jeudi 29 septembre 2016

La Paroshoh avec le Ramba''m : Parashath Nissovim

ב״ה

La Paroshoh avec le Ramba''m

Parashath Nissovim


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Notre Paroshoh de la semaine, Parashath Nissovim, introduit le fameux précepte selon lequel לֹא בַשָּׁמַיִם, הִוא « Lô` Vashomayim Hi` - Elle n'est pas dans le ciel »1, qui établit que la Tôroh n'est plus dans le ciel. Le Ramba''m ז״ל cite ce verset dans le Chapitre 9 des Hilkôth Yasôdhé Hattôroh, lorsqu'il présente le fondement de la foi selon lequel aucun prophète ne peut plus révoquer la moindre loi contenue dans la Tôroh. Voici ce qu'il écrit à la Halokhoh n°1 de ce chapitre :

Il est une chose claire et explicite dans la Tôroh que cette loi est d'application pour l'éternité et les éternités des éternités : aucune modification, diminution ou ajout ne peut y être fait, ainsi qu'il est dit2 : « Toute cette parole que Je vous prescris, gardez-la pour l'accomplir ; tu n'y ajouteras rien, et tu n'en retrancheras rien », et il est [également] dit3 : « mais les choses révélées nous appartiennent ainsi qu'à nos enfants jusqu'à l'éternité, pour mettre en pratique toutes les paroles de cette Tôroh. » Tu apprends donc qu'il nous a été ordonné de mettre en pratique tous les préceptes de la Tôroh jusqu'à l'éternité. De même, il est dit4 : « elle est un statut éternel pour vos générations », et il est [également] dit : « elle n'est pas dans le ciel. » Tu apprends donc qu'un prophète n'a pas le droit, désormais, de faire une innovation.
דָּבָר בָּרוּר וּמְפֹרָשׁ בַּתּוֹרָה, שְׁהִיא מִצְוָה עוֹמֶדֶת לְעוֹלָם וּלְעוֹלְמֵי עוֹלָמִים: אֵין לָהּ לֹא שִׁנּוּי, וְלֹא גֵּרָעוֹן וְלֹא תּוֹסֶפֶת, שֶׁנֶּאֱמָר "אֵת כָּל-הַדָּבָר, אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּה אֶתְכֶם--אֹתוֹ תִשְׁמְרוּ, לַעֲשׂוֹת: לֹא-תֹסֵף עָלָיו, וְלֹא תִגְרַע מִמֶּנּוּ"; וְנֶאֱמָר "וְהַנִּגְלֹת לָנוּ וּלְבָנֵינוּ, עַד-עוֹלָם--לַעֲשׂוֹת, אֶת-כָּל-דִּבְרֵי הַתּוֹרָה הַזֹּאת". הַא לָמַדְתָּ שֶׁכָּל דִּבְרֵי תּוֹרָה, מְצֻוִּין אָנוּ לַעֲשׂוֹתָן עַד עוֹלָם; וְכֵן הוּא אוֹמֵר "חֻקַּת עוֹלָם לְדֹרֹתֵיכֶם", וְנֶאֱמָר "לֹא בַשָּׁמַיִם, הִיא". הַא לָמַדְתָּ שְׁאֵין נָבִיא רַשָּׁאי לְחַדַּשׁ דָּבָר, מֵעַתָּה

Pour expliquer le lien que le Ramba''m fait entre ce verset de notre Paroshoh et le concept selon lequel אֵין נָבִיא רַשָּׁאי לְחַדַּשׁ דָּבָר, מֵעַתָּה « un prophète n'a pas le droit, désormais, de faire une innovation », le Rov Yôséph Qa`ppah ז״ל cite un passage tiré du Midhrosh5, qu'il affirme être la source du Ramba''m, qui déclare ceci : « Afin que vous ne dîtes pas ''Un autre Môshah se lèvera et nous apportera une Tôroh différente du ciel'', je vous informe dès à présent qu'elle n'est pas dans le ciel, car rien d'elle n'est restée dans le ciel. » C'est-à-dire que lorsque Môshah Rabbénou ע״ה déclara de la Tôroh que לֹא בַשָּׁמַיִם, הִוא « elle n'est pas dans le ciel », il voulait dire que tous les principes et informations nécessaires pour déterminer la Halokhoh avaient déjà été rapportés des cieux.

Une fois que Môshah Rabbénou nous rapporta la Tôroh, rien de la Tôroh ne fut « laissée » dans le ciel pour soi-disant nous être révélé plus tard, et de ce fait il ne se trouve dans le ciel plus aucune révélation devant nous être apportée. Par conséquent, aucun prétendu prophète ne peut, depuis lors, affirmer avoir reçu une prophétie appelant à l'abrogation ou à la modification d'un quelconque précepte contenu dans la Tôroh ! Dès le départ, il nous a été dit que plus rien de la Tôroh n'est resté dans le ciel.

Les prophètes après Môshah Rabbénou réprimandaient le peuple par rapport à la Tôroh qui avait été donnée, mais ils ne servaient pas à modifier ou même élucider la Tôroh. En outre, la prophétie a cessé depuis l'époque du tout dernier prophète, à savoir Mal`okhi ע״ה. Si le rôle des prophètes étaient d'élucider la Tôroh, cela voudrait dire que cela fait depuis des millénaires que nous n'avons plus la moindre instruction concernant la bonne pratique et compréhension de la Tôroh ! Mais puisque ce n'était pas le rôle des prophètes, cela ne cause aucun problème, car la Tôroh n'est plus dans le ciel et plus aucune révélation nouvelle ne peut être transmise depuis que la Tôroh fut donnée !

