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dimanche 24 mars 2019

Les « rebelles » de Yisro`él


בס״ד

Les « rebelles » de Yisro`él

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Lorsque Ya´aqôv `ovinou ע״ה se présente devant son père déguisé en ´ésow son frère, dans le but de s'emparer de la Barokhoh (bénédiction) qui était destinée à ´ésow, Yishoq `ovinou ע״ה respire אֶת־רֵ֥יחַ בְּגָדָ֖יו « l'odeur de ses vêtements », et s'exclame1 : רְאֵה֙ רֵ֣יחַ בְּנִ֔י כְּרֵ֣יחַ שָׂדֶ֔ה אֲשֶׁ֥ר בֵּֽרְכ֖וֹ יְהוָֽה « Vois ! L'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que HaShem a béni ».

Le Talmoudh2 cite une lecture midhrashique de ce Possouq (verset), où le mot ְגָדָיו « Baghodhow – ses vêtements » est plutôt lu ֹגֵדָיו « Bôghédhow – ses rebelles ». D'après cette lecture, Yishoq fait prophétiquement l'éloge même des « rebelles », les impies parmi les descendants de Ya´aqôv. Même ces membres déloyaux du peuple Juif, s'exclame Yishoq, sont « odorants » aux yeux de HaShem ית׳. Ce commentaire dans le Talmoudh est précédé par le très célèbre adage talmudique suivant : « Même ceux qui sont vides parmi toi [Yisro`él] sont remplis de Miswôth comme une grenade ». Il semble que les Sages cherchent ici à souligner que même les pécheurs de Yisro`él accomplissent de nombreuses Miswôth et sont dignes d'admiration pour leurs bonnes œuvres. C'est ainsi que la plupart des rabbins comprennent ce passage talmudique.

Mais Ribbénou comprend ce passage différemment. Il rapporte le commentaire talmudique dans son fameux `iggarath Hashshamodh, un épître qu'il a rédigé à l'âge de 24 ans à l'adresse des communautés persécutées par les Almohades Musulmans, qui forçaient leurs sujets Juifs soit à extérieurement embrasser l'Islam ou à subir une expulsion. Alors que la famille de Ribbénou prit la décision de fuir (abandonnant toutes leurs possessions), de nombreux autres Juifs décidèrent de se comporter comme des Musulmans pour pouvoir rester. Ribbénou rédigea ce traité en réponse à une décision halakhique prise par une figure rabbinique majeure de cette époque (qui ne vivait pas dans les régions dominées par les Almohades), qui condamnait les Juifs qui s'étaient soumis aux persécuteurs et avaient fait serment d’allégeance à l'Islam, et les considéra comme des hérétiques et des pécheurs. Dans sa réponse, Ribbénou défend une approche plus sensible et compréhensive, en insistant sur le fait que ces victimes Juives de la persécution Musulmane restaient des enfants bien-aimés du Tout-Puissant, en dépit du fait d'avoir courbé le dos sous la pression Almohade.

Il écrit ceci dans le deuxième chapitre de ce traité :

Ils ne se sont pas rebellés contre le Tout-Puissant à la recherche du confort et du plaisir ; ils n'ont pas abandonné la foi ni ne se sont distancés d'elle pour atteindre la grandeur et accomplir les plaisirs du temps... Cet homme [qui a condamné les communautés qui ont embrassé l'Islam] ne s'est pas rendu compte que ceux qui ne pèchent pas de plein gré le Tout-Puissant ne les laissera ni ne les abandonnera jamais...comme ils [les Sages], de mémoire bénie, l'ont dit : « Il respira l'odeur de ses vêtements – ne lis pas ''Baghodhow'' mais plutôt ''Bôghédhow'' ».

De là, nous voyons que Ribbénou comprend le passage talmudique se référant aux « rebelles » comme se rapportant à ceux qui se sont « rebellés » en réponse aux pressions d'une persécution religieuse, mais qui dans le fond de leurs esprits restent loyaux à HaShem et à Ses Miswôth. C'est juste qu'ils ont succombé aux menaces de tyrans anti-Juifs.

