mardi 12 janvier 2016

La ´amidhoh de Shabboth

ב״ה

La ´amidhoh de Shabboth


Cet article peut être téléchargé ici.

Il est bien connu que contrairement à la ´amidhoh des jours de semaine qui compte dix-huit bénédictions, celle de Shabboth et Yôm Tôv n'en compte que sept : les trois premières et trois dernières des Shamônah ´asréh ordinaires, et au milieu une bénédiction sur la sainteté du Shabboth. La raison à cela est que faire des requêtes le Shabboth fut considéré inapproprié, car c'est un jour où nous devons considérer que nous ne manquons de rien mais qu'HaShem S'occupe de tout, puisque nous nous retirons de toute implication dans le monde ce jour-là (de par le fait que nous ne pouvons plus y accomplir la moindre Malo`khoh). C'est pourquoi les douze bénédictions intermédiaires, qui sont des requêtes, furent remplacées par une bénédiction unique appelée קְדוּשַׁת הַיּוֹם « Qadhoushath Hayyôm » (Sainteté du Jour).

Une autre caractéristique particulière de la ´amidhoh de Shabboth est que, si vous jetez un coup d’œil dans les Siddourim, vous remarquerez que la version de la Qadhoushath Hayyôm est différente pour chaque office de prière.

Dans pratiquement tous les rites, la Qadhoushath Hayyôm de :
  • ´arbith commence par אַתָּה קִדַּשְׁתָּ אֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי לִשְׁמֶךָ « Tu as sanctifié pour Ton Nom le septième jour, etc. »
  • Shahrith commence par יִשְׂמַח משֶׁה בְּמַתְּנַת חֶלְקוֹ « Môshah s'est réjouit dans le don de sa part, etc. »
  • Mousof commence par תִּכַּנְתָּ שַׁבָּת רָצִיתָ קָרְבְּנוֹתֶיהָ « Tu as décrété le Shabboth, as désiré ses offrandes, etc. »
  • Minhoh commence par אַתָּה אֶחָד וְשִׁמְךָ אֶחָד « Tu es Un et Ton Nom est Un, etc. »

Si vous posez la question de savoir comment cela se fait, vous vous rendrez compte que pratiquement personnel ne sera capable de vous répondre ou tentera de vous fournir une réponse « spirituelle » ou « mystique », qui se focalisera plus sur le sens de chaque version plutôt que sur la raison pour laquelle il faudrait une version différente par office de Shabboth.

Toutefois, en dépit des changements de version d'un office à l'autre, toutes se terminent presque de la même manière, à savoir, par les mots :

Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh, rassasie-nous de Tes bontés, réjouis-nous par Tes actes salvateurs, et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité. Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth. Béni Tu es `adhônoy, Qui sanctifie le Shabboth.
אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ, שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ. שַׂמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ. וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת. וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ. בָּרוּךְ אַתָּה יהוה', מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת

C'est en réalité là la formulation d'origine de la Qadhoushath Hayyôm, et c'est pourquoi cette partie est commune à toutes les versions. En outre, ces paroles n'ont pas été choisies par hasard par nos Sages de mémoire bénie. Elles constituent en effet un résumé des thèmes des bénédictions intermédiaires des Shamônah ´asréh des jours de semaine, et voici comment :

  • Bénédiction de la connaissance
  • Bénédiction de la repentance
  • Bénédiction du pardon
  • Bénédiction de la délivrance
קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ
sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh
  • Bénédiction de la guérison
  • Bénédiction de la prospérité
שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ
rassasie-nous de Tes bontés
  • Bénédiction du rassemblement des exilés
  • Bénédiction de la justice
  • Bénédiction des ennemis de la foi
  • Bénédiction des justes
  • Bénédiction de la reconstruction de Jérusalem et de la venue du Messie
ַמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ
réjouis-nous par Tes actes salvateurs
  • Bénédiction de la prière1
וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת
et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité

Quant à la phrase, וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ « Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth », elle fut placée là en vertu de la règle talmudique qui stipule que l'on doit toujours mentionner avant la conclusion quelque chose lié au sujet de la bénédiction, en l’occurrence ici une phrase se référant au Shabboth.

Nous trouvons une trace de cette formulation dans la Gamoro` de Pésahim 117b.

À présent que nous avons identifié la partie d'origine de la Qadhoushath Hayyôm, nous pouvons nous pencher sur les différentes versions qui la précèdent.

À l'exception de la version que beaucoup disent le Vendredi soir à ´arbith, toutes les autres versions sont des compositions personnelles dont on ne trouve pas d'allusion dans le Talmoudh. Dans chaque communauté, et ce, depuis les temps talmudiques, celui qui dirigeait la prière avait le droit d'insérer des paroles personnelles dans les prières, que l'on appelait פִּיּוּטִים « Piyoutim » (poèmes liturgiques). Les offices n'étaient pas aussi figés qu'aujourd'hui. Ainsi, lorsque le Shaliah Sibbour arrivait à la quatrième bénédiction de la ´amidhoh de Shabboth, avant de réciter la formule susmentionnée de la Qadhoushath Hayyôm, il pouvait insérer une courte composition personnelle. C'est ainsi que de nombreuses versions virent le jour, et elles variaient d'une communauté à l'autre, et même d'un Shabboth à l'autre, ou encore d'un Shaliah Sibbour à l'autre (mais pas d'un office à l'autre). Du temps des Ga`ônim, dans le but d'uniformiser la prière, mais également pour la rendre variée, on décida de sélectionner plusieurs versions mais que l'on placerait à des offices différents du Shabboth. C'est ainsi qu'une version fut choisie pour ´arbith, une autre pour Shahrith, une autre pour Mousof, et enfin une autre pour Minhoh.