Le concept de « Lô` Vashomayim Hi` » signifie qu'HaShem ית׳ attend de nous que nous soyons des participants actifs dans le processus d'érudition ou de maîtrise de la Tôroh. Il désire que nous fassions les efforts requis pour correctement comprendre Sa volonté autant que nous le pouvons, plutôt que rester assis passivement en train d'attendre Ses ordres explicites, qu'Il a d'ailleurs déjà donnés il y a plus de 3300 ans au Sinaï. Bien que nous dépendons sans aucun doute de Son assistance et devons prier pour qu'Il nous aide dans notre poursuite de la connaissance et de la compréhension de Sa parole, la connaissance et la compréhension dépendent de nous, du temps, de l'effort et du dur labeur que l'on consent à consacrer à l'étude. Nous ne devons pas attendre qu'HaShem nous apparaisse soudainement et nous enseigne la Tôroh, ou que du jour au lendemain, par miracle, des révélations nous seront accordées sans effort, juste parce que l'on a prié ; nous devons faire des efforts proactifs pour y parvenir !

En outre, le concept de « Lô` Vashomayim Hi` » nous enseigne à ne pas faire aveuglément confiance aux dirigeants religieux qui font avaler tout et n'importe quoi à leurs fidèles, même ce qui est totalement contraire à la Tôroh. De nombreux Juifs, plus particulièrement dans les milieux hassidiques, où l'on adule et adore le Rebbe, et les milieux Harédhim non-hassidiques, où l'on croit à la fausseté et innovation du concept de גְּדוֹלֵי הַדּוֹר « Gadhôlé Haddôr » (les Grands de la génération), ne prennent plus la peine d'étudier et lire d'eux-mêmes, et en arrivent à croire que sans le Rebbe, qu'ils considèrent infaillible et parfait, il est impossible de s'approcher d'HaShem ou même de comprendre la Tôroh et connaître la Halokhoh. Cela a pour conséquence que les Harédhim et Hasidhim adhèrent à des folies qu'ils justifient par le fait que cela a été enseigné par le Rebbe ou que c'est ainsi que les choses se font depuis la naissance du Harédisme ou de la Hasidhouth, qu'ils présentent parfois même, sans scrupule, comme des pratiques remontant au Sinaï ! Ils embrassent des superstitions, de la ´avôdhoh Zoroh et des pratiques condamnées par les rabbins de générations antérieures, sous prétexte que le Rebbe a dit d'agir ainsi, que tel ou tel « Grand de la Génération » enseigné ceci ou cela, etc. (Voir, par exemple, les articles intitulés « Renverser la hiérarchie », « Les rabbins et pseudo ''Gadhôlim'' », « Comment les rabbins et d'autres ont changé le Judaïsme » ou encore « Consommer du poisson à Shabboth. ») La Tôroh n'est plus dans le ciel et plus personne ne peut innover ou contredire la Tôroh et la Halokhoh de HaZa''l, et cela inclut les Rebbe`im, les rabbins et les pseudos Gadhôlé Haddôr !

Cela va tellement loin que des gens n'ont même pas honte de soumettre à leurs Rebbe`im et rabbins des questions toutes plus absurdes les unes que les autres, et de le consulter pour les choses les plus futiles, comme s'ils n'avaient plus de cerveau, comme s'ils n'avaient plus la capacité de réfléchir par eux-mêmes. Ils appellent cela le concept de דַעֲת תּוֹרָה « Da´ath Tôroh », concept selon lequel nous aurions absolument besoin des « Gadhôlé Haddôr » pour toutes les questions de la vie, peu importe lesquelles, car ils sont des génies dans tous les domaines et ont la science infuse et sont infaillibles.

Les rabbins ne sont pas là pour penser à notre place ou nous exempter de notre obligation personnelle d'étudier la Tôroh et rechercher HaShem ; ils sont là lorsque, après avoir réfléchi et tenté de trouver la solution à un problème halakhique sérieux, nous serions bloqués et incapables de trouver une réponse concluante ou que l'on aurait un doute. La Tôroh n'est plus dans le ciel et est donc depuis lors accessible pour celui qui fait l'effort de l'étudier et de l'acquérir.

S'ils comprenaient réellement le concept de « Lô` Vashomayim Hi` » et ce que cela implique, les gens utiliseraient plus leur faculté de réflexion, feraient les efforts adéquats pour comprendre, et refuseraient d'adhérer aux hérésies et idolâtries vendues par bon nombre de Rebbe`im, rabbins et pseudo « Gadhôlé Haddôr. » Et ils seraient ainsi plus proches d'HaShem et plus fidèles à Ses prescriptions !

