samedi 16 janvier 2016

Les lois relatives à la prière : Quatrième Partie

ב״ה

Les lois relatives à la prière

Quatrième Partie


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Poursuivons notre exposition des lois relatives à la prière.

Lois relatives à la prière et à la bénédiction des Kôhanim – Chapitre 2
הִלְכּוֹת תְּפִלָּה וּבִרְכַת כּוֹהֲנִים פֵּרֶק ב׳

  1. Par quoi commence-t-on la prière et par quoi la termine-t-on ?

11. Lors de chacune des prières, avant la première bénédiction, on commence par dire1 : « `adhônoy Safothay Tiftoh Oufi Yaggidh Tahillothakho ». Et lorsqu'on conclut à la fin de la prière, on doit dire2 : « Yihyou Larosôn `imré Fi, etc. ». Après cela, on fait des pas en arrière.
יא  בְּכָל תְּפִלָּה מִן הַתְּפִלּוֹת, פּוֹתֵחַ קֹדֶם לִבְרָכָה רִאשׁוֹנָה וְאוֹמֵר "אֲדֹנָי, שְׂפָתַי תִּפְתָּח; וּפִי, יַגִּיד תְּהִלָּתֶךָ". וְכִשְׁהוּא חוֹתֵם בְּסוֹף הַתְּפִלָּה, אוֹמֵר "יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי-פִי ..."; וְאַחַר כָּךְ צוֹעֵד לְאַחֲרָיו
Lors de chacune des prières, avant la première bénédiction, on commence par dire : « `adhônoy Safothay Tiftoh Oufi Yaggidh Tahillothakho » : C'est-à-dire, « Seigneur, ouvre mes lèvres et que ma bouche proclame Tes louanges ».

Rabbénou Yônoh ז״ל explique la pertinence de faire précéder les Shamônah ´asréh par ce verset en prenant en compte le verset qui vient juste après, à savoir3 : כִּי, לֹא-תַחְפֹּץ זֶבַח וְאֶתֵּנָה; עוֹלָה, לֹא תִרְצֶה « Car Tu ne recherches pas que j'offre des sacrifices ; un holocauste, Tu ne désires pas ! ». Après sa relation illicite avec Bath-Shova´ ע״ה, Dowidh Hammalakh ע״ה se rendit compte qu'il ne pouvait être pardonné en offrant un sacrifice, étant donné qu'un sacrifice n'est accepté qu'après que quelqu'un ait fauté de manière non intentionnelle. Par conséquent, il demanda qu'HaShem ית׳ l'assiste à trouver le moyen d'expression le plus approprié par l'intermédiaire de la prière pour obtenir l'expiation.

Nous sommes également dans une situation similaire, car nous n'avons plus de Béth Hammiqdosh et nos prières quotidiennes furent instituées à la place des sacrifices. (Voir dans la Première Partie, Chapitre 1, Halokhôth 7 et 8.) De ce fait, nous demandons à HaShem de nous assister dans notre désir de proclamer Ses louanges, et exprimer nos besoins d'une manière qui Lui sera agréable.

Et lorsqu'on conclut à la fin de la prière : C'est-à-dire, après avoir dit le « `omén » à la fin de la dernière bénédiction des Shamônah ´asréh.

on doit dire : « Yihyou Larosôn `imré Fi, etc. » : La traduction intégrale de ce verset est : « Que les dires de ma bouches et les pensées de mon cœur soient agréables devant Toi, `adhônoy, mon Rocher et mon Rédempteur ».

Le Talmoudh4 explique que tout comme Dowidh Hammalakh rédigea ce verset après dix-huit chapitres de louange (ce verset apparaît au Chapitre 19 des Tahillim), nous aussi le récitons après les dix-huit bénédictions de la prière.

En outre, ce verset est particulièrement approprié à dire après les Shamônah ´asréh. Une concentration appropriée durant l'intégralité des Shamônah ´asréh est parfois très difficile à avoir (le Ramba''m ז״ל parlera de la concentration appropriée au Chapitre 4). Par conséquent, à la fin des Shamônah ´asréh nous demandons à HaShem d'écouter quand même nos paroles.

Le Talmoudh Bavli5 et Yarousholmi6 rapportent tous deux cette prescription de réciter ces deux versets (un au début et l'autre à la fin des Shamônah ´asréh) au nom de Rébbi Yôhonon ז״ל. Ce fut ensuite adopté par la majorité des Sages et est depuis lors devenue la pratique normative. Mais il convient de signaler qu'il n'y a là aucune obligation d'agir de la sorte. Par exemple, le Yarousholmi7 rapporte que Rébbi Youdhon avait l'habitude de réciter ces deux versets avant de commencer les Shamônah ´asréh, ce qui est également une pratique tout à fait valable.

Après cela, on fait des pas en arrière : Après avoir terminé les Shamônah ´asréh, on fait trois pas en arrière, comme pour signifier que l'on prend congé d'HaShem, tout comme on marchait à reculons lorsqu'on quittait un roi. Le Talmoudh8 attribut cette prescription à Rébbi Yahôshoua´ ban Léwi ז״ל. Le Ramba''m y reviendra au Chapitre 5.

  1. Quelle est la structure des Shamônah ´asréh à Rô`sh Hôdhash et les Houllô Shallammô´édh ?

12. Aux Ro`shé Hodhoshim et aux Houllô Shallammô´édh, on prie ´arbith, Shahrith et Minhoh avec dix-neuf bénédictions comme les autres jours, et on dit dans [la bénédiction de la] ´avôdhoh : « `alôhénou Vé`lôhé `avôthénou Ya´alah Wayovô`, etc. ». À Mousof, durant les Houllô Shallammô´édh, on prie la Tafillath Mousof comme on la prie à Yôm Tôv, tandis qu'aux Ro`shé Hodhoshim, on prie sept bénédictions : les trois premières et les trois dernières, et [dans la bénédiction du] milieu [on mentionne] l'offrande de Rô`sh Hôdhash, et on la conclut par « Maqaddésh Yisro`él Waro`shé Hodhoshim ».
יב  בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים וּבְחֻלּוֹ שֶׁלַּמּוֹעֵד--מִתְפַּלֵּל עַרְבִּית וְשַׁחְרִית וּמִנְחָה תְּשַׁע עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת, כִּשְׁאָר הַיָּמִים; וְאוֹמֵר בָּעֲבוֹדָה אֱלֹהֵינוּ וֵאלֹהֵי אֲבוֹתֵינוּ, יַעֲלֶה וְיָבוֹא ... בְּמוּסַף בְּחֻלּוֹ שֶׁלַּמּוֹעֵד, מִתְפַּלֵּל תְּפִלַּת מוּסָף כְּמוֹ שֶׁמִּתְפַּלֵּל בְּיוֹם טוֹב; וּבְרָאשֵׁי חֳדָשִׁים, מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע בְּרָכוֹת, שָׁלוֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת וְשָׁלוֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת, וְאֶמְצָעִית מֵעֵין קָרְבַּן רֹאשׁ חֹדֶשׁ, וְחוֹתֵם בָּהּ מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְרָאשֵׁי חֳדָשִׁים
Aux Ro`shé Hodhoshim et aux Houllô Shallammô´édh : Les חֻלּוֹ שֶׁלַּמּוֹעֵד « Houllô Shallammô´édh » sont les jours entre les premier et dernier jours de Pésah, et entre les premier et dernier jours de Soukkôth.

