mercredi 20 janvier 2016

Les lois relatives à la prière: Cinquième Partie

ב״ה

Les lois relatives à la prière

Cinquième Partie


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Poursuivons notre exposition des lois relatives à la prière.

Lois relatives à la prière et à la bénédiction des Kôhanim – Chapitre 2
הִלְכּוֹת תְּפִלָּה וּבִרְכַת כּוֹהֲנִים פֵּרֶק ב׳

  1. Qu'ajoute-t-on aux Shamônah ´asréh les jours de jeûne ?

16. Lors des jours de jeûne, même un particulier qui jeûne, on ajoute dans [la bénédiction de] Shôméa´ Tafilloh « ´anénou `ovinou, etc. ». Mais le Shaliah Sibbour la dit dans une bénédiction indépendante entre Gô`él et Rôfé`, et la conclut par « Ho´ônah Ba´éth Soroh ». Il se retrouvera donc en train de prier vingt bénédictions. À Tish´oh Ba`ov, on ajoute dans [la bénédiction de] Bônéh Yarousholayim « Rahém HaShem `alôhénou ´olénou Wa´al Yisro`él ´ammokh Wa´al Yarousholayim ´irokh Ho´ir Ho`avéloh Haharévoh Hashômémoh, etc. »
טז  בִּימֵי הַתַּעְנִיּוֹת, אַפִלּוּ יָחִיד שֶׁהִתְעַנָּה--מוֹסִיף בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה, עֲנֵנוּ אָבִינוּ ... וּשְׁלִיחַ צִבּוּר אוֹמְרָהּ בְּרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ, בֵּין גּוֹאֵל לְרוֹפֵא; וְחוֹתֵם בָּהּ הָעוֹנֶה בְּעֵת צָרָה, וְנִמְצָא מִתְפַּלֵּל עֶשְׂרִים בְּרָכוֹת. בְּתִשְׁעָה בְּאָב--מוֹסִיפִין בְּבוֹנֵה יְרוּשָׁלַיִם, רַחֵם ה' אֱלֹהֵינוּ עָלֵינוּ וְעַל יִשְׂרָאֵל עַמָּךְ וְעַל יְרוּשָׁלַיִם עִירָךְ, הָעִיר הָאֲבֵלָה הַחֲרֵבָה הַשּׁוֹמֵמָה
Lors des jours de jeûne : Ceci inclut aussi bien les jeûnes communautaires (le 3 Tishri, le 10 Tévéth, le 17 Tammouz et le 9 `ov) que les jeûnes promulgués en réponse à une période de trouble spécifique, comme par exemple une sécheresse. (Voir Hilkôth Ta´niyôth Chapitre 1.)

même un particulier qui jeûne : De sa propre initiative. C'est-à-dire quelqu'un qui s'impose de jeûner à cause d'une situation particulière ou à des fins de développement spirituel, bien que ce ne soit pas un jour de jeûne public.

on ajoute dans [la bénédiction de] Shôméa´ Tafilloh : Qui est la quinzième bénédiction dans les Shamônah ´asréh.

« ´anénou `ovinou, etc. » : Le Talmoudh1 appelle cette prière « la prière des jours de jeûne ». La formulation que nous utilisons sera rapportée ci-dessous.

Mais le Shaliah Sibbour la dit : Lors de la récitation à voix haute des Shamônah ´asréh.


dans une bénédiction indépendante entre Gô`él et Rôfé` : C'est-à-dire, entre les septième et huitième bénédictions des Shamônah ´asréh.

C'est ce que nous pouvons apprendre dans le Talmoudh2, qui fait la différence entre les Shamônah ´asréh faites par l'assemblée et celles faites par le Shaliah Sibbour lorsqu'il les récite à voix haute.

Il se retrouvera donc en train de prier vingt bénédictions : Les dix-neuf habituelles plus celle du «  onénou ». Mais pour nous qui suivons le Nousah `aras Yisro`él, il y aura dix-neuf bénédictions récitées par le Shaliah Sibbour ; les dix-huit ordinaires plus celle du « ´onénou ».

