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mercredi 9 septembre 2026
vendredi 7 août 2026
vendredi 24 juillet 2026
Le libre-arbitre et le destin – Habad VS le Rambam
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mercredi 22 juillet 2026
vendredi 7 novembre 2025
mercredi 25 juin 2025
dimanche 25 mai 2025
dimanche 4 mai 2025
lundi 3 février 2025
Le judaïsme fétichiste des Haredim
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jeudi 16 mai 2024
lundi 26 février 2024
vendredi 5 août 2022
dimanche 19 avril 2020
Qu'est-ce que le Géhinnôm ?
בס״ד
Qu'est-ce
que le Géhinnôm ?+
Cet
article peut être téléchargé ici.
En
raison de l'influence même subtile du christianisme (qui s'appuie
sur d'autres mythologies l'ayant précédé) sur les esprits de bon
nombre de personnes, beaucoup s'imaginent l'existence d'un Paradis
céleste et surtout d'un Enfer où seront tourmentées les âmes
mauvaises pour l'éternité. Aucune de ces croyances n'existe dans le
judaïsme ! L'Enfer, tel que le conçoivent généralement les
chrétiens et ceux influencés par cette pensée impure, n'existe pas
dans la Tôroh ou la littérature rabbinique classique.
Le
terme hébreu qui est malencontreusement traduit par « Enfer »
est גֵּיהִנּוֹם
« Géhinnôm »,
qui est en fait une combinaison des deux mots suivants, גֵּיא
הִנֹּם
« Gé`
Hinnôm »,
qui signifient « la
Vallée de Hinnôm ».
On l'appelle aussi parfois dans le TaNa''Kh גֵּי
בֶן-הִנֹּם
« Gé
Van Hinnôm – la Vallée du fils de Hinnôm ».
Il s'agit d'une vallée située au sud de Yarousholayim
(Jérusalem) sur l'une des frontières entre les territoires de
Yahoudhoh
et de Binyomin, entre la Vallée de Rapho`im
et ´én Rôghél.1
À
l'époque de la monarchie, le Géhinnôm, à un endroit appelé
Tôphath, était le site d'un culte qui impliquait de brûler des
enfants.2
Yirmayohou
Hannovi` ע״ה
a
condamné à maintes reprises ce culte et prédit qu'à cause de cela
Tôphath et la Vallée du fils de Hinnôm seraient appelées גֵּיא
הַהֲרֵגָה
« Gé`
Haharénoh
– la Vallée du Massacre ».3
Voici ci-dessous une photo de cette vallée :
Dans
les enseignements de nos Hakhomim, à leurs morts
les âmes des êtres humains peuvent s'en aller vers trois endroits
différents. Seules les âmes des Saddiqim (ceux qui ont plus
de Zakhouyôth que de ´avérôth)
s'en vont directement au Gan ´édhan spirituel, nous disent les
Hakhomim. Quant aux Bénônim (personnes moyennes,
qui ont autant de Zakhouyôth que de ´avérôth),
leurs âmes s'en vont vers un lieu de raffinement ou de purification,
que l'on appelle le Géhinnôm.
Cet
endroit spirituel n'a aucun lien avec l'Enfer chrétien, qui serait
un lieu de damnation éternelle où les âmes des pécheurs seraient
torturées. En réalité, la notion même selon laquelle Hashshém
ית׳
pourrait
torturer éternellement une âme ou prendre plaisir en une torture
éternelle ferait de Hashshém une entité inique, cynique et sadique
manquant de miséricorde. Cette notion est contraire au judaïsme et
à la bonté même de Hashshém. Il s'agit plutôt d'un endroit où
le Bénôni pourra passer en revue les actes de sa vie, étant
confronté pour la première fois pleinement et sans filtre aux
méfaits qu'il avait accomplis de son vivant. Par ce passage au
Géhinnôm spirituel, il pourra faire Tashouvoh
pour ses méfaits et faire pencher sa balance du côté de la
Sidhqoniyouth (droiture), et mériter ainsi le Gan ´édhan.
Ce n'est donc pas l'endroit lugubre et de tourments qu'on imagine
souvent, mais au contraire, un aspect supplémentaire de la
miséricorde Divine.
Les
Hakhomim enseignent que ce passage au Géhinnôm ne
peut pas durer plus de douze mois :4
|
Il
a aussi dit : Il y a cinq choses de douze mois : 1) le
jugement de la génération du Mabboul a eu lieu douze mois ;
2) le jugement de `iyôv a eu lieu douze mois ; 3) le
jugement des égyptiens a eu lieu douze mois ; 4) le jugement
de Gôgh pour les temps à venir aura lieu douze mois ; 5) le
jugement des Rasho´im dans le Géhinnôm a
lieu douze mois, ainsi qu'il est dit :5
« Et ce sera depuis un mois jusqu'au même mois ».
Ribbi Yôhonon ban Nouri dit : Depuis Pasah et
jusqu'à ´asarath, ainsi qu'il est dit :6
« Et depuis un Shabboth jusqu'au même Shabboth ».
|
אַף
הוּא אָמַר,
חֲמִשָּׁה
דְבָרִים שֶׁל שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ.
מִשְׁפַּט
דּוֹר הַמַּבּוּל,
שְׁנֵים
עָשָׂר חֹדֶשׁ.
מִשְׁפַּט
אִיּוֹב,
שְׁנֵים
עָשָׂר חֹדֶשׁ.
מִשְׁפַּט
הַמִּצְרִיִּים,
שְׁנֵים
עָשָׂר חֹדֶשׁ.
מִשְׁפַּט
גּוֹג לֶעָתִיד לָבֹא,
שְׁנֵים
עָשָׂר חֹדֶשׁ.
מִשְׁפַּט
רְשָׁעִים בְּגֵיהִנֹּם,
שְׁנֵים
עָשָׂר חֹדֶשׁ,
שֶׁנֶּאֱמַר,
וְהָיָה
מִדֵּי חֹדֶשׁ בְּחָדְשׁוֹ.
רִבִּי
יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר,
מִן
הַפֶּסַח וְעַד הָעֲצֶרֶת,
שֶׁנֶּאֱמַר
וּמִדֵּי שַׁבָּת בְּשַׁבַּתּוֹ:
|
Quant
à ceux qui sont des Rasho´im (qui ont plus de
´avérôth que de Zakhouyôth), leurs
âmes ne monteront pas au Gan ´édhan à la fin de cette période
maximale de douze mois. À la fin de cette période de purification
et d'introspection, leurs âmes seront carrément détruites et
cesseront d'exister.
Le
Talmoudh7
enseigne que Hashshém créa sept choses avant notre monde, à savoir
la Tôroh, le Gan ´édhan, le Géhinnôm, la Tashouvoh,
le Béth Hammiqdosh, le Trône de Gloire, et le nom du Moshiah.
De par cette liste, nous pouvons clairement voir que toutes ces
notions sont positives et servent à la sanctification et au
perfectionnement du monde. Le Géhinnôm n'est donc pas un endroit
négatif.