Méditez sur l'intégralité du passage d'où est tiré le verset que nous avons cité au début de cet article6 :

Elle n'est pas dans le ciel pour dire « Qui montera pour nous au ciel et la prendra pour nous, et nous la fasse entendre, pour que nous la mettions en pratique ? » Elle n'est pas non plus au-delà de la mer pour dire « Qui passera pour nous au-delà de la mer, et la prendra pour nous, et nous la fasse entendre, pour que nous la mettions en pratique ? » Car la chose est très près de toi, dans ta bouche, dans ton cœur, pour la mettre en pratique.
לֹא בַשָּׁמַיִם, הִוא: לֵאמֹר, מִי יַעֲלֶה-לָּנוּ הַשָּׁמַיְמָה וְיִקָּחֶהָ לָּנוּ, וְיַשְׁמִעֵנוּ אֹתָהּ, וְנַעֲשֶׂנָּה. וְלֹא-מֵעֵבֶר לַיָּם, הִוא: לֵאמֹר, מִי יַעֲבָר-לָנוּ אֶל-עֵבֶר הַיָּם וְיִקָּחֶהָ לָּנוּ, וְיַשְׁמִעֵנוּ אֹתָהּ, וְנַעֲשֶׂנָּה. כִּי-קָרוֹב אֵלֶיךָ הַדָּבָר, מְאֹד: בְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ, לַעֲשֹׂתוֹ

1Davorim 30:12
2Ibid., 13:1
3Ibid., 29:28
4Wayyiqro` 3:17
5Davorim Rabboh 8:6

6Davorim 30:12-14

mercredi 28 septembre 2016

Réveillez-vous de votre sommeil

ב״ה

Rô`sh Hashonoh

Réveillez-vous de votre sommeil !


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Parmi les passages les plus connus du Mishnéh Tôroh du Ramba''m ז״ל, nous trouvons l'explication qu'il donne de la signification symbolique de l'obligation de sonner du Shôphor à Rô`sh Hashonoh. Il écrit ceci1 :

Bien que la sonnerie du Shôphor à Rô`sh Hashonoh soit un décret de l’Écriture2, elle contient une allusion3, comme pour [nous] dire : « Réveillez-vous ! Réveillez-vous de votre sommeil, ô dormeurs ; et vous qui somnolez [profondément] levez-vous, de votre léthargie ! Méditez vos actions, revenez par la Tashouvoh, et souvenez-vous de votre Créateur ! Ceux qui oublient la vérité dans les vanités du temps et s’égarent toute l’année dans les futilités et le vide qui ne sont d’aucun intérêt et d’aucun salut, observez votre âme ; amendez vos voies et vos actions. Que chacun de vous abandonne ses mauvais chemins et mauvaises pensées. »
אַף עַל פִּי שֶׁתְּקִיעַת שׁוֹפָר בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה גְּזֵרַת הַכָּתוּב, רְמָז יֵשׁ בּוֹ: כְּלוֹמַר עוּרוּ עוּרוּ יְשֵׁנִים מִשִּׁינַתְכֶם, וְהָקִיצוּ נִרְדָּמִים מִתַּרְדֵּמַתְכֶם; וְחַפְּשׂוּ בְּמַעֲשֵׂיכֶם וְחִזְרוּ בִּתְשׁוּבָה, וְזִכְרוּ בּוֹרַאֲכֶם. אֵלּוּ הַשּׁוֹכְחִים אֶת הָאֱמֶת בְּהַבְלֵי הַזְּמָן, וְשׁוֹגִים כָּל שְׁנָתָם בְּהֶבֶל וְרִיק אֲשֶׁר לֹא יוֹעִיל וְלֹא יַצִּיל--הַבִּיטוּ לְנַפְשׁוֹתֵיכֶם, וְהֵטִיבוּ דַּרְכֵיכֶם וּמַעַלְלֵיכֶם; וְיַעֲזֹב כָּל אֶחָד מִכֶּם דַּרְכּוֹ הָרָעָה, וּמַחְשַׁבְתּוֹ אֲשֶׁר לֹא טוֹבָה

Tout en insistant sur le fait que cette Miswoh, comme toutes les autres, constitue un « décret de l’Écriture » auquel nous devons obéir indépendamment du fait que nous en comprenions ou pas la raison, le Ramba''m suggère que sonner du Shôphor est un acte ayant pour objectif de servir de « sirène », pour ainsi dire. Les gens ont, par nature, tendance à mener leurs vies dans un état de « sommeil » spirituel, ne prêtant que très peu d'attention, voire aucune, à leurs responsabilités en tant qu'êtres humains en général et en tant qu'Israélites en particulier. Nous sommes attirés par « les vanités du temps, les futilités et le vide », recherchant les plaisirs, les luxures et les honneurs, sans même avoir la moindre pensée pour le but élevé pour lequel nous avons été créés, à savoir, comme le dit le Midhrosh, servir notre Créateur et faire de ce monde une demeure paisible dans laquelle Sa Shakhinoh peut résider (la Tôroh déclare d'ailleurs ceci4 : וְעָשׂוּ לִי, מִקְדָּשׁ; וְשָׁכַנְתִּי, בְּתוֹכָם « Et vous Me ferez un sanctuaire, et Je résiderai en votre sein »). Le Shôphor symbolise la nécessité de se « réveiller » de ce « sommeil », reprendre nos vies en main et évaluer si oui ou non nous réalisons effectivement le but pour lequel HaShem ית׳ nous a placés sur Sa terre.

Pour comprendre davantage ce sommeil dont parle ici le Ramba''m, il convient de voir dans quel contexte est-ce qu'il le mentionne. Il insère ces explications en plein milieu de sa discussion sur le jugement Divin. Dans ce chapitre 3 des Hilkôth Tashouvoh, il établit le fait qu'HaShem juge chaque individu au moment de sa mort, ainsi que chaque année à Rô`sh Hashonoh. Quelqu'un dont les péchés surpassent en nombre et/ou en gravité ses mérites est condamné à la mort, tandis que celui dont les mérites surpassent en nombre et/ou en importance ses fautes est inscrit pour la vie. Quant aux Bénônim, ceux dont les mérites et les péchés sont à égalité, leur sentence est mise en suspend jusqu'à Yôm Hakkippourim. C'est dans ce contexte-là que le Ramba''m ajoute ses remarques sur le symbolisme du Shôphor. Étant donné que Rô`sh Hashonoh est un jour de jugement, la Tôroh a ordonné de sonner du Shôphor afin de symboliser la nécessité de se « réveiller » ce jour-là.