À Tish´oh Ba`ov : Le jeûne qui commémore la destruction des deux Bathé Hammiqdoshim. Ce jeûne est différent des autres jeûnes mineurs mentionnés plus haut, en ce qu'il a le même statut et les mêmes lois que Yôm Hakkippourim. (Voir l'article intitulé « Le statut des jeûnes mineurs aujourd'hui ».)

on ajoute dans [la bénédiction de] Bônéh Yarousholayim : Qui est la quatorzième bénédiction des Shamônah ´asréh, et qui a pour thème la reconstruction de Jérusalem. Cela semble donc l'emplacement approprié pour insérer une prière qui a également pour thème la destruction et reconstruction de la Ville Sainte.

Et pourtant, en dépit de cette logique, ce n'est pas ce que nos Sages ont tranché. La source de cet ajout dans les Shamônah ´asréh de Tish´oh Ba`ov est le Talmoudh Yarousholmi.3 Là, la question est posée quant à savoir dans quelle bénédiction cette prière doit-elle être insérée. La réponse qui est apportée est qu'elle doit être ajoutée dans la bénédiction de ´avôdhoh, qui est la seizième des Shamônah ´asréh. De ce fait, bien que la pratique majoritaire consiste à insérer cette requête dans la quatorzième bénédiction, et que le Ri''f ז״ל tenta de la justifier sur base d'un passage du Bavli4 qu'il réinterpréta pour la légitimer tout en reconnaissant lui-même que ce n'était pas conforme à la décision du Yarousholmi, notre pratique consiste à toujours privilégier les décisions unanimes rapportées dans le Yarousholmi. Par conséquent, nous n'insérons pas le « Rahém » dans la quatorzième bénédiction, mais plutôt dans la seizième.

« Rahém HaShem `alôhénou ´olénou Wa´al Yisro`él ´ammokh Wa´al Yarousholayim ´irokh Ho´ir Ho`avéloh Haharévoh Hashômémoh, etc. » : Notre version est très légèrement différente de celle adoptée par le Ramba''m ז״ל, car nous suivons mot pour mot la formulation mentionnée dans le Talmoudh Yarousholmi.5 Voir ci-dessous.

Notre formulation du « ´onénou », basée sur le Nousah `aras Yisro`él, est celle-ci :

Réponds-nous, `adhônoy, réponds-nous
en ce moment et en ce temps car nous
sommes en grande détresse. Ne
détourne pas Ta face de nous et ne
repousse pas nos supplications car Tu
es, `adhônoy, un Dieu miséricordieux et clément, répondant à l’heure de
détresse, délivrant et sauvant à chaque
heure de calamité [comme qu’il est
dit6 :] « Mais ils crièrent vers `adhônoy
dans leur détresse, Il les fit sortir de
leurs angoisses ».
עֲנֵנוּ יהוה עֲנֵנוּ בָּעֵת וּבָעוֹנָה הַזּוֹאת כִּי בְצָרָה גְּדולָה אֲנָחְנוּ. אַל תַּסתֵּר פָּנֶיךָ מִמֶּנּוּ וְאַל תִּתְעַלָּם מִתְּחִנָּתֵינוּ כִּי אַתָּה יהוה אֵל חַנּוּן וְרַחוּם עוֹנֶה בְּעֵת צָרָה פּוֹדֶה וּמַצִּיל בְּכָל עֵת צוּקָה וַיִּצְעֲקוּ אֶל־יהוה בַּצַּר לָהֶם וּמִמְּצוּקֹתֵיהֶם יוֹצִיאֵם

Le Shaliah Sibbour la conclura par בָּרוּךְ אַתָּה יהוה, הָעונֶה בְּעֵת צָרָה « Béni Tu es `adhônoy, Qui répond à l'heure de détresse ».

Notre formulation du « Rahém » de Tish´oh Ba`ov est celle qui est mentionnée dans le Talmoudh Yarousholmi7, et suit donc le Nousah `aras Yisro`él. La voici :