Les
Hakhomim énumèrent tout un ensemble de fautes qui
sont tellement graves qu'elles nous vaudront un passage obligatoire
au Géhinnôm si nous ne nous en repentons pas de notre vivant. Par
exemple, les moqueurs et les arrogants,8
ou encore ceux qui font des commentaires désobligeants sur des
Talmidhé Hakhomim décédés.9
Ce
sont là les enseignements traditionnels sur ce sujet, donc
sortez-vous de la tête la conception chrétienne que vous auriez
adoptée même sans vous en être rendu compte !
1Yahôshoua´
15:8, 18:16
3Yirmayohou
19:5-6
5Yasha´yohou
66:23
6Ibid.
7Nadhorim
39b
8´avôdhoh
Zoroh 18b
9Barokhôth
19a
dimanche 9 février 2020
Le Concept du libre-arbitre – 2ème Partie
בס״ד
Le
Concept du libre-arbitre – 2ème Partie
Cet
article peut être téléchargé ici.
Dans
notre précédent article, nous avons analysé l'opinion générale,
qui soutient, comme le Rambo''m, que chacun de nous a le libre
arbitre. Nous pouvons choisir par nous-mêmes de faire le bien ou le
mal, et ni Hashshém ni aucune autre force ne nous fait choisir l'une
ou l'autre possibilité. Dans cet article, nous aborderons maintenant
le point de vue minoritaire dans notre tradition, qui soutient qu'en
fait nous n'avons pas le libre arbitre.
- La position de Ribbénou Hasda`y Qarésqas
Chez
les Ri`shônim, on retrouve l'opinion de R. Hasda`y
Qarésqas
ז״ל,
philosophe et halakhiste espagnol du 14ème
siècle1,
qui remet en question l'existence d'événements non déterminés,
tels que les choix humains, spontanés et librement décidés. Il
démontre que bien qu'il existe de nombreuses preuves du libre choix,
il existe également de nombreuses preuves de la possibilité que
toutes nos actions soient déterminées. Il conclut que sous un
aspect, nous avons le libre arbitre, mais sous un autre aspect, nous
n'en avons pas.
La
première preuve de la position de R. Hasda`y
est la prescience de Hashshém. Si Hashshém est omniscient, alors
cela doit signifier que tout ce que nous faisons était connu
d'avance par Hashshém et donc non sujet au changement. Sa deuxième
preuve est conforme à l'argument de nombreux scientifiques
contemporains - que les êtres humains ne sont finalement que des
machines et que les lois de cause à effet fonctionnent également
dans notre cerveau. Exprimée en termes de neuropsychologie moderne,
chaque décision que nous prenons a une cause neurologique. La cause
peut être génétique, basée sur la structure de notre cerveau, ou
le résultat de certains stimuli que nous avons expérimentés dans
nos vies. Entre nature et culture, si vous additionnez notre
constitution génétique, toutes les expériences que nous avons eues
dans nos vies, et tous les différents facteurs qui ont agi sur nous,
tout ce que nous faisons est le résultat de diverses causes qui
déterminent nos pensées et nos actes.
R.
Hasda`y
Qarésqas,
convaincu par ces arguments, conclut que nous avons le libre arbitre,
mais seulement dans un sens limité. Personne ne nous oblige à rien
faire; Hashshém ne bouge pas nos mains comme un marionnettiste
déplace une marionnette. Nous ne faisons que ce que nous voulons
faire. Mais ce que nous voulons faire est programmé
neurobiologiquement et psychologiquement par le type de cerveau avec
lequel nous sommes nés, ainsi que par les expériences que nous
avons eues dans nos vies. Dans un certain sens, nous sommes libres,
parce que nous faisons ce que nous voulons; personne ne nous fait
faire quelque chose que nous ne voulons pas faire. C'est simplement
que ce que nous voulons est déterminé par des forces indépendantes
de notre volonté.
Pour
certains, cela ressemble à un manque de libre arbitre. Après tout,
si tout ce que nous faisons est déterminé par des forces
indépendantes de notre volonté, il semble qu'il n'y ait aucun
endroit où nous pouvons briser la chaîne de cause à effet et
décider par nous-mêmes de ce que nous voulons faire. R. Hasda`y,
cependant, voit cela comme un type de libre arbitre, car nous seuls
décidons de ce que nous allons faire. Le fait que nos cerveaux ne
soient que de simples ordinateurs programmés à notre naissance et
qui contiennent des réponses déterminées n'enlève pas le fait que
nous sommes libres de choisir de faire ce que nous voulons, même si
nous ne sommes pas libres de choisir ce que nous voulons.2
R.
Hasda`y
affirme que toutes les preuves apportées par les philosophes Juifs
traditionnels pour l'existence du libre arbitre peuvent être
adéquatement traitées par sa théorie. Voyons quelques-unes de ces
preuves.
- R. Hasda`y sur la preuve tirée de l'expérience
L'expérience
est une preuve de l'existence du libre arbitre. Nous sentons que nous
pouvons faire ce que nous voulons et que personne ne nous oblige à
faire autrement. R. Hasda`y Qarésqas
convient que nous pouvons faire ce que nous voulons. Je peux décider
de prendre un morceau de papier ou de poser un morceau de papier, de
parler ou de garder le silence. Mais cela prouve simplement que nous
sommes libres de faire ce que nous voulons; cela n'explique pas
pourquoi nous voulons faire quelque chose. Cela, affirme R. Hasda`y,
est déterminé par des forces indépendantes de notre volonté.
- R. Hasda`y sur la preuve tirée des Miswôth
Une
deuxième preuve dont nous avons discuté est basée sur le langage
de la Tôroh et des Navi`im,
qui nous disent : « Choisissez
les Miswôth ;
ne choisissez pas les ´avérôth.
Le choix vous appartient. Choisissez la vie ! ».
Pourquoi Hashshém enverrait-Il les prophètes pour nous encourager à
faire le bon choix si ce choix est déterminé par la nature, par les
stimuli qui agissent sur nous ? R. Hasda`y
répond que cela cadre parfaitement avec sa théorie. Après tout, si
nos choix sont déterminés par notre environnement et par les forces
qui agissent sur nous, alors l'une des forces qui agissent sur nous
est les messages que Hashshém nous envoie à travers sa Tôroh et
Ses prophètes.
Si
l'on devait soutenir (comme de nombreux penseurs libéraux
contemporains) que les gens ne choisissent pas pour eux-mêmes mais
sont plutôt des produits de leur environnement, alors la meilleure
façon d'améliorer la vie des gens est d'améliorer leur
environnement; si vous améliorez leur environnement, cela les fera
agir mieux. Hashshém a choisi d'améliorer notre environnement de
diverses manières. L'une d'elles était en nous envoyant des
messages dans la Tôroh nous encourageant à choisir le bon chemin.
Hashshém a ajouté ce message d'inspiration pour accomplir des
Miswôth
dans notre environnement en sachant que dans de nombreux cas, les
messages positifs d'inspiration et d'encouragement amèneront de
manière déterministe nos cerveaux à vouloir faire la bonne chose.
