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Emission de semence en vain - Le Zôhar & la Qabboloh lurianique
בס״ד
Emission de semence en vain : Une approche
rationaliste
Le Zôhar & la Qabboloh lurianique
Cet article peut être téléchargé ici.
Pour (re)lire :
L'influence du Zôhar
sur l'attitude future de la pensée religieuse juive à l'égard de la
masturbation serait impossible à surestimer. J'ai eu du mal pendant un moment à
essayer de décider comment présenter ce matériel dans un article de blog, car
le Zôhar consacre une immense attention à ce sujet. J'ai décidé de résumer
brièvement les concepts de base trouvés dans le Zôhar et j'ai cité les sources
pour ceux qui veulent faire plus de recherche par eux-mêmes. Traduire et citer
chaque idée en auraient fait un article trop long et ennuyeux à lire.
Les enseignements du
Zôhar sur le sujet du déversement de semence doivent être compris comme un
résultat direct de la façon dont le Zôhar considère la procréation en général.
Plus important encore, ils sont basés sur la manière dont les qabbalistes
expliquaient les origines du sperme et le processus par lequel une nouvelle âme
venait du monde spirituel dans le monde physique. Je vous recommande de relire
mon résumé du Séphar Habbahir dans l’article précédent. Tout le reste en découle.
·
Aucune semence n’est un « gaspillage »
L'un des aspects les
plus intéressants de l'approche du Zôhar est peut-être le rejet par le Zôhar de l'idée que la masturbation est
interdite en raison du « gaspillage de semence ».
Le Zôhar attache une importance si intense à l'acte de la procréation, qu'il serait
impossible de supposer que lorsque l'on éjacule, il ne se passe rien
d'important ; puisque la semence est dotée d'une âme, elle ne peut pas
être simplement gaspillée. Le Zôhar introduit plutôt un concept entièrement
différent. Quand on éjacule dans le contexte de
rapports vaginaux normaux avec son conjoint, l'âme dont sa semence est dotée
est sainte et s’implante dans sa femme pour se développer en un enfant saint.
Cependant, le Zôhar enseigne que lorsque quelqu'un
se masturbe ou a toute autre sorte de rapport sexuel interdit, l'
« âme » présente dans son sperme est un mauvais esprit.
Bien que ces mauvais esprits ne soient pas visibles à l'œil nu, ils sont véritablement
créés, d’après le Zôhar, et ils accompagnent cette
personne tout au long de sa vie et même après sa mort. Cela a de
nombreuses ramifications importantes dont nous allons discuter.
·
Les mauvais esprits hantent leur « créateur »
Le Zôhar décrit en
plusieurs endroits les châtiments en réserve pour celui qui éjacule dans
n'importe quel contexte autre que les rapports « normaux » avec son
épouse.[1]
Ces mauvais anges deviennent ses bourreaux et ils le hanteront pour toujours. Ainsi, l'acte d'éjaculation crée toujours un être spirituel,
cela dépend juste de l'individu si ce sera un être saint ou un être mauvais.
Notez à quel point
c'est différent du terme que Rash’’i avait utilisé et que nous avions cité plus
tôt. Rash’’i avait écrit que « gaspiller de la semence » qui
aurait pu être un enfant est destructeur parce qu’elle est « gaspillée ».
Cela sonne comme un être humain potentiel qui a été perdu, mais rien d'autre
n'a été créé à sa place. Cependant, le Zôhar va plus loin et est davantage
préoccupé par les créations perverses que la semence renversée serait
responsable de créer.
·
La masturbation devient l’une des ´aroyôth
Un
autre résultat de la conception zôharique de l'éjaculation, est le reclassement
de la masturbation dans la catégorie de l'une des relations sexuelles
interdites (« ´aroyôth »).