Cette expression signifie littéralement « jours profanes de la fête ». C'est-à-dire que ces jours ont à la fois le statut de jours profanes et celui de fête. C'est pour cela qu'il existe certaines restrictions concernant les activités que nous aurions le droit de faire ces jours-là. (Voir l'article intitulé « Quelles sont les Malo`khôth interdites durant Hôl Hammô´édh ? ».)

on prie ´arbith, Shahrith et Minhoh avec dix-neuf bénédictions comme les autres jours : C'est-à-dire que lors de ces trois offices de prière de ces jours-là, ce sont les Shamônah ´asréh ordinaires qui seront récités (et non pas la ´amidhoh de sept bénédictions comme à Shabboth et Yôm Tôv). Mais à une différence près, comme cela est rapporté dans la suite de cette phrase.

et on dit dans [la bénédiction de la] ´avôdhoh : Qui est la première des trois-dernières bénédictions des Shamônah ´asréh.

« `alôhénou Vé`lôhé `avôthénou Ya´alah Wayovô`, etc. » : La prière communément appelée יַעֲלֶה וְיָבוֹא « Ya´alah Wayovô` », dans laquelle on fait mention de la spécificité du jour.

La source de cette Halokhoh est la Gamoro` de Shabboth 24a, qui stipule qu'à Hôl Hammô´édh et Rô`sh Hôdhash nous devons faire lors des trois offices susmentionnés les Shamônah ´asréh ordinaires et prendre soin de faire mention de la nature de l'occasion dans la bénédiction de la ´avôdhoh. Et si quelqu'un a oublié de le faire, il doit reprendre les Shamônah ´asréh depuis le début.

À Mousof, durant les Houllô Shallammô´édh, on prie la Tafillath Mousof comme on la prie à Yôm Tôv : C'est-à-dire que la ´amidhoh de Mousof de ces jours-là sera, comme la ´amidhoh de Mousof d'un jour de Yôm Tôv, constituée de sept bénédictions, et sera la même qu'à Yôm Tôv.

tandis qu'aux Ro`shé Hodhoshim : Dans la prière de Mousof toujours.

on prie sept bénédictions : les trois premières et les trois dernières : Qui sont toujours les mêmes dans toutes les ´amidhôth.

et [dans la bénédiction du] milieu [on mentionne] l'offrande de Rô`sh Hôdhash : Qui était constituée de quelques holocaustes et d'un Qorban Hatto`th particulier.9

et on la conclut par « Maqaddésh Yisro`él Waro`shé Hodhoshim » : C'est-à-dire, « Qui sanctifie Israël et les nouvelles lunes ».

C'est la formule de conclusion rapportée dans la Gamoro`.10

  1. Quelle est la structure de la ´amidhoh lorsqu'un Hôl Hammô´édh ou un Rô`sh Hôdhash tombe un Shabboth ?

13. Un Shabboth qui tombe durant les Houllô Shallammô´édh, et de même, un Rô`sh Hôdhash qui tombe à Shabboth, on prie ´arbith, Shahrith et Minhoh avec sept bénédictions comme les autres Shabbothôth, et on dit « Ya´alah Wayovô` » dans [la bénédiction de la] ´avôdhoh. À Mousof, on commence et termine la bénédiction intermédiaire par [une mention du] sujet du Shabboth, on dit la Qadhoushath Hayyôm au milieu de la bénédiction, et on la conclut aux Ro`shé Hodhoshim par « Maqaddésh Hashabboth Waro`shé Hodhoshim », et aux Houllô Shallammô´édh on la conclut comme on la conclurait à un Yôm Tôv qui tombe un Shabboth. Quant au Yôm Tôv qui tombe le premier jour de la semaine, on prie la quatrième bénédiction de la manière suivante durant la nuit :
יג  שַׁבָּת שֶׁחָלָה לִהְיוֹת בְּחֻלּוֹ שֶׁלַּמּוֹעֵד, וְכֵן רֹאשׁ חֹדֶשׁ שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת--מִתְפַּלֵּל עַרְבִּית וְשַׁחְרִית וּמִנְחָה שֶׁבַע בְּרָכוֹת כִּשְׁאָר הַשַּׁבָּתוֹת, וְאוֹמֵר יַעֲלֶה וְיָבוֹא בָּעֲבוֹדָה. בַּמּוּסָף מַתְחִיל בִּבְרָכָה אֶמְצָעִית בְּעִנְיַן שַׁבָּת, וּמַשְׁלִים בְּעִנְיַן שַׁבָּת, וְאוֹמֵר קְדֻשַּׁת הַיּוֹם בְּאֶמְצַע הַבְּרָכָה, וְחוֹתֵם בָּהּ בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים, מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְיִשְׂרָאֵל וְרָאשֵׁי חֳדָשִׁים; וּבְחֻלּוֹ שֶׁלַּמּוֹעֵד, חוֹתֵם בָּהּ כְּמוֹ שֶׁחוֹתֵם בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת. וְיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת, מִתְפַּלֵּל בְּרָכָה רְבִיעִית בַּלַּיְלָה כָּכָה
Un Shabboth qui tombe durant les Houllô Shallammô´édh, et de même, un Rô`sh Hôdhash qui tombe à Shabboth, on prie ´arbith, Shahrith et Minhoh avec sept bénédictions comme les autres Shabbothôth : C'est-à-dire que tout comme concernant les prières quotidiennes mentionnées dans la Halokhoh précédente, la structure de base des prières reste la même ces jours-là, de même ici, à Shabboth, il n'y a pas de changement significatif.

et on dit « Ya´alah Wayovô` » dans [la bénédiction de la] ´avôdhoh : Comme on le ferait également si ces jours étaient tombés en semaine.

À Mousof, on commence et termine la bénédiction intermédiaire par [une mention du] sujet du Shabboth, on dit la Qadhoushath Hayyôm au milieu de la bénédiction : Cette Halokhoh est basée sur une Barayatho` rapportée dans la Gamoro`.11 Mais le Ramba''m l'interprète d'une manière différente des autres Ri`shônim.

Les autres Ri`shônim, comme Rash''i ז״ל et Rabbénou Nissim ז״ל, interprètent la phrase « conclure par le Shabboth » comme voulant dire que la formule de conclusion de la bénédiction intermédiaire doit être « Qui sanctifie le Shabboth », sans aucune mention de Rô`sh Hôdhash ou du Yôm Tôv spécifique. Par contre, le Ramba''m l'interprète comme se référant au texte de la bénédiction et non à la formule de conclusion.

et on la conclut aux Ro`shé Hodhoshim par « Maqaddésh Hashabboth Waro`shé Hodhoshim » : Suivant la logique expliquée dans le commentaire de la Halokhoh 6 (voir la Troisième Partie), à savoir, que le Shabboth est mentionné en premier car sa sanctification ne dépend pas des Israélites, mais d'HaShem Lui-même, contrairement aux nouvelles lunes dont la sanctification dépend des Israélites qui doivent observer la lune et la consacrer.

et aux Houllô Shallammô´édh on la conclut comme on la conclurait à un Yôm Tôv qui tombe un Shabboth : Voir la formule de conclusion à la Halokhoh 6, dans la Troisième Partie.

Quant au Yôm Tôv qui tombe le premier jour de la semaine : C'est-à-dire Dimanche.

on prie la quatrième bénédiction : C'est-à-dire celle du milieu des sept bénédictions.

La Halokhoh consistant à mentionner une formule de séparation dans la quatrième bénédiction de la ´amidhoh lorsqu'un Yôm Tôv commence un Samedi soir à la conclusion du Shabboth se retrouve dans la Gamoro`.12

de la manière suivante durant la nuit : Une journée juive commence après le coucher du soleil. De ce fait, la première prière d'une fête qui tombe le Dimanche sera celle de la tombée de la nuit du Samedi.

  1. Quelle est la formulation de la quatrième bénédiction de la ´amidhoh, lorsqu'un Yôm Tôv commence immédiatement à la sortie du Shabboth ? Et dans quelle bénédiction doit-on inclure la formule de la Havdoloh ?