Il ressort donc que lorsque le Ramba''m parle de nous réveiller de notre « sommeil », il fait référence au sommeil que provoque l'apathie spirituelle. Il est plus facile de « dormir », c'est-à-dire d'ignorer nos responsabilités en tant que serviteurs et enfants d'HaShem, que d'assumer sur nous ce fardeau. Le but de Rô`sh Hashonoh, comme le dit la Tôroh, est de servir de זִכְרוֹן תְּרוּעָה « Zikhrôn Tarou´oh »5, c'est-à-dire de rappel, à travers le symbolisme du Shôphor, que nous avons été créés uniquement pour servir le Tout-Puissant et sommes considérés responsables pour notre accomplissement ou négligence de cet objectif. C'est un jour pour renouveler notre engagement à vivre avec un sentiment de responsabilité et d'obligation, et ne pas nous laisser entraîner dans le « sommeil » de l'apathie insouciante et de l'indifférence pour ce qu'HaShem attend de nous.

1Hilkôth Tashouvoh 3:7
2Et en tant que tel, nous devons donc y obéir tout simplement parce que cela vient d'HaShem et qu'Il n'a pas donné la raison de ce décret dans la Tôroh.
3Le Ramba''m veut nous faire comprendre ici que bien qu'HaShem n'ait pas donné la raison de ce décret et que nous devons l'accomplir juste par obéissance, il convient néanmoins de tenter de comprendre le message que ce décret nous communique, car autrement le fait de sonner du Shôphor n'aura absolument aucun effet sur celui qui sonne et ceux qui entendent la sonnerie
4Shamôth 25:8

5Wayyiqro` 23:24

mardi 27 septembre 2016

Les noms babyloniens du calendrier hébraïque

ב״ה

Les noms babyloniens du calendrier hébraïque


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Alors que nous allons bientôt commencer une année nouvelle dans notre calendrier, il convient de dire quelques mots sur les noms d'origine babylonienne des mois de l'année hébraïque.

Certains ignorants et adversaires de la tradition juive s'opposent à l'usage de ces noms babyloniens et vont jusqu'à prétendre que les noms des mois furent inventés par les Sages du Talmoudh, et que tout le temps de la période biblique les mois n'étaient pas désignés par des noms mais des nombres (« le premier mois », « le deuxième mois », etc.). Cela est complètement faux, comme le montre, par exemple, le passage suivant1 :

Dans le douzième mois, qui est le mois de `adhor, le treizième jour du mois, où l'exécution de l'ordre du roi et de son édit venaient à échéance le jour même où les ennemis des Juifs avaient espéré prendre le dessus sur eux ce fut le contraire qui eut lieu, les Juifs allant, eux, prendre le dessus sur ceux qui les haïssaient.
וּבִשְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ הוּא-חֹדֶשׁ אֲדָר, בִּשְׁלוֹשָׁה עָשָׂר יוֹם בּוֹ, אֲשֶׁר הִגִּיעַ דְּבַר-הַמֶּלֶךְ וְדָתוֹ, לְהֵעָשׂוֹת: בַּיּוֹם, אֲשֶׁר שִׂבְּרוּ אֹיְבֵי הַיְּהוּדִים לִשְׁלוֹט בָּהֶם, וְנַהֲפוֹךְ הוּא, אֲשֶׁר יִשְׁלְטוּ הַיְּהוּדִים הֵמָּה בְּשֹׂנְאֵיהֶם

Nous voyons de ce passage que non seulement les années étaient calculées à partir du mois de Tishri, ainsi que nous l'avions démontré dans l'article intitulé « Le 1er Tishri est-il bibliquement le ''Nouvel An'' ? », mais qu'en plus les noms babyloniens des mois étaient déjà d'usage dans les temps bibliques, à partir de l'exil à Babylone.

Signalons également que contrairement à ce qui est souvent avancé par des ignorants, même avant l'exil babylonien nous trouvons des passages dans lesquels les mois n'étaient pas nécessairement désignés par des nombres. Prenons l'exemple du passage suivant :

Prends garde au mois de la Germination, pour faire la Pasah en l'honneur de `adhônoy, ton Dieu; car c'est dans le mois de la Germination que `adhônoy, ton Dieu, t'a fait sortir d’Égypte, la nuit.
שָׁמוֹר, אֶת-חֹדֶשׁ הָאָבִיב, וְעָשִׂיתָ פֶּסַח, לַיהוָה אֱלֹהֶיךָ: כִּי בְּחֹדֶשׁ הָאָבִיב, הוֹצִיאֲךָ יְהוָה אֱלֹהֶיךָ מִמִּצְרַיִם--לָיְלָה

De ce passage, nous voyons que le mois que nous appelons aujourd'hui נִיסָן « Nison » était appelé אָבִיב « `oviv » dans la Tôroh et non pas « premier mois » (ou « septième mois », si on commence le compte à partir de Tishri). Il n'est donc pas exact d'affirmer que les mois n'étaient désignés à l'époque biblique que par des nombres !