La version que tout le monde récite le Vendredi à ´arbith tire tout droit ses origines du Talmoudh lui-même.2 Là, il nous est dit que lors de la prière communautaire du Vendredi soir, certains ajoutaient dans la ´amidhoh les versets de Baré`shith 2:1-3, communément appelés וַיְכֻלּוּ « Wayakhoullou ». Et Ravo` ז״ל et Rébbi Yahôshoua´ ban Léwi ז״ל recommandèrent de le faire aussi si jamais on priait ´arbith seul à la maison le Vendredi soir.3 Cela nous donne donc ceci :

Tu as sanctifié pour Ton Nom le septième jour, le but de la création des cieux et de la terre. Tu l'as béni entre tous les jours et l'as sanctifié entre toutes les saisons, ainsi qu'il est écrit dans Ta Tôroh : « Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec toutes leurs milices. Dieu termina, le septième jour, l’œuvre faite par Lui; et Il S'abstint, le septième jour, de toute l’œuvre qu'Il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu'en ce jour Il cessa l’œuvre entière qu'Il avait produite et organisée ». Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh, rassasie-nous de Tes bontés, réjouis-nous par Tes actes salvateurs, et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité. Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth. Béni Tu es `adhônoy, Qui sanctifie le Shabboth.
אַתָּה קִדַּשְׁתָּ אֶת יום הַשְּׁבִיעִי לִשְׁמֶךָ תַּכְלִית מַעֲשֵׂה שָׁמַיִם וָאָרֶץ. וּבֵרַכְתּוֹ מִכָּל הַיָּמִים. וְקִדַּשְׁתּוֹ מִכָּל הַזְּמַנִּים וְכֵן כָּתוּב בְּתוֹרָתָךְ: וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, וְכָל-צְבָאָם. וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה; וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה. וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-יוֹם הַשְּׁבִיעִי, וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ: כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ, אֲשֶׁר-בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת. אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ, שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ. שַׂמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ. וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת. וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ. בָּרוּךְ אַתָּה יהוה', מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת

Mais la Tôsafto`4 (dont les enseignements remontent au temps de la Mishnoh) nous offre une version alternative pour l'office de ´arbith, également rapportée dans des documents de la Ganizoh du Caire ainsi que dans les Siddourim des Rov ´amrom Go`ôn ז״ל et Sa´adhyoh Go`ôn ז״ל, qui sont les plus vieux au monde La voici :

Et par l'amour par lequel, `adhônoy notre Dieu, Tu as aimé Yisro`él Ton peuple, et par Ta compassion par laquelle, notre Roi, Tu as eu pitié des enfants de Ton alliance, Tu nous as donné avec amour, `adhônoy notre Dieu, ce septième jour grand et saint. Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh, rassasie-nous de Tes bontés, réjouis-nous par Tes actes salvateurs, et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité. Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth. Béni Tu es `adhônoy, Qui sanctifie le Shabboth.
מֵאַהֲבָתְךָ יהוה אֱלֹהֵינוּ שֶׁאָהַבְתָּ אֶת יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ, וּמֵחֶמְלָתְךָ מַלְכֵּנוּ שֶׁחָמַלְתָּ עַל בְּנֵי בְּרִיתֶךָ, נָתַתָּ לָנוּ יהוה אֱלֹהֵינוּ אֶת יוֹם הַשְׁבִיעִי הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ הַזֶּה בְּאַהֲבָה. אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ, שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ. שַׂמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ. וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת. וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ. בָּרוּךְ אַתָּה יהוה', מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת

La Tôsafto` indique que c'était la version que faisait notamment le père de Rébbi `al´ozor bar Sodhôq ז״ל. Que l'on fasse celle susmentionnée ou celle-ci, cela ne pose aucun problème, puisque, comme cela a été expliqué précédemment, il n'y a jamais eu de texte fixe et chaque rabbin et Shaliah Sibbour pouvait faire précéder la Qadhoushath Hayyôm par sa propre prière liturgique personnelle. (Toutefois, pour les raisons que j'expliquerai plus bas, je recommande la version de la Tôsafto`.)

Quant aux versions à faire pour les autres offices du Shabboth, nous n'avons aucune trace dans la littérature talmudique de ce à quoi elles pourraient ressembler, et il n'existe aucune preuve que la Qadhoushath Hayyôm devrait changer d'un office à l'autre. En fait, les sources les plus anciens accréditent amplement la thèse que le texte ne variait pas du tout d'un office à l'autre, excepté dans les versets bibliques qu'on y incluait. Ainsi, dans les documents retrouvés dans la Ganizoh du Caire, les versions de ´arbith et Shahrith ne sont pas données, mais celle de Minhoh l'est, et il est écrit qu'elle est la même que pour ´arbith et Shahrith. Ainsi, lorsqu'une version était choisie, on la gardait pour les autres offices de Shabboth. De plus, il est surréaliste de croire que l'on passait d'une version à une autre à chaque office de Shabboth. Les Siddourim n'existaient pas dans les temps passés, et les prières étaient donc retenues par cœur. Cela aurait causé de la confusion si un Shaliah Sibbour devait faire une version le soir, une version différente le matin, encore une autre version à Mousof, etc. Lorsqu'il choisissait un texte, il le gardait pour tous les offices qu'il dirigeait.

