont déjà enseigné !
dimanche 24 mars 2019
Les « rebelles » de Yisro`él
בס״ד
Les
« rebelles » de Yisro`él
Lorsque Ya´aqôv
`ovinou ע״ה
se
présente devant son père déguisé en ´ésow son frère, dans le
but de s'emparer de la Barokhoh
(bénédiction) qui était destinée à ´ésow, Yishoq
`ovinou ע״ה
respire
אֶת־רֵ֥יחַ
בְּגָדָ֖יו
« l'odeur
de ses vêtements »,
et s'exclame1 :
רְאֵה֙
רֵ֣יחַ בְּנִ֔י כְּרֵ֣יחַ שָׂדֶ֔ה אֲשֶׁ֥ר
בֵּֽרְכ֖וֹ יְהוָֽה
« Vois !
L'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que HaShem a béni ».
Le
Talmoudh2
cite une lecture midhrashique de ce Possouq
(verset), où le mot בְּגָדָיו
« Baghodhow
– ses vêtements »
est plutôt lu בֹּגֵדָיו
« Bôghédhow
– ses rebelles ».
D'après cette lecture, Yishoq
fait prophétiquement l'éloge même des « rebelles »,
les impies parmi les descendants de Ya´aqôv.
Même ces membres déloyaux du peuple Juif, s'exclame Yishoq,
sont « odorants »
aux yeux de HaShem ית׳.
Ce commentaire dans le Talmoudh
est précédé par le très célèbre adage talmudique suivant :
« Même
ceux qui sont vides parmi toi [Yisro`él] sont remplis de Miswôth
comme une grenade ».
Il semble que les Sages cherchent ici à souligner que même les
pécheurs de Yisro`él accomplissent de nombreuses Miswôth
et sont dignes d'admiration pour leurs bonnes œuvres. C'est ainsi
que la plupart des rabbins comprennent ce passage talmudique.
Mais
Ribbénou comprend ce passage différemment. Il rapporte le
commentaire talmudique dans son fameux `iggarath
Hashshamodh,
un épître qu'il a rédigé à l'âge de 24 ans à l'adresse des
communautés persécutées par les Almohades Musulmans, qui forçaient
leurs sujets Juifs soit à extérieurement embrasser l'Islam ou à
subir une expulsion. Alors que la famille de Ribbénou prit la
décision de fuir (abandonnant toutes leurs possessions), de nombreux
autres Juifs décidèrent de se comporter comme des Musulmans pour
pouvoir rester. Ribbénou rédigea ce traité en réponse à une
décision halakhique prise par une figure rabbinique majeure de cette
époque (qui ne vivait pas dans les régions dominées par les
Almohades), qui condamnait les Juifs qui s'étaient soumis aux
persécuteurs et avaient fait serment d’allégeance à l'Islam, et
les considéra comme des hérétiques et des pécheurs. Dans sa
réponse, Ribbénou défend une approche plus sensible et
compréhensive, en insistant sur le fait que ces victimes Juives de
la persécution Musulmane restaient des enfants bien-aimés du
Tout-Puissant, en dépit du fait d'avoir courbé le dos sous la
pression Almohade.
Il
écrit ceci dans le deuxième chapitre de ce traité :
Ils
ne se sont pas rebellés contre le Tout-Puissant à la recherche du
confort et du plaisir ; ils n'ont pas abandonné la foi ni ne se
sont distancés d'elle pour atteindre la grandeur et accomplir les
plaisirs du temps... Cet homme [qui a condamné les communautés qui
ont embrassé l'Islam] ne s'est pas rendu compte que ceux qui ne
pèchent pas de plein gré le Tout-Puissant ne les laissera ni ne les
abandonnera jamais...comme ils [les Sages], de mémoire bénie, l'ont
dit : « Il
respira l'odeur de ses vêtements – ne lis pas ''Baghodhow''
mais plutôt ''Bôghédhow'' ».
De
là, nous voyons
que Ribbénou comprend le passage talmudique se référant aux
« rebelles »
comme se rapportant à ceux qui se sont « rebellés »
en réponse aux pressions d'une persécution religieuse, mais qui
dans le fond de leurs esprits restent loyaux à HaShem et à Ses
Miswôth.
C'est juste qu'ils ont succombé aux menaces de tyrans anti-Juifs.
D'après
la lecture de Ribbénou de ce passage, il semblerait que le Talmoudh
interprétait ce passage à la lumière de l'image symbolique de
Ya´aqôv
se tenant devant son père déguisé en ´ésow. Cette image anticipe
l'époque où les descendants de Ya´aqôv
se retrouveront sous pression de revêtir les vêtements de ´ésow,
embrassant extérieurement des croyances étrangères tout en restant
intérieurement fidèles et dévoués aux traditions de `avrohom
`ovinou ע״ה
et
Yishoq
(הַקֹּל֙
ק֣וֹל יַֽעֲקֹ֔ב וְהַיָּדַ֖יִם יְדֵ֥י
עֵשָֽׂו « La
voix est la voix de Ya´aqôv,
mais les mains sont les mains de ´ésow »3).