HaZa''l ont décrété que depuis l'exil babylonien les noms des mois devaient rester babyloniens, même lorsqu'ils font référence à des idoles (comme par exemple le mois de Tammouz, qui est le nom d'une idole babylonienne), à cause de ce qu'a annoncé Yirmayohou Hannovi` ע״ה dans le passage suivant2 :

En vérité, des jours viendront, dit `adhônoy, où l'on ne dira plus: « Vive `adhônoy qui a fait monter les enfants d'Israël du pays d’Égypte ! » mais « Vive `adhônoy qui a fait monter les enfants d'Israël du pays du Nord et de toutes les contrées où Il les avait exilés ! » Car Je les aurai ramenés sur leur territoire, que J'avais donné à leurs ancêtres.
לָכֵן הִנֵּה-יָמִים בָּאִים, נְאֻם-יהוה; וְלֹא-יֵאָמֵר עוֹד חַי-יהוה, אֲשֶׁר הֶעֱלָה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם כִּי אִם-חַי-יהוה, אֲשֶׁר הֶעֱלָה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל מֵאֶרֶץ צָפוֹן, וּמִכֹּל הָאֲרָצוֹת, אֲשֶׁר הִדִּיחָם שָׁמָּה; וַהֲשִׁבֹתִים, עַל-אַדְמָתָם, אֲשֶׁר נָתַתִּי, לַאֲבוֹתָם

En d'autres mots, HaZa''l ont dit que nous retournerons aux noms bibliques numérotés des mois lorsque TOUT Israël sera restauré sur sa terre. En attendant, les noms des mois babyloniens sont un rappel du fait que nous sommes en exil et attendons encore la rédemption finale lorsque nous serons ramenés des confins de la terre vers `aras Yisro`él.

En outre, il existe de nombreuses significations cachées dans ces noms babyloniens qui sont d'une grande pertinence pour nous encore aujourd'hui. Prenons l'exemple du nom du mois de תִּשְׁרִי « Tishri. » Il a deux significations en babylonien :

  1. « relâcher », « défaire », « dénouer » ou « dissoudre » : Nous pouvons trouver dans cette signification une allusion au fait que c'est le mois durant lequel nos péchés sont dissous et pardonnés.
  2. « tu commenceras [à partir de] » : Nous pouvons trouver dans cette signification une allusion au fait qu'à partir de ce mois-là, on commence une année nouvelle.

Et il en est de même pour les onze autres mois de notre calendrier ; chacun de leurs noms a un sens pertinent par rapport à l'importance du mois et les événements qui y sont célébrés. D'une certaine manière, ces noms babyloniens nous servent donc de pense-bêtes.

1`astér 9:1

2Yirmayohou 16:14-15

Les trois clefs pour une année favorable

ב״ה

Rô`sh Hashonoh

Les trois clefs pour une année favorable


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Lorsque nous réfléchissons à la signification de Rô`sh Hashonoh (que tout ce qui se passera durant la nouvelle année est déterminé ce jour-là), nous pourrions, et devrions, avoir peur. Mais nos Sages, de mémoire bénie, nous ont enseigné que les trois clefs pour avoir un jugement favorable sont :

  • קול « Qôl »,
  • צום « Sôm » et
  • ממון « Mamôn. »

Le mot קוֹל « Qôl », qui signifie « voix », se réfère à l'obéissance à HaShem ית׳. Nous nous purifions des effets négatifs du péché par le fait de nous soumettre à Lui, comme il est écrit1 : כִּי הוּא אֱלֹהֵינוּ-- וַאֲנַחְנוּ עַם מַרְעִיתוֹ, וְצֹאן יָדוֹ: הַיּוֹם, אִם-בְּקֹלוֹ תִשְׁמָעוּ « Car Il est notre Dieu et nous sommes le peuple dont Il est le berger et le troupeau que dirige Sa main. Aujourd'hui, si seulement nous écoutions Sa voix ! »

Le mot צוֹם « Sôm » signifie « jeûne. » Lorsque quelqu'un jeûne, il perd un peu de la graisse de son corps, et cette perte est un acte qui est considéré comme s'il avait placé cette graisse sur l'autel du Béth Hammiqdosh, comme un sacrifice.

Il existe un Minhogh suivi par certaines personnes consistant à jeûner à ´arav Rô`sh Hashonoh. Ce Minhogh est notamment mentionné dans le Shoulhon ´oroukh2 :

Il est de coutume de jeûner à ´arav Rô`sh Hashonoh.
נוהגין להתענות ערב ראש השנה

Le Ramo''` ז״ל commente ce passage de la façon suivante :

Et les plus stricts sont accoutumés à ce que tout le monde jeûne durant les dix jours3, et c'est ce qu'il convient de faire. Et tous ceux qui jeûnent n'ont pas l'obligation de compléter [leur jeûne].4 Nous ne lisons pas ces [jours-là le passage de] « Wayahal »5, même à ´arav Rô`sh Hashonoh.6 Mais si une Barith Miloh tombe à ´arav Rô`sh Hashonoh, ils7 peuvent manger. La majorité [des `ashkanazim] sont accoutumés à manger à ´arav Rô`sh Hashonoh avant l'aube à cause des Darakhé Ho`amôri8, qui ont la coutume de jeûner la veille de leurs fêtes. Nous pouvons nous lever pour manger même sans condition.9 Depuis lors, telle est notre coutume.
והמדקדקים נהגו שכל אחד מתענה עשרה ימים, וכן נכון לעשות. וכל אלו התעניות, אין צריכין להשלים ואין קורין בהם ויחל, אפילו ערב ראש השנה. ואם חל ברית מילה בערב ראש השנה, יכולים לאכול. ורבים נוהגין לאכול בערב ראש השנה קודם עלות השחר, משום דרכי האמורי, שהיו נוהגים להתענות בערב חגיהם. ויכולין לאכול בלא תנאי, אחר שכן נהגו