14. « Et Tu nous as fait connaître Tes jugements équitables et nous as enseigné à accomplir les décrets de Ta volonté. Tu nous as donné, HaShem notre Dieu, la sainteté du Shabboth, la gloire du Yôm Tôv et la festivité de la fête de pèlerinage. Tu as distingué entre la sainteté de Shabboth et la sainteté de Yôm Tôv, et Tu as sanctifié le septième jour grand et saint des six jours [de la semaine]. Tu nous as donné, HaShem notre Dieu, des fêtes pour la joie, etc. ». Et aux sorties du Shabboth et aux sorties de Yôm Tôv de toute l'année, on procède à la distinction dans cette [bénédiction de] Hônén, quand bien même on réaliserait la distinction sur une coupe [de vin].
יד  וַתּוֹדִיעֵנוּ מִשְׁפְּטֵי צִדְקֶךָ, וַתְּלַמְּדֵנוּ לַעֲשׂוֹת חֻקֵּי רְצוֹנֶךָ, וַתִּתֵּן לָנוּ ה' אֱלֹהֵינוּ קְדֻשַּׁת שַׁבָּת וּכְבוֹד יוֹם טוֹב וַחֲגִיגַת הָרֶגֶל, וּבֵין קְדֻשַּׁת שַׁבָּת לִקְדֻשַּׁת יוֹם טוֹב הִבְדַּלְתָּ, וְאֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי הַגָּדוֹל וְהַקָּדוֹשׁ מִשֵּׁשֶׁת יָמִים קִדַּשְׁתָּ; וַתִּתֵּן לָנוּ ה' אֱלֹהֵינוּ, מוֹעֲדִים לְשִׂמְחָה ... וּבְמוֹצָאֵי שַׁבָּת וּבְמוֹצָאֵי יוֹם טוֹב שֶׁלְּכָל הַשָּׁנָה--מַבְדִּיל בְּאַתָּה חוֹנֵן, אַף עַל פִּי שְׁהוּא מַבְדִּיל עַל הַכּוֹס
« Et Tu nous as fait connaître Tes jugements équitables et nous as enseigné à accomplir les décrets de Ta volonté. Tu nous as donné, HaShem notre Dieu, la sainteté du Shabboth, la gloire du Yôm Tôv et la festivité de la fête de pèlerinage. Tu as distingué entre la sainteté de Shabboth et la sainteté de Yôm Tôv, et Tu as sanctifié le septième jour grand et saint des six jours [de la semaine]. Tu nous as donné, HaShem notre Dieu, des fêtes pour la joie, etc. » : Cette prière est ce qu'on appelle une formule de הַבְדָּלָה « Havdoloh », terme qui signifie littéralement « séparation » ou « distinction ».

Il existe de légères différences entre le texte rapporté ici par le Ramba''m et celui que l'on trouve dans la plupart des Siddourim d'aujourd'hui. De même, dans son Sédhar Hattafilloh, à la fin du Séfar `ahavoh, le Ramba''m rapporte encore une version légèrement différente de celle-ci.

C'est tout à fait normal. Nos Sages n'ont jamais énoncé de formule standard pour la Havdoloh que l'on récite dans la prière. Par conséquent, diverses versions peuvent être utilisées. (Voir notamment l'article intitulé « Quel est le Nousoh de la Havdoloh ? ».)

Et aux sorties du Shabboth et aux sorties de Yôm Tôv de toute l'année, on procède à la distinction : C'est-à-dire une formule de הַבְדָּלָה « Havdoloh ».

dans cette [bénédiction de] Hônén : Qui est la quatrième bénédiction des Shamônah ´asréh ordinaires.

quand bien même on réaliserait la distinction sur une coupe [de vin] : C'est-à-dire que même s'il devra de toute façon refaire une formule de Havdoloh plus tard sur une coupe de vin, il doit quand même la réciter dans ses Shamônah ´asréh.

Mais nous avions expliqué dans l'article intitulé « La Havdoloh doit-elle être récitée une seule fois ou deux fois ? » qu'il n'était pas obligatoire de faire deux fois une formule de Havdoloh, et qu'il était, en fait, même préférable de ne la faire qu'une seule fois. Et telle est notre pratique (de préférence.

  1. Qu'ajoute-t-on aux Shamônah ´asréh à Hanoukkoh et Pourim ?

15. Durant Hanoukkoh et [à] Pourim, on ajoute dans [la bénédiction de] Hôdhoyoh « ´al Hannissim, etc. ». Un Shabboth qui tombe durant Hanoukkoh ou [à] Pourim, on mentionne « ´al Hannissim » à Mousof, comme on le mentionnerait lors des autres prières.
טו  בַּחֲנֻכָּה וּפוּרִים, מוֹסִיפִין בְּהוֹדָיָה עַל הַנִּסִּים ...; שַׁבָּת שֶׁחָלָה לִהְיוֹת בַּחֲנֻכָּה וּפוּרִים, מַזְכִּיר עַל הַנִּסִּים בַּמּוּסָף, כְּמוֹ שֶׁמַּזְכִּיר בִּשְׁאָר תְּפִלּוֹת
Durant Hanoukkoh et [à] Pourim : La source de cette Halokhoh est la Gamoro` de Shabboth 24a. Mais ce passage talmudique ne mentionne cette nécessité qu'à Hanoukkoh, mais pas à Pourim. Néanmoins, la pratique majoritaire consistant à appliquer cette Halokhoh également à Pourim est basée sur une Tôsafto` du traité Barokhôth qui rapporte que Hanoukkoh est sur le même pied d'égalité que Pourim. (Mais le texte lui-même ne dit pas du tout que cela signifie qu'il faille également réciter le « ´al Hannissim » à Pourim.)

on ajoute dans [la bénédiction de] Hôdhoyoh : Qui est l'avant-dernière des Shamônah ´asréh.

« ´al Hannissim, etc. » : Une prière dans laquelle nous remercions HaShem pour tout ce qu'Il a fait pour nous en général, et plus particulièrement lors des événements historiques ayant mené à l'instauration de ces fêtes.

Les Tôsofôth13 ז״ל expliquent qu'étant donné que le « ´al Hannissim » est une prière de remerciement et non une supplication, il est inclus dans la bénédiction des remerciements dans les Shamônah ´asréh.


Un Shabboth qui tombe durant Hanoukkoh ou [à] Pourim, on mentionne « ´al Hannissim » à Mousof, comme on le mentionnerait lors des autres prières : La Gamoro`14 s'interroge quant à savoir s'il faut faire mention ou pas de Hanoukkoh dans la prière de Mousof d'un Shabboth qui tomberait durant Hanoukkoh. Rov Houno` ז״ל et Rov Yahoudhoh ז״ל sont d'avis qu'on ne doit pas y faire mention de Hanoukkoh, étant donné que la prière de Mousof n'est généralement pas récitée les autres jours de Hanoukkoh. À l'opposé, Rov Nahmon ז״ל et Rébbi Yôhonon ז״ל soutiennent qu'étant donné que la prière de Mousof est simplement l'une des prières du jour, et qu'on a fait mention de Hanoukkoh lors des autres prières de ce Shabboth, Mousof ne devrait pas être une exception et on y mentionnera alors également Hanoukkoh.

Le Talmoudh tranche finalement en s’alignant derrière la position de Rov Nahmon et Rébbi Yôhonon, en signalant que cette situation est comparable à un Yôm Hakkippourim qui tomberait un Shabboth : on fait mention du Shabboth dans la prière de Na´iloh, bien qu'il n'y ait normalement pas d'office de Na´iloh à Shabboth.