Le Zôhar spiritualise l'acte d'éjaculer illicitement du sperme qui n'est pas
dans le contexte de rapports procréatifs « normaux » avec un
conjoint. Puisque tous ces actes créent de mauvais esprits et des démons, ce
sont tous des péchés similaires. Par exemple, dans Zôhar II: 264a, cela
est mis sur le même pied d’égalité que la bestialité (zoophilie), les ´aroyôth,
etc.
·
Aucune voie pour la repentance
À plusieurs
endroits, le Zôhar fait une déclaration extraordinaire et effrayante, et contrairement à tous les autres péchés, la masturbation serait
unique en ce que l'auteur de cet acte se verrait refuser la capacité de se
repentir. (Une telle affirmation n’a aucune source antérieure sur
laquelle s’appuyer.) Cette conclusion découle de la compréhension qu'a le Zôhar
de cet acte. Puisque chaque « semence »
devrait être un enfant saint potentiel, quand on a de mauvaises intentions et que
l’on déverse de la semence cet enfant serait donc « tué » et à
sa place un ange mauvais serait créé. Comment pourrait-il y avoir Ṭashouvoh
pour un tel acte ? Dans le Zôhar I: 219b, il est explicitement indiqué que c’est le seul péché pour
lequel il n'y aurait pas de Ṭashouvoh disponible. En fait,
pour le Zôhar le masturbateur ou celui qui aurait
éjaculé ailleurs que dans le vagin est encore pire que celui qui assassine une
autre personne, pour laquelle la Ṭashouvoh peut être disponible.
Comme il tue ses propres enfants la Ṭashouvoh ne lui est pas
accordée ! Le Zôhar utilise ce langage identique dans Zôhar II: 3b
pour décrire un avortement, indiquant par-là que le Zôhar assimilait les deux
(le déversement de semence et l’avortement). Fait intéressant, c'est la seule
référence dans tout le Zôhar à l’avortement.
Si cette idée vous
semble étonnante, permettez-moi de souligner que le Zôhar fait cette
affirmation en plusieurs endroits, y compris en détail dans Zôhar I: 61b-62a.
Cependant, dans Zôhar II: 214b, le Zôhar semble affirmer que la Ṭashouvoh
est possible, bien qu’il se réfère en réalité au péché de « Paghom
Habbarith » (que nous avons vu pour la première fois
introduit par Ribbénou Yôséph ban ˋavrohom Jiqatilyoh) qui inclut de nombreux péchés
sexuels autres que la masturbation également. Quoi qu'il en soit, le fait
demeure qu'en plusieurs endroits le Zôhar a déclaré sans équivoque que la Ṭashouvoh
(la repentance) est impossible dans le cas de la masturbation ou déversement de
la semence.
·
Hôṣoˋath Zara´ devient plus inclusive
Tout comme l'idée de
« Paghom Habbarith » s’est frayée un
chemin dans le Zôhar, il en est de même de l'idée exprimée dans la ˋiggarath Haqqôdhash selon quoi la « Hôṣoˋath Zara´ Labbattoloh » pourrait faire référence à tout type de
rapport sexuel qui n'est pas approprié, même s’il s’agit d’un rapport vaginal
normal.[2]
Si de la semence s’est répandue même dans le cadre
de relations « normales », si les intentions n’avaient pas été appropriées
ou si la relation s’est faite de manière « inappropriée », des
mauvais esprits seraient créés à la place d'un enfant, et on serait coupable d’avoir
répandu de la semence.
·
Créer de saints anges
Cette idée du Zôhar
explique une énigme qui était un problème lorsque nous avons expliqué plus tôt l’approche
de Ribbénou Ṭam. Si « gaspiller de la semence » est un
problème parce qu'un enfant potentiel est en train d'être « détruit »,
alors comment peut-on autoriser un rapport sexuel avec sa femme lorsqu’il est
certain qu'un enfant ne peut en résulter ? Par exemple, comment
pourrait-on avoir des relations sexuelles avec sa femme si elle est enceinte ou
postménopausée ? Si vous vous en rappelez, Ribbénou Ṭam a expliqué cela en
faisant la distinction entre les « rapports sexuels normaux »
et les « rapports sexuels anormaux », mais cela n’a pas tout à
fait répondu à la question.