Aies pitié, `adhônoy notre Dieu, dans Tes abondantes miséricordes et Tes grâces véritables de nous, d'Israël Ton peuple, de Jérusalem Ta ville, de Sion Ta glorieuse résidence, et de la ville du deuil, de la ruine, de la destruction et de la désolation, qui a été remise entre les mains des étrangers, que les méchants ont dévastée, que des légions étrangères ont héritée, et que des idolâtres ont profanée. C'est à Israël Ton peuple que Tu l'as accordée en héritage, et Tu l'a léguée en héritage aux descendants de Yashouroun. Mais voici, Tu l'as détruite par le feu, et Tu la rebâtiras par le feu, ainsi qu'il est dit8 : « Et Moi, Je lui serai, dit `adhônoy, une muraille de feu tout autour, et Je serai un sujet de gloire au milieu d'elle ».
רַחֵם יהוה אֱלֹהֵינוּ, בְּרַחֲמֶיךָ הָרַבִּים וּבַחֲסָדֶיךָ הַנֶּאֱמָנִים, עָלֵינוּ וְעַל יִשְׂרָאֵל עַמָּךְ, וְעַל יְרוּשָׁלַיִם עִירָךְ וְעַל צִיּוֹן מִשְׁכָּן כְּבוֹדָךְ, וְעַל הָעִיר הָאֲבֵלָה וְהַהֲרוּסָה וְהַשּׁוֹמֵמָה, הַנְּתוּנָה בְּיַד זָרִים, הָרְמוּסָה בְּיַד עֲרִיצִים. וַיְּבַלְּעוּהָ לֶגְיוֹנוֹת, וַיְּחַלְּלוּהָ עוֹבְדֵי פְסִלִּים. וּלְיִשְׂרָאֵל עַמָּךְ נְתַתָּהּ נַחֲלָה, וּלְזֶרַע יְשׁוּרוּן יְרוּשָׁה הוֹרַשְׁתָּהּ, כִּי בָאֵשׁ הֵצַתָּהּ, וּבָאֵשׁ אַתָּה עָתִיד לִבְנוֹתָהּ, כָּאָמוּר: וַאֲנִי אֶהְיֶה לָּהּ נְאֻם יהוה, חוֹמַת אֵשׁ סָבִיב, וּלְכָבוֹד אֶהְיֶה בְתוֹכָהּ

  1. Qu'ajoute-t-on dans les Shamônah ´asréh durant les saisons de pluie et durant l'été ? Et à partir de quand et jusqu'à quand ?

17. Toute la saison des pluies on dit dans la deuxième bénédiction « Môridh Haggasham », et toute la saison de chaleur « Môridh Hattol ». À partir de quand dit-on « Môridh Haggasham » ? À partir de la Tafillath Hammousofin du dernier Yôm Tôv de la Fête, jusqu'à la Tafillath Shahrith du premier Yôm Tôv de Pésah. Et à partir de la Tafillath Hammousofin du premier Yôm Tôv de Pésah, on dit « Môridh Hattol ».
יז  כָּל יְמוֹת הַגְּשָׁמִים, אוֹמֵר בִּבְרָכָה שְׁנִיָּה מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם; וּבִימוֹת הַחַמָּה, מוֹרִיד הַטָּל. מֵאֵימָתַי אוֹמֵר מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם--מִתְּפִלַּת הַמּוּסָפִין שֶׁלְּיוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁלֶּחָג, עַד תְּפִלַּת שַׁחְרִית שֶׁלְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁלַּפֶּסַח; וּמִתְּפִלַּת הַמּוּסָפִין שֶׁלְּיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁלַּפֶּסַח, אוֹמֵר מוֹרִיד הַטָּל
Toute la saison des pluies on dit dans la deuxième bénédiction « Môridh Haggasham » : C'est-à-dire, « Qui fait tomber la pluie ».

C'est la Mishnoh9 elle-même qui exige que l'on rajoute une mention de la pluie dans la deuxième bénédiction des Shamônah ´asréh.

et toute la saison de chaleur « Môridh Hattol » : C'est-à-dire, « Qui fait tomber la rosée ».

Il convient de préciser que le Talmoudh10 déclare que contrairement à la pluie (qu'il est obligé de mentionner durant la saison des pluies), il n'y a pas d'obligation de mentionner la rosée ou le vent, mais que celui qui désire le faire en a le droit. Ainsi, durant la saison des pluies, on pourra soit dire מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם « Môridh Haggasham – Qui fait tomber la pluie », comme le rapporte ici le Ramba''m, soit מַשִּׁיב הָרוּחַ וּמוֹרִיד הַגֶּשֶׁם « Mashiv Horouah Oumôridh Haggasham – Qui fait souffler le vent et fait tomber la pluie », si on désire ajouter une mention au vent. De même, on été, on pourra soit faire le choix de ne rien ajouter du tout dans la deuxième bénédiction, soit d'ajouter les mots מוֹרִיד הַטָּל « Môridh Hattol – Qui fait tomber la rosée », comme le préconise ici le Ramba''m, soit encore de plutôt dire מַשִּׁיב הָרוּחַ וּמוֹרִיד הַטָּל « Mashiv Horouah Oumôridh Hattol – Qui fait souffler le vent et fait tomber la rosée », si on désire faire à la fois mention du vent et de la rosée.