1Tahillim 51:17
2Ibid., 19:15
3Ibid., 51:18
4Barokhôth 9b
5Ibid., 4b
6Ibid., 4:4
7Ibid.,
8Yômo` 53b
9Voir Bamidhbor 28:11-15
10Barokhôth 49a
11soh 17a et ´érouvin 40b
12Barokhôth 33b
13Sur Shabboth 24a

14Shabboth, Ibid.,

jeudi 14 janvier 2016

Les interdictions de Tiqqoun Noshim, Baghadh `ishoh et Kali Ghavar

ב״ה

Les interdictions de Tiqqoun Noshim, Baghadh `ishoh et Kali Ghavar

Illustration : Une femme portant une Kippoh et des Tafillin

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Nous lisons dans la Tôroh le verset suivant1 :

Il ne doit pas y avoir des articles masculins sur une femme, et un homme ne se revêtira pas du vêtement d'une femme, car quiconque fait ces [choses] est une abomination de `adhônoy ton Dieu.
לֹא-יִהְיֶה כְלִי-גֶבֶר עַל-אִשָּׁה, וְלֹא-יִלְבַּשׁ גֶּבֶר שִׂמְלַת אִשָּׁה: כִּי תוֹעֲבַת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ, כָּל-עֹשֵׂה אֵלֶּה

Deux Miswôth Lô` Tha´asah (Commandements Négatifs) nous sont données ici. La première est l'interdiction pour une femme de porter des כְּלִי-גֶבֶר « Kali Ghavar – ustensiles masculins ». Certaines personnes traduisent de manière erronée ce verset comme venant interdire à une femme de porter des « vêtements d'homme ». Mais le terme hébraïque « Kali » inclut bien plus que des vêtements. HaZa''l l'ont expliqué comme incluant également des armures, qui ne doivent exclusivement être portées que par des hommes.2 (Cela ne signifie pas qu'une femme n'a pas le droit d'utiliser une arme pour se défendre.) Par prolongation, une femme Israélite a l'interdiction de s’enrôler dans une armée ou aller faire la guerre. Ce sont des activités strictement masculines. Le terme « Kali » signifie littéralement « ustensile », et englobe donc tout vêtement ou objet associé aux hommes ou exclusivement portés par ceux-ci.

La raison de cette interdiction est de servir de barrière à l'immoralité. Sans séparation des modes d'habillement masculines et féminines, il y aurait un mélange excessif des sexes, les hommes posant ou passant pour des femmes et vice-versa. De tous temps, le fait d'effacer les frontières et différences entre hommes et femmes a toujours été source de problèmes d'immoralité. C'est encore plus le cas aujourd'hui où nous voyons de plus en plus d'hommes se féminiser et des femmes se masculiniser. Il n'y a rien de nouveau sous le ciel !

La deuxième est l'interdiction pour un homme de se revêtir d'un féminin féminin. La raison de cette Miswoh est la même que pour la précédente. C'est ce qu'on appelle בֶּגֶד אִשָּׁה « Baghadh `ishoh – habit d'une femme » ou שִׂמְלַת אִשָּׁה « Simlath `ishoh – vêtement d'une femme ». HaZa''l ont déduit de ce verset l'interdiction appelée תִּקּוּן נָשִׁים « Tiqqoun Noshim – embellissement des femmes », qui vient interdire aux hommes de s'embellir comme des femmes (se maquiller, s'épiler, teindre les cheveux gris, etc.).3 C'est pourquoi, en traduisant les mots « et un homme ne se revêtira pas du vêtement d'une femme », le Targoum `ônqalôs déclare « et un homme ne s'embellira pas à la manière d'une femme ».

Les deux Miswôth bibliques sont traitées dans le Talmoudh.4 Dans le Séfar Hammiswôth du Ramba''m ז״ל, elles constituent les 39ème et 40ème Miswôth Lô` Tha´asah de la Tôroh.

Voici à présent comment, à partir des propos que l'on retrouve dans le Talmoudh, le Ramba''m explique ces Miswôth dans son Mishnéh Tôroh. Après avoir traité des interdictions relatives au fait de se raser les Pé`ôth de la tête et celles de la barbe lorsqu'on est un homme (voir l'article intitulé « Raser la barbe et les Pé`ôth Horô`sh »), il poursuit en disant5 :

10. Le retrait des poils d'autres parties du corps, comme par exemple les aisselles et les parties génitales, n'est pas interdit par la Tôroh, mais plutôt par les paroles des Scribes. Et celui qui les retire se voit sanctionner par des coups de fouet pour rébellion. Dans quel cas les dites paroles s'appliquent-elles ? Là où seules les femmes les retirent, afin de ne pas s'embellir comme le font les femmes. Mais là où les hommes retirent [aussi ces] poils, si on les retire on n'est pas flagellé. Et il est permis de retirer des poils d'autres membres aux ciseaux en tous lieux.
י  הַעְבָּרַת הַשֵּׂעָר מִשְּׁאָר הַגּוּף, כְּגוֹן בֵּית הַשֶּׁחִי וּבֵית הָעֶרְוָה--אֵינוּ אָסוּר מִן הַתּוֹרָה, אֵלָא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים; וְהַמַּעְבִירוֹ, מַכִּין אוֹתוֹ מַכַּת מַרְדּוּת. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, בִּמְקוֹם שְׁאֵין מַעְבִירִין אוֹתוֹ אֵלָא נָשִׁים--כְּדֵי שֶׁלֹּא יְתַקַּן עַצְמוֹ תִּקּוּן נָשִׁים; אֲבָל בִּמְקוֹם שֶׁמַּעְבִירִין הַשֵּׂעָר הָאֲנָשִׁים--אִם הִעְבִיר, אֵין מַכִּין אוֹתוֹ. וּמֻתָּר לְהַעְבִיר שְׂעַר שְׁאָר אֵבָרִים בְּמִסְפְּרַיִם, בְּכָל מָקוֹם
Le retrait des poils d'autres parties du corps, comme par exemple les aisselles et les parties génitales : Qui sont fréquemment rasées par les femmes.

n'est pas interdit par la Tôroh, mais plutôt par les paroles des Scribes : En tant que dérivé de l'interdiction pour un homme de se revêtir d'un vêtement féminin, comme expliqué plus haut. Il s'agit donc d'une interdiction d'ordre rabbinique.

Le Kasaf Mishnéh ז״ל explique très bien la différence entre les deux interdictions bibliques et cette interdiction rabbinique : la Tôroh a interdit toute forme d'embellissement qui était détectable et visible (par exemple, porter une robe de femme), tandis que les Sages ont étendu la portée de ces interdictions pour inclure même des actes d'embellissement qui sont privés (comme par exemple se raser les poils des aisselles ou les poils pubiens).

Et celui qui les retire se voit sanctionner par des coups de fouet pour rébellion : Ce qui est la sanction standard pour toute transgression d'ordre rabbinique.

Dans quel cas les dites paroles s'appliquent-elles : C'est-à-dire, quand sanctionne-t-on un homme qui se raserait les poils d'autres parties de son corps ?

Là où seules les femmes les retirent, afin de ne pas s'embellir comme le font les femmes : En d'autres mots, cette interdiction rabbinique ne s'applique que dans des localités où seules les femmes ont la pratique de se raser ces poils-là du corps, ou que cette pratique est ultra minoritaire parmi les hommes de cette localité.

Mais là où les hommes retirent [aussi ces] poils, si on les retire on n'est pas flagellé : Le Parisho`6 ז״ל attire notre attention sur le fait que le Ramba''m a employé le terme « hommes » et non « Israélites », et explique très justement que cela comprend également les Gôyim. En d'autres mots, si une grande partie des Gôyim de sexe masculin de cette localité a la pratique de se raser les poils pubiens, des aisselles, etc., si un Israélite le fait aussi il n'est pas punissable.

Néanmoins, un Israélite ne doit pas le faire. Voilà pourquoi le Ramba''m conclut cette phrase par « on n'est pas flagellé », mais commence la suivante par « Il est permis », pour nous indiquer ici que l'acte n'est pas permis, mais si jamais on le commet on ne peut être puni pour l'avoir fait.