Même sous de telles circonstances, HaShem « respire
l'odeur »
de ces « vêtements »
portés par les « rebelles »
de Yisro`él ; c'est-à-dire qu'extérieurement ils semblent
s'être rebellés et avoir changé d'identité, mais intérieurement
ils sont restés fidèles et Israélites. C'est pourquoi ils restent
bénis de HaShem, comme l'a dit Yishoq.
L'histoire
du déguisement de Ya´aqôv
a donc pour but d'offrir de l’espoir et des encouragements à tous
ceux qui se sont retrouvés contraints de revêtir les vêtements de
´ésow à cause des pressions de la persécution, et leur rappelle
l'amour de HaShem à leur égard en dépit de leur « déguisement »,
et les enjoint à retourner vers le sentier de la pratique de la
Tôroh
et à se débarrasser une bonne fois pour toute des « vêtements »
de ´ésow dès la première opportunité, car sinon ce sera le signe
qu'ils sont devenus comme ´ésow même intérieurement. Tout comme
Ya´aqôv
a mis les vêtements de ´ésow juste temporairement et afin de jouir
de la bénédiction qui lui était en réalité destinée, et qui lui
revenait de droit, mais est resté Ya´aqôv
à l'intérieur de lui, nous aussi devons faire attention à ne pas
rester déguisés en ´ésow trop longtemps, et à veiller à ne pas
intérieurement accepter les doctrines et attitudes de ´ésow. De
cette façon, dès qu'il sera possible de retirer ce vêtement et de
retourner dans le camp de Ya´aqôv,
nous n'aurons aucune séquelle intérieure et sauront évoluer
correctement dans les sentiers de la Tôroh
et des Miswôth.
1Baré`shith
27:27
2Sanhédhrin
37a ; voir aussi Midhrosh Baré`shith
Rabboh 65
3Baré`shith
27:22
vendredi 8 mars 2019
Yishoq et les puits
בס״ד
La
Sidhroh Triennale
Sidhrath
Wayyizra´ Yishoq
– Yishoq et les puits
Bien.
À partir de la Sidhroh
de Tôladhôth
Yishoq,
la Tôroh
nous rapporte l'histoire de Yishoq
`ovinou ע״ה,
et nous dit que la famine fut la raison pour laquelle il se rendit
chez `avimalakh à Garor.
HaShem ית׳
ordonna
alors à Yishoq
de ne pas descendre en Égypte, car en dépit de la famine, Il assura
à Yishoq
qu'Il pourvoirait à ses besoins. La Tôroh observe que cette famine
n'était pas comme celle qui se produisit durant les jours de
`avrohom `ovinou ע״ה.
Rash''i ז״ל
explique
que la première famine du temps de `avrohom était une épreuve pour
lui. Ramba''n ז״ל
commente
que `avrohom eut tort de descendre en Égypte et aurait dû avoir foi
en la Providence Divine, malgré la famine. Mais concernant Yishoq,
Ramba''n ne dit rien sur la décision pourtant identique qu'il prit
de descendre en Égypte. Par conséquent, quitter un pays lorsqu'il
est frappé d'une famine n'est pas intrinsèquement mauvais. Si
HaShem ne S'était pas révélé à Yishoq, il aurait sembler être
correct pour Yishoq
de se rendre en Égypte, loin d'un pays affligé.
Nous
voyons que la Providence continue de HaShem envers Yishoq
dépendait de son obéissance de la garde de la Parole de HaShem par
`avrohom. Toutefois, chaque patriarche méritait de voir le Nom de
HaShem lui être connecté. Yishoq
ne faisait pas que perpétuer les études reçues de son père
`avrohom ; il ajouta également une dimension nouvelle, et
déduisit ses convictions de son propre raisonnement. HaShem fit une
promesse à Yishoq,
pas seulement parce qu'il était le fils de `avrohom, mais plutôt
parce qu'il l'avait mérité par ses propres vertus.
Lorsque
Yishoq
arriva à Garor,
il fit exactement comme son père, et affirma que Rivqoh était sa
sœur, afin de protéger sa vie. Après qu'un certain temps fut
passé, nous avions lu dans la précédente Sidhroh que le roi,
`avimalakh, regardait par sa fenêtre, et surprit Yishoq
en train de s'amuser avec Rivqoh, ce qui montrait que leur relation
n'était pas une relation de frère et sœur, mais de mari et femme.