- R. Hasda`y sur la preuve tirée de HaZa''l
Une
troisième preuve que de nombreux philosophes Juifs ont apporté pour
soutenir la notion du libre arbitre était la déclaration de HaZa''l
que tout est entre les mains des Cieux, sauf la crainte des Cieux.3
R. Hasda`y
explique cette affirmation en accord avec sa théorie. Hashshém ne
nous oblige pas directement à faire le bien ou le mal. C'est à nous
de faire ce que nous voulons, et nous ne sommes pas directement
contrôlés par Hashshém comme s'Il était un marionnettiste nous
forçant à faire des choses. Au contraire, ce que nous voulons faire
est contrôlé par les diverses forces physiques et psychologiques
qui agissent sur nous, et donc ce n'est pas entre les mains du
contrôle direct de Hashshém. HaZa''l
n'ont jamais dit que nos choix nous appartenaient librement, mais
simplement qu'ils n'étaient pas directement contrôlés par
Hashshém. Ils sont cependant contrôlés par ces forces créées par
Hashshém à l'intérieur de notre cerveau qui déterminent ce que
nous voulons.
- R. Hasda`y sur la preuve tirée de la justice Divine
L'argument
de la justice Divine est pris très au sérieux par R. Hasda`y
Qarésqas.
Nous sommes certains que Hashshém récompense les justes et punit
les méchants, et nous pouvons nous attendre à être récompensés
pour avoir accompli une Miswoh
et punis pour avoir commis une ´avéroh.
Nous savons que Hashshém est juste et équitable. Si nous
choisissons ce que nous faisons par nous-mêmes, alors il est
parfaitement juste et équitable de la part de Hashshém de nous
récompenser et de nous punir. Mais si ce que nous voulons faire est
déterminé par notre nature et notre éducation, comment est-il
juste de la part de Hashshém de nous récompenser et de nous punir ?
Après tout, nos décisions étaient préprogrammées, comme si nous
étions des robots, par notre constitution génétique et par les
forces de notre environnement.
Pour
répondre à cette objection, R. Hasda`y
dit que nous devons différencier les deux conceptions différentes
de la récompense et de la punition. Quand nous disons que les
Miswôth
sont récompensées et les ´avérôth
punies, que voulons-nous dire ? Pour illustrer les deux
possibilités, prenez l'exemple suivant. Un moniteur de conduite
automobile peut dire : « Si vous ne portez pas de ceinture
de sécurité, vous obtiendrez une amende de 750 € et quatre points
en moins sur votre permis ». Ou il pourrait dire : « Si
vous ne portez pas de ceinture de sécurité, et que vous êtes
impliqué dans un accident, votre tête heurtera le pare-brise, ce
qui ouvrira votre crâne ». Il existe une différence
fondamentale entre ces deux peines. Obtenir une amende n'est pas un
effet naturel de ne pas porter de ceinture de sécurité; c'est une
punition imposée de l'extérieur. En revanche, perdre la vie dans un
accident de voiture est une conséquence naturelle de ne pas porter
de ceinture de sécurité. Elle est intégrée aux lois de la nature.
Lorsque
nous affirmons le principe de la récompense et de la punition,
voulons-nous dire que Hashshém impose artificiellement une
récompense ou une punition, comme un juge prononçant une peine dans
une salle d'audience ? Ou voulons-nous dire qu'Il a établi dans
le monde que la conséquence naturelle d'une Miswoh
ou d'une ´avéroh
est une récompense ou une punition ? Hashshém condamne-t-Il
les pécheurs au Géhinnom comme une sanction imposée de
l'extérieur, ou est-ce la nature des choses que si vous souillez
votre âme de transgressions tout au long de votre vie, votre âme ne
pourra pas recevoir la pureté et la félicité éternelle du
monde-à-venir, et sera donc consignée à la souffrance ? Selon
cette dernière hypothèse, le résultat naturel de la ´avéroh
est un éloignement de la bonté, et le résultat naturel de
l'accomplissement d'une Miswoh
est une amélioration de notre âme, qui nous sera bénéfique à
long terme.
Si
nous acceptons la première version de la récompense et de la
punition et croyons que Hashshém siège en tant que juge et nous
condamne à la récompense ou à la punition, il serait en effet
injuste de le faire si ce que nous voulions faire était déterminé
par notre constitution génétique et par notre environnement. R.
Hasda`y,
cependant, accepte la deuxième compréhension de la récompense et
de la punition. Naturellement, lorsque nous faisons une Miswoh,
nous nous portons mieux, et la conséquence naturelle d'une ´avéroh
est pire et, en fin de compte, la souffrance. En ce qui concerne les
conséquences naturelles, il n'est pas valable d'objecter que le
résultat est injuste. Si je tombe dans un feu, je me brûlerai et si
c'est un feu assez grand, je mourrai probablement. Si je saute dans
un feu avec une négligence téméraire, je mérite de me brûler; si
j'ai fait attention mais qu'une personne maléfique est venue me
chercher et m'a jetée dans une maison en flammes, je ne mérite pas
de me brûler, mais je souffrirai quand même, car la conséquence
naturelle du contact avec le feu est la souffrance d'être brûlé.
Puisqu'il s'agit d'une conséquence naturelle, peu importe qu'elle
soit équitable. C'est simplement l'ordre naturel des choses.
R.
Hasda`y
soutient que la récompense pour avoir fait des Miswôth
ou la punition pour des ´avérôth
est le résultat naturel de nos actions. Elles ne sont pas justes,
mais peu importe qu'elles soient justes ou pas. Hashshém
n'interviendrait pas dans le monde et ne ferait rien d'injuste. Mais
nous croyons que Hashshém a créé ce monde avec les lois de la
nature qui le contrôlent, et dans ce monde, parfois les gens tombent
dans des incendies ou meurent dans des accidents. Même s'ils
conduisaient en toute sécurité et portaient leur ceinture de
sécurité et qu'ils disaient la prière du voyageur, ils seront
toujours blessés ou tués s'ils sont heurtés par un conducteur
ivre, car c'est une conséquence naturelle d'un accident. De même,
dit R. Hasda`y,
dans le domaine de la récompense et de la punition, ce n'est
peut-être pas finalement juste. Mais puisque la conséquence
naturelle, par exemple, de transgresser le Shabboth ou d'adorer des
idoles est finalement la souffrance, qu'elle soit juste ou non, c'est
ce qui arrive à quelqu'un qui commet ces transgressions.
C'est
peut-être le point le plus faible de la présentation de R. Hasda`y.
Il est difficile d'accepter que Hashshém créerait un monde dans
lequel il y aurait des conséquences spirituelles naturelles à
toutes les choses mentionnées dans la Tôroh, sans aucun système
d'équité derrière ces conséquences. Mais R. Hasda`y
est prêt à payer ce prix philosophique pour défendre sa théorie
du libre arbitre. Il accepte que Hashshém dans Sa sagesse Divine ait
décidé que c'était le genre de monde qu'Il voulait créer.