Je recommande vivement d'adopter la version de la Tôsafto` pour tous les offices de Shabboth, car elle permet facilement d'ajouter des versets bibliques appropriés pour chaque office5, et le fait de ne devoir retenir qu'une seule version facilitera la tâche de prier avec aisance et concentration. En outre, cette version est la plus ancienne que l'on connait (la Tôsafto` précède la Gamoro` et date du temps de la Mishnoh. Toute source mishnaïque a plus d'autorité que la Gamoro`).

Voici à quoi doit peut ressembler la Qadhoushath Hayyôm de chaque office de Shabboth :

  • Pour le ´arbith de Shabboth

Et par l'amour par lequel, `adhônoy notre Dieu, Tu as aimé Yisro`él Ton peuple, et par Ta compassion par laquelle, notre Roi, Tu as eu pitié des enfants de Ton alliance, Tu nous as donné avec amour, `adhônoy notre Dieu, ce septième jour grand et saint. Tu l'as béni entre tous les jours et l'as sanctifié entre toutes les saisons, ainsi qu'il est écrit dans Ta Tôroh : « Ainsi furent terminés les cieux et la terre, avec toutes leurs milices. Dieu termina, le septième jour, l’œuvre faite par Lui; et Il S'abstint, le septième jour, de toute l’œuvre qu'Il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu'en ce jour Il cessa l’œuvre entière qu'Il avait produite et organisée ». Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh, rassasie-nous de Tes bontés, réjouis-nous par Tes actes salvateurs, et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité. Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth. Béni Tu es `adhônoy, Qui sanctifie le Shabboth.
מֵאַהֲבָתְךָ יהוה אֱלֹהֵינוּ שֶׁאָהַבְתָּ אֶת יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ, וּמֵחֶמְלָתְךָ מַלְכֵּנוּ שֶׁחָמַלְתָּ עַל בְּנֵי בְּרִיתֶךָ, נָתַתָּ לָנוּ יהוה אֱלֹהֵינוּ אֶת יוֹם הַשְׁבִיעִי הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ הַזֶּה בְּאַהֲבָה. וּבֵרַכְתּוֹ מִכָּל הַיָּמִים. וְקִדַּשְׁתּוֹ מִכָּל הַזְּמַנִּים וְכֵן כָּתוּב בְּתוֹרָתָךְ: וַיְכֻלּוּ הַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ, וְכָל-צְבָאָם. וַיְכַל אֱלֹהִים בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה; וַיִּשְׁבֹּת בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי, מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ אֲשֶׁר עָשָׂה. וַיְבָרֶךְ אֱלֹהִים אֶת-יוֹם הַשְּׁבִיעִי, וַיְקַדֵּשׁ אֹתוֹ: כִּי בוֹ שָׁבַת מִכָּל-מְלַאכְתּוֹ, אֲשֶׁר-בָּרָא אֱלֹהִים לַעֲשׂוֹת. אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ, שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ. שַׂמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ. וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת. וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ. בָּרוּךְ אַתָּה יהוה', מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת

  • Pour le Shahrith de Shabboth

Et par l'amour par lequel, `adhônoy notre Dieu, Tu as aimé Yisro`él Ton peuple, et par Ta compassion par laquelle, notre Roi, Tu as eu pitié des enfants de Ton alliance, Tu nous as donné avec amour, `adhônoy notre Dieu, ce septième jour grand et saint. Et ainsi est-il écrit dans Ta Tôroh6 : « Les enfants d’Israël garderont le Shabboth pour pratiquer le Shabboth pour leurs générations comme une alliance éternelle. Entre Moi et les enfants d'Israël c'est un signe pour l'éternité, car en six jours `adhônoy a fait les cieux et la terre et le septième jour Il a cessé et S'est reposé ». Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh, rassasie-nous de Tes bontés, réjouis-nous par Tes actes salvateurs, et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité. Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth. Béni Tu es `adhônoy, Qui sanctifie le Shabboth.
מֵאַהֲבָתְךָ יהוה אֱלֹהֵינוּ שֶׁאָהַבְתָּ אֶת יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ, וּמֵחֶמְלָתְךָ מַלְכֵּנוּ שֶׁחָמַלְתָּ עַל בְּנֵי בְּרִיתֶךָ, נָתַתָּ לָנוּ יהוה אֱלֹהֵינוּ אֶת יוֹם הַשְׁבִיעִי הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ הַזֶּה בְּאַהֲבָה. וְכֵן כָּתוּב בְּתוֹרָתָךְ: וְשָׁמְרוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשַּׁבָּת. לַעֲשׂוֹת אֶת הַשַּׁבָּת לְדֹרתָם בְּרִית עוֹלָם: בֵּינִי וּבֵין בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אוֹת הִיא לְעֹלָם. כִּי שֵׁשֶׁת יָמִים עָשָׂה יהוה אֶת הַשָּׁמַיִם וְאֶת הָאָרֶץ וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי שָׁבַת וַיִּנָּפַשׁ. אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ, שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ. שַׂמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ. וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת. וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ. בָּרוּךְ אַתָּה יהוה', מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת

  • Pour le Mousof de Shabboth

Et par l'amour par lequel, `adhônoy notre Dieu, Tu as aimé Yisro`él Ton peuple, et par Ta compassion par laquelle, notre Roi, Tu as eu pitié des enfants de Ton alliance, Tu nous as donné avec amour, `adhônoy notre Dieu, ce septième jour grand et saint. Qu'il soit agréé de devant Toi, `adhônoy notre Dieu, que Tu nous fasses monter vers notre pays et que Tu nous plantes dans nos frontières. Alors, nous apporterons devant Toi nos offrandes obligatoires, ainsi que Tu l'as fait écrire à notre égard dans Ta Tôroh par l'intermédiaire de Môshah Ton serviteur, comme il est dit7 : « Et au jour du Shabboth, deux agneaux d'un an sans défaut: plus, pour oblation, deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l'huile et sa libation. Holocauste du Shabboth, offert chaque Shabboth, indépendamment de l'holocauste perpétuel et de sa libation ». Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh, rassasie-nous de Tes bontés, réjouis-nous par Tes actes salvateurs, et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité. Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth. Béni Tu es `adhônoy, Qui sanctifie le Shabboth.
מֵאַהֲבָתְךָ יהוה אֱלֹהֵינוּ שֶׁאָהַבְתָּ אֶת יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ, וּמֵחֶמְלָתְךָ מַלְכֵּנוּ שֶׁחָמַלְתָּ עַל בְּנֵי בְּרִיתֶךָ, נָתַתָּ לָנוּ יהוה אֱלֹהֵינוּ אֶת יוֹם הַשְׁבִיעִי הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ הַזֶּה בְּאַהֲבָה. יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה' אֱלהֵינוּ שֶׁתַּעֲלֵנוּ לְאַרְצֵנוּ וְתִטָּעֵנוּ בִּגְבוּלֵנוּ נַעֲשֶׂה לְפָנֶיךָ אֶת קָרְבְּנוֹת חוֹבוֹתֵינוּ כְּמו שֶׁכָּתַבְתָּ עָלֵינוּ בְּתוֹרָתָךְ עַל יְדֵי משֶׁה עַבְדָּךְ כָּאָמוּר: וּבְיום הַשַּׁבָּת שְׁנֵי כְבָשִׂים בְּנֵי שָׁנָה תְּמִימִים וּשְׁנֵי עֶשְׂרנִים סלֶת מִנְחָה בְּלוּלָה בַשֶּׁמֶן וְנִסְכּו: עלַת שַׁבָּת בְּשַׁבַּתּו עַל עלַת הַתָּמִיד וְנִסְכָּהּ. אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ, שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ. שַׂמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ. וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת. וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ. בָּרוּךְ אַתָּה יהוה', מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת

  • Pour le Minhoh de Shabboth

Et par l'amour par lequel, `adhônoy notre Dieu, Tu as aimé Yisro`él Ton peuple, et par Ta compassion par laquelle, notre Roi, Tu as eu pitié des enfants de Ton alliance, Tu nous as donné avec amour, `adhônoy notre Dieu, ce septième jour grand et saint. Et ainsi est-il écrit dans Ta Tôroh8 : « Souviens-toi du jour du Shabboth pour le sanctifier. Six jours tu travailleras et accompliras tous tes ouvrages, mais le septième jour est un Shabboth pour `adhônoy ton Dieu: tu n'y feras aucun ouvrage, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave ou ta servante, ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. Car en six jours `adhônoy a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment et Il S'est reposé le septième jour; c'est pourquoi `adhônoy a béni le jour du Shabboth et l'a sanctifié ». Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, accorde-nous notre part dans Ta Tôroh, rassasie-nous de Tes bontés, réjouis-nous par Tes actes salvateurs, et purifie nos cœurs pour Te servir avec vérité. Fais-nous hériter, avec amour et bonne disposition, Tes saints Shabbothôth. Béni Tu es `adhônoy, Qui sanctifie le Shabboth.
מֵאַהֲבָתְךָ יהוה אֱלֹהֵינוּ שֶׁאָהַבְתָּ אֶת יִשְׂרָאֵל עַמְּךָ, וּמֵחֶמְלָתְךָ מַלְכֵּנוּ שֶׁחָמַלְתָּ עַל בְּנֵי בְּרִיתֶךָ, נָתַתָּ לָנוּ יהוה אֱלֹהֵינוּ אֶת יוֹם הַשְׁבִיעִי הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ הַזֶּה בְּאַהֲבָה. וְכֵן כָּתוּב בְּתוֹרָתָךְ: זָכוֹר אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת, לְקַדְּשׁוֹ. שֵׁשֶׁת יָמִים תַּעֲבֹד, וְעָשִׂיתָ כָּל-מְלַאכְתֶּךָ. וְיוֹם, הַשְּׁבִיעִי--שַׁבָּת, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ: לֹא-תַעֲשֶׂה כָל-מְלָאכָה אַתָּה וּבִנְךָ וּבִתֶּךָ, עַבְדְּךָ וַאֲמָתְךָ וּבְהֶמְתֶּךָ, וְגֵרְךָ, אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ. כִּי שֵׁשֶׁת-יָמִים עָשָׂה יהוה אֶת-הַשָּׁמַיִם וְאֶת-הָאָרֶץ, אֶת-הַיָּם וְאֶת-כָּל-אֲשֶׁר-בָּם, וַיָּנַח, בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי; עַל-כֵּן, בֵּרַךְ יהוה אֶת-יוֹם הַשַּׁבָּת—וַיְקַדְּשֵׁהוּ. אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ תֵּן חֶלְקֵנוּ בְּתוֹרָתָךְ, שַׂבְּעֵנוּ מִטּוּבָךְ. שַׂמְחֵנוּ בִּישׁוּעָתָךְ. וְטַהֵר לִבֵּנוּ לְעָבְדְּךָ בֶּאֱמֶת. וְהַנְחִילֵנוּ בְּאַהֲבָה וּבְרָצוֹן שַׁבָּתוֹת קָדְשֶׁךָ. בָּרוּךְ אַתָּה יהוה', מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת

Tout cela étant dit, peu importe les versions que vous utilisez, elles sont toutes « correctes », dans le sens où, de toute façon, nos Sages n'ont jamais imposé de texte standard. La seule chose à respecter consiste à dire la partie commençant par אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ « Notre Dieu et Dieu de nos pères, sanctifie-nous par Tes commandements, etc. », car elle provient clairement du Talmoudh. En fait, si vous ne dîtes que cette partie, vous êtes quittes de votre devoir, puisque ce qui la précède n'est qu'un Piyout (poème liturgique) qui peut varier d'une personne à l'autre, et qui n'est en rien une obligation.

Vous pouvez télécharger la ´amidhoh de Shabboth dans la colonne de droite de ce blog, à la rubrique « Bénédictions et prières ».

1Qui est le service du cœur, comme l'ont enseigné nos Sages
2Voir Shabboth 119b
3La raison de cette recommandation est, qu'à l'origine, prier ´arbith seul n'est pas obligatoire. Il faut donc comprendre cette Gamoro` comme voulant dire que si jamais on décide de faire ´arbith chez soi, le Vendredi soir, il est une bonne chose d'y inclure également ces versets
4Barokhôth 3:11
5La tradition talmudique veut que l'on rapporte des versets bibliques lorsqu'on prie
6Shamôth 31:16-17
7Bamidhbor 28:9-10
8Shamôth 20:7-10

jeudi 7 janvier 2016

Les lois relatives à la prière : Deuxième Partie

ב״ה

Les lois relatives à la prière

Deuxième Partie


Cet article peut être téléchargé ici.

Poursuivons notre exposition des lois relatives à la prière.

Lois relatives à la prière et à la bénédiction des Kôhanim – Chapitre 2
הִלְכּוֹת תְּפִלָּה וּבִרְכַת כּוֹהֲנִים פֵּרֶק ב׳

  1. Pourquoi une dix-neuvième bénédiction ?

Nous avions vu dans la première partie que ´azro` ע״ה et son Béth Din instituèrent les שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה « Shamônah ´asréh », une prière de dix-huit bénédictions à faire trois fois par jour (quoique celle du soir n'a pas le même degré d'obligation que les deux autres). Or, l'écrasante majorité des Juifs d'aujourd'hui incluent une dix-neuvième bénédiction dans cette prière. Quelle est la genèse et raison de l'institution de cette bénédiction ?

1. Du temps de Rabban Gamli`él, les Minim se multiplièrent parmi les Israélites. Ils oppressaient les Israélites et les séduisaient afin qu'ils se détournent de derrière HaShem. Lorsqu'il perçut cela comme la plus grande des nécessités des fils de l'homme, lui et son Béth Din se levèrent et décrétèrent une bénédiction contenant une requête présentée à HaShem pour la destruction des Minim. Il l'inséra dans la prière, afin qu'elle soit fixée dans la bouche de tous. Les bénédictions que contient la prière se trouvent [donc être au nombre de] dix-neuf bénédictions.
א  בִּימֵי רַבַּן גַּמְלִיאֵל, רַבּוּ הַמִּינִים בְּיִשְׂרָאֵל, וְהָיוּ מְצִירִין לְיִשְׂרָאֵל, וּמַסִּיתִים אוֹתָם לָשׁוּב מֵאַחֲרֵי ה'. וְכֵיוָן שֶׁרָאָה שֶׁזּוֹ גְּדוֹלָה מִכָּל צָרְכֵּי בְּנֵי אָדָם, עָמַד הוּא וּבֵית דִּינוֹ, וְהִתְקִין בְּרָכָה אַחַת שֶׁתִּהְיֶה בָּהּ שְׁאֵלָה מִלִּפְנֵי ה' לְאַבַּד אֶת הַמִּינִים; וְקָבַע אוֹתָהּ בַּתְּפִלָּה, כְּדֵי שֶׁתְּהֶא עֲרוּכָה בְּפִי הַכֹּל. וְנִמְצְאוּ הַבְּרָכוֹת שֶׁבַּתְּפִלָּה, תְּשַׁע עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת
Du temps de Rabban Gamli`él : Nous parlons ici de Rabban Gamli`él II ז״ל, qui prit la tête du Sanhédhrin de Yavnah en 80 de l'ère courante, après qu'il fut établit là par Rabban Yôhonon ban Zakka`y ז״ל peu après la destruction du Deuxième Béth Hammiqdosh. Il est décédé entre 138 et 140 de l'E.C.


les Minim se multiplièrent parmi les Israélites : Comme le Ramba''m l'explique au Chapitre 3 des Hilkôth Tashouvoh, est inclus dans la catégorie des Minim : [a)] celui qui dit qu’il n’y a pas de Dieu et que le monde n’a pas de dirigeant, [b)] celui qui dit qu’il y a bien un dirigeant dans ce monde, mais qu’ils sont deux ou plus, [c)] celui qui dit qu’il y a un seul Maître, mais qu’il a un corps et une image, [d)] celui qui dit qu’Il n’est pas Lui seul le premier et Créateur de tout, [e)] celui qui adore une étoile ou une constellation, pour faire office d’intermédiaire entre lui et le Maître des mondes.