Et il est permis de retirer des poils d'autres membres aux ciseaux en tous lieux : Mais pas au rasoir !7

Comme nous l'avions expliqué dans l'article sur la barbe et les Pé`ôth, les termes « ciseaux » et « rasoir » ont un sens halakhique très précis et spécifique. On ne parle pas littéralement de ciseaux et de rasoir. Par le premier terme, on entend tout objet qui ne retire pas le poil à la racine, tandis que par le second terme on parle de tout objet susceptible de retirer le poil à la racine. Ce qu'on veut dire ici, c'est qu'un homme ne doit pas se raser les poils d'autres parties de son corps, c'est-à-dire les retirer intégralement. Mais s'il les coupe ou taille sans arracher le poil à la racine, comme par exemple aux ciseaux, cela ne pose aucun problème, ni au niveau biblique, ni au niveau rabbinique.

Il ne faut donc pas, lorsqu'on est un homme, se raser les poils du torse, par exemple, ou ceux des bras, etc. C'est une activité de femme. Mais les couper ou tailler ne pose aucun problème, car un ustensile qui ne va pas jusqu'à la racine du poil ne l'arrache pas intégralement.
11. Une femme ne doit pas se parer de la parure d'un homme, comme par exemple en plaçant sur sa tête un turban ou un chapeau, ou en se revêtant d'une armure et toute chose semblable, ou en se rasant la tête comme un homme. Un homme ne doit pas se parer des parures d'une femme, comme par exemple en portant des vêtements colorés ou des bracelets en or là où seules les femmes portent de tels articles ou affichent de tels bijoux. Tout dépend de la coutume de la localité.
יא  לֹא תַעְדֶּה אִשָּׁה עֲדִי הָאִישׁ, כְּגוֹן שֶׁתָּשִׂים בְּרֹאשָׁהּ מִצְנֶפֶת אוֹ כּוֹבַע, אוֹ שֶׁתִּלְבֹּשׁ שִׁרְיוֹן וְכַיּוֹצֶא בּוֹ, אוֹ שֶׁתְּגַלַּח רֹאשָׁהּ כְּאִישׁ; וְלֹא יַעְדֶּה אִישׁ עֲדִי אִשָּׁה, כְּגוֹן שֶׁיִּלְבֹּשׁ בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין וַחֲלִי זָהָב--בִּמְקוֹם שְׁאֵין לוֹבְשִׁין אוֹתָן הַכֵּלִים וְאֵין מְשִׂימִים אוֹתוֹ הַחֲלִי, אֵלָא הַנָּשִׁים: הַכֹּל, כְּמִנְהַג הַמְּדִינָה
Une femme ne doit pas se parer de la parure d'un homme : Ce qui est l'une des 613 Miswôth de la Tôroh, comme nous l'avons expliqué en introduction de cet article.

comme par exemple en plaçant sur sa tête un turban ou un chapeau : Inutile de préciser qu'un chapeau qui a été créé spécifiquement pour les femmes est permis. Comme le Ramba''m le déclare à la fin de cette Halokhoh, tout dépend réellement de la pratique locale. C'est pour cela que même d'un point de vue strictement halakhique, on ne peut interdire aux femmes de porter un pantalon s'il s'agit clairement d'un pantalon féminin et qui n'est pas indécent. (Voir l'article intitulé « Une femme peut-elle porter un pantalon ? ».)

ou en se revêtant d'une armure : De nombreuses sources anciennes8 associent directement cette interdiction biblique au fait pour une femme de se revêtir d'une armure ou porter des armes. Comme nous l'avons expliqué, cette Miswoh n'inclut pas que les vêtements, mais également les « ustensiles » que portent les hommes. C'est pour cela que le Ramba''m ne dit pas qu'une femme a l'interdiction de s'habiller comme un homme, car ce serait trop réducteur, mais emploie plutôt l'expression générale de « Une femme ne doit pas se parer de la parure d'un homme ».

et toute chose semblable : C'est-à-dire que toute chose qui est clairement un article masculin, ou réservée aux hommes, ne peut être portée par une femme.

ou en se rasant la tête comme un homme : C'est-à-dire qu'une femme ne doit pas avoir de coiffure ressemblant à celle d'un homme. En cela, les femmes de certaines communautés hasidiques, telles que Satmar, transgressent directement une interdiction d'ordre biblique. (Voir l'article intitulé « Les femmes qui se rasent la tête ».)

Un homme ne doit pas se parer des parures d'une femme : Ce qui est l'une des 613 Miswôth de la Tôroh, comme nous l'avons expliqué en introduction de cet article.

comme par exemple en portant des vêtements colorés ou des bracelets en or là où seules les femmes portent de tels articles ou affichent de tels bijoux. Tout dépend de la coutume de la localité : Par conséquent, la définition de ce qui est considéré être « un vêtement ou une parure de femme » ou « un vêtement ou une parure d'homme » change en fonction des normes de la société dans laquelle on vit. (De la même manière que prier pieds nus dépend de la pratique de la localité où l'on se trouve, ou encore le fait pour une femme de porter un long voile en plus d'un simple foulard, etc.) Des vêtements qui auraient pu être interdits aux hommes ou aux femmes à une certaine époque pourraient tout à fait être permis à une autre époque, selon les normes établies par une société particulière. Toutes ces prescriptions ne sont donc pas « gravées dans la roche », pour ainsi dire, mais sont variables.
12. Un homme qui se pare de la parure d'une femme et une femme qui se pare de la parure d'un homme, se font flageller. Celui qui arrache des poils blancs du milieu des [poils] noirs de sa tête ou de sa barbe, dès lors qu'il a arraché au moins un poil, il se fait flageller en raison de [l'interdiction] de se parer de la parure d'une femme. De même, s'il teint ses poils en noir, dès lors qu'il a teint au moins un poil blanc, il se fait flageller.
יב  אִישׁ שֶׁעָדָה עֲדִי אִשָּׁה, וְאִשָּׁה שֶׁעָדָת עֲדִי אִישׁ--לוֹקִין. הַמְּלַקֵּט שְׂעָרוֹת לְבָנוֹת מִתּוֹךְ הַשְּׁחוֹרוֹת, מֵרֹאשׁוֹ אוֹ מִזְּקָנוֹ--מִשֶּׁיְּלַקַּט שַׂעֲרָה אַחַת, לוֹקֶה מִפְּנֵי שֶׁעָדָה עֲדִי אִשָּׁה; וְכֵן אִם צָבַע שְׂעָרוֹ שָׁחוֹר--מִשֶּׁיִּצְבַּע שַׂעֲרָה לְבָנָה אַחַת, לוֹקֶה
Un homme qui se pare de la parure d'une femme et une femme qui se pare de la parure d'un homme, se font flageller : Il ne s'agit pas ici de coup de fouet d'ordre rabbinique, mais biblique, contrairement aux coups de fouet mentionnés dans la Halokhoh 10.

Il convient de mentionner que cela est interdit même pour s'amuser ou rigoler. En cela, il n'est pas permis à un garçon de s'habiller en fille à Pourim ou pour des spectacles, comme cela se fait dans certains milieux hassidiques.

Celui qui arrache des poils blancs du milieu des [poils] noirs de sa tête ou de sa barbe : Afin de masquer son vieillissement.

dès lors qu'il a arraché au moins un poil, il se fait flageller en raison de [l'interdiction] de se parer de la parure d'une femme : C'est une pratique féminine, et non masculine, que de masquer le vieillissement (crème antirides, masques de beauté, etc.).

De même, s'il teint ses poils en noir, dès lors qu'il a teint au moins un poil blanc, il se fait flageller : Ce n'est le cas que s'il l'a fait afin de paraître plus jeune. Mais en soi, teindre ses cheveux n'est pas interdit à un homme.9

1Davorim 22:5
2Voir le Targoum `ônqalôs sur ce verset
3Shabboth 94b
4Nozir 59a ; Makkôth 20b
5Hilkôth ´avôdhoh Zoroh Wahouqqôth Haggôyim 12:10-12
6Yôréh Dé´oh 182
7Voir le Sifathé Kôhén 182:3
8Par exemple, Nozir 59a, le Targoum `ônqalôs, etc.