- Résumé de la position de Ribbénou Hasda`y Qarésqas
Pour
résumer, R. Hasda`y
Qarésqas
dit que nous avons le libre arbitre complet de faire ce que nous
voulons, mais ce que nous voulons faire est complètement déterminé.
Ce n'est pas déterminé par notre libre arbitre, mais plutôt par la
nature et l'éducation. HaZa''l
voulaient seulement dire que Hashshém ne nous force pas la main; Il
laisse les règles de la physique et la nature de l'univers
déterminer notre comportement. Le TaNa''Kh nous encourage à faire
les bons choix afin d'affecter notre environnement. Bien que nous
sentions que nous avons le libre arbitre, c'est seulement dans la
mesure où nous sommes libres de faire ce que nous voulons, mais ce
que nous voulons faire est déterminé. R. Hasda`y
croit que la récompense et la punition sont des conséquences
naturelles et non imposées artificiellement, et les conséquences
naturelles n'ont pas à être équitables.
1`ôr
Hashshém, Livre 2, Section 5
2Dans
la littérature philosophique générale, cette position est connue
sous le nom de compatibilisme ou « déterminisme mou »
3Barokhôth
33b
mardi 4 février 2020
Le Concept du libre-arbitre – 1ère Partie
בס״ד
Le
Concept du libre-arbitre – 1ère Partie
Cet
article peut être téléchargé ici.
Dans
le cinquième chapitre des Hilkôth Tashouvoh
(lois sur la repentance) de son Mishnéh Tôroh, le Rambo''m ז״ל
discute
du débat sur la question de savoir si les êtres humains ont le
libre arbitre de choisir entre le bien et le mal. Il sous-entend que
la majorité des Juifs philosophiquement peu sophistiqués de son
temps pensaient que l'homme n'a pas le libre arbitre et que toutes
nos actions sont décrétées par Hashshém ית׳.
Le Rambo''m, cependant, était d'un avis différent1 :
|
Un
droit a été donné à tout humain : s'il a désiré se
tourner vers une bonne voie et devenir un Saddiq, ce droit
est en sa main ; et s'il a désiré se tourner vers une
mauvaise voie et devenir un Rosho´, ce droit est en sa main !
C'est ce qui est écrit dans la Tôroh2 :
« Voici, l'humain est devenu comme l'un de nous,
connaissant le bien et le mal ». C'est-à-dire :
Voici, cette espèce humaine est devenue unique dans le monde, et
il n'y en a point une deuxième pour se comparer à elle dans ce
domaine, en ce que de lui-même, par sa connaissance, et par sa
pensée, il connaît le bien et le mal et fait tout ce qu'il
désire. Et il ne possède pas quelqu'un qui aurait en son pouvoir
de l'empêcher de faire le bien ou le mal. Et étant donné qu'il
en est ainsi, « il pourrait envoyer sa main, etc. ».
|
רְשׁוּת
כָּל אָדָם נְתוּנָה לוֹ:
אִם
רָצָה לְהַטּוֹת עַצְמוֹ לְדֶרֶךְ
טוֹבָה וְלִהְיוֹת צַדִּיק,
הָרְשׁוּת
בְּיָדוֹ;
וְאִם
רָצָה לְהַטּוֹת עַצְמוֹ לְדֶרֶךְ
רָעָה וְלִהְיוֹת רָשָׁע,
הָרְשׁוּת
בְּיָדוֹ.
הוּא
שֶׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה "הֵן
הָאָדָם הָיָה כְּאֶחָד מִמֶּנּוּ,
לָדַעַת,
טוֹב
וָרָע"--כְּלוֹמַר
הֵן מִין זֶה שֶׁלָּאָדָם הָיָה אֶחָד
בָּעוֹלָם,
וְאֵין
לוֹ מִין שֵׁנִי דּוֹמֶה לוֹ בְּזֶה
הָעִנְיָן,
שֶׁיְּהֶא
הוּא מֵעַצְמוֹ בְּדַעְתּוֹ
וּבְמַחְשַׁבְתּוֹ יוֹדֵעַ הַטּוֹב
וְהָרָע וְעוֹשֶׂה כָּל מַה שְׁהוּא
חָפֵץ,
וְאֵין
לוֹ מִי שֶׁיְּעַכַּב עַל יָדוֹ
מִלַּעֲשׂוֹת הַטּוֹב אוֹ הָרָע.
וְכֵיוָן
שֶׁכֵּן הוּא,
פֶּן-יִשְׁלַח
יָדוֹ.
|
C'est
l'opinion n'est pas propre au Rambo''m. En réalité, c'est celle de
l'écrasante majorité des philosophes Juifs toutes époques
confondues. Dans cet article, nous examinerons cette opinion
majoritaire, qui soutient que chacun de nous peut choisir entre le
bien et le mal; dans le prochain article, nous passerons à l'opinion
minoritaire, qui diverge de celle-ci.
- Les raisons de croire en un libre arbitre
Pourquoi
la majorité des philosophes croient-ils que nous avons le libre
arbitre ? Le Rambo''m dans les Hilkôth Tashouvoh
et, plus longuement, le Rov Sa´adhyoh Go`ôn
ז״ל3
énumèrent
quatre raisons de croire au libre arbitre.
- L'expérience
Une
raison, pas nécessairement liée à la religion, est que nous
« sentons » que nous sommes libres. Par exemple, si je
tiens un stylo, je sens que je peux choisir de laisser tomber le
stylo sur le sol ou continuer à le saisir. Mon expérience m'apprend
que j'ai le libre arbitre.
- La justice, la récompense et la punition Divines
Le
deuxième argument, qui est un argument spécifiquement religieux
pour soutenir le libre arbitre, est la croyance en la récompense et
la punition. En tant que Juifs, nous croyons que Hashshém nous
récompense pour avoir fait des Miswôth
et nous punit pour avoir commis des transgressions. Nous croyons
également que Hashshém est juste, comme l'a expliqué `avrohom
`ovinou ע״ה
dans
son argument pour sauver Sadhôm4 :
חָלִלָה
לְּךָ מֵעֲשֹׂת כַּדָּבָר הַזֶּה,
לְהָמִית
צַדִּיק עִם-רָשָׁע,
וְהָיָה
כַצַּדִּיק,
כָּרָשָׁע;
חָלִלָה
לָּךְ--הֲשֹׁפֵט
כָּל-הָאָרֶץ,
לֹא
יַעֲשֶׂה מִשְׁפָּט
« Qu'il
soit profane pour Toi de faire une telle chose, de faire mourir un
Saddiq
avec un Rosho´, de sorte qu'il en soit pour le Saddiq
comme pour le Rosho´. Que cela soit profane pour Toi ! Le Juge
de toute la terre ne ferait-t-Il pas le droit ? ».
Si Hashshém est juste et nous récompense et nous punit pour nos
actions, alors c'est que nous devons avoir le libre arbitre. Après
tout, si quelqu'un était contraint de commettre un péché, il
serait injuste de la part de Hashshém de le punir !