Cependant, le Zôhar
a une explication pratique pour y répondre. Tout comme quand on « déverse
de la semence » on crée des démons spirituels que l’on ne peut pas
voir, de même quand on a des relations « normales »
appropriées avec sa femme on crée de saints anges qui ne peuvent pas être vus. Ainsi, tout rapport sexuel approprié n'est jamais un « gaspillage »
car à défaut de résulter en la création d’un enfant il résulte en la création
de saints anges.[3]
Il y a beaucoup d'autres
idées exprimées par le Zôhar sur ce sujet, mais je pense que nous devrions
passer à la prochaine étape majeure de l'histoire de l'influence de la Qabboloh
sur les lois relatives au déversement de semence. Cette étape est la mise en place
du prochain grand mouvement qabbalistique qui a succédé à l’école qabbalistique
espagnole, à savoir l’école de la Qabboloh lurianique à Ṣaphoth
(Safed).
·
Les qabbalistes de Ṣaphoth et la canonisation du Zôhar
De manière tragique,
peu de temps après la publication du Zôhar, le monde juif a été écrasé par
l'horrible tragédie de l'inquisition espagnole et de l'expulsion des Juifs
d'Espagne. Parmi les réfugiés Juifs espagnols, certains se sont finalement
rendus à Ṣaphoth dans la région de Galilée en Israël. La sagesse des
qabbalistes espagnols accompagnait également les réfugiés, en particulier le
livre du Zôhar. À Ṣaphoth, l'école connue sous le nom de l’ « école
lurianique » allait devenir la force dominante du mysticisme juif
jusqu'au mouvement ḥassidique en Europe de l'Est au 18ème siècle.
Parmi les personnalités clés de cette école il y avait nul autre que Ribbénou Shalômôh
Halléwi ˋalqabbéṣ
(1500-1576, l'auteur du célèbre Piyout du « Lakhoh Dhôdhi »
chanté depuis lors dans l’écrasante majorité des synagogues le vendredi soir), Ribbénou
Môshah de Cordoue (1522-1570, le maître de Ribbénou Yiṣḥoq Louriyoˋ
ˋashkanazi et considéré le
fondateur de l'école lurianique), Ribbénou Yiṣḥoq Louriyoˋ
ˋashkanazi (1534-1572,
également connu sous le nom du « ˋariZa’’l »
ou simplement « le ˋar’’i », peut-être le plus célèbre des qabbalistes de Ṣaphoth
et d’après le nom duquel l'école lurianique a été nommée), et Ribbénou Ḥayyim Witaˋl (1542-1620, le Ṭalmidh le plus important du ˋar’’i, et
celui qui a consigné par écrit les enseignements de l'école lurianique de Ṣaphoth).
Il n'est pas
nécessaire pour nous de plonger profondément en ce moment dans la philosophie
et les enseignements de l'école lurianique. En ce qui concerne spécifiquement
la question de la masturbation, l'école lurianique a continué à développer les
mêmes thèmes de base que nous avons mentionnés plus haut dans notre discussion
sur le Zôhar. Cependant, ce que l'école lurianique a accompli, c'est que le Zôhar
s'est établi dans le canon juif des textes rabbiniques standards, ce qui
n’était pas le cas avant la création de cette école qabbalistique. Les savants
de Ṣaphoth sont ceux qui sont parvenus à faire accepter le Zôhar
presque universellement dans le monde rabbinique comme une œuvre aux origines
aussi anciennes que la Mishnoh et le Ṭalmoudh, alors qu’en réalité le Zôhar n’était
qu’un produit de l'Espagne médiévale. C’est depuis lors que toutes les idées
zôhariques sur la masturbation et le déversement de semence sont devenues la
façon standard de penser et acceptées dans la majorité des mouvements juifs
encore aujourd’hui, alors que nous avons démontré à travers les premiers
articles sur cette série qu’elles n’ont jamais été soutenues par nos Sages
d’antan.