D'après la lecture de Ribbénou de ce passage, il semblerait que le Talmoudh interprétait ce passage à la lumière de l'image symbolique de Ya´aqôv se tenant devant son père déguisé en ´ésow. Cette image anticipe l'époque où les descendants de Ya´aqôv se retrouveront sous pression de revêtir les vêtements de ´ésow, embrassant extérieurement des croyances étrangères tout en restant intérieurement fidèles et dévoués aux traditions de `avrohom `ovinou ע״ה et Yishoq (הַקֹּל֙ ק֣וֹל יַֽעֲקֹ֔ב וְהַיָּדַ֖יִם יְדֵ֥י עֵשָֽׂו « La voix est la voix de Ya´aqôv, mais les mains sont les mains de ´ésow »3). Même sous de telles circonstances, HaShem « respire l'odeur » de ces « vêtements » portés par les « rebelles » de Yisro`él ; c'est-à-dire qu'extérieurement ils semblent s'être rebellés et avoir changé d'identité, mais intérieurement ils sont restés fidèles et Israélites. C'est pourquoi ils restent bénis de HaShem, comme l'a dit Yishoq.

L'histoire du déguisement de Ya´aqôv a donc pour but d'offrir de l’espoir et des encouragements à tous ceux qui se sont retrouvés contraints de revêtir les vêtements de ´ésow à cause des pressions de la persécution, et leur rappelle l'amour de HaShem à leur égard en dépit de leur « déguisement », et les enjoint à retourner vers le sentier de la pratique de la Tôroh et à se débarrasser une bonne fois pour toute des « vêtements » de ´ésow dès la première opportunité, car sinon ce sera le signe qu'ils sont devenus comme ´ésow même intérieurement. Tout comme Ya´aqôv a mis les vêtements de ´ésow juste temporairement et afin de jouir de la bénédiction qui lui était en réalité destinée, et qui lui revenait de droit, mais est resté Ya´aqôv à l'intérieur de lui, nous aussi devons faire attention à ne pas rester déguisés en ´ésow trop longtemps, et à veiller à ne pas intérieurement accepter les doctrines et attitudes de ´ésow. De cette façon, dès qu'il sera possible de retirer ce vêtement et de retourner dans le camp de Ya´aqôv, nous n'aurons aucune séquelle intérieure et sauront évoluer correctement dans les sentiers de la Tôroh et des Miswôth.
1Baré`shith 27:27
2Sanhédhrin 37a ; voir aussi Midhrosh Baré`shith Rabboh 65
3Baré`shith 27:22

vendredi 8 mars 2019

Yishoq et les puits


בס״ד

La Sidhroh Triennale
Sidhrath Wayyizra´ Yishoq – Yishoq et les puits

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Bien. À partir de la Sidhroh de Tôladhôth Yishoq, la Tôroh nous rapporte l'histoire de Yishoq `ovinou ע״ה, et nous dit que la famine fut la raison pour laquelle il se rendit chez `avimalakh à Garor. HaShem ית׳ ordonna alors à Yishoq de ne pas descendre en Égypte, car en dépit de la famine, Il assura à Yishoq qu'Il pourvoirait à ses besoins. La Tôroh observe que cette famine n'était pas comme celle qui se produisit durant les jours de `avrohom `ovinou ע״ה. Rash''i ז״ל explique que la première famine du temps de `avrohom était une épreuve pour lui. Ramba''n ז״ל commente que `avrohom eut tort de descendre en Égypte et aurait dû avoir foi en la Providence Divine, malgré la famine. Mais concernant Yishoq, Ramba''n ne dit rien sur la décision pourtant identique qu'il prit de descendre en Égypte. Par conséquent, quitter un pays lorsqu'il est frappé d'une famine n'est pas intrinsèquement mauvais. Si HaShem ne S'était pas révélé à Yishoq, il aurait sembler être correct pour Yishoq de se rendre en Égypte, loin d'un pays affligé.

Nous voyons que la Providence continue de HaShem envers Yishoq dépendait de son obéissance de la garde de la Parole de HaShem par `avrohom. Toutefois, chaque patriarche méritait de voir le Nom de HaShem lui être connecté. Yishoq ne faisait pas que perpétuer les études reçues de son père `avrohom ; il ajouta également une dimension nouvelle, et déduisit ses convictions de son propre raisonnement. HaShem fit une promesse à Yishoq, pas seulement parce qu'il était le fils de `avrohom, mais plutôt parce qu'il l'avait mérité par ses propres vertus.