- Les commandements et exhortations bibliques
Le
troisième argument avancé par le Rov Sa´adhyoh
Go`ôn et d'autres est basé sur le langage de la Tôroh. La Tôroh
comprend de nombreux commandements, et cela n'aurait de sens de
commander quelque chose que si les gens ont la libre volonté de
suivre le commandement ou de s'abstenir de le suivre. Plus
particulièrement, la Tôroh nous exhorte avec ce que nous appelons
le Mousor : « Choisis
le bon chemin »,
« Fais
la bonne chose ».
Le fait que Hashshém nous encourage à faire le bon choix implique
clairement que le choix est le nôtre, et qu'Il ne nous l'impose pas.
- Les déclarations talmudiques
Le
quatrième argument, le plus direct et le plus spécifique, pour
soutenir le libre arbitre est énoncé dans le Talmoudh5 :
« R.
Haninoh
dit : ''Tout est entre les mains des Cieux, sauf la crainte des
Cieux'' ».
Hashshém contrôle tout, sauf une chose - si nous L'écoutons ou
non. La seule chose que Hashshém nous laisse est de savoir si nous
voulons accomplir des Miswôth
ou commettre des ´avérôth,
ce qui indique que nous avons le libre arbitre.
- Objections philosophiques au libre arbitre
Pour
ces quatre raisons susmentionnées, pratiquement tous les philosophes
Juifs croient que nous choisissons librement de faire des Miswôth
ou de transgresser. Cependant, plusieurs objections philosophiques
ont été soulevées vis-à-vis de cette position.
- Argument scientifique
De
nombreux scientifiques de l'époque actuelle s'opposent à la notion
de libre arbitre pour des raisons scientifiques. Après tout, si la
physique newtonienne et ses développements ultérieurs prouvent que
chaque action physique est causée par quelque chose, puisque nos
cerveaux sont des machines physiques, qui décident de faire quelque
chose basé sur l'enclenchement physique des synapses, c'est qu'il
doit y avoir une cause. Si tout a une cause, alors quelque chose au
sujet de la structure de notre cerveau ou des expériences que nous
avons dans le monde nous amène à faire des choses, et donc nous ne
pouvons pas choisir librement.6
- Argument basé sur l'omnipotence Divine
Une
objection philosophique que le Rambo''m lui-même mentionne7
est l'argument de la toute-puissance Divine. Si Hashshém est en fait
tout-puissant et contrôle le monde entier, alors tout dépend de
Lui. Comment puis-je décider de faire quelque chose qui est contre
la volonté de Hashshém ? Si Hashshém veut que je pèche, je
finirai par pécher, que je le veuille ou pas. Et s'Il ne veut pas
que je pèche, alors je n'aurai pas la capacité de pécher même si
je le voulais. Donc, comment y a-t-il place pour le libre arbitre si
Hashshém est tout-puissant et contrôle tout dans le monde ?
Cette
objection est relativement facile à parer. Le Rambo''m, le Rov
Sa´adhyoh
Go`ôn et bien d'autres8
soulignent que bien que Hashshém soit tout-puissant, l'une des
façons d'exercer le pouvoir est de donner ce pouvoir à quelqu'un
d'autre. Un roi pourrait être un souverain tout-puissant sur un
empire; l'une des façons dont il exerce son pouvoir sur cet empire
est de nommer des ministres et de les faire prendre des décisions en
son nom. Le roi humain fait cela parce qu'il n'a pas assez d'heures
dans sa journée pour contrôler chaque détail de son royaume.
Hashshém, bien sûr, est tout-puissant et Il pourrait choisir de
tout contrôler, mais Il peut également choisir de déléguer ce
pouvoir à d'autres. Hashshém a choisi de déléguer le pouvoir du
choix aux êtres humains parce qu'il voulait que nous ayons le libre
arbitre. Son plan Divin pour le monde n'était pas simplement de
créer des minéraux, des végétaux, des animaux et des anges. Il
voulait créer des êtres humains, et Il voulait qu'ils décident
eux-mêmes de faire la bonne chose ou la mauvaise chose, alors Il
leur a délégué ce pouvoir. Par conséquent, le libre arbitre ne
contredit pas la toute-puissance Divine. Hashshém a utilisé Son
pouvoir infini pour nous déléguer le pouvoir de choisir de faire la
bonne chose.
- Argument basé sur l'omniscience Divine
Une
objection philosophique plus épineuse, que soulève également le
Rambo''m9,
est le fameux argument de l'omniscience Divine. Non seulement
Hashshém est tout-puissant, mais Hashshém est également
omniscient. Après tout, Hashshém est parfait, et une partie de la
perfection consiste à être omniscient. Si Hashshém sait tout, y
compris l'avenir, alors Il sait ce que nous allons faire avant qu'on
ne l'ait fait, et s'Il sait ce que nous allons faire avant qu'on ne
l'ait fait, alors c'est que nous ne pouvons pas choisir librement !
Par
exemple, si Hashshém sait que je vais assassiner quelqu'un mardi
prochain, alors je commettrai nécessairement un meurtre mardi
prochain. Hashshém ne peut pas se tromper, donc je n'ai pas le libre
arbitre de choisir de ne pas assassiner quelqu'un. Et si Hashshém
sait que je ne vais pas commettre de meurtre, alors je n'ai pas la
capacité de tuer, parce que la connaissance de Hashshém ne peut pas
être fausse. Ainsi, puisque Hashshém savait au moment de la
création du monde ce que chaque personne ferait à chaque minute de
sa vie, il n'y a pas de place pour le libre arbitre; nous n'avons pas
d'autre choix que de faire ce que Hashshém savait à l'avance que
nous ferions, car Hashshém ne peut pas se tromper.
- Réponses au problème de l'omniscience Divine
- Il n'existe pas d'omniscience Divine
Il
existe plusieurs réponses différentes dans la littérature
philosophique pour défendre la doctrine du libre arbitre contre
l'objection fondée sur l'omniscience Divine. Une réponse radicale
est que Hashshém ne sait pas, en fait, ce que nous ferons. Cela
résout le problème assez facilement; si Hashshém ne sait pas ce
que je ferai demain, alors j'ai certainement la possibilité de
choisir si je ferai la bonne ou la mauvaise chose. Cependant, c'est
une idée plutôt radicale, car si Hashshém est parfait, alors Sa
connaissance est parfaite et Il devrait tout savoir.
Il
y a deux façons différentes de réconcilier la perfection de
Hashshém avec le fait qu'il ne sait peut-être pas ce que je vais
faire demain.