Parmi tous les
savants célèbres de cette période à Ṣaphoth, le personnage le plus
important aux fins de notre enquête est Ribbénou Yôséph Qaˋrô (1488-1575), l'auteur du Béth Yôséph et du Shoulḥon
´oroukh. Ces œuvres halakhiques, peut-être à l'exception du Mishnéh Ṭôroh du
Rambo’’m, ont eu plus d'influence sur le développement de la Halokhoh
que tout autre ouvrage de l'histoire juive. Ribbénou Yôséph Qaˋrô était également un qabbaliste de renom et a absorbé
le système lurianique de la Qabboloh directement de ses « maîtres à Ṣaphoth ».
Ribbénou Yôséph Qaˋrô a élevé le Zôhar à un niveau supérieur en
l’intégrant directement dans son traitement halakhique du sujet du déversement
de semence. Cependant, avant de voir comment, nous devrons quitter l'univers qabbalistique
et revenir à l'univers parallèle halakhique que nous avons laissé derrière nous
il y a quelques articles. Nous devons retracer la Halokhoh à travers
le Rôˋ’’sh,
le Tour et ensuite nous verrons alors comment le Béth Yôséph a pris le monde
halakhique du Tour et le monde qabbalistique du Zôhar et les a combinés.
mardi 28 juillet 2020
L’âme après la mort
בס״ד
L’âme après la mort
Cet article peut être téléchargé ici.
·
Introduction
C'est ce qu'on appelle « le dernier voyage »,
et ce qui s'y passe est une question que beaucoup se posent. Les philosophes,
les scientifiques et les grands hommes ont exploré cette question depuis la
nuit des temps. Qu'arrive-t-il à l'âme après la mort ? Nous ne ferons
aucune spéculation mais n’allons rapporter ici que les choses que nous savons
avec certitude de par nos sources traditionnelles. Cela ne répondra donc pas à
toutes les questions que vous pourriez vous poser sur ce sujet, mais fournira
déjà suffisamment d’indications et de bases.
Les sources de la Ṭôroh nous apprennent que l'âme est
immortelle. C'est un fondement du judaïsme. Cela peut être vu à partir de
l'accent mis sur le respect du Shabboth. Bien que nous respections le Shabboth
principalement parce que la Ṭôroh nous ordonne de le faire, c'est aussi le
fleuron de la croyance juive. Nous arrêtons toutes les formes d'actes créatifs
parce que Hashshém ית׳
a cessé et renoncé aux actes créatifs et S'est délecté le septième jour. Avec
notre repos aussi, nous déclarons au monde que nous croyons au Créateur, qu'Il
est l'essence de tout ce qui est bon et qu'Il récompense le bien et punit le
mal. Afin de recevoir cette récompense et cette punition, l'âme doit être
immortelle.
La Nashomoh, ou âme, s'attache au Gouph, le
corps, alors qu'elle est encore dans l'utérus. Le Ṭalmoudh[1]
déduit cela du Posouq suivant :[2]
בְּהִלּוֹ נֵרוֹ, עֲלֵי רֹאשִׁי;
לְאוֹרוֹ, אֵלֶךְ חֹשֶׁךְ « Quand Il a allumé Sa lampe au-dessus de ma tête ;
par Sa lumière je traverserais l’obscurité ». Le Ṭalmoudh explique
en outre que l'âme apprend toute la Ṭôroh pendant les neuf mois dans l'utérus
et que ces jours sont remplis d'une bonté remarquable. (Pour une explication de
cet enseignement midhrashique, voir l’article intitulé « Un
ange dans le ventre ? ».)
