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vendredi 1 janvier 2021

Emission de semence en vain - Le Zôhar & la Qabboloh lurianique

 

בס״ד

 

Emission de semence en vain : Une approche rationaliste

 


Le Zôhar & la Qabboloh lurianique

 

Cet article peut être téléchargé ici.

 

Pour (re)lire :

·        La première partie

·        La deuxième partie

·        La troisième partie

·        La quatrième partie

·        La cinquième partie

·        La sixième partie

·        La septième partie

·        La huitième partie

·        La neuvième partie

·        La dixième partie

·        La onzième partie

·        La douzième partie

  

L'influence du Zôhar sur l'attitude future de la pensée religieuse juive à l'égard de la masturbation serait impossible à surestimer. J'ai eu du mal pendant un moment à essayer de décider comment présenter ce matériel dans un article de blog, car le Zôhar consacre une immense attention à ce sujet. J'ai décidé de résumer brièvement les concepts de base trouvés dans le Zôhar et j'ai cité les sources pour ceux qui veulent faire plus de recherche par eux-mêmes. Traduire et citer chaque idée en auraient fait un article trop long et ennuyeux à lire.

 

Les enseignements du Zôhar sur le sujet du déversement de semence doivent être compris comme un résultat direct de la façon dont le Zôhar considère la procréation en général. Plus important encore, ils sont basés sur la manière dont les qabbalistes expliquaient les origines du sperme et le processus par lequel une nouvelle âme venait du monde spirituel dans le monde physique. Je vous recommande de relire mon résumé du Séphar Habbahir dans l’article précédent. Tout le reste en découle.

 

·        Aucune semence n’est un « gaspillage »

 

L'un des aspects les plus intéressants de l'approche du Zôhar est peut-être le rejet par le Zôhar de l'idée que la masturbation est interdite en raison du « gaspillage de semence ». Le Zôhar attache une importance si intense à l'acte de la procréation, qu'il serait impossible de supposer que lorsque l'on éjacule, il ne se passe rien d'important ; puisque la semence est dotée d'une âme, elle ne peut pas être simplement gaspillée. Le Zôhar introduit plutôt un concept entièrement différent. Quand on éjacule dans le contexte de rapports vaginaux normaux avec son conjoint, l'âme dont sa semence est dotée est sainte et s’implante dans sa femme pour se développer en un enfant saint. Cependant, le Zôhar enseigne que lorsque quelqu'un se masturbe ou a toute autre sorte de rapport sexuel interdit, l' « âme » présente dans son sperme est un mauvais esprit. Bien que ces mauvais esprits ne soient pas visibles à l'œil nu, ils sont véritablement créés, d’après le Zôhar, et ils accompagnent cette personne tout au long de sa vie et même après sa mort. Cela a de nombreuses ramifications importantes dont nous allons discuter.

 

·        Les mauvais esprits hantent leur « créateur »

 

Le Zôhar décrit en plusieurs endroits les châtiments en réserve pour celui qui éjacule dans n'importe quel contexte autre que les rapports « normaux » avec son épouse.[1] Ces mauvais anges deviennent ses bourreaux et ils le hanteront pour toujours. Ainsi, l'acte d'éjaculation crée toujours un être spirituel, cela dépend juste de l'individu si ce sera un être saint ou un être mauvais.

 

Notez à quel point c'est différent du terme que Rash’’i avait utilisé et que nous avions cité plus tôt. Rash’’i avait écrit que « gaspiller de la semence » qui aurait pu être un enfant est destructeur parce qu’elle est « gaspillée ». Cela sonne comme un être humain potentiel qui a été perdu, mais rien d'autre n'a été créé à sa place. Cependant, le Zôhar va plus loin et est davantage préoccupé par les créations perverses que la semence renversée serait responsable de créer.