- La position de Rash''i
Certains
philosophes affirment que le manque de connaissance des événements
indéterminés dans le futur n'est pas un manque de perfection. Si
quelque chose ne s'est pas encore produit, ne pas le savoir n'est pas
un manque de perfection. Être « omniscient » signifie
savoir tout ce qu'il y a à savoir, et ce qui ne s'est pas encore
produit n'existe pas et ne fait pas partie de tout ce qu'il y a à
savoir. Rash''i ז״ל10
semble
sous-entendre cette approche, mais il y a beaucoup de débats parmi
les `aharônim
quant à la bonne compréhension de ce que voulait dire Rash''i. La
compréhension la plus simple de ses propos est que Hashshém sait ce
que nous avons fait, et c'est sur cette base qu'Il nous récompense
et nous punit, mais Il ne sait pas ce que nous allons faire. Hashshém
sait tout ce qu'il y a à savoir, y compris le passé, le présent et
les choses qui sont déterminées par les lois physiques qui se
produiront à l'avenir. Mais Il ne connaît pas les choix que nous
n'avons pas encore faits, car ils ne sont pas là pour être connus.
- La position du Ralba''g
Le
Ralba''g (Ribbénou Léwi ban Gérshôn) ז״ל,
un halakhiste français du 14ème
siècle, exégète biblique et philosophe, va plus loin et suggère
la réponse assez radicale que Hashshém ne connaît pas du tout les
actions individuelles des êtres humains.11
Le Ralba''g soutient que Hashshém sait tout en termes de
connaissances générales. Il sait comment fonctionne le corps
humain; Il connaît toutes les lois de la physique, de la
psychologie, de la chimie et de toute autre branche de la
connaissance que nous pouvons ou ne pouvons pas imaginer. Hashshém
connaît toutes les lois générales - mais Il ne connaît pas de cas
spécifiques. Hashshém sait tout sur les vaches, mais pas sur une
vache en particulier. De même, Hashshém sait tout sur les êtres
humains, y compris les rouages naturels de la psychologie humaine,
mais Il ne sait pas si un être humain particulier a utilisé son
libre arbitre pour vaincre sa nature et faire une Miswoh
ou une ´avéroh
aujourd'hui. Selon le Ralba''g, la connaissance de Hashshém se
limite aux choses déterminées par les lois de la nature - ces
événements qui sont déterministes.
Mais
la connaissance de Hashshém n'est-elle pas parfaite ? Le
Ralba''g nous dit que la parfaite connaissance de Hashshém est qu'Il
connaît parfaitement toutes les lois de l'univers et toutes ces
choses qui sont déterminées par les lois normales, mais Il ne
descend pas pour connaître tous les détails à un moment et en un
lieu donnés. Ces détails sont en-dehors du champ de Hashshém. En
fait, le Ralba''g soutient que ce serait une imperfection de la part
de Hashshém s'Il devait Se distraire, pour ainsi dire, avec la
connaissance des choses particulières que vous et moi faisons à
chaque instant. La perfection de Hashshém est qu'Il connaît la
vérité ultime et éternelle de l'univers, et non les actions
éphémères et transitoires qui se produisent à un moment et à un
endroit particuliers.
Il
s'agit d'une doctrine radicale qui ne correspond pas à ce que nous
ou la plupart des Juifs au cours des millénaires considérons comme
une opinion religieuse recevable. En posant que Hashshém connaît
les généralités mais pas les détails, le Ralba''g résout
néanmoins le problème du libre arbitre contre l'omniscience Divine,
mais le coût de cette solution est plus élevé que ce que la
plupart d'entre nous seraient prêts à payer. La philosophie du
Ralba''g enlève l'élément d'une relation personnelle entre
Hashshém et l'homme que la plupart d'entre nous considèrent comme
essentielle à une vision religieuse du monde. Déjà à son époque,
la plupart des philosophes Juifs rejetaient le Ralba''g, qu'ils
considéraient être trop aristotélicien. La philosophie juive
dominante a totalement rejeté le point de vue du Ralba''g et
suppose, comme l'indique le sens simple de bon nombre de versets du
TaNa''Kh et des enseignements de HaZa''l,
que Hashshém a en fait une relation avec chacun d’entre nous.
Peut-être que nous ne comprenons pas pourquoi Hashshém, si
transcendant et parfait, Se soucierait ou Se préoccuper de moi ou de
vous, mais nous croyons néanmoins qu'Il le fait, et c'est exactement
ce qui le rend grand. Comme HaZa''l
l'enseignent12,
à l'endroit exact où nous trouvons la grandeur de Hashshém, nous
trouvons également Son humilité. Cette humilité s'exprime dans la
relation personnelle que chacun de nous, les êtres humains,
entretenons avec Hashshém lui-même. Par conséquent, nous croyons
que Hashshém sait certainement et Se soucie beaucoup que nous
fassions les bons choix ou les mauvais choix.
- L'omniscience de Hashshém n'empiète pas sur le libre arbitre
- La position du Rambo''m
Le
Rambo''m lui-même fournit une réponse afin de résoudre la
contradiction apparente entre le libre arbitre et l'omniscience de
Hashshém, mais cette réponse est quelque peu difficile à
comprendre13 :
|
11.
Sache que la réponse à cette question est14 :
« Sa mesure est plus longue que la terre et plus large
que la mer ». Et de nombreux principes importants et
concepts élevés dépendent d'elle. Toutefois, il t'est
nécessaire de connaître et discerner cette chose-ci que je vais
énoncer :
|
יא דַּע
שֶׁתְּשׁוּבַת שְׁאֵלָה זוֹ "אֲרֻכָּה
מֵאֶרֶץ,
מִדָּהּ;
וּרְחָבָה,
מִנִּי-יָם",
וְכַמָּה
עִיקָרִים גְּדוֹלִים וַהֲרָרִים
רָמִים תְּלוּיִים בָּהּ;
אֲבָל
צָרִיךְ אַתָּה לֵידַע וּלְהָבִין
בְּדָבָר זֶה שֶׁאֲנִי אוֹמֵר.
|
|
12.
Nous avions déjà expliqué au
Chapitre Deuxième des Hilkôth Yasôdhé
Hattôroh, que le Saint, béni soit-Il, ne connaît pas par une
connaissance qui est extérieure à Lui comme les êtres humains,
qui eux et leur connaissance font deux. Plutôt, Lui, que Son nom
soit béni, et Sa connaissance sont un ! Et la connaissance
de l'humain n'est pas capable de concevoir cette chose dans toute
sa clarté. Et tout comme il n'y a pas en l'humain la force de
concevoir et d'élucider la vérité du Créateur, ainsi qu'il est
dit15 :
« car l'humain ne peut pas Me voir et vivre »,
de même, il n'y a pas en l'humain la force de concevoir et
d'élucider la connaissance du Créateur. C'est ce que dit le
Prophète16 :
« Car Mes pensées ne sont pas vos pensées, et
vos voies ne sont pas Mes voies ».
Étant donné qu'il en est ainsi, il n'y a pas en nous la force de
savoir comment le Saint, béni soit-Il, connaît toutes les
créations et leurs œuvres !
|
יב כְּבָר
בֵּאַרְנוּ בְּפֵרֶק שֵׁנִי מֵהִלְכּוֹת
יְסוֹדֵי הַתּוֹרָה שֶׁהַקָּדוֹשׁ
בָּרוּךְ הוּא אֵינוּ יוֹדֵעַ בְּדֵעָה
שְׁהִיא חוּץ מִמֶּנּוּ כִּבְנֵי אָדָם
שְׁהֶן וְדַעְתָּם שְׁנַיִם,
אֵלָא
הוּא יִתְבָּרַךְ שְׁמוֹ וְדַעְתּוֹ
אֶחָד;
וְאֵין
דַּעְתּוֹ שֶׁלָּאָדָם יְכוּלָה
לְהַשִּׂיג דָּבָר זֶה עַל בָּרְיוֹ.