`avimalakh réprimanda Yishoq
pour avoir mis en danger son peuple, car l'un d'eux aurait pu prendre
Rivqoh, causant ainsi un péché sur eux tous. Il ordonna ensuite à
son peuple de ne faire aucun mal à Yishoq
et Rivqoh.
Puis,
dans la Sidhroh
de cette semaine, la Sidhrath
Wayyizra´ Yishoq,
nous lisons que Yishoq
récolta plus de cent fois plus que ce qu'il avait semé, et eut
beaucoup de succès. Ses réussites étaient illimitées. Les
Philistins l'envièrent à cause de cela. Il y a un commentaire très
intéressant de Rash''i sur Baré`shith
26:13.
En citant le Midhrosh1,
il déclare : זֶבֶל
פִּרְדוֹתָיו שֶׁל יִצְחָק וְלֹא כַּסְפּוֹ
וּזְהָבוֹ שֶׁל אֲבִימֶלֶךְ
« Mieux
vaut le fumier des mules de Yishoq,
que l'argent et l'or de `avimalakh ».
C'est une idée étrange : pourquoi les gens préféreraient-ils
le premier au deuxième ? Ensuite, la Tôroh
déclare2 :
וְכָל-הַבְּאֵרֹת,
אֲשֶׁר
חָפְרוּ עַבְדֵי אָבִיו,
בִּימֵי,
אַבְרָהָם
אָבִיו--סִתְּמוּם
פְּלִשְׁתִּים,
וַיְמַלְאוּם
עָפָר
« Et
tous les puits que les serviteurs de son père avaient creusés
durant les jours de `avrohom son père, les Philistins les bouchèrent
et les remplirent de poussière ».
Pour quelle raison la Tôroh nous informe-t-elle de ce fait obscur ?
Ramba''n
déclare qu'il n'y a aucun honneur pour Yishoq
dans toute cette histoire. Pourquoi fut-elle donc rapportée ?
Il répond que le but de cette Sidhroh est de faire allusion à
quelque chose de caché : ces trois puits font allusion aux
trois Botté
Hammiqdoshim.
Le premier puits fut nommé ´ésaq, qui signifie « contention ».
Le premier Béth
Hammiqdosh
fut bâtit au milieu de beaucoup de contentions. Le deuxième puits
que Yishoq
creusa fut nommé Sitnoh, à cause de l'adversité et haine dont les
Philistins firent preuve à son égard. De même, il y eut beaucoup
de haine et d'adversité durant l'époque du Bayith
Shéni.
Rahôvôth
fut le nom du troisième puits, pour lequel les Philistins ne
s'opposèrent pas à Yishoq.
Rahôvôth
signifie « largesses »,
en raison des largesses (tranquillités) désormais accordées à
Yishoq.
Et durant l'ère du troisième Béth
Hammiqdosh,
il y aura de la paix.
Dans
quel sens `avrohom et son fils Yishoq
étaient-ils des patriarches ? Yishoq
différait de `avrohom. `avrohom se distinguait par sa capacité à
interagir avec le monde. Il débattait avec beaucoup de personnes, et
bien qu'il finit par s'exiler, il reprit ses enseignements.
Cependant, il y a un autre élément responsable de leur réussite à
répandre la connaissance de HaShem : la Divine Providence.
HaShem sauva miraculeusement `avrohom à de nombreuses occasions,
dégageant ainsi la route pour qu'il puisse continuer à enseigner,
tout en aidant à créer sa réputation sans pareille. Yishoq
était différent. C'était une « ´ôloh
Tamimoh »
(un holocauste entier). Ses énergies n'étaient pas orientées vers
le monde ni vers le social, mais exclusivement vers la connaissance.
Passer si près de la mort lorsqu'il fut élevé sur l'autel eut un
effet profond sur la personnalité de Yishoq.
Ainsi, HaShem ordonna à Yishoq
de ne pas descendre en Égypte. Comment donc Yishoq
a-t-il pu jouer un rôle de patriarche ?
Les
deux famines étaient le résultat de la Providence. Mais dans le cas
de Yishoq,
elle n'avait pas pour objectif de servir d'épreuve, contrairement au
cas de `avrohom. Durant la famine du temps de Yishoq,
HaShem l'instruisit de rester dans le pays. Pourquoi cela était-il
nécessaire ?
Les
puits étaient essentiels pour que Yishoq
émerge comme un patriarche indépendant. On nous dit qu'il devint
très riche. Mais sa richesse ne cessa jamais de croître,
contrairement à celle de `avimalakh. Ce dernier stagnait dans sa
richesse. C'est pourquoi, les Philistins dirent qu'ils préféraient
le fumier des mules de Yishoq
aux richesses de `avimalakh. Cela signifie qu'ils respectaient Yishoq
qui pouvait prendre du fumier (la famine) et en tirer du succès.