 

·        La masturbation devient l’une des ´aroyôth

 

Un autre résultat de la conception zôharique de l'éjaculation, est le reclassement de la masturbation dans la catégorie de l'une des relations sexuelles interdites (« ´aroyôth »). Le Zôhar spiritualise l'acte d'éjaculer illicitement du sperme qui n'est pas dans le contexte de rapports procréatifs « normaux » avec un conjoint. Puisque tous ces actes créent de mauvais esprits et des démons, ce sont tous des péchés similaires. Par exemple, dans Zôhar II: 264a, cela est mis sur le même pied d’égalité que la bestialité (zoophilie), les ´aroyôth, etc.

 

·        Aucune voie pour la repentance

 

À plusieurs endroits, le Zôhar fait une déclaration extraordinaire et effrayante, et contrairement à tous les autres péchés, la masturbation serait unique en ce que l'auteur de cet acte se verrait refuser la capacité de se repentir. (Une telle affirmation n’a aucune source antérieure sur laquelle s’appuyer.) Cette conclusion découle de la compréhension qu'a le Zôhar de cet acte. Puisque chaque « semence » devrait être un enfant saint potentiel, quand on a de mauvaises intentions et que l’on déverse de la semence cet enfant serait donc « tué » et à sa place un ange mauvais serait créé. Comment pourrait-il y avoir Ṭashouvoh pour un tel acte ? Dans le Zôhar I: 219b, il est explicitement indiqué que c’est le seul péché pour lequel il n'y aurait pas de Ṭashouvoh disponible. En fait, pour le Zôhar le masturbateur ou celui qui aurait éjaculé ailleurs que dans le vagin est encore pire que celui qui assassine une autre personne, pour laquelle la Ṭashouvoh peut être disponible. Comme il tue ses propres enfants la Ṭashouvoh ne lui est pas accordée ! Le Zôhar utilise ce langage identique dans Zôhar II: 3b pour décrire un avortement, indiquant par-là que le Zôhar assimilait les deux (le déversement de semence et l’avortement). Fait intéressant, c'est la seule référence dans tout le Zôhar à l’avortement.

 

Si cette idée vous semble étonnante, permettez-moi de souligner que le Zôhar fait cette affirmation en plusieurs endroits, y compris en détail dans Zôhar I: 61b-62a. Cependant, dans Zôhar II: 214b, le Zôhar semble affirmer que la Ṭashouvoh est possible, bien qu’il se réfère en réalité au péché de « Paghom Habbarith » (que nous avons vu pour la première fois introduit par Ribbénou Yôséph ban ˋavrohom Jiqatilyoh) qui inclut de nombreux péchés sexuels autres que la masturbation également. Quoi qu'il en soit, le fait demeure qu'en plusieurs endroits le Zôhar a déclaré sans équivoque que la Ṭashouvoh (la repentance) est impossible dans le cas de la masturbation ou déversement de la semence.

 

·        Hôṣoˋath Zara´ devient plus inclusive

 

Tout comme l'idée de « Paghom Habbarith » s’est frayée un chemin dans le Zôhar, il en est de même de l'idée exprimée dans la ˋiggarath Haqqôdhash selon quoi la « Hôṣoˋath Zara´ Labbattoloh » pourrait faire référence à tout type de rapport sexuel qui n'est pas approprié, même s’il s’agit d’un rapport vaginal normal.[2] Si de la semence s’est répandue même dans le cadre de relations « normales », si les intentions n’avaient pas été appropriées ou si la relation s’est faite de manière « inappropriée », des mauvais esprits seraient créés à la place d'un enfant, et on serait coupable d’avoir répandu de la semence.

 

·        Créer de saints anges

 

Cette idée du Zôhar explique une énigme qui était un problème lorsque nous avons expliqué plus tôt l’approche de Ribbénou Ṭam. Si « gaspiller de la semence » est un problème parce qu'un enfant potentiel est en train d'être « détruit », alors comment peut-on autoriser un rapport sexuel avec sa femme lorsqu’il est certain qu'un enfant ne peut en résulter ? Par exemple, comment pourrait-on avoir des relations sexuelles avec sa femme si elle est enceinte ou postménopausée ? Si vous vous en rappelez, Ribbénou Ṭam a expliqué cela en faisant la distinction entre les « rapports sexuels normaux » et les « rapports sexuels anormaux », mais cela n’a pas tout à fait répondu à la question.