וּכְשֵׁם
שְׁאֵין כּוֹחַ בָּאָדָם לְהַשִּׂיג
וְלִמְצֹא אֲמִתַּת הַבּוֹרֵא,
שֶׁנֶּאֱמָר
"כִּי
לֹא-יִרְאַנִי
הָאָדָם,
וָחָי"--כָּךְ
אֵין כּוֹחַ בָּאָדָם לְהַשִּׂיג
וְלִמְצֹא דַּעְתּוֹ שֶׁלַּבּוֹרֵא:
הוּא
שֶׁהַנָּבִיא אוֹמֵר "כִּי
לֹא מַחְשְׁבוֹתַי מַחְשְׁבוֹתֵיכֶם,
וְלֹא
דַרְכֵיכֶם דְּרָכָי".
וְכֵיוָן
שֶׁכֵּן הוּא,
אֵין
בָּנוּ כּוֹחַ לֵידַע הֵיאַךְ יָדַע
הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כָּל
הַבְּרוּאִים וּמַעֲשֵׂיהֶם.
|
|
13.
Par
contre, il est connu sans le moindre doute que les œuvres de
l'humain sont en la main de l'humain, et que le Saint, béni
soit-Il, ne le conduit pas, ni ne décrète sur lui de ne pas
faire ceci, ni de faire ceci ! Et ce n'est pas seulement en
raison de la transmission de la foi que ce cette chose est connue,
mais plutôt par des preuves claires tirées des paroles de la
sagesse. Et en raison de cela, il a été dit dans la prophétie
qu'ils jugent l'humain sur toutes ses œuvres selon ses œuvres,
qu'il s'agisse d'une bonne [œuvre] ou d'une mauvaise. Et ceci est
le principe fondamental sur lequel dépendent toutes les paroles
de la prophétie !
|
יג אֲבָל
נֵדַע בְּלֹא סָפֵק,
שֶׁמַּעֲשֵׂה
הָאָדָם בְּיַד הָאָדָם;
וְאֵין
הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מוֹשְׁכוֹ,
וְלֹא
גוֹזֵר עָלָיו לֹא לַעֲשׂוֹת כָּךְ
וְלֹא שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹת כָּךְ.
וְלֹא
מִפְּנֵי קַבָּלַת הַדָּת בִּלְבָד
נֵדַע דָּבָר זֶה,
אֵלָא
בִּרְאָיוֹת בְּרוּרוֹת מִדִּבְרֵי
הַחָכְמָה.
וּמִפְּנֵי
זֶה נֶאֱמָר בַּנְּבוּאָה שֶׁדָּנִין
אֶת הָאָדָם עַל כָּל מַעֲשָׂיו כְּפִי
מַעֲשָׂיו,
אִם
טוֹב וְאִם רָע.
וְזֶה
הָעִיקָר,
שֶׁכָּל
דִּבְרֵי הַנְּבוּאָה תְּלוּיִין בּוֹ.
|
Au
Chapitre 2 des Hilkôth Yasôdhé
Hattôroh, le Rambo''m explique que Hashshém n'a pas de connaissance
qui est « en dehors » de Lui; Hashshém et Sa
connaissance sont une seule et même chose. Ma connaissance des
mathématiques est quelque chose de différent de moi. Je n'ai pas
toujours connu les mathématiques et je n'aurais pas pu connaître
les mathématiques, mais il se trouve que j'ai des connaissances en
mathématiques parce qu'on me les a enseignées. C'est l'un de mes
attributs. Hashshém, cependant, est Un. Le Rambo''m a poussé l'idée
du monothéisme à l'extrême, arguant que Hashshém est Un dans la
mesure où Il « n'a » rien. Non seulement Il n'a pas de
parties de corps, Il n'a même pas d'émotions, ni de miséricorde,
ni de sagesse. Il est juste. Il est un. Par conséquent, dit le
Rambo''m, tout ce que Hashshém « a » n'est pas le même
verbe « avoir » que la version humaine que nous
connaissons. Quand Hashshém a pitié, cela ne ressemble pas à moi
ou à vous qui avez pitié, car notre miséricorde est quelque chose
que nous nous sommes ajoutés avec le temps et l'expérience. Nous
décrivons Hashshém comme miséricordieux parce que c'est ainsi que
cela nous apparaît, mais Il est juste le Dieu tout-parfait. De même,
si Hashshém est omniscient, ce n'est pas parce que Hashshém « a »
la connaissance; cela fait simplement partie de la définition d'être
Dieu. Selon le Rambo''m, quiconque croit qu'un mot humain de
description s'applique à Hashshém est un polythéiste !
Une
partie d'être Dieu est qu'Il a l'omniscience. En conséquence, tout
comme nous ne pouvons pas comprendre la nature de Hashshém, nous ne
pouvons pas comprendre ce que cela signifie que Hashshém « sait ».
Puisque nous ne pouvons pas comprendre ce que cela signifie que
Hashshém sait, nous ne pouvons pas comprendre ce que cela signifie
que Hashshém sait ce que je ferai. Et si nous ne savons pas ce que
signifie que Hashshém sait ce que je vais faire, alors nous ne
pouvons pas comprendre la nature de cette énigme; nous devons juste
croire que même si Hashshém sait ce que je vais faire, j'ai
toujours le libre arbitre. Telle est la position du Rambo''m.
Le
Ra`ava''d (Ribbénou `avrohom ban Dowidh, rabbin provençal du 12ème
siècle) ז״ל
critique
le Rambo''m pour avoir soulevé des problèmes philosophiques sans
les résoudre, arguant qu'il aurait mieux valu ne pas les soulever du
tout. Cependant, le Rambo''m a en fait donné une réponse
techniquement suffisante à sa question. Le Rambo''m est d'avis qu'il
est impossible de décrire vraiment Hashshém, car tous les mots
humains que nous avons pour décrire les choses sont basés sur notre
monde humain, physique, dans lequel il y a des qualités
supplémentaires que les gens et les choses ont. Aucun mot humain ne
peut décrire correctement Hashshém parce que cela impliquerait
d'ajouter une autre partie à Hashshém, et alors il y aurait deux
dieux.17
Selon le Rambo''m, la connaissance ultime de Hashshém consiste à se
rendre compte qu'Il transcende toutes nos descriptions. Si nous
disons que Hashshém est miséricordieux, cela signifie qu'Il fait
des choses qui pour nous ressemblent à ce que font les gens
miséricordieux; cela ne signifie pas que Hashshém est littéralement
miséricordieux. Si nous disons que Hashshém est omniscient, cela
signifie qu'Il agit d'une manière qui pour nous ressemble à la
façon dont une personne omnisciente agirait. Mais tout mot que nous
utilisons pour décrire Hashshém n'a vraiment aucun sens.