Le Talmoudh explique que la raison pour laquelle faire mention de le rosée ou du vent n'est pas du tout une obligation (mais est laissé à l'appréciation de chacun) est que le monde ne manque de toute façon jamais de rosée ou de vent. Par contre, durant la saison des pluies, faire mention de la pluie est obligatoire, car la pluie ne tombe pas systématiquement et on n'en a besoin qu'à des périodes bien spécifiques de l'année et non toute l'année.

À partir de quand dit-on « Môridh Haggasham » ? À partir de la Tafillath Hammousofin du dernier Yôm Tôv de la Fête : Le terme הָחָג « Hohogh – la Fête » désigne toujours, dans la littérature talmudique, la fête de Soukkôth. Elle est désignée ainsi, car c'est la seule fête pour laquelle la Tôroh nous dit explicitement que nous devons nous y réjouir. C'est donc la fête par excellence. Ainsi, ce que nous dit ici le Ramba''m, c'est que c'est à partir de la prière de Mousof de Shamini ´asarath, qui est le dernier jour de Yôm Tôv de Soukkôth, que l'on doit ajouter dans la deuxième bénédiction de la ´amidhoh une mention de la pluie.

La Mishnoh11 rapporte une divergence d'opinion à ce sujet entre Rébbi `ali´azar ז״ל, pour qui on commence à mentionner la pluie le premier Yôm Tôv de la fête de Soukkôth, et Rébbi Yahoudhoh ז״ל, pour qui on ne commence à le faire qu'à partir du dernier Yôm Tôv de la fête (Shamini ´asarath). La Halokhoh suit l'opinion de Rébbi Yahoudhoh. Bien que le premier jour de Soukkôth marque effectivement le début halakhique de la saison des pluies, nous n'en faisons mention qu'à partir du dernier jour de Yôm Tôv de la fête, car de la pluie durant la fête de Soukkôth n'est pas une bonne chose.

jusqu'à la Tafillath Shahrith du premier Yôm Tôv de Pésah : La Mishnoh déclare que de la pluie après cette date-là n'est pas une bonne chose non plus, d'où le fait qu'on cesse à partir de là toute référence à la pluie. C'est ce jour qui marque le début halakhique de la saison d'été

Au Chapitre 10, le Ramba''m indiquera ce qu'il faut faire au cas où l'on aurait oublié d'ajouter « Môridh Haggasham » ou « Môridh Hattol ».

Et à partir de la Tafillath Hammousofin du premier Yôm Tôv de Pésah, on dit « Môridh Hattol » : Pésah marquant le début halakhique de la saison d'été, il ne convient plus de mentionner la pluie. Mais attention, comme nous l'avons rapporté plus haut, il n'y a pas d'obligation en soi de faire mention de la rosée. C'est ainsi que le Talmoudh12 tranche que si quelqu'un a oublié de mentionner la rosée en été, il ne doit pas recommencer la prière (mais s'il a mentionné la pluie en été, il devra la recommencer).
18. À partir de sept jours dans [le mois de] Marahshawon on demande les pluies dans la bénédiction des années tout le temps que l'on mentionne la pluie. Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles ? En `aras Yisro`él. Mais à Shin´or, en Syrie, en Égypte, et les endroits qui leur sont adjacents ou qui leur ressemblent, on demande les pluies le soixantième jour après l'équinoxe de Tishri.
יח  מִשִּׁבְעָה יָמִים בִּמְרַחְשְׁוָן, שׁוֹאֲלִין אֶת הַגְּשָׁמִים בְּבִרְכַת הַשָּׁנִים, כָּל זְמָן שֶׁמַּזְכִּיר הַגֶּשֶׁם. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל; אֲבָל בְּשִׁנְעָר וּבְסוּרְיָה וּמִצְרַיִם וּמְקוֹמוֹת הַסְּמוּכוֹת לְאֵלּוּ וְהַדּוֹמִין לָהֶן, שׁוֹאֲלִין אֶת הַגְּשָׁמִים בְּיוֹם שִׁשִּׁים אַחַר תְּקוּפַת תִּשְׁרִי
À partir de sept jours dans [le mois de] Marahshawon : Voici ce que nous lisons dans la Mishnoh13 : בג' במרחשון שואלין את הגשמים רבן גמליאל אומר בשבעה בו ט"ו יום אחר החג כדי שיגיע אחרון שבישראל לנהר פרת « Le troisième jour de Marahshawon, on demande les pluies. Rabban Gamli`él dit : ''Le septième jour, quinze jour après la Fête, afin que le dernier des Israélites puisse atteindre l'Euphrate'' ». Soukkôth était une fête de pèlerinage pour laquelle tous les Israélites montaient à Jérusalem. Normalement, d'après la Halokhoh et le cycle des saisons, c'est à partir du 3 Marahshawon que l'on doit commencer à demander la pluie. Mais afin de permettre à tous les Israélites venus de Babylone de pouvoir arriver chez eux, plutôt que de prier en voyage (les trajets prenaient beaucoup plus de temps qu'aujourd'hui, ne l'oubliez pas), il fut décidé de s'aligner sur l'avis de Rabban Gamli`él, permettant de ne commencer à demander la pluie qu'à partir du 7 Marahshawon.