 

Cependant, le Zôhar a une explication pratique pour y répondre. Tout comme quand on « déverse de la semence » on crée des démons spirituels que l’on ne peut pas voir, de même quand on a des relations « normales » appropriées avec sa femme on crée de saints anges qui ne peuvent pas être vus. Ainsi, tout rapport sexuel approprié n'est jamais un « gaspillage » car à défaut de résulter en la création d’un enfant il résulte en la création de saints anges.[3]

 

Il y a beaucoup d'autres idées exprimées par le Zôhar sur ce sujet, mais je pense que nous devrions passer à la prochaine étape majeure de l'histoire de l'influence de la Qabboloh sur les lois relatives au déversement de semence. Cette étape est la mise en place du prochain grand mouvement qabbalistique qui a succédé à l’école qabbalistique espagnole, à savoir l’école de la Qabboloh lurianique à Ṣaphoth (Safed).

 

·        Les qabbalistes de Ṣaphoth et la canonisation du Zôhar

 

De manière tragique, peu de temps après la publication du Zôhar, le monde juif a été écrasé par l'horrible tragédie de l'inquisition espagnole et de l'expulsion des Juifs d'Espagne. Parmi les réfugiés Juifs espagnols, certains se sont finalement rendus à Ṣaphoth dans la région de Galilée en Israël. La sagesse des qabbalistes espagnols accompagnait également les réfugiés, en particulier le livre du Zôhar. À Ṣaphoth, l'école connue sous le nom de l’ « école lurianique » allait devenir la force dominante du mysticisme juif jusqu'au mouvement ḥassidique en Europe de l'Est au 18ème siècle. Parmi les personnalités clés de cette école il y avait nul autre que Ribbénou Shalômôh Halléwi ˋalqabbéṣ (1500-1576, l'auteur du célèbre Piyout du « Lakhoh Dhôdhi » chanté depuis lors dans l’écrasante majorité des synagogues le vendredi soir), Ribbénou Môshah de Cordoue (1522-1570, le maître de Ribbénou Yiṣḥoq Louriyoˋ ˋashkanazi et considéré le fondateur de l'école lurianique), Ribbénou Yiṣḥoq Louriyoˋ ˋashkanazi (1534-1572, également connu sous le nom du « ˋariZa’’l » ou simplement « le ˋar’’i », peut-être le plus célèbre des qabbalistes de Ṣaphoth et d’après le nom duquel l'école lurianique a été nommée), et Ribbénou Ḥayyim Witaˋl (1542-1620, le Ṭalmidh le plus important du ˋar’’i, et celui qui a consigné par écrit les enseignements de l'école lurianique de Ṣaphoth).

 

Il n'est pas nécessaire pour nous de plonger profondément en ce moment dans la philosophie et les enseignements de l'école lurianique. En ce qui concerne spécifiquement la question de la masturbation, l'école lurianique a continué à développer les mêmes thèmes de base que nous avons mentionnés plus haut dans notre discussion sur le Zôhar. Cependant, ce que l'école lurianique a accompli, c'est que le Zôhar s'est établi dans le canon juif des textes rabbiniques standards, ce qui n’était pas le cas avant la création de cette école qabbalistique. Les savants de Ṣaphoth sont ceux qui sont parvenus à faire accepter le Zôhar presque universellement dans le monde rabbinique comme une œuvre aux origines aussi anciennes que la Mishnoh et le Ṭalmoudh, alors qu’en réalité le Zôhar n’était qu’un produit de l'Espagne médiévale. C’est depuis lors que toutes les idées zôhariques sur la masturbation et le déversement de semence sont devenues la façon standard de penser et acceptées dans la majorité des mouvements juifs encore aujourd’hui, alors que nous avons démontré à travers les premiers articles sur cette série qu’elles n’ont jamais été soutenues par nos Sages d’antan.