Lorsque Yishoq arriva à Garor, il fit exactement comme son père, et affirma que Rivqoh était sa sœur, afin de protéger sa vie. Après qu'un certain temps fut passé, nous avions lu dans la précédente Sidhroh que le roi, `avimalakh, regardait par sa fenêtre, et surprit Yishoq en train de s'amuser avec Rivqoh, ce qui montrait que leur relation n'était pas une relation de frère et sœur, mais de mari et femme. `avimalakh réprimanda Yishoq pour avoir mis en danger son peuple, car l'un d'eux aurait pu prendre Rivqoh, causant ainsi un péché sur eux tous. Il ordonna ensuite à son peuple de ne faire aucun mal à Yishoq et Rivqoh.

Puis, dans la Sidhroh de cette semaine, la Sidhrath Wayyizra´ Yishoq, nous lisons que Yishoq récolta plus de cent fois plus que ce qu'il avait semé, et eut beaucoup de succès. Ses réussites étaient illimitées. Les Philistins l'envièrent à cause de cela. Il y a un commentaire très intéressant de Rash''i sur Baré`shith 26:13. En citant le Midhrosh1, il déclare : זֶבֶל פִּרְדוֹתָיו שֶׁל יִצְחָק וְלֹא כַּסְפּוֹ וּזְהָבוֹ שֶׁל אֲבִימֶלֶךְ « Mieux vaut le fumier des mules de Yishoq, que l'argent et l'or de `avimalakh ». C'est une idée étrange : pourquoi les gens préféreraient-ils le premier au deuxième ? Ensuite, la Tôroh déclare2 : וְכָל-הַבְּאֵרֹת, אֲשֶׁר חָפְרוּ עַבְדֵי אָבִיו, בִּימֵי, אַבְרָהָם אָבִיו--סִתְּמוּם פְּלִשְׁתִּים, וַיְמַלְאוּם עָפָר « Et tous les puits que les serviteurs de son père avaient creusés durant les jours de `avrohom son père, les Philistins les bouchèrent et les remplirent de poussière ». Pour quelle raison la Tôroh nous informe-t-elle de ce fait obscur ?

Ramba''n déclare qu'il n'y a aucun honneur pour Yishoq dans toute cette histoire. Pourquoi fut-elle donc rapportée ? Il répond que le but de cette Sidhroh est de faire allusion à quelque chose de caché : ces trois puits font allusion aux trois Botté Hammiqdoshim. Le premier puits fut nommé ´ésaq, qui signifie « contention ». Le premier Béth Hammiqdosh fut bâtit au milieu de beaucoup de contentions. Le deuxième puits que Yishoq creusa fut nommé Sitnoh, à cause de l'adversité et haine dont les Philistins firent preuve à son égard. De même, il y eut beaucoup de haine et d'adversité durant l'époque du Bayith Shéni. Rahôvôth fut le nom du troisième puits, pour lequel les Philistins ne s'opposèrent pas à Yishoq. Rahôvôth signifie « largesses », en raison des largesses (tranquillités) désormais accordées à Yishoq. Et durant l'ère du troisième Béth Hammiqdosh, il y aura de la paix.

Dans quel sens `avrohom et son fils Yishoq étaient-ils des patriarches ? Yishoq différait de `avrohom. `avrohom se distinguait par sa capacité à interagir avec le monde. Il débattait avec beaucoup de personnes, et bien qu'il finit par s'exiler, il reprit ses enseignements. Cependant, il y a un autre élément responsable de leur réussite à répandre la connaissance de HaShem : la Divine Providence. HaShem sauva miraculeusement `avrohom à de nombreuses occasions, dégageant ainsi la route pour qu'il puisse continuer à enseigner, tout en aidant à créer sa réputation sans pareille. Yishoq était différent. C'était une « ´ôloh Tamimoh » (un holocauste entier). Ses énergies n'étaient pas orientées vers le monde ni vers le social, mais exclusivement vers la connaissance. Passer si près de la mort lorsqu'il fut élevé sur l'autel eut un effet profond sur la personnalité de Yishoq. Ainsi, HaShem ordonna à Yishoq de ne pas descendre en Égypte. Comment donc Yishoq a-t-il pu jouer un rôle de patriarche ?

Les deux famines étaient le résultat de la Providence. Mais dans le cas de Yishoq, elle n'avait pas pour objectif de servir d'épreuve, contrairement au cas de `avrohom. Durant la famine du temps de Yishoq, HaShem l'instruisit de rester dans le pays. Pourquoi cela était-il nécessaire ?