9Touré Zohov 182:7

Même Rash''i dit parfois des choses farfelues !

ב״ה

Même Rash''i dit parfois des choses farfelues !

Illustration : Un portrait de Rash''i

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Il y a un sentiment de méfiance bien répandu dans le monde « Orthodoxe » envers tout ce qui est rationnel. Tout ce que le Rebbe raconte au sujet des sirènes, des humanoïdes qui poussent de la terre via une corde attachée au nombril, ou d'animaux abusivement grands et large est vrai ! Et l'étudiant éduqué qui a du mal à croire que de telles choses existent est soupçonné d'hérésie.

Parfois, c'est directement à cause du prestige dont jouit l'autorité religieuse qui est remise question. Dans d'autres cas, c'est dû au mépris du monde « Orthodoxe » pour la science. Dans ce dernier cas, le questionneur se verra répondre quelque chose comme « Les scientifiques ne savent pas tout ! », « Les scientifiques n'y connaissent rien ! », ou « Tu ne peux pas prouver que quelque chose n'existe pas ! ».

Il vaut donc la peine de rapporter le commentaire suivant de Rabbi Yôm Tôv ban `avrohom `asevili ז״ל, plus connu sous l'acronyme du « Ritva''` » (né aux alentours de 1260 et mort aux alentours de 1320) sur des propos tenus par Rash''i ז״ל. Mais avant de le faire, précisons ceci : Il existe de nombreux mots employés dans le TaNa''Kh et le Talmoudh (provenant parfois d'autres langues anciennes) dont nous ne connaissons plus le sens réel aujourd'hui. C'est pourquoi les commentateurs tentent d'apporter leurs explications, selon ce qui leur semble le plus plausible. Mais tout comme nous ne sommes pas liés à la partie `aggadique du Talmoudh (voir l'article intitulé « Nous ne sommes pas liés par les passages `aggadiques du Talmoudh », et que nous ne devons jamais lire un Midhrosh littéralement (voir le Principe #4 dans l'article intitulé « Les principes fondamentaux de l'approche des Talmidhé HaRamba''m », ainsi que « Que sont les Midhroshim ? »), de même nous ne sommes pas tenus d'accepter tout commentaire sur le TaNa''Kh ou le Talmoudh qui contredirait le texte ou irait à l'encontre de la raison et de faits avérés, peu importe l'identité du rabbin ayant émis un tel commentaire. Cela ayant été dit, retournons à présent à notre sujet. Dans ´avôdhoh Zoroh 39b, la Gamoro` nous parle d'un poisson appelé כִּילְבִּית « Kilbith ». Nous ne savons rien d'autre à son sujet, si ce n'est que les idolâtres d'antan avaient la coutume de placer des morceaux de ce poisson dans de la saumure, et nos Sages ont tranché qu'il était permis d'en consommer si un idolâtre nous en offrait (en d'autres mots, de la saumure dans laquelle a été mis du Kilbith n'est pas inclue dans les aliments des idolâtres qu'il est interdit de consommer). Du contexte talmudique, il est clair et net qu'il s'agit d'une espèce de poisson tout à fait ordinaire et bien connue à cette époque, aussi bien chez les Israélites que chez les idolâtres, et c'est pour cela qu'aucune description ne nous est faite de ce poisson. Il n'y a, par conséquent, rien de « mystique » ou d'étrange à chercher derrière ce passage. Et pourtant, en le commentant, Rash''i identifie le Kilbith à un poisson qui apparaît spontanément à l'intérieur de cuves remplies de jus de poisson. Il précise qu'un tel poisson ne peut apparaître qu'à partir du jus d'un poisson Koshér, mais que si même un peu de jus d'un poisson non-Koshér y a été mélangé, le Kilbith n'apparaîtra pas ! En lisant ce commentaire de Rash''i, le Ritva''` s'est exprimé de la manière suivante :

Cette explication est extrêmement difficile [à accepter] : Premièrement, il n'est pas logique d'affirmer qu'une telle chose existe, et deuxièmement, elle n'existe pas dans la nature !

C'est un excellent résumé de l'approche rationaliste que la Tôroh elle-même exige de nous ! L'existence d'une telle créature décrite par Rash''i n'a aucun sens. En outre, il n'existe aucune preuve empirique de l'existence d'une telle créature. Enfin, cela dénature complètement ce passage talmudique qui, à l'évidence, ne parle pas du tout d'une créature « mystique », mais d'un simple poisson (c'est juste qu'aujourd'hui, nous ne savons pas à quel poisson précisément le terme « Kilbith » se réfère. De la même manière, étant donné que la Tôroh a été rédigée dans un Hébreu pur et authentique, il y a des noms d'animaux dont nous ne connaissons tout simplement pas la traduction moderne). Ce n'est pas la première fois que j'expose certains commentaires farfelus ou irrationnels de Rash''i (voir notamment les articles intitulés « Rivqoh avait-elle trois ans quand elle a épousé Yishoq ? » et « Natillath Yodhoyim : L'erreur de Rash''i »), qui sont acceptés sans aucune analyse critique dans le monde orthodoxe.
Le commentaire du Ritva''` sera-t-il une bonne arme pour ceux qui défendent l'approche rationaliste face aux enseignements non-rationalistes ? Bien sûr que non, puisqu'ils répondront inévitablement ceci : « Mais tu n'es pas le Ritva''` ! Il pouvait dire une telle chose, mais pas toi ! ».


(Précisons qu'il n'est pas impossible que des animaux soient créés spontanément à partir de matières préexistantes, en décomposition, etc.. L'objection du Ritva''` n'est pas qu'un tel phénomène n'existe pas, mais plutôt le fait de croire qu'il existerait une espèce de poisson pouvant se créer à partir du jus d'un poisson Koshér, ce qui est aberrant et n'existe pas. De même, nous voyons que le Ramba''m ז״ל croit en la réalité d'insectes pouvant se créer spontanément. Mais dans le même temps, il exprima son scepticisme face à ceux qui croyaient qu'un tel phénomène était également possible chez les souris.)

mercredi 13 janvier 2016

Les lois relatives à la prière : Troisième Partie

ב״ה

Les lois relatives à la prière

Troisième Partie


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Poursuivons notre exposition des lois relatives à la prière.

Lois relatives à la prière et à la bénédiction des Kôhanim – Chapitre 2
הִלְכּוֹת תְּפִלָּה וּבִרְכַת כּוֹהֲנִים פֵּרֶק ב׳

  1. De combien de bénédictions la ´amidhoh de Shabboth et Yôm Tôv est-elle composée, et quelle en est la structure ?

5. Les Shabbothôth et les Yomim Tôvim, on prie sept bénédictions dans chacune des quatre prières de ce jour-là : les trois premières et les trois dernières [bénédictions des Shamônah ´asréh], et la bénédiction du milieu est le sujet de ce jour-là.
ה  בְּשַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים, מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע בְּרָכוֹת בְּכָל תְּפִלָּה וּתְפִלָּה מֵאַרְבַּע תְּפִלּוֹת שֶׁלְּאוֹתוֹ הַיּוֹם--שָׁלוֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת, וְשָׁלוֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת, וּבְרָכָה אֶמְצָעִית מֵעֵין אוֹתוֹ הַיּוֹם
Les Shabbothôth et les Yomim Tôvim, on prie sept bénédictions : Ce sont des jours de joie et de reconnaissance envers HaShem, où les implorations et supplications ne sont pas appropriées. Nous nous contentons ces jours-là du monde tel qu'il est et considérons ne manquer de rien. Par conséquent, toutes les bénédictions intermédiaires des Shamônah ´asréh (qui sont des requêtes) ne sont pas faites ces jours-là, mais sont remplacées par une bénédiction reprenant le thème de ces jours-là.

dans chacune des quatre prières de ce jour-là : À savoir, ´arbith, Shahrith, Mousof et Minhoh.

les trois premières et les trois dernières [bénédictions des Shamônah ´asréh] : C'est-à-dire que ces six bénédictions sont faites sans aucun changement par rapport à la façon dont elles sont ordinairement faites durant les jours ordinaires de la semaine.

et la bénédiction du milieu est le sujet de ce jour-là : Et vient donc remplacer les douze bénédictions intermédiaires, qui sont des requêtes, implorations et supplications que nous faisons durant les jours ordinaires de la semaine.