Ils oppressaient les Israélites : En les accusant et calomniant auprès des occupants Romains.


et les séduisaient afin qu'ils se détournent de derrière HaShem : Et adoptent des modes de vie et croyances différentes de celles prescrites par la Tôroh.


Lorsqu'il perçut cela comme la plus grande des nécessités des fils de l'homme : Puisque la dévotion à la Tôroh est la colonne vertébrale de la continuité de notre peuple.


lui et son Béth Din se levèrent et décrétèrent une bénédiction contenant une requête présentée à HaShem pour la destruction des Minim. Il l'inséra dans la prière, afin qu'elle soit fixée dans la bouche de tous : Tout cela nous est rapporté dans le Talmoudh.1


Les bénédictions que contient la prière se trouvent [donc être au nombre de] dix-neuf bénédictions : Néanmoins, nous avons de nombreuses preuves dans le Talmoud lui-même et des documents retrouvés dans la Ganizoh du Caire que même malgré l'ajout de cette bénédiction, de nombreuses communautés, en Palestine et en-dehors, continuèrent à faire une prière de dix-huit bénédictions. Comment ça ? Ils firent fusionner ensemble les quatorzième et quinzième bénédictions pour qu'elles n'en forment plus qu'une, étant donné qu'elles ont un thème commun. Pourquoi ont-ils fait cela ? Parce qu'une règle veut que « Dix-huit bénédictions furent instituées, pas dix-neuf ».2 Par conséquent, de nombreuses communautés cherchèrent un moyen d'inclure cette bénédiction, tout en restant fidèle au nombre institué par les Hommes de la Grande Assemblée.


Une minorité de communautés aujourd'hui, sans cesse croissante à travers le monde, se tiennent encore aux dix-huit bénédictions, et c'est cette approche que nous suivons également. De ce fait, bien que le Ramba''m se rapportera désormais aux « dix-neuf bénédictions », notre pratique consiste à faire dix-huit, comme prescrit par les Hommes de la Grande Assemblée. (Vous pouvez télécharger notre version des Shamônah ´asréh dans la colonne de droite de ce blog.)

  1. L'ordre des bénédictions des Shamônah ´asréh est-il important et a-t-on l'obligation chaque jour de faire la version intégrale ?

2. Lors de chacun de ces trois prières qui se font quotidiennement la personne doit prier ces dix-neuf bénédictions dans l'ordre. Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles ? Lorsque son esprit n'est pas troublé au point de ne pas se concentrer et que sa langue a facile à réciter. Mais si elle était distraite et pressée, ou que son expression n'est pas aisée, elle doit prier les trois premières bénédictions, puis un abrégé de toutes les [bénédictions] intermédiaires, et les trois dernières, et elle est ainsi quitte de son obligation.
ב  בְּכָל תְּפִלָּה מִשָּׁלוֹשׁ תְּפִלּוֹת אֵלּוּ שֶׁבְּכָל יוֹם, מִתְפַּלֵּל אָדָם תְּשַׁע עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת אֵלּוּ עַל הַסֵּדֶר. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, בְּשֶׁמָּצָא דַּעְתּוֹ מְכֻוֶּנֶת וּלְשׁוֹנוֹ תְּמַהַר לִקְרוֹת; אֲבָל אִם הָיָה טָרוּד וְדָחוּק, אוֹ שֶׁקָּצְרָה לְשׁוֹנוֹ--מִתְפַּלֵּל שָׁלוֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת וּבְרָכָה אַחַת מֵעֵין כָּל הָאֶמְצָעִיּוֹת וְשָׁלוֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת, וְיָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ
Lors de chacun de ces trois prières qui se font quotidiennement : À savoir, ´arbith, Shahrith et Minhoh.


la personne doit prier ces dix-neuf bénédictions dans l'ordre : Le Talmoudh nous démontre que les bénédictions des Shamônah ´asréh suivent une séquence logique, et nous explique donc pourquoi telle bénédiction fut instituée avant ou après telle autre.3 On ne doit donc pas changer leur ordre, mais les faire suivant l'ordre prescrit.


Il y a donc deux règles stipulées ici :


  1. faire les Shamônah ´asréh intégralement, durant les trois prières quotidiennes, et
  2. faire les bénédictions des Shamônah ´asréh en suivant l'ordre qui a été prescrit par les Hommes de la Grande Assemblée.


Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles : C'est-à-dire, quand dit-on qu'il faut faire l'intégralité des Shamônah ´asréh trois fois par jour ?


Lorsque son esprit n'est pas troublé au point de ne pas se concentrer et que sa langue a facile à réciter : C'est-à-dire, lorsqu'il est capable de prier avec la concentration appropriée et réciter les mots correctement et sans difficulté.


Mais si elle était distraite et pressée, ou que son expression n'est pas aisée, elle doit prier les trois premières bénédictions, puis un abrégé de toutes les [bénédictions] intermédiaires, et les trois dernières, et elle est ainsi quitte de son obligation : C'est la Halokhoh telle qu'elle est tranchée dans le Talmoudh.4

Ainsi, dans des circonstances normales, lorsque quelqu'un est capable de se concentrer du début à la fin, et réciter sa prière avec aisance, il doit faire l'intégralité des Shamônah ´asréh. Mais s'il est pressé par le temps, qu'il est incapable de pleinement se concentrer du début à la fin de la prière, qu'il est distrait ou dérangé par quelque chose, il pourra se contenter d'une version abrégée des Shamônah ´asréh.