 

Parmi tous les savants célèbres de cette période à Ṣaphoth, le personnage le plus important aux fins de notre enquête est Ribbénou Yôséph Qaˋrô (1488-1575), l'auteur du Béth Yôséph et du Shoulḥon ´oroukh. Ces œuvres halakhiques, peut-être à l'exception du Mishnéh Ṭôroh du Rambo’’m, ont eu plus d'influence sur le développement de la Halokhoh que tout autre ouvrage de l'histoire juive. Ribbénou Yôséph Qaˋrô était également un qabbaliste de renom et a absorbé le système lurianique de la Qabboloh directement de ses « maîtres à Ṣaphoth ».

 

Ribbénou Yôséph Qaˋrô a élevé le Zôhar à un niveau supérieur en l’intégrant directement dans son traitement halakhique du sujet du déversement de semence. Cependant, avant de voir comment, nous devrons quitter l'univers qabbalistique et revenir à l'univers parallèle halakhique que nous avons laissé derrière nous il y a quelques articles. Nous devons retracer la Halokhoh à travers le Rôˋ’’sh, le Tour et ensuite nous verrons alors comment le Béth Yôséph a pris le monde halakhique du Tour et le monde qabbalistique du Zôhar et les a combinés.



[1] Voir, par exemple : Zôhar II :263b.

[2] Voir Zôhar III :90a.

[3] Voir Zôhar III :167b-168a.

mardi 28 juillet 2020

L’âme après la mort

בס״ד

 

L’âme après la mort

 

 

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·        Introduction

 

C'est ce qu'on appelle « le dernier voyage », et ce qui s'y passe est une question que beaucoup se posent. Les philosophes, les scientifiques et les grands hommes ont exploré cette question depuis la nuit des temps. Qu'arrive-t-il à l'âme après la mort ? Nous ne ferons aucune spéculation mais n’allons rapporter ici que les choses que nous savons avec certitude de par nos sources traditionnelles. Cela ne répondra donc pas à toutes les questions que vous pourriez vous poser sur ce sujet, mais fournira déjà suffisamment d’indications et de bases.

 

Les sources de la Ṭôroh nous apprennent que l'âme est immortelle. C'est un fondement du judaïsme. Cela peut être vu à partir de l'accent mis sur le respect du Shabboth. Bien que nous respections le Shabboth principalement parce que la Ṭôroh nous ordonne de le faire, c'est aussi le fleuron de la croyance juive. Nous arrêtons toutes les formes d'actes créatifs parce que Hashshém ית׳ a cessé et renoncé aux actes créatifs et S'est délecté le septième jour. Avec notre repos aussi, nous déclarons au monde que nous croyons au Créateur, qu'Il est l'essence de tout ce qui est bon et qu'Il récompense le bien et punit le mal. Afin de recevoir cette récompense et cette punition, l'âme doit être immortelle.

 

La Nashomoh, ou âme, s'attache au Gouph, le corps, alors qu'elle est encore dans l'utérus. Le Ṭalmoudh[1] déduit cela du Posouq suivant :[2] בְּהִלּוֹ נֵרוֹ, עֲלֵי רֹאשִׁי;    לְאוֹרוֹ, אֵלֶךְ חֹשֶׁךְ « Quand Il a allumé Sa lampe au-dessus de ma tête ; par Sa lumière je traverserais l’obscurité ». Le Ṭalmoudh explique en outre que l'âme apprend toute la Ṭôroh pendant les neuf mois dans l'utérus et que ces jours sont remplis d'une bonté remarquable. (Pour une explication de cet enseignement midhrashique, voir l’article intitulé « Un ange dans le ventre ? ».)