Les puits étaient essentiels pour que Yishoq émerge comme un patriarche indépendant. On nous dit qu'il devint très riche. Mais sa richesse ne cessa jamais de croître, contrairement à celle de `avimalakh. Ce dernier stagnait dans sa richesse. C'est pourquoi, les Philistins dirent qu'ils préféraient le fumier des mules de Yishoq aux richesses de `avimalakh. Cela signifie qu'ils respectaient Yishoq qui pouvait prendre du fumier (la famine) et en tirer du succès. Cette richesse créa un grand respect envers Yishoq. `avimalakh demanda alors à Yishoq de quitter Garor, car sa présence là rendait minable `avimalakh, le roi, par rapport à lui.

Mais les Philistins finirent par être envieux de Yishoq. Nous apprenons qu'ils bouchèrent les puits de `avrohom. Cela démontrait qu'ils dénonçaient et rejetaient la philosophie de `avrohom. Mais pourquoi les Philistins n'avaient pas bouché les puits de `avrohom plus tôt ? C'est parce que lorsqu'ils virent la grandeur de Yishoq, ils comprirent que l'idéologie de `avrohom n'était pas un mouvement centré sur un homme, mouvement qui a tendance à disparaître une fois que la figure charismatique meurt. Le fait que Yishoq poursuivait la philosophie de `avrohom créait donc à présent des frictions à Garor, car ils ne pouvaient plus considérer que l'ère de `avrohom était terminée. Sa philosophie survivait à travers Yishoq ; il y avait donc une dynastie. L'idée de voir les enseignements de `avrohom se poursuivre était inacceptable pour les Philistins au vue de leur mode de vie débridé. Si les opinions monothéistes de `avrohom étaient mortes avec lui, ils auraient pu rester tranquilles. Mais cela n'était plus le cas. Ils désirèrent donc se rebeller contre la poursuite des idéologies de `avrohom. Mais les Philistins ne pouvaient pas nuire à Yishoq. Ils respectaient sa richesse. C'est pourquoi, ils attaquèrent `avrohom en bouchant ses puits.

Yishoq partit, puis retourna. Pourquoi ? Il agit ainsi afin d'exprimer l'importance de rouvrir les puits de `avrohom. Il refit un voyage de retour à Garor après s'en être allé, précisément pour démontrer la raison de son retour : ressusciter la gloire et les enseignements de `avrohom. Quelle fut la réponse des Philistins ? Ils contestèrent contre Yishoq au sujet de ses nouveaux puits. Ils tentèrent de nier la grandeur de Yishoq. Contrairement au premier puits pour lequel ils dirent « L'eau est à nous », cette fois-ci ce n'était pas l'eau qui les intéressait, mais c'était la célébrité de Yishoq qu'ils déploraient. Après un certain temps, ils comprirent qu'ils ne pourraient pas vaincre Yishoq. Ils succombèrent alors à une autre émotion ; leur respect sous-jacent pour la réussite de Yishoq. Le dicton « Si tu ne peux les vaincre, joins-toi à eux » illustre bien le changement d'attitude des Philistins. Ainsi, le dernier puits, que creusèrent les serviteurs de Yishoq, fut nommé « largesses ». Yishoq n'était plus attaqué, étant donné que l'émotion d'adulation remplaça la répulsion que ressentaient au début les Philistins. C'est à ce moment-là que `avimalakh désira assurer une trêve. La richesse attire les gens. Ce fut par cette méthode que Yishoq devint célèbre.

HaShem orchestra une famine, car c'était le moyen le plus parfait pour rendre utile la richesse de Yishoq. Personne à part lui ne prospéra durant la famine. Pour finir, Yishoq retourna au lieu d'enseignement de `avrohom, à savoir Ba`ér Shova´. C'était pour indiquer qu'après avoir prospérer matériellement, il retournait désormais à l'étude et enseignement des paroles de HaShem. C'est pourquoi, le verset déclare3 : וַיִּקְרָא בְּשֵׁם ה׳ « et il invoqua dans le nom de HaShem » ; c'est-à-dire qu'il recommença à enseigner au sujet de HaShem, son objectif principal. Nous pouvons voir que le plan de HaShem fut couronné de réussite puisque `avimalakh se déplaça jusqu'à Yishoq, reconnaissant sa grandeur. La renommée de Yishoq était désormais positive. `avimalakh ne désirait aucune trêve avec Yishoq tant que ce dernier vivait à Garor. C'est seulement après ses réussites, après son exil, que Yishoq devint très riche, et cette richesse était une préparation nécessaire pour que d'autres puissent reconnaître la véracité et profondeur de la philosophie de Yishoq.