  1. Quelle est la formulation de la bénédiction intermédiaire dans l'abrégé des Shamônah ´asréh ?

3. Et voici la bénédiction qu'ils instituèrent en guise d'abrégé de toutes les [bénédictions] intermédiaires : « Accorde-nous, ô HaShem notre Dieu, du discernement pour connaître Tes voies, et circoncis nos cœurs pour que nous Te craignions. Pardonne-nous afin que nous soyons délivrés. Éloigne-nous des afflictions. Fais-nous prospérer et résider dans les pâturages de Ton pays. Rassemble les dispersés des quatre [coins de la terre]. Juge ceux qui se sont égarés selon Ta connaissance. Fais tomber Ta main sur les méchants, et que les justes se réjouissent dans la reconstruction de Ta ville, dans la restauration de Ton sanctuaire, dans la germination de la corne de Dowidh Ton serviteur, et dans l’illumination claire de la lampe du fils de Yishay Ton oint. Avant que nous n'ayons invoqué, Toi, Tu auras répondu ; nous serons encore en train de parler que Tu auras déjà exaucé, car Tu es celui qui répond à l'heure de la difficulté, le Délivreur et Sauveur de toute détresse. Béni Tu es HaShem, Qui écoute la prière ».
ג  וְזוֹ הִיא הַבְּרָכָה שֶׁתִּקְּנוּ מֵעֵין כָּל הָאֶמְצָעִיּוֹת: הֲבִינֵנוּ ה' אֱלֹהֵינוּ לָדַעַת דְּרָכֶיךָ, וּמוּל אֶת לְבָבֵנוּ לְיִרְאָתֶךָ, לְסוֹלֵחַ הֱיֵה לָנוּ, לִהְיוֹת גְּאוּלִים, רַחֲקֵנוּ מִמַּכְאוֹב, וְדַשְּׁנֵנוּ וְשַׁכְּנֵנוּ בִּנְאוֹת אַרְצֶךָ, וּנְפוֹצִים מֵאַרְבַּע תְּקַבֵּץ, וְהַתּוֹעִים בְּדַעְתְּךָ יִשָּׁפֵטוּ, וְעַל הָרְשָׁעִים תָּנִיף יָדֶךָ, וְיִשְׂמְחוּ צַדִּיקִים בְּבִנְיַן עִירָךְ וּבְתִקּוּן הֵיכָלֶךָ, וּבְהַצְמָחַת קֶרֶן לְדָוִיד עַבְדֶּךָ וּבַעֲרִיכַת נֵר לְבֶן יִשַׁי מְשִׁיחֶךָ; טֶרֶם נִקְרָא וְאַתָּה תַּעֲנֶה, טֶרֶם נְדַבֵּר וְאַתָּה תִּשְׁמַע, כִּי אַתָּה הוּא עוֹנֶה בְּכָל עֵת צָרָה, פּוֹדֶה וּמַצִּיל מִכָּל צוּקָה. בָּרוּךְ אַתָּה ה', שׁוֹמֵעַ הַתְּפִלָּה
C'est cette bénédiction qui sera faite entre les trois premières et trois dernières bénédictions des Shamônah ´asréh. Cette version abrégée est appelée הֲבִינֵנוּ « Havinénou », qui est le mot par lequel elle commence.


La version que le Ramba''m mentionne ici est celle rapportée dans le Talmoudh Bavli.5 Celle que nous proposons de faire est plutôt celle rapportée dans le Talmoudh Yarousholmi. Voir l'article intitulé « Les alternatives aux Shamônah ´asréh », ainsi que l'abrégé des Shamônah ´asréh téléchargeable dans la rubrique « Bénédictions et prières », dans la colonne de droite du blog.


Cette bénédiction est un condensé de toutes les bénédictions intermédiaires des Shamônah ´asréh, et nous allons voir comment :


Accorde-nous, ô HaShem notre Dieu, du discernement pour connaître Tes voies : Cela correspond à la quatrième bénédiction, celle de la connaissance.


et circoncis nos cœurs pour que nous Te craignions : Cela correspond à la cinquième bénédiction, celle de la repentance.


Pardonne-nous : Cela correspond à la sixième bénédiction, celle du pardon.


afin que nous soyons délivrés : Cela correspond à la septième bénédiction, celle sur la délivrance face aux problèmes.


Éloigne-nous des afflictions : Cela correspond à la huitième bénédiction, celle de la guérison des maladies.


Fais-nous prospérer et résider dans les pâturages de Ton pays : Cela correspond à la neuvième bénédiction, celle des années et de la prospérité.


Rassemble les dispersés des quatre [coins de la terre] : Cela correspond à la dixième bénédiction, celle du rassemblement des exilés.


Juge ceux qui se sont égarés selon Ta connaissance : Cela correspond à la onzième bénédiction, celle sur la restauration de la justice.