L’âme est comparée à une lampe, comme cela est décrit
dans le Posouq :[3]
נֵר יְהוָה, נִשְׁמַת אָדָם
« La lampe de `adhônoy est l’âme de l’humain »
et :[4]
כִּי-אַתָּה, תָּאִיר נֵרִי; יְהוָה
אֱלֹהַי, יַגִּיהַּ חָשְׁכִּי « Car tu fais luire ma lampe ; ô `adhônoy,
mon `alôhim, illumine mon obscurité ! »
·
Le départ de l’âme
Il est expliqué que peu avant la mort de la personne,
la Nashomoh commence à s’éteindre. Cependant, elle reste avec le
corps jusqu'au moment de la mort, que l’on appelle יְצִיאַת הַנְּשָׁמָה « Yaṣi`ath Hannashomoh » (sortie
/ départ de l’âme). Quand l'âme s'en va, cela est comparé à l'extinction d'une
lampe.[5]
La connexion qui lie l'âme au corps est assez forte. Le
Ṭalmoudh[6]
nous dit que pour rompre cette connexion, le Mal`akh Hammowath (l'Ange de la
Mort) effraie à mort la personne, provoquant le détachement de l'âme du corps.
Si la personne avait développé un lien étroit avec Hashshém au cours de sa vie,
alors אֵין מַחְרִיד « `én Maḥridh » ;
il n'y a rien du tout d’effrayant de la part du Mal`akh Hammowath. Au
contraire, dans ce cas le départ de l'âme se produit à cause de son désir de
s'attacher à la Shakhinoh, qui arrive également.
Parfois, la séparation du corps et de l’âme est
douloureuse et parfois non, selon le niveau spirituel du défunt.[7]
Le moment où l'âme s'en va n'est pas insignifiant.
Dans les Pirqé Dharibbi `ali´azar[8]
il est dit que le son de la séparation est l’un des six sons qui résonne autour
de l’univers mais n’est pas entendu.
·
Les cinq facettes de la Nashomoh
Le Midhrosh[9]
se réfère à la Nashomoh générale par cinq noms ou forces : Naphash,
âme ; Rouaḥ, esprit ; Nashomoh, souffle ; Ḥayyoh,
force vitale ; et Yaḥidhoh, singularité unique. Les Maqoubbolim
expliquent que les cinq noms de l’âme décrivent cinq dimensions de l’âme. Naphash
est la force qui est le moteur de la vie physique. Rouaḥ est le soi émotionnel,
imprégnant l'individu de personnalité. Nashomoh est le soi
intellectuel. La Ḥayyoh est la force vitale qui imprègne la personne de
volonté, d'engagement et de foi. La Yaḥidhoh se rapporte à l'essence
de l'âme - son unité avec sa source, l'essence singulière de Hashshém.
·
Période de confusion
Immédiatement après la mort, la Nashomoh
peut se trouver dans un état de confusion totale. C’est donc considéré comme un
acte d’immense Ḥasadh (bonté) de rester avec une personne mourante, afin
qu'elle ne meure pas seule et confuse.
Pendant ce temps, l'âme oublie souvent, par confusion
et effroi, qui elle était. Le Shela’’h Haqqodhôsh ז״ל recommande donc de se familiariser avec un Posouq de la Ṭôroh qui fait
allusion à son propre nom afin que l'âme puisse se calmer pendant cette
période. Le Posouq fait allusion à son propre nom si la première et la dernière
lettre du Posouq correspondent aux première et dernière lettres de son propre
nom. Ces Pasouqim se retrouvent généralement dans les Siddourim soit
après la ´amidhoh de Shaḥrith ou tout à la fin des Siddourim.
L'âme qui est maintenant détachée du corps est
douloureusement consciente de toutes les choses qui entourent physiquement son
corps. Cela est particulièrement vrai avant que le corps ne soit inhumé. L'âme
peut également entendre des mots qui sont prononcés par d'autres personnes
autour du corps. Le Ṭalmoudh[10]
nous dit que l'âme elle-même pleure son corps pendant sept jours complets. Cela
se voit dans le Posouq suivant :[11]
וְנַפְשׁוֹ, עָלָיו תֶּאֱבָל
« et son âme s’endeuille à son sujet ».