Les Philistins se rendirent compte qu'en mettant en application la philosophie de Yishoq, on pouvait atteindre la réussite dans ce monde-ci. Ce fut exceptionnellement profond, alors qu'ils subissaient une famine.
1Baré`shith Rabboh 64:7
2Baré`shith 26:15
3Ibid., 25

jeudi 2 août 2018

Paroshath ´éqav : Ouvô Thidhboq


בס״ד

La Paroshoh avec Rabbénou
Paroshath ´éqav : Ouvô Thidhboq



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Dans la Paroshoh de cette semaine nous retrouvons les injonctions suivantes1 :

C'est `adhônoy ton D.ieu que tu craindras, c'est Lui que tu serviras, c'est à Lui que tu t'attacheras, et c'est en Son nom que tu jureras !
אֶת־יְהוָ֧ה אֱלֹהֶ֛יךָ תִּירָ֖א אֹת֣וֹ תַֽעֲבֹ֑ד וּב֣וֹ תִדְבָּ֔ק וּבִשְׁמ֖וֹ תִּשָּׁבֵֽעַ׃

Le Talmoudh commente de la façon suivante l'injonction de s'attacher à HaShem2 :

« Quant à vous qui vous attachez à HaShem votre D.ieu, vous êtes tous vivants aujourd'hui ».3 Mais est-il possible de s'attacher à la Shakhinoh alors qu'il est écrit4 : « Car HaShem ton D.ieu est un feu dévorant » ? Plutôt, quiconque marie sa fille à un Talmidh Hokhom, ou fait des affaires pour des Talmidhé Hakhomim, ou fait profiter des Talmidhé Hakhomim de ses avoirs, l’Écriture le considère comme s'il s'attache à la Shakhinoh ! Similairement, tu lis5 : « d'aimer HaShem ton D.ieu et de t'attacher à Lui ». Mais est-il possible à un humain de s'attacher à la Shakhinoh ? Plutôt, quiconque marie sa fille à un Talmidh Hokhom, ou fait des affaires pour des Talmidhé Hakhomim, ou fait profiter des Talmidhé Hakhomim de ses avoirs, l’Écriture le considère comme s'il s'attache à la Shakhinoh !
ואתם הדבקים בה' אלהיכם חיים כולכם היום וכי אפשר לדבוקי בשכינה והכתיב כי ה' אלהיך אש אוכלה אלא כל המשיא בתו לתלמיד חכם והעושה פרקמטיא לתלמידי חכמים והמהנה תלמידי חכמים מנכסיו מעלה עליו הכתוב כאילו מדבק בשכינה כיוצא בדבר אתה אומר לאהבה את ה' אלהיך ולדבקה בו וכי אפשר לאדם לידבק בשכינה אלא כל המשיא בתו לתלמיד חכם והעושה פרקמטיא לתלמידי חכמים והמהנה תלמידי חכמים מנכסיו מעלה עליו הכתוב כאילו מדבק בשכינה

Nous pouvons voir que nos Sages comprennent et interprètent l'injonction de nous attacher à HaShem comme signifiant le fait d'apporter un bienfait ou profit aux Talmidhé Hakhomim (les érudits en Tôroh), que ce soit en mariant nos filles à eux, ou en nous lançant dans des affaires qui leur profiteront (c'est-à-dire leur donner une partie des profits de ce qu'on aura gagné par ces affaires), ou encore en mettant à leur service nos avoirs. Par ces actes, nous nous attachons à HaShem, car cela est littéralement impossible, HaShem étant invisible et immatériel. En d'autres mots, c'est en nous attachons à ceux qui connaissent HaShem, qui étudient constamment Sa parole et Ses instructions et nous les expliquent, et en leur profitant que nous pouvons nous rapprocher d'HaShem et nous attacher à Lui.

Se basant sur ce passage talmudique susmentionné, Rabbénou ז״ל l'explique ainsi dans son Mishnéh Tôroh6 :