Fais tomber Ta main sur les méchants : Cela correspond à la douzième bénédiction, celle de la destruction des hérétiques, apostats, méchants et rebelles.


et que les justes se réjouissent : Cela correspond à la treizième bénédiction, celle sur les justes et les convertis.


dans la reconstruction de Ta ville, dans la restauration de Ton sanctuaire : Cela correspond à la quatorzième bénédiction, celle sur la reconstruction de Jérusalem.


dans la germination de la corne de Dowidh Ton serviteur, et dans l’illumination claire de la lampe du fils de Yishay Ton oint : Cela correspond à la quinzième bénédiction, celle sur la restauration du Royaume Davidique, par la venue du Moshiah.


Avant que nous n'ayons invoqué, Toi, Tu auras répondu ; nous serons encore en train de parler que Tu auras déjà exaucé, car Tu es celui qui répond à l'heure de la difficulté, le Délivreur et Sauveur de toute détresse. Béni Tu es HaShem, Qui écoute la prière : Cela correspond à la seizième bénédiction (la dernière des bénédictions intermédiaires), celle sur l'exaucement de la prière.

  1. La version abrégée des Shamônah ´asréh peut-elle se faire toute l'année ?

4. Dans quels cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles ? Durant les saisons de soleil. Mais durant les saisons des pluies, on ne doit pas prier « Havinénou » parce qu'on doit dire la requête [pour la pluie] dans la bénédiction des années. De même, lors des sorties des Shabbothôth et des Yomim Tôvim, on ne doit pas prier « Havinénou », parce qu'on doit dire la Havdoloh dans « Hônén Hadda´ath ».
ד  בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, בִּימוֹת הַחַמָּה; אֲבָל בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים--אֵינוּ מִתְפַּלֵּל הֲבִינֵנוּ, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר שְׁאֵלָה בְּבִרְכַת הַשָּׁנִים. וְכֵן בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים--אֵינוּ מִתְפַּלֵּל הֲבִינֵנוּ, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר הַבְדָּלָה בְּחוֹנֵן הַדַּעַת
Dans quels cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles : C'est-à-dire, quand dit-on qu'il est permis de faire un abrégé des Shamônah ´asréh ?


Durant les saisons de soleil. Mais durant les saisons des pluies, on ne doit pas prier « Havinénou » parce qu'on doit dire la requête [pour la pluie] dans la bénédiction des années : C'est ce qui est rapporté dans le Talmoudh Bavli, au nom de Rov Bibi bar `abbayé ז״ל. D'après lui, la version abrégée des Shamônah ´asréh ne pourrait se faire qu'en été, car en hiver une requête pour la pluie devra être faite. Il est clair de la Gamoro` elle-même qu'il s'agit là de son opinion personnelle, et non de la Halokhoh en tant que telle. C'est pourquoi nous divergeons du Ramba''m sur ce point-ci et adoptons l'approche du Yarousholmi, qui ne mentionne aucune restriction à la récitation de l'abrégé des Shamônah ´asréh, qui peut se faire toute l'année, en été y compris. C'est la raison pour laquelle nous favorisons la version de l'abrégé des Shamônah ´asréh rapportée dans le Yarousholmi, qui inclut la phrase à dire en hiver lorsqu'on demande la pluie, ainsi que nous l'avions rapporté dans l'article susmentionné.


De même, lors des sorties des Shabbothôth et des Yomim Tôvim, on ne doit pas prier « Havinénou », parce qu'on doit dire la Havdoloh dans « Hônén Hadda´ath » : C'est ce que le Talmoudh Bavli rapporte au nom de Rov Nahmon ז״ל, qui lui-même le rapporte au nom de Shamou`él ז״ל.6 Là encore, le texte fait ressortir qu'il s'agissait là d'une opinion personnelle, et pas forcément de la règle à suivre. La preuve en est que Rov Bibi bar `abbayé déclare que le « Havinénou » peut être fait toute l'année sauf en été, tandis que Rov Nahmon déclare qu'il peut être fait toute l'année sauf aux sorties des Shabbothôth et Yomim Tôvim, ce qui montre bien qu'il s'agit de deux opinion qui se contredisent et non qui se complètent.


Comme mentionné plus haut, le Yarousholmi ne contient pas de telles divergences d'opinions et est clair sur le fait que le « Havinénou » peut littéralement être fait toute l'année, sans exception, ce qui inclut l'été, ainsi que les sorties des Shabbothôth et Yomim Tôvim. Et telle est l'approche que nous suivons. Il suffira simplement d'inclure dans le « Havinénou » une phrase de la Havdoloh ces soirs-là pour être quittes.


Pour information, חוֹנֵן הַדַּעַת « Hônén Hadda´ath » est la quatrième bénédiction des Shamônah ´asréh.

En résumé, bien que le Ramba''m tranche que l'abrégé des Shamônah ´asréh ne pourrait être fait qu'en été, mais pas en hiver, et jamais aux conclusions des Shabbothôth et Yomim Tôvim, sur base du Talmoudh Yarousholmi (qui ne contient pas de divergence à ce sujet) nous divergeons de lui sur ces points, et permettons de faire le « Havinénou » toute l'année, y compris ces jours-là. En outre, il n'y a aucune raison d'empêcher celui qui n'est pas capable de se concentrer en hiver de faire un abrégé de la prière, comme il le ferait en été, dès lors qu'il inclut dans son « Havinénou » une mention relative à la pluie.

À suivre...

1Barokhôth 28b
2Voir Barokhôth 29a
3Voir Maghilloh 17b-18a ; Yarousholmi, Barokhôth 2:5
4Barokhôth 28b
5Ibid., 29a

6Ibid.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...