La source de ce Minhogh est un passage du Midhrosh Tanhoumo`10, cité par le Tour ז״ל, qui raconte la parabole d'un pays dont les citoyens devaient une énorme somme d'argent en taxes impayées qu'ils n'avaient pas les moyens de s'acquitter. Ils décidèrent d'envoyer une petite délégation au roi, qui accepta d'annuler un tiers de la dette. Mais alors qu'approchait le jour où ils étaient sensés payer, les habitants se rendirent compte qu'ils étaient encore très loin de pouvoir rassembler la somme due au roi. C'est pourquoi, ils lui envoyèrent une délégation plus importante que la précédente afin de plaider leur cause. Une fois encore, le roi lâcha du lest et annula un deuxième tiers de la dette. Le jour vint où ils devaient s'acquitter du dernier tiers, mais les habitants se retrouvèrent à nouveau en incapacité de payer. Tous les citoyens, hommes, femmes et enfants, s'en allèrent à la rencontre du roi avec des larmes et des suppliques, et le roi accepta leurs requêtes et annula l'intégralité de la dette. De même, nous dit le Midhrosh, à ´arav Rô`sh Hashonoh, lorsque nous nous rendons compte que nous sommes incapables de « payer notre dette » envers le Tout-Puissant, une minorité d'individus d'une grande piété jeûnent volontairement et supplient HaShem, qui annule alors un tiers de notre « dette. » Puis, durant les dix jours de repentance, entre Rô`sh Hashonoh et Yôm Hakkippourim, alors que nous nous rapprochons davantage du moment où HaShem scellera notre sort pour l'année qui a commencé, un plus grand nombre d'individus se présentent devant HaShem en jeûnant et Lui demandent d'avoir pitié de nous, et c'est ainsi qu'un autre tiers de notre « dette » est levé. Enfin, à Yôm Hakkippourim, nous jeûnons TOUS et HaShem nous accorde alors un pardon total.

C'est pourquoi, il est approprié que toute personne qui en soit capable prenne sur elle d'observer ce jeûne à ´arav Rô`sh Hashonoh, afin de pouvoir faire partie de la toute première « délégation » qui se présente devant HaShem afin de Lui demander pardon. Il est inutile de dire que ceux qui ont la santé faible ou qui sont très âgés, ainsi que ceux qui ont du mal à jeûner correctement, ne doivent en aucun cas observer ce jeûne, étant donné que ce n'est qu'un Minhogh qui n'est pas requis par le Din.

Dans les générations passées, les gens observaient de nombreux jeûnes pour expier leurs fautes. Même le Baba Salé ז״ל, qui a vécu récemment, jeûnaient régulièrement du Dimanche au Vendredi, ne mangeant que la nuit. À notre époque, certains jeûnent la veille de chaque Rô`sh Hôdhash, d'autres tous les lundis et jeudis, d'autres tous les jours depuis Rô`sh Hôdhash `aloul jusqu'à ´arav Rô`sh Hashonoh pour se préparer à Rô`sh Hashonoh, tandis que d'autres le feront uniquement à ´arav Rô`sh Hashonoh, et d'autres encore durant toute la période des dix jours de repentance. À ces jeûnes volontaires s'ajoutent le jeûne de Yôm Hakkippourim, de Tish´oh Ba`ov et des trois jeûnes mineurs.

La dernière clef est מַמוֹן « Mamôn », qui signifie littéralement « argent », et se réfère aux dons charitables que nous faisons. La Sadhoqoh doit être notre seconde nature, car si nous avons compassion des autres et les aidons avec altruisme en leur donnant notre argent, HaShem Lui-même sera enclins à nous traiter avec compassion, car, comme nous l'ont enseigné nos Sages11 : במידה שאדם מודד, בה מודדין לו « Par la mesure dont quelqu'un mesure [les autres] il sera lui-aussi mesuré. »

Ces trois mots, « Qôl », « Sôm » et « Mamôn », ont exactement la même valeur numérique, à savoir 136 ! Cela nous enseigne que ces trois points ont exactement la même importance et sont toutes aussi vitales l'un que l'autre. Personne ne doit penser qu'il peut juste faire un don et mériter ainsi d'avoir une année couronnée de succès, ni penser que jeûner est indépendamment suffisant, ou encore qu'il suffit seulement d'être minutieux dans l'accomplissement des Miswôth verticales (tout en ne faisant pas du bien à son prochain par la Sadhoqoh et d'autres Miswôth horizontales). Nous devons prendre un engagement ferme à exceller dans tous ces trois domaines à la fois (l'obéissance à HaShem, le jeûne et la charité) dans le cadre des efforts que nous consentons à faire pour éveiller la compassion d'HaShem au moment où nous nous tiendrons devant Lui en jugement.

Ce sont là les trois clefs pour la compassion, la grâce et la miséricorde d'HaShem, et nous devons en faire usage tout au long de l’année, à chaque étape de nos vies, mais plus particulièrement en cette période de l'année, alors que nous supplions le Tout-Puissant de nous accorder une année remplie de bénédictions, de joie, et de prospérité pour nous, nos familles, nos communautés et l'ensemble du peuple d'Israël.