Il est une Miswoh positive de s'attacher aux sages afin d'apprendre de leurs œuvres, car il est dit : « c'est à Lui que tu t'attacheras ». Or, il est impossible pour l'homme de s'attacher à la Shakhinoh. Plutôt, voici ce qu'ont dit les Sages dans l'interprétation de cette Miswoh7 : « Attache-toi aux sages et à leurs disciples ! » C'est pourquoi un homme doit tenter d'épouser la fille d'un disciple des sages, marier sa fille à un disciple des sages, manger et boire avec les Talmidhé Hakhomim, faire des affaires pour les Talmidhé Hakhomim, et s'associer à eux dans toutes les formes d'association possibles, car il est dit8 : « et s'attacher à Lui ». C'est ainsi que les Sages nous ont exhortés en disant9 : « et assieds-toi dans la poussière de leurs pieds, et bois avec avidité leurs paroles ! »
מִצְוַת עֲשֵׂה לְהִדָּבֵק בַּחֲכָמִים, כְּדֵי לִלְמֹד מִמַּעֲשֵׂיהֶם: שֶׁנֶּאֱמָר "וּבוֹ תִדְבָּק", וְכִי אִפְשָׁר לָאָדָם לְהִדָּבֵק בַּשְּׁכִינָה; אֵלָא כָּךְ אָמְרוּ חֲכָמִים בְּפֵרוּשׁ מִצְוָה זוֹ, הִדָּבֵק בַּחֲכָמִים וְתַלְמִידֵיהֶם. לְפִיכָּךְ צָרִיךְ אָדָם לְהִשְׁתַּדַּל שֶׁיִּשָּׂא בַּת תַּלְמִיד חֲכָמִים, וְיַשִּׂיא בִּתּוֹ לְתַלְמִיד חֲכָמִים, וְלֶאֱכֹל וְלִשְׁתּוֹת עִם תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, וְלַעֲשׂוֹת פְּרַקְמַטְיָה לְתַלְמִידֵי חֲכָמִים, וּלְהִתְחַבַּר לָהֶן בְּכָל מִינֵי חִבּוּר--שֶׁנֶּאֱמָר "וּלְדָבְקָה-בוֹ". וְכֵן צִוּוּ חֲכָמִים וְאָמְרוּ, וִהְוִי מִתְאַבֵּק בַּעֲפַר רַגְלֵיהֶם, וְשׁוֹתֶה בַּצָּמָא אֶת דִּבְרֵיהֶם

Rabbénou inclut cette injonction dans la liste des 613 Miswôth de la Tôroh.10 D'après sa perspective, la Tôroh exhorte ici à faire le nécessaire pour ne pas s'éloigner ou se refroidir dans sa dévotion envers HaShem, et nous invite à cimenter cet engagement par un mode de vie et un comportement adéquat, car autrement on deviendrait naturellement les proies des pressions internes et externes auxquelles tout le monde est sujet. « Ouvô Thidhboq » signifie donc faire l'effort proactif de rester engager envers HaShem, et maintenir une force d'opposition constante contre les instincts pécheurs de l'homme et ses faiblesses. La tradition orale enseigne que l'on peut parvenir à cela principalement à travers des contacts réguliers avec les Talmidhé Hakhomim et une exposition régulière à eux, dont la piété et la sagesse guident et inspirent ceux qui les suivent à rester fidèles aux lois et valeurs de la Tôroh.

Il vaut la peine de signaler qu'en rapportant cette obligation dans son Mishnéh Tôroh, Rabbénou l'inclut dans les Hilkôth Dé´ôth, où il traite des lois relatives au comportement général, plutôt que dans les Hilkôth Talmoudh Tôroh, où il traite des lois de l'apprentissage et enseignement de la Tôroh. Nous pouvons déduire de là que l'exigence de s'associer aux Talmidhé Hakhomim ne se rapporte pas à l'obligation individuelle d'acquérir des connaissances de la Tôroh, mais est plutôt une obligation qui concerne le mode de vie de chacun ; elle sert de moyen nous permettant de garantir une vie de piété et de vertu. En effet, c'est dans le Chapitre 6 des Hilkôth Dé`ôth, qui est centré sur l'importance de vivre au milieu de personnes dotées de qualités admirables et du danger de vivre au milieu des pécheurs, que Rabbénou introduit l'obligation de s'associer aux Talmidhé Hakhomim. C'est en nous plaçant sous l'influence fréquente et inspirante de ceux qui marchent dans les voies de HaZa''l et disséminent leurs enseignements que nous nous « attachons » à HaShem et œuvrons à garantir notre engagement solide et déterminé envers Sa Tôroh.
1Davorim 10:20
2Kathoubbôth 111b
3Davorim 4:4
4Ibid., 24
5Ibid., 30:20
6Hilkôth Dé´ôth 6:3
7Talmoudh, Kathoubbôth 111b ; Siphri, Davorim 11:22
8Ibid., 11:22 et 30:20 ; Yasha yohou 22:5
9Mishnoh, `ovôth 1:4
10Séphar Hammiswôth, Miswath ´aséh 6

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