Cette bénédiction que l'on place entre les six est appelée קְדוּשַׁת הַיּוֹם « Qadhoushath Hayyôm » (sainteté du jour). Sa formulation n'a jamais été donnée, ni standardisée par nos Sages de mémoire bénie, et on peut techniquement dire ce que l'on veut, tant que le sujet du jour aura été mentionné. (Voir notamment l'article intitulé « La ´amidhoh de Shabboth ».) C'est uniquement la formule de conclusion de cette bénédiction qui nous a été donnée, comme cela sera rapporté dans la Halokhoh suivante.
6. Les Shabbothôth, on conclut la bénédiction du milieu par « Maqaddésh Hashabboth ». Et les fêtes de pèlerinage, on la conclut par « Maqaddésh Yisro`él Wahazzamannim ». Et si c'est [à la fois] Shabboth et Yôm Tôv, on la conclut par « Maqaddésh Hashabboth WaYisro`él Wahazzamannim ».
ו  בַּשַּׁבָּתוֹת, חוֹתְמִין בִּבְרָכָה אֶמְצָעִית מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת; וּבָרְגָלִים, חוֹתֵם בָּהּ מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים. וְאִם הָיָה שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב, חוֹתְמִין בָּהּ מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְיִשְׂרָאֵל וְהַזְּמַנִּים
Les Shabbothôth, on conclut la bénédiction du milieu par « Maqaddésh Hashabboth » : C'est-à-dire, « Qui sanctifie le Shabboth ».

Effectivement, après la création du monde, HaShem a béni le septième jour et la déclaré saint.1

Et les fêtes de pèlerinage : C'est-à-dire, Pésah, Shovou´ôth et Soukkôth

on la conclut par « Maqaddésh Yisro`él Wahazzamannim » : C'est-à-dire, « Qui sanctifie Israël et les époques ».

Contrairement à la conclusion de la bénédiction du Shabboth, celle-ci mentionne d'abord la sanctification du peuple d'Israël et seulement ensuite le jour particulier. La raison à cela est que le Shabboth est sanctifié par HaShem Lui-même, alors que les fêtes de pèlerinage ne sont sanctifiées que par les Israélites eux-mêmes, étant donné que les dates exactes de ces fêtes sont basées sur la détermination du Rô`sh Hôdhash des mois durant lesquels elles tombent. Ainsi, contrairement au Shabboth, les dates des fêtes dépendent de nous. Par conséquent, le peuple d'Israël est mentionné en premier dans la bénédiction des Yomim Tôvim.

Et si c'est [à la fois] Shabboth et Yôm Tôv, on la conclut par « Maqaddésh Hashabboth WaYisro`él Wahazzamannim » : C'est-à-dire, « Qui sanctifie le Shabboth, Israël et les époques ».

Le Shabboth est mentionné en premier, car c'est HaShem Lui-m^me qui l'a sanctifié, suivi par Yisro`él, car ce sont les Israélites qui sanctifient les époques (c'est-à-dire, les fêtes). Cette Halokhoh est mentionnée dans la Gamoro`2, au nom de Rébbi Yahoudhoh Hannosi` ז״ל, le compilateur de la Mishnoh.

  1. De combien de bénédictions la ´amidhoh de Rô`sh Hashonoh, et quelle en est la structure ?

7. À Rô`sh Hashonoh, on la conclut par « Malakh ´al Kol Ho`oras Maqaddésh Yisro`él Wayôm Hazzikkorôn ». Et si c'est [à la fois] Shabboth, on la conclut par « Maqaddésh Hashabboth WaYisro`él Wayôm Hazzikkorôn ».
ז  בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, חוֹתְמִין בָּהּ מֶלֶךְ עַל כָּל הָאָרֶץ, מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְיוֹם הַזִּכָּרוֹן; וְאִם הָיָה שַׁבָּת, חוֹתֵם בָּהּ מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְיִשְׂרָאֵל וְיוֹם הַזִּכָּרוֹן
À Rô`sh Hashonoh, on la conclut par « Malakh ´al Kol Ho`oras Maqaddésh Yisro`él Wayôm Hazzikkorôn » : C'est-à-dire, « Le Roi sur toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour du souvenir ».

Nous mentionnons la souveraineté d'HaShem, car l'essence du culte de Rô`sh Hashonoh est l'acceptation de Dieu en tant notre Roi.3

Rô`sh Hashonoh est également appelé יוֹם הַזִּכָּרוֹן « Yôm Hazzikkorôn » (Jour du Souvenir), étant donné que ce jour-là nous demandons à HaShem de Se souvenir de nous pour le bien et nous bénir.

Et si c'est [à la fois] Shabboth, on la conclut par « Maqaddésh Hashabboth WaYisro`él Wayôm Hazzikkorôn » : C'est-à-dire, « Qui sanctifie le Shabboth, Israël et le jour du souvenir ».

Cette Halokhoh étant mentionnée à la suite de la précédente sans autre clarification, nous comprenons qu'à Rô`sh Hashonoh, nous faisons également sept bénédictions dans la ´amidhoh, comme à Shabboth et Yôm Tôv. C'est ce qu'on apprend de nombreux passages talmudiques.
8. Dans quels cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles ? Dans les cas des prières de ´arbith, Shahrith et Minhoh. Mais à la Tafillath Hammousofin de Rô`sh Hashonoh on prie neuf bénédictions : les trois premières et les trois dernières de tous les jours, et trois au milieu. La première des [bénédictions] intermédiaires a pour thème les Malkhiyôth, la deuxième les Zikhrônôth et la troisième les Shôforôth. Et on conclut chacune d'elles par son thème.
ח  בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, בִּתְפִלַּת עַרְבִּית וְשַׁחְרִית וּמִנְחָה; אֲבָל תְּפִלַּת הַמּוּסָפִין שֶׁלְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה, מִתְפַּלֵּל תֵּשַׁע בְּרָכוֹת--שָׁלוֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת וְשָׁלוֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת שֶׁלְּכָל יוֹם, וְשָׁלוֹשׁ אֶמְצָעִיּוֹת. רִאשׁוֹנָה מִן הָאֶמְצָעִיּוֹת עִנְיָנָהּ מַלְכִיּוֹת, שְׁנִיָּה זִכְרוֹנוֹת, שְׁלִישִׁית שׁוֹפָרוֹת; וְחוֹתֵם בְּכָל אַחַת מֵהֶן מֵעִנְיָנָהּ
Dans quels cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles : C'est-à-dire, quand dit-on que même la ´amidhoh de Rô`sh Hashonoh est constituée de sept bénédictions ?

Dans les cas des prières de ´arbith, Shahrith et Minhoh : Car on y fait pratiquement la même ´amidhoh que lors des Yomim Tôvim.

Mais à la Tafillath Hammousofin de Rô`sh Hashonoh on prie neuf bénédictions : les trois premières et les trois dernières de tous les jours, et trois au milieu : Ces trois bénédictions du milieu sont traitées dans le Talmoudh.4

La première des [bénédictions] intermédiaires a pour thème les Malkhiyôth : Un ensemble de versets du TaNa''Kh se référant à la royauté d'HaShem.

la deuxième les Zikhrônôth : Un ensemble de versets du TaNa''Kh se référant aux fois où HaShem S'est souvenu ou Se souviendra du peuple d'Israël.

et la troisième les Shôforôth : Un ensemble de versets du TaNa''Kh décrivant les sonneries du Shôfor.