Philosophiquement,
c'est un moyen idéal pour résoudre une contradiction. Si un côté
de la contradiction n'a pas de sens, il ne peut pas y avoir de
contradiction ! Selon le Rambo''m, lorsque nous appelons
Hashshém omniscient, cela ne signifie rien que nous puissions
comprendre. Il n'y a pas de contradiction entre le libre arbitre et
quelque chose qui ne veut rien dire. Ainsi, bien que cette réponse
ne soit pas satisfaisante au niveau du bon sens, elle résout le
problème philosophique.
- La position du Rov Sa´adhyoh Go`ôn
Une
réponse simple et satisfaisante à notre question est offerte par le
Rov Sa´adhyoh
Go`ôn.18
Il note que la question même - « Comment puis-je avoir le
libre arbitre si Hashshém sait ce que je vais choisir ? »
- est basée sur une erreur. Dans notre monde humain, la causalité
ne fonctionne que dans une seule direction : les choses qui se
produisent plus tôt font que les choses se produisent plus tard. Les
choses qui se produisent plus tard ne reviennent jamais en arrière
pour affecter les choses qui se produisent plus tôt. Ce serait
contraire à toutes les règles de la physique et c'est de la
science-fiction. Mais Hashshém transcende les limites du
fonctionnement du temps. Nous ne pouvons jamais imaginer faire
quelque chose demain qui affectera ce qui se passe hier, mais
Hashshém le peut, car Hashshém est au-delà du temps.
Imaginons
que Hashshém savait hier que je donnerais la Sadhoqoh
demain. La connaissance de Hashshém hier ne m'a pas fait donner la
Sadhoqoh
demain; plutôt, le fait que j'ai donné la Sadhoqoh
demain a fait que Hashshém l'ait su hier - ou, plus précisément,
au début des temps. Hashshém a toujours su que je donnerais la
Sadhoqoh
demain, mais cela n'enlève pas mon libre arbitre; c'est plutôt le
résultat de mon libre arbitre. Parce que je donnerai la Sadhoqoh
demain, Hashshém a toujours su que je le ferais. Si je change d'avis
et décide de ne pas faire de Sadhoqoh
demain, alors Hashshém aurait toujours su que je ne le ferais pas.
La connaissance de Hashshém ne m'a pas fait donner de la Sadhoqoh;
ma décision de donner la Sadhoqoh
a abouti à la connaissance de Hashshém. Par conséquent,
l'omniscience de Hashshém n'est pas en contradiction avec le libre
arbitre. Il s'agit de la résolution la plus simple et la plus
satisfaisante de notre énigme.19
- En résumé
Nous
avons commencé par noter le débat de longue date sur le libre
arbitre des humains. La grande majorité des penseurs Juifs croient
que nous l'avons, pour quatre raisons : notre expérience, notre
récompense et notre punition et la justice Divine, les commandements
et les exhortations de la Tôroh de faire la bonne chose, et
l'enseignement que tout est entre les mains des Cieux, sauf notre
décision d'obéir aux commandements des Cieux.
Nous
avons mentionné trois problèmes potentiels avec la doctrine du
libre arbitre : premièrement, les lois scientifiques de
causalité (que je n'ai pas abordées en détail); deuxièmement, la
question de la toute-puissance Divine, à laquelle nous avons répondu
facilement; et troisièmement, la question de l'omniscience Divine.
Nous
avons présenté quatre réponses possibles à ce dernier problème.
Rash''i a peut-être nié que Hashshém connaisse nos décisions à
l'avance. Le Ralba''g a nié la connaissance de Hashshém de nos
actions particulières, une réponse qui ne résonne pas bien avec la
vision religieuse dominante. Le Rambo''m a dit que la connaissance de
Hashshém ne veut pas dire ce que nous entendons par le terme humain
de « connaissance ». La connaissance de Hashshém est
quelque chose d'insondable; nous ne savons pas ce que nous voulons
dire lorsque nous utilisons ces mots, et nous ne pouvons donc pas
poser de questions ou présenter des contradictions basées sur la
connaissance de Hashshém. C'est une réponse philosophiquement
satisfaisante, mais peut-être pas intuitivement satisfaisante.
Enfin, comme le répondent le Rov Sa´adhyoh
Go`ôn et bien d'autres, la connaissance de Hashshém hier ne me fait
pas faire quelque chose demain; plutôt, le faire demain a fait
connaître la chose à Hashshém hier. Même si ce n'est pas la
direction dans laquelle nous avons l'habitude de penser lorsque nous
pensons à la cause et à l'effet, pour Hashshém, Qui transcende le
temps, ce n'est pas un problème. Ainsi, la connaissance de Hashshém
que nous allons faire un choix ne force pas notre choix, mais plutôt
notre choix amène rétroactivement Hashshém à connaître ce choix.
Dans
le prochain article, nous passerons de l'autre côté du débat et
discuterons des philosophes Juifs qui ont soutenu que nous n'avons
pas, en fait, le libre arbitre de choisir entre le bien et le mal.
Nous examinerons certaines des implications de cette opinion
minoritaire et comment ces penseurs traitent exactement les preuves
philosophiques et textuelles de la Tôroh écrite et orale qui
semblent prouver que nous avons le libre arbitre.
1Mishnéh
Tôroh, Hilkôth Tashouvoh 5:1
2Baré`shith
3:22
3`amounôth
Wadhé´ôth, Ma`amor 4
4Baré`shith
18:25
5Barokhôth
33b
6C'est
un sujet de débat scientifique, car la physique quantique nous
enseigne que si la plupart des phénomènes physiques peuvent être
expliqués par des causes et des effets scientifiques, il y a des
phénomènes qui ne peuvent fondamentalement être attribués à
aucune causalité scientifique. Nous laisserons l'application de la
physique quantique à la psychologie humaine en cours d'exploitation
et nous cantonnerons à des objections purement philosophiques.
7Mishnéh
Tôroh, Hilkôth Tashouvoh 5:7-9
8Voir
plus particulièrement le Kouzori 5:20.
9Mishnéh
Tôroh, Hilkôth Tashouvoh 5:10-13
10Commentaire
sur Sôtoh 2a.
11Milhomôth
Hashshém, Livre 3, Chapitre 4
12Maghilloh
31a
13Mishnéh
Tôroh, Hilkôth Tashouvoh 5:11-13
14`iyôv
11:9
15Shamôth
33:20
16Yasha´yohou
55:8
17Môréh
Navoukhim, Volume 1, Chapitre 35
18`amounôth
Wadhé´ôth, Ma`amor 4
19Le
Rambo''m ne pouvait pas accepter cette solution, car si la
connaissance de Hashshém n'est pas un attribut supplémentaire mais
est plutôt synonyme de la nature de Hashshém Lui-même, une action
humaine ne peut évidemment pas amener Hashshém à savoir, car
alors une décision humaine changerait l'essence de Hashshém, ce
qui est clairement impossible.
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