1Tahillim 95:7
2`ôrah Hayim 581:2
3De Rô`sh Hashonoh à Yôm Hakkippourim.
4C'est-à-dire, ils peuvent l'interrompre à n'importe quel moment avant le coucher du soleil
5Shamôth 32:11-14 et 34:1-10. C'est un passage qui est lu lors de trois des quatre jeûnes publics (3 Tishri, 10 Tévéth et 17 Tammouz)
6Puisque jeûner durant les dix jours n'a pas le même statut que jeûner lors des trois jeûnes publics susmentionnés, ce passage n'est pas lu
7Ceux qui assistent à la Barith Miloh
8Les pratiques des idolâtres
9Normalement, lorsqu'on va se coucher la nuit qui précède un jeûne qui commencera le matin suivant, on ne peut pas se lever pour manger avant le lever du soleil, à moins d'avoir énoncé cette condition avant d'être allé se coucher la nuit précédente. C'est parce qu'au moment où nous sommes allés nous coucher, nous avons accepté sur nous que la journée précédente est terminée et que lorsqu'on se réveillera le matin suivant la nouvelle journée aura commencé, et le jeûne avec. Par contre, si on a émis une condition mentale selon quoi lorsque nous sommes allés nous coucher nous n'avons pas encore accepté sur nous le jeûne, on pourra alors se lever avant le lever du soleil et manger. Mais étant donné que les jeûnes de ´arav Rô`sh Hashonoh et des dix jours n'ont pas le même statut que les autres jeûnes publics, une telle « condition » n 'est pas nécessaire
10Parashath `amôr 22

11Mishnoh, Sôtoh 1:7 ; Gamoro`, Sanhédhrin 100a

lundi 26 septembre 2016

Un ou deux jours de Rô`sh Hashonoh ?

ב״ה

Un ou deux jours de Rô`sh Hashonoh ?


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Rô`sh Hashonoh est célébré par tous les Juifs durant deux jours, les 1er et 2 Tishri, en dépit du fait que la Tôroh ne parle que d'un seul jour de fête. Le Talmoudh Hayyaroushlami1 fait remarquer que la célébration de Rô`sh Hashonoh durant deux jours est un décret des premiers Prophètes, qui l'instituèrent pour les raisons suivantes : Durant la période des Prophètes, la sanctification des mois dépendait de la déposition de témoins oculaires qui attestaient avoir vu la nouvelle lune. Le soir qui suivait le 29 `aloul, le Sanhédhrin sanctifiait la journée comme étant le 1er Tishri en supposant que des témoins se présenteraient ce jour-là et attesteraient avoir vu la nouvelle lune, faisant ainsi rétroactivement de ce jour « Rô`sh Hashonoh – le commencement de l'année. » Si les témoins se présentaient effectivement, ce jour-là était alors sanctifié et le lendemain était un jour ordinaire. Mais si les témoins ne se présentaient pas, le lendemain serait alors Rô`sh Hashonoh, et rétroactivement la nuit précédente, que le Sanhédhrin avait sanctifiée, serait considérée comme un jour de semaine ordinaire. Afin que les gens n'en n'arrivent pas à traiter avec légèreté le premier jour, étant donné que sa sainteté ou son statut dépendait de l'apparition de témoins oculaires tôt dans la journée, les premiers Prophètes ordonnèrent que Rô`sh Hashonoh soit célébré comme une fête de deux jours, avec l'interdiction de travailler durant les deux jours, l'obligation de sonner le Shôphor durant les deux jours, et le respect de l'ordre des prières durant les deux jours. C'est ainsi que nous pouvons voir que ´azro` Hassôphér ע״ה célébrait aussi deux jours de Rô`sh Hashonoh. Le premier jour est mentionné dans le passage suivant2 :

Tout le peuple se réunit ensemble, comme un seul homme, sur la place qui s'étend devant la porte de l'eau. On demanda à ´azro` Hassôphér d'apporter le livre de la Tôroh de Môshah, que `adhônoy avait prescrite à Yisro`él. ´azro` Hakkôhén apporta la Tôroh devant l'assemblée hommes et femmes et quiconque était capable de comprendre le premier jour du septième mois. Il en fit la lecture devant la place qui précède la porte de l'eau, depuis l'aurore jusqu'au milieu de la journée, en présence des hommes, des femmes et de tous ceux qui pouvaient comprendre. Le peuple était tout oreille pour entendre le livre de la Tôroh.
וַיֵּאָסְפוּ כָל-הָעָם, כְּאִישׁ אֶחָד, אֶל-הָרְחוֹב, אֲשֶׁר לִפְנֵי שַׁעַר-הַמָּיִם; וַיֹּאמְרוּ, לְעֶזְרָא הַסֹּפֵר--לְהָבִיא אֶת-סֵפֶר תּוֹרַת מֹשֶׁה, אֲשֶׁר-צִוָּה יהוה אֶת-יִשְׂרָאֵל וַיָּבִיא עֶזְרָא הַכֹּהֵן אֶת-הַתּוֹרָה לִפְנֵי הַקָּהָל, מֵאִישׁ וְעַד-אִשָּׁה, וְכֹל, מֵבִין לִשְׁמֹעַ--בְּיוֹם אֶחָד, לַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי וַיִּקְרָא-בוֹ לִפְנֵי הָרְחוֹב אֲשֶׁר לִפְנֵי שַׁעַר-הַמַּיִם, מִן-הָאוֹר עַד-מַחֲצִית הַיּוֹם--נֶגֶד הָאֲנָשִׁים וְהַנָּשִׁים, וְהַמְּבִינִים; וְאָזְנֵי כָל-הָעָם, אֶל-סֵפֶר הַתּוֹרָה