Bien qu'il soit préférable de mentionner de nombreux versets dans ces trois bénédictions, nos Sages tranchent que dès lors que l'on a mentionné au moins un verset approprié dans chacune de ces trois bénédictions intermédiaires, on est quitte de notre devoir.5

Les versets à réciter n'ont jamais été déterminées par HaZa''l, et chacun pourra choisir ceux qu'ils désirent, dès lors qu'ils sont liés aux thèmes des trois bénédictions.

Et on conclut chacune d'elles par son thème : C'est-à-dire que l'on doit retrouver le thème de chaque bénédiction dans leur formule de conclusion.

La conclusion de la bénédiction des Malkhiyôth est : בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָה, מֶלֶךְ עַל כָּל הָאָרֶץ, מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְיוֹם הַזִּכָּרוֹן « Béni Tu es `adhônoy, le Roi sur toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour du souvenir ».

Celle de la bénédiction des Zikhrônôth est : בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָה, זוֹכֵר הַבְּרִית « Béni Tu es `adhônoy, Qui Se souvient de l'alliance ».

Tandis que celle de la bénédiction des Shôforôth est : בָּרוּךְ אַתָּה יְהוָה, שׁוֹמֵעַ קוֹל תְּרוּעַת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל הַיּוֹם בְּרַחֲמִים « Béni Tu es `adhônoy, Qui écoute aujourd'hui le son de la Tarou´oh de Son peuple Israël, avec miséricorde ».

  1. De combien de bénédictions la ´amidhoh de Yôm Hakkippourim, et quelle en est la structure ?

9. À Yôm Hakkippourim on prie lors de chacune des cinq prières sept bénédictions : les trois premières et les trois dernières [bénédictions des Shamônah ´asréh], et celle du milieu est le sujet de ce jour-là. On la conclut par « Malakh ´al Kol Ho`oras Maqaddésh Yisro`él Wayôm Hakkippourim ». S'il est tombé un Shabboth, on conclut chacune de ces prières par « Malakh ´al Kol Ho`oras Maqaddésh Hashabboth WaYisro`él Wayôm Hakkippourim ».
ט  בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, מִתְפַּלֵּל בְּכָל תְּפִלָּה מֵחָמֵשׁ תְּפִלּוֹת, שֶׁבַע בְּרָכוֹת--שָׁלוֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת וְשָׁלוֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת, וְאֶמְצָעִית מֵעֵין הַיּוֹם, וְחוֹתֵם בָּהּ מֶלֶךְ עַל כָּל הָאָרֶץ, מְקַדֵּשׁ יִשְׂרָאֵל וְיוֹם הַכִּפּוּרִים; וְאִם חָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת, חוֹתֵם בְּכָל תְּפִלָּה וּתְפִלָּה מֵהֶן, מֶלֶךְ עַל כָּל הָאָרֶץ, מְקַדֵּשׁ הַשַּׁבָּת וְיִשְׂרָאֵל וְיוֹם הַכִּפּוּרִים
À Yôm Hakkippourim on prie lors de chacune des cinq prières : À savoir, ´arbith, Shahrith, Mousof, Minhoh et Na´iloh.

On la conclut par « Malakh ´al Kol Ho`oras Maqaddésh Yisro`él Wayôm Hakkippourim » : C'est-à-dire, « Le Roi sur toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour des expiations ».

S'il est tombé un Shabboth, on conclut chacune de ces prières par « Malakh ´al Kol Ho`oras Maqaddésh Hashabboth WaYisro`él Wayôm Hakkippourim » : C'est-à-dire, « Le Roi sur toute la terre, Qui sanctifie le Shabboth, Israël et le jour des expiations ».
10. Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles ? Dans le cas du jour du jeûne de toutes les années. Mais dans le cas du jour du jeûne de l'année du jubilé, on prie dans la Tafillath Hammousofin neuf bénédictions, comme lorsqu'on prie au Mousof de Rô`sh Hashonoh. Et il s'agit des mêmes bénédictions, ni moins ni plus. On ne les prie qu'à une époque où le jubilé est d'application.
י  בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, בְּיוֹם צוֹם שֶׁלְּכָל שָׁנָה וְשָׁנָה; אֲבָל בְּיוֹם צוֹם שֶׁלִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל, מִתְפַּלֵּל תְּפִלַּת הַמּוּסָפִין תֵּשַׁע בְּרָכוֹת, כְּמוֹ שֶׁמִּתְפַּלֵּל בְּמוּסַף רֹאשׁ הַשָּׁנָה, וְהֶן אוֹתָן הַבְּרָכוֹת עַצְמָן, בְּלֹא פָּחוּת וְלֹא יָתֵר. וְאֵין מִתְפַּלְּלִין אוֹתָם, אֵלָא בִּזְמָן שֶׁהַיּוֹבֵל נוֹהֵג
Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles : C'est-à-dire, quand dit-on que sept bénédictions doivent être faites dans chacune des prières de Yôm Hakkippourim ?

Dans le cas du jour du jeûne de toutes les années : Ordinaires.

Mais dans le cas du jour du jeûne de l'année du jubilé : La dernière année du cycle de cinquante années.

Chaque septième année est appelée ְמִיטָּה « Shamittoh ». Il y a un cycle de sept années de Shamittoh, dont la fin est la cinquantième année qui est appelée יוֹבֵל « Yôvél » (Jubilé).6

on prie dans la Tafillath Hammousofin neuf bénédictions, comme lorsqu'on prie au Mousof de Rô`sh Hashonoh : Voir Halokhoh 8.

Et il s'agit des mêmes bénédictions, ni moins ni plus : En d'autres mots, lors du jeûne de Yôm Hakkippourim qui tombe dans une année de jubilé, on fait lors de la prière de Mousof de ce jour-là exactement la prière de Mousof qu'un jour de Rô`sh Hashonoh, sans changer la formulation des bénédictions.

La Mishnoh7 enseigne effectivement que l'année du jubilé est équivalente à Rô`sh Hashonoh en ce qu'on y sonne le Shôfor et fait exactement les mêmes bénédictions.

On ne les prie qu'à une époque où le jubilé est d'application : L'année du jubilé ne peut être observée que lorsque toutes les douze tribus d'Israël résident en `aras Yisro`él. La dispersion ne serait-ce que d'une seule partie du peuple met fin à la célébration de l'année du jubilé.8 C'est ainsi que l'exil des tribus de Ra`ouvén, Godh, et la demi-tribu de Manashah décrit dans 1 Divré Hayyomim 5:26 causa la fin de la célébration de l'année du jubilé en Terre Sainte.9

L'exil actuel du peuple d'Israël ne pouvant prendre fin qu'avec la venue du Moshiah, le Ramba''m ז״ל écrit que ce sera seulement quand Moshiah viendra que la célébration de l'année du jubilé sera restaurée.10

De ce fait, à notre époque même la prière de Mousof de Yôm Hakkippourim est constituée de sept bénédictions au lieu de neuf, car le jubilé n'est pas d'application.

1Baré`shith 2:3
2soh 17a
3Rô`sh Hashonoh 16a
4Rô`sh Hashonoh 16a, 32a et 34b
5Ibid., 35b
6Voir Wayyiqro` 25:8-13 ; Hilkôth Shamittoh Wayôvél Chapitres 10 à 13
7Rô`sh Hashonoh 26b
8´arakhin 32b
9Voir les Hilkôth Shamittoh Wayôvél 10:10

10Hilkôth Malokhim 12:1
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