 

L’âme est comparée à une lampe, comme cela est décrit dans le Posouq :[3] נֵר יְהוָה, נִשְׁמַת אָדָם « La lampe de `adhônoy est l’âme de l’humain » et :[4] כִּי-אַתָּה, תָּאִיר נֵרִי;    יְהוָה אֱלֹהַי, יַגִּיהַּ חָשְׁכִּי « Car tu fais luire ma lampe ; ô `adhônoy, mon `alôhim, illumine mon obscurité ! »

 

·        Le départ de l’âme

 

Il est expliqué que peu avant la mort de la personne, la Nashomoh commence à s’éteindre. Cependant, elle reste avec le corps jusqu'au moment de la mort, que l’on appelle יְצִיאַת הַנְּשָׁמָה « Yaṣi`ath Hannashomoh » (sortie / départ de l’âme). Quand l'âme s'en va, cela est comparé à l'extinction d'une lampe.[5]

 

La connexion qui lie l'âme au corps est assez forte. Le Ṭalmoudh[6] nous dit que pour rompre cette connexion, le Mal`akh Hammowath (l'Ange de la Mort) effraie à mort la personne, provoquant le détachement de l'âme du corps. Si la personne avait développé un lien étroit avec Hashshém au cours de sa vie, alors אֵין מַחְרִיד « `én Maḥridh » ; il n'y a rien du tout d’effrayant de la part du Mal`akh Hammowath. Au contraire, dans ce cas le départ de l'âme se produit à cause de son désir de s'attacher à la Shakhinoh, qui arrive également.

 

Parfois, la séparation du corps et de l’âme est douloureuse et parfois non, selon le niveau spirituel du défunt.[7]

 

Le moment où l'âme s'en va n'est pas insignifiant. Dans les Pirqé Dharibbi `ali´azar[8] il est dit que le son de la séparation est l’un des six sons qui résonne autour de l’univers mais n’est pas entendu.

 

·        Les cinq facettes de la Nashomoh

 

Le Midhrosh[9] se réfère à la Nashomoh générale par cinq noms ou forces : Naphash, âme ; Rouaḥ, esprit ; Nashomoh, souffle ; Ḥayyoh, force vitale ; et Yaḥidhoh, singularité unique. Les Maqoubbolim expliquent que les cinq noms de l’âme décrivent cinq dimensions de l’âme. Naphash est la force qui est le moteur de la vie physique. Rouaḥ est le soi émotionnel, imprégnant l'individu de personnalité. Nashomoh est le soi intellectuel. La Ḥayyoh est la force vitale qui imprègne la personne de volonté, d'engagement et de foi. La Yaḥidhoh se rapporte à l'essence de l'âme - son unité avec sa source, l'essence singulière de Hashshém.

 

·        Période de confusion

 

Immédiatement après la mort, la Nashomoh peut se trouver dans un état de confusion totale. C’est donc considéré comme un acte d’immense Ḥasadh (bonté) de rester avec une personne mourante, afin qu'elle ne meure pas seule et confuse.

 

Pendant ce temps, l'âme oublie souvent, par confusion et effroi, qui elle était. Le Shela’’h Haqqodhôsh ז״ל recommande donc de se familiariser avec un Posouq de la Ṭôroh qui fait allusion à son propre nom afin que l'âme puisse se calmer pendant cette période. Le Posouq fait allusion à son propre nom si la première et la dernière lettre du Posouq correspondent aux première et dernière lettres de son propre nom. Ces Pasouqim se retrouvent généralement dans les Siddourim soit après la ´amidhoh de Shaḥrith ou tout à la fin des Siddourim.

 

L'âme qui est maintenant détachée du corps est douloureusement consciente de toutes les choses qui entourent physiquement son corps. Cela est particulièrement vrai avant que le corps ne soit inhumé. L'âme peut également entendre des mots qui sont prononcés par d'autres personnes autour du corps. Le Ṭalmoudh[10] nous dit que l'âme elle-même pleure son corps pendant sept jours complets. Cela se voit dans le Posouq suivant :[11] וְנַפְשׁוֹ, עָלָיו תֶּאֱבָל « et son âme s’endeuille à son sujet ».