Tandis que le deuxième jour est mentionné quelques versets plus loin3 :

Le deuxième jour, les chefs des familles de tout le peuple, les Kôhanim, les Lawiyim se rassemblèrent autour de ´azro` pour se rendre compte des paroles de la Tôroh.
וּבַיּוֹם הַשֵּׁנִי נֶאֶסְפוּ רָאשֵׁי הָאָבוֹת לְכָל-הָעָם, הַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם, אֶל-עֶזְרָא, הַסֹּפֵר--וּלְהַשְׂכִּיל, אֶל-דִּבְרֵי הַתּוֹרָה

Nous pouvons donc voir que la fête était célébrée durant deux jours, et qu'à chacun de ces jours la Tôroh était lue en public. Depuis lors, les deux jours de Rô`sh Hashonoh furent appelés en araméen יוֹמָא אֲרִיכָתָא « Yômo` `arikhotho` – une longue journée » (ou « un jour rallongé »), pour indiquer que les 48 heures de la célébration de Rô`sh Hashonoh étaient considérées comme ne faisant qu'une seule journée étendue. Les deux jours furent donc sanctifiés et soumises aux mêmes règles.

Le Ramba''m ז״ל écrit ceci dans son Mishnéh Tôroh4 :

7. Le jour de Rô`sh Hashonoh, à l'époque où l'on fixait [les nouveaux mois] suivant l'apparition [de la nouvelle lunaison], la majorité des habitants de `aras Yisro`él l'observait deux jours, du fait du doute; ils ne savaient pas quel jour le Béth Din avait proclamé le [nouveau] mois, puisque les émissaires ne partaient pas à Yôm Tôv.
ז  יוֹם טוֹב שֶׁלְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה בִּזְמָן שֶׁהָיוּ קוֹבְעִין עַל הָרְאִיָּה, הָיוּ רֹב בְּנֵי אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין אוֹתוֹ שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים מִסָּפֵק, לְפִי שֶׁלֹּא הָיוּ יוֹדְעִין יוֹם שֶׁקָּבְעוּ בּוֹ בֵּית דִּין אֶת הַחֹדֶשׁ, שְׁאֵין הַשְּׁלוּחִין יוֹצְאִין בְּיוֹם טוֹב
8. Outre cela, même à Jérusalem où siégeait le Béth Din, on observait de nombreuses fois deux jours de Yomim Tôvim pour Rô`sh Hashonoh. Car si les témoins ne venaient pas toute la journée du trente, on observait ce jour pendant lequel on attendait les témoins comme un jour sanctifié, et le lendemain comme un jour sanctifié. Et étant donné que l'on en a fait deux jours, même à l'époque [où l'on sanctifiait les mois suivant] l'apparition [de la lunaison du nouveau mois], ils5 ont institué que même les habitants de `aras Yisro`él observent [la fête de Rô`sh Hashonoh] pendant deux jours, où nous établissons [les mois] selon le compte. Ainsi, tu vois que même le second jour de Rô`sh Hashonoh à l'époque actuelle émane des paroles des Scribes.
ח  וְלֹא עוֹד, אֵלָא אַפִלּוּ בִּירוּשָׁלַיִם עַצְמָהּ שְׁהוּא מְקוֹם בֵּית דִּין, פְּעָמִים רַבּוֹת הָיוּ עוֹשִׂין יוֹם טוֹב שֶׁלְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה שְׁנֵי יָמִים טוֹבִים, שְׁאִם לֹא בָאוּ עֵדִים כָּל יוֹם שְׁלוֹשִׁים, נוֹהֲגִין הָיוּ בְּאוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁמְּצַפִּין לָעֵדִים קֹדֶשׁ וּלְמָחָר קֹדֶשׁ; וְהוֹאִיל וְהָיוּ עוֹשִׂין אוֹתוֹ שְׁנֵי יָמִים, וְאַפִלּוּ בִּזְמָן הָרְאִיָּה, הִתְקִינוּ שֶׁיִּהְיוּ עוֹשִׂין אַפִלּוּ בְּנֵי אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל אוֹתוֹ תָּמִיד שְׁנֵי יָמִים, בַּזְּמָן הַזֶּה שֶׁקּוֹבְעִין עַל הַחֶשְׁבּוֹן. הִנֵּה לָמַדְתָּ שֶׁאַפִלּוּ יוֹם טוֹב שֵׁנִי שֶׁלְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה בַּזְּמָן הַזֶּה, מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים

Quelle est donc la différence entre le deuxième jour de Rô`sh Hashonoh célébré lorsque les mois étaient calculés sur la déposition de témoins oculaires et le deuxième jour célébré de nos jours ? Dans les temps bibliques et mishnaïques, si des témoins ne se présentaient pas, le premier jour célébré devenait rétroactivement une obligation rabbinique, alors que le deuxième jour devenait une obligation biblique. De nos jours, alors que le calendrier n'est plus basé sur la déposition de témoins oculaires, mais des calculs astronomiques, le premier jour de Rô`sh Hashonoh est une obligation biblique et le deuxième jour un décret rabbinique d'après le Ramba''m. Mais à notre époque, il serait plus exact de parler de « coutume » plutôt que de décret rabbinique. Voir l'article intitulé « Yôm Tôv Shéni Shal Golouyôth. »

1´érouvin 3:9
2Nahamyoh 8:1-3
3Ibid., verset 13
4Hilkôth Qiddoush Hahôdhash 5:7-8

5Les Sages.
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