C'est pour cette raison que ceux qui exécutent le Tohôroh
(lavage mortuaire) et ceux qui surveillent le corps avant qu'il ne soit inhumé
devraient s'abstenir de toute conversation frivole afin que la Nashomoh
ne soit pas davantage déconcertée par ce qui se passe.
·
Les douze premiers mois après
la mort
Pendant les douze premiers mois après la mort, des parties
de l'âme planent au-dessus du corps. Pour la plupart des Nashomôth,
jusqu'à ce que le corps atteigne un certain niveau de décomposition, l'âme erre
près du corps et n'a pas de lieu de repos permanent. C'est l'une des raisons de
sa douleur et de son inconfort. L'âme plane ainsi au-dessus du corps. Pendant
ce temps, l'âme est consciente et est peinée par les changements physiques qui
se produisent dans son corps.
Le Ṭalmoudh[12]
déclare donc :
|
Les vers sont aussi douloureux pour les morts que
les aiguilles le sont pour la chair des vivants, comme il est dit :[13] « Toutefois,
sa chair souffre le concernant ». |
קשה רימה למת כמחט בבשר החי שנאמר אך בשרו עליו
יכאב. |
C’est ce que les Maqoubbolim appellent חִבּוּט הַקֶּבֶר « Ḥibbout Haqqavar – punition de la tombe ».
Pour certaines personnes, ce qui arrive au corps dans
la tombe peut être encore plus douloureux que le Géhinnom lui-même !
·
Jugement
Au cours de cette première année après la mort, l'âme
est d'abord jugée par le Béth Din céleste. En plus de ce jugement initial, les
âmes des impies sont en outre réprouvées pendant 12 mois après la mort.
D'autres sont réprimandés pour un temps moindre, selon la gravité de ce qu'ils
ont fait et s'ils ont fait Ṭashouvoh pour cela.
Si la « Ṭashouvoh Mé`ahavoh »
(repentance par amour pour Hashshém) avait été accomplie, alors les péchés qui
ont été commis au cours d’une vie sont non seulement effacés, mais comptent
comme des Miṣwôth. C'est un « cadeau » remarquable qui dépasse notre
compréhension. Cela sert également à réduire le temps que la Nashomoh
passe à se nettoyer.
Le jugement principal après la mort est au Géhinnom,
où l'âme est purifiée dans un feu spirituel et nettoyée afin qu'elle puisse
recevoir une récompense éternelle. Le feu spirituel du Géhinnom s'éteint à
chaque Shabboth, car aucune punition n’est appliquée ce jour, ni aucune
souffrance.
Les âmes des justes sont assez élevées. Ils sont, dans
un sens, encore plus grands que les Mal`okhim d'en haut. Comment ? Ils
sont capables de progresser de plus en plus haut dans leur destination céleste finale.
Hashshém a dit à Zakharyoh Hannovi ע״ה :[14]
|
Ainsi a dit `adhônoy Ṣavo`ôth :
Si tu marcheras dans Mes voies, et si Tu garderas Mon observance, et aussi
que tu jugeras Ma Maison, et aussi que tu garderas Mes parvis, Je te donnerai
un accès au milieu de ceux-ci qui se tiennent ici. |
כֹּה-אָמַר יְהוָה צְבָאוֹת, אִם-בִּדְרָכַי
תֵּלֵךְ וְאִם אֶת-מִשְׁמַרְתִּי תִשְׁמֹר, וְגַם-אַתָּה תָּדִין אֶת-בֵּיתִי,
וְגַם תִּשְׁמֹר אֶת-חֲצֵרָי--וְנָתַתִּי לְךָ מַהְלְכִים, בֵּין הָעֹמְדִים
הָאֵלֶּה. |
Hashshém a montré à Zakharyoh une vision de
Mal`okhim stationnaires, lui disant qu'il serait capable de se déplacer parmi
eux. Les Mal`okhim, n’ayant pas de Baḥiroh (libre-arbitre) restent à
un niveau de Gan ´édhan. Mais quelqu’un véritablement juste pourra bouger et
monter, aussi bien avant et après le départ de la Nashomoh. Il aura
l’accès libre de se mouvoir dans les mondes spirituels, où la notion de « limite
physique, spatiale et temporelle » n’existe pas.