 

C'est pour cette raison que ceux qui exécutent le Tohôroh (lavage mortuaire) et ceux qui surveillent le corps avant qu'il ne soit inhumé devraient s'abstenir de toute conversation frivole afin que la Nashomoh ne soit pas davantage déconcertée par ce qui se passe.

 

·        Les douze premiers mois après la mort

 

Pendant les douze premiers mois après la mort, des parties de l'âme planent au-dessus du corps. Pour la plupart des Nashomôth, jusqu'à ce que le corps atteigne un certain niveau de décomposition, l'âme erre près du corps et n'a pas de lieu de repos permanent. C'est l'une des raisons de sa douleur et de son inconfort. L'âme plane ainsi au-dessus du corps. Pendant ce temps, l'âme est consciente et est peinée par les changements physiques qui se produisent dans son corps.

 

Le Ṭalmoudh[12] déclare donc :

 

Les vers sont aussi douloureux pour les morts que les aiguilles le sont pour la chair des vivants, comme il est dit :[13] « Toutefois, sa chair souffre le concernant ».

קשה רימה למת כמחט בבשר החי שנאמר אך בשרו עליו יכאב.

 

C’est ce que les Maqoubbolim appellent חִבּוּט הַקֶּבֶר « Ḥibbout Haqqavar – punition de la tombe ».

 

Pour certaines personnes, ce qui arrive au corps dans la tombe peut être encore plus douloureux que le Géhinnom lui-même !

 

·        Jugement

 

Au cours de cette première année après la mort, l'âme est d'abord jugée par le Béth Din céleste. En plus de ce jugement initial, les âmes des impies sont en outre réprouvées pendant 12 mois après la mort. D'autres sont réprimandés pour un temps moindre, selon la gravité de ce qu'ils ont fait et s'ils ont fait Ṭashouvoh pour cela.

 

Si la « ashouvoh Mé`ahavoh » (repentance par amour pour Hashshém) avait été accomplie, alors les péchés qui ont été commis au cours d’une vie sont non seulement effacés, mais comptent comme des Miṣwôth. C'est un « cadeau » remarquable qui dépasse notre compréhension. Cela sert également à réduire le temps que la Nashomoh passe à se nettoyer.

 

Le jugement principal après la mort est au Géhinnom, où l'âme est purifiée dans un feu spirituel et nettoyée afin qu'elle puisse recevoir une récompense éternelle. Le feu spirituel du Géhinnom s'éteint à chaque Shabboth, car aucune punition n’est appliquée ce jour, ni aucune souffrance.

 

Les âmes des justes sont assez élevées. Ils sont, dans un sens, encore plus grands que les Mal`okhim d'en haut. Comment ? Ils sont capables de progresser de plus en plus haut dans leur destination céleste finale. Hashshém a dit à Zakharyoh Hannovi ע״ה :[14]

 

Ainsi a dit `adhônoy Ṣavo`ôth : Si tu marcheras dans Mes voies, et si Tu garderas Mon observance, et aussi que tu jugeras Ma Maison, et aussi que tu garderas Mes parvis, Je te donnerai un accès au milieu de ceux-ci qui se tiennent ici.

כֹּה-אָמַר יְהוָה צְבָאוֹת, אִם-בִּדְרָכַי תֵּלֵךְ וְאִם אֶת-מִשְׁמַרְתִּי תִשְׁמֹר, וְגַם-אַתָּה תָּדִין אֶת-בֵּיתִי, וְגַם תִּשְׁמֹר אֶת-חֲצֵרָי--וְנָתַתִּי לְךָ מַהְלְכִים, בֵּין הָעֹמְדִים הָאֵלֶּה.