Cette richesse créa un grand respect envers Yishoq.
`avimalakh demanda alors à Yishoq
de quitter Garor,
car sa présence là rendait minable `avimalakh, le roi, par rapport
à lui.
Mais
les Philistins finirent par être envieux de Yishoq.
Nous apprenons qu'ils bouchèrent les puits de `avrohom. Cela
démontrait qu'ils dénonçaient et rejetaient la philosophie de
`avrohom. Mais pourquoi les Philistins n'avaient pas bouché les
puits de `avrohom plus tôt ? C'est parce que lorsqu'ils virent
la grandeur de Yishoq,
ils comprirent que l'idéologie de `avrohom n'était pas un mouvement
centré sur un homme, mouvement qui a tendance à disparaître une
fois que la figure charismatique meurt. Le fait que Yishoq
poursuivait la philosophie de `avrohom créait donc à présent des
frictions à Garor,
car ils ne pouvaient plus considérer que l'ère de `avrohom était
terminée. Sa philosophie survivait à travers Yishoq ;
il y avait donc une dynastie. L'idée de voir les enseignements de
`avrohom se poursuivre était inacceptable pour les Philistins au vue
de leur mode de vie débridé. Si les opinions monothéistes de
`avrohom étaient mortes avec lui, ils auraient pu rester
tranquilles. Mais cela n'était plus le cas. Ils désirèrent donc se
rebeller contre la poursuite des idéologies de `avrohom. Mais les
Philistins ne pouvaient pas nuire à Yishoq.
Ils respectaient sa richesse. C'est pourquoi, ils attaquèrent
`avrohom en bouchant ses puits.
Yishoq
partit, puis retourna. Pourquoi ? Il agit ainsi afin d'exprimer
l'importance de rouvrir les puits de `avrohom. Il refit un voyage de
retour à Garor
après s'en être allé, précisément pour démontrer la raison de
son retour : ressusciter la gloire et les enseignements de
`avrohom. Quelle fut la réponse des Philistins ? Ils
contestèrent contre Yishoq
au sujet de ses nouveaux puits. Ils tentèrent de nier la grandeur de
Yishoq.
Contrairement au premier puits pour lequel ils dirent « L'eau
est à nous », cette fois-ci ce n'était pas l'eau qui les
intéressait, mais c'était la célébrité de Yishoq
qu'ils déploraient. Après un certain temps, ils comprirent qu'ils
ne pourraient pas vaincre Yishoq.
Ils succombèrent alors à une autre émotion ; leur respect
sous-jacent pour la réussite de Yishoq.
Le dicton « Si
tu ne peux les vaincre, joins-toi à eux »
illustre bien le changement d'attitude des Philistins. Ainsi, le
dernier puits, que creusèrent les serviteurs de Yishoq,
fut nommé « largesses ».
Yishoq
n'était plus attaqué, étant donné que l'émotion d'adulation
remplaça la répulsion que ressentaient au début les Philistins.
C'est à ce moment-là que `avimalakh désira assurer une trêve. La
richesse attire les gens. Ce fut par cette méthode que Yishoq
devint célèbre.
HaShem
orchestra une famine, car c'était le moyen le plus parfait pour
rendre utile la richesse de Yishoq.
Personne à part lui ne prospéra durant la famine. Pour finir,
Yishoq
retourna au lieu d'enseignement de `avrohom, à savoir Ba`ér
Shova´. C'était pour indiquer qu'après avoir prospérer
matériellement, il retournait désormais à l'étude et enseignement
des paroles de HaShem. C'est pourquoi, le verset déclare3 :
וַיִּקְרָא
בְּשֵׁם ה׳
« et
il invoqua dans le nom de HaShem » ;
c'est-à-dire qu'il recommença à enseigner au sujet de HaShem, son
objectif principal. Nous pouvons voir que le plan de HaShem fut
couronné de réussite puisque `avimalakh se déplaça jusqu'à
Yishoq,
reconnaissant sa grandeur. La renommée de Yishoq
était désormais positive. `avimalakh ne désirait aucune trêve
avec Yishoq
tant que ce dernier vivait à Garor.
C'est seulement après ses réussites, après son exil, que Yishoq
devint très riche, et cette richesse était une préparation
nécessaire pour que d'autres puissent reconnaître la véracité et
profondeur de la philosophie de Yishoq.
Les
Philistins se rendirent compte qu'en mettant en application la
philosophie de Yishoq,
on pouvait atteindre la réussite dans ce monde-ci. Ce fut
exceptionnellement profond, alors qu'ils subissaient une famine.
1Baré`shith
Rabboh 64:7
2Baré`shith
26:15
3Ibid.,
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