·
Allumer une bougie
Shalômôh Hammalakh ע״ה compare la Nashomoh
à une lampe, comme nous l’avions rapporté plus haut : נֵר יְהוָה, נִשְׁמַת אָדָם
« La lampe de `adhônoy est l’âme de l’humain ».
Et son père, Dowidh Hammalakh ע״ה a également déclaré,
là encore comme rapporté plus haut : כִּי-אַתָּה,
תָּאִיר נֵרִי; יְהוָה אֱלֹהַי, יַגִּיהַּ חָשְׁכִּי « Car tu fais luire
ma lampe ; ô `adhônoy, mon `alôhim, illumine mon
obscurité ! ». C’est de ces associations de l’âme avec une
lampe que vient la tradition d’allumer une lampe en l’honneur du défunt.
La Nashomoh reste dans la maison pendant la
période de Shiv´oh, et elle est réconfortée par la présence d'une lampe /
bougie allumée pour elle. La bougie est similaire à la nature de la Nashomoh
et elle est attirée vers elle dans un état de gloire et de bonheur.[15]
Idéalement, elle devrait être allumée dans la maison où vivait le défunt. Si
cela n’est pas possible, elle devrait alors être allumée là où les personnes en
deuil sont assises pour la Shiv´oh. Idéalement, elle devrait être allumée par
l'enfant du défunt.
La bougie doit continuer à être allumée pendant toute
la Shiv´oh. Si vous n'avez pas de bougie de longue durée, elle peut être chaque
fois remplacée par une neuve.
·
Conclusion
Il est dit qu'à partir des Miṣwôth qu'une personne
accomplit au cours de sa vie, Hashshém confectionne des vêtements à placer
autour de la Nashomoh. Ces robes permettent à l'âme de se tenir
devant la cour du Roi. Sans eux, l'âme ne peut pas voir la grâce de Hashshém.
L'inverse est également vrai. Lorsque des ´avérôth (transgressions)
sont accomplies, une robe décrépite est placée sur la Nashomoh et
son jugement au Géhinnom est alors prononcé.
Les processus qui se produisent pour la Nashomoh
après son départ du corps sont complexes et quelque peu effrayants. Pourtant,
il est possible de se préparer correctement pour ce moment. Nous voyons
l'énorme importance de développer une Davéqouth (attachement) à Hashshém,
de faire Ṭashouvoh par véritable amour pour Hashshém (et non par
peur de la punition) et de maintenir l'étude de la Ṭôroh de notre vivant. Et
tout cela atténuera les douleurs de l’âme après son départ.
Puisse Hashshém provoquer rapidement l'élimination de
la mort pour toujours !
[1] Niddoh 30b
[2] `iyôv 29 :3
[3] Mishlé 20 :27
[4] Ṭahillim 18 :29
[5] Midhrosh Shir Hashshirim Rabboh
6 :1
[6] ´avôdhoh Zoroh 20b
[7] `ôr Haḥayyim, Poroshath Baḥouqqôthay ;
Ṭalmoudh, Barokhôth 8a
[8] Pirqé Dharibbi `ali´azar
34
[9] Baré`shith Rabboh
14 :9
[10] Shabboth 152a
[11] `iyôv 14 :22
[12] Shabboth 152a
[13] `iyôv 14 :22
[14] Zakharyoh 3 :7
[15] Voir Ribbénou Baḥayé, Shamôth
25 :31