 

Hashshém a montré à Zakharyoh une vision de Mal`okhim stationnaires, lui disant qu'il serait capable de se déplacer parmi eux. Les Mal`okhim, n’ayant pas de Baḥiroh (libre-arbitre) restent à un niveau de Gan ´édhan. Mais quelqu’un véritablement juste pourra bouger et monter, aussi bien avant et après le départ de la Nashomoh. Il aura l’accès libre de se mouvoir dans les mondes spirituels, où la notion de « limite physique, spatiale et temporelle » n’existe pas.

 

·        Allumer une bougie

 

Shalômôh Hammalakh ע״ה  compare la Nashomoh à une lampe, comme nous l’avions rapporté plus haut : נֵר יְהוָה, נִשְׁמַת אָדָם « La lampe de `adhônoy est l’âme de l’humain ». Et son père, Dowidh Hammalakh ע״ה a également déclaré, là encore comme rapporté plus haut : כִּי-אַתָּה, תָּאִיר נֵרִי;    יְהוָה אֱלֹהַי, יַגִּיהַּ חָשְׁכִּי « Car tu fais luire ma lampe ; ô `adhônoy, mon `alôhim, illumine mon obscurité ! ». C’est de ces associations de l’âme avec une lampe que vient la tradition d’allumer une lampe en l’honneur du défunt.

 

La Nashomoh reste dans la maison pendant la période de Shiv´oh, et elle est réconfortée par la présence d'une lampe / bougie allumée pour elle. La bougie est similaire à la nature de la Nashomoh et elle est attirée vers elle dans un état de gloire et de bonheur.[15] Idéalement, elle devrait être allumée dans la maison où vivait le défunt. Si cela n’est pas possible, elle devrait alors être allumée là où les personnes en deuil sont assises pour la Shiv´oh. Idéalement, elle devrait être allumée par l'enfant du défunt.

 

La bougie doit continuer à être allumée pendant toute la Shiv´oh. Si vous n'avez pas de bougie de longue durée, elle peut être chaque fois remplacée par une neuve.

 

·        Conclusion

 

Il est dit qu'à partir des Miṣwôth qu'une personne accomplit au cours de sa vie, Hashshém confectionne des vêtements à placer autour de la Nashomoh. Ces robes permettent à l'âme de se tenir devant la cour du Roi. Sans eux, l'âme ne peut pas voir la grâce de Hashshém. L'inverse est également vrai. Lorsque des ´avérôth (transgressions) sont accomplies, une robe décrépite est placée sur la Nashomoh et son jugement au Géhinnom est alors prononcé.

 

Les processus qui se produisent pour la Nashomoh après son départ du corps sont complexes et quelque peu effrayants. Pourtant, il est possible de se préparer correctement pour ce moment. Nous voyons l'énorme importance de développer une Davéqouth (attachement) à Hashshém, de faire Ṭashouvoh par véritable amour pour Hashshém (et non par peur de la punition) et de maintenir l'étude de la Ṭôroh de notre vivant. Et tout cela atténuera les douleurs de l’âme après son départ.

 

Puisse Hashshém provoquer rapidement l'élimination de la mort pour toujours !



[1] Niddoh 30b

[2] `iyôv 29 :3

[3] Mishlé 20 :27

[4] ahillim 18 :29

[5] Midhrosh Shir Hashshirim Rabboh 6 :1

[6] ´avôdhoh Zoroh 20b

[7] `ôr Haḥayyim, Poroshath Baḥouqqôthay ; Ṭalmoudh, Barokhôth 8a

[8] Pirqé Dharibbi `ali´azar 34

[9] Baré`shith Rabboh 14 :9

[10] Shabboth 152a

[11] `iyôv 14 :22

[12] Shabboth 152a

[13] `iyôv 14 :22

[14] Zakharyoh 3 :7

[15] Voir Ribbénou Baḥayé, Shamôth 25 :31


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