D'une certaine manière, de par ce passage, nous pouvons conclure qu'à notre époque, où nous ne pélérinons plus vers la Ville Sainte, et où les trajets prennent beaucoup moins de temps, ceux qui sont en Terre Sainte doivent commencer à demander la pluie à partir du 3 et non plus du 7 Marahshawon.

on demande les pluies : Bien que nous faisons mention de la pluie dans la deuxième bénédiction des Shamônah ´asréh depuis le dernier jour de Soukkôth (voir Halokhoh précédente), nous ne demandons concrètement la tombée de la pluie que plus tard. Faire mention du fait qu'HaShem est Celui qui fait tomber la pluie n'est pas la même chose que de Lui demander de la faire tomber !

La formule par laquelle nous demander la tomber de la pluie est soit, וְתֵן מָטָר עַל פְּנֵי הָאֲדָמָה « Wathén Motor ´al Pané Ho`adhomoh – et accorde la pluie à la surface de la terre », soit וְתֵן טָל וּמָטָר עַל פְּנֵי הָאֲדָמָה « Wathén Tol Oumotor ´al Pané Ho`adhomoh – et accorde la rosée et la pluie à la surface de la terre », si on on désire mentionner la rosée (voir la Halokhoh précédente, où nous avons expliqué que mentionner la rosée ou le vent n'est pas une obligation).

dans la bénédiction des années : Qui est la neuvième des bénédictions des Shamônah ´asréh. C'est ce qui est tranché dans la Mishnoh.14

tout le temps que l'on mentionne la pluie : C'est-à-dire que l'on continue à demander la pluie tout le temps que l'on dira « Môridh Haggasham ». En d'autres mots, jusqu'au premier jour de Pésah. C'est ce qui est rapporté dans la Mishnoh15 au nom de Rébbi Yahoudhoh (une autre opinion est qu'on doit attendre que tout le mois de Nison soit passé pour ne plus demander la pluie, mais cette opinion est rejetée). La Gamoro`16 précise que cela signifie que l'on demande la pluie jusqu'à la conclusion du Mousof du premier jour de Yôm Tôv de Pésah.

Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles : C'est-à-dire, dans quel cas dit-on que l'on doit commencer à demander la pluie à partir du 7 Marahshawon ?

En `aras Yisro`él : Dans son Commentaire sur la Mishnoh, le Ramba''m explique que toutes les lois mentionnées dans le traité Ta´anith concernant le moment approprié pour demander la pluie et organiser des jeûnes communautaires s'il manque de pluies ne s'appliquent qu'en `aras Yisro`él et les pays ayant un climat similaire à celui de `aras Yisro`él.

Mais à Shin´or : Un terme qui désigne la Babylonie.17

en Syrie, en Égypte, et les endroits qui leur sont adjacents ou qui leur ressemblent, on demande les pluies le soixantième jour après l'équinoxe de Tishri : C'est-à-dire, l'équinoxe d'Automne.

Cette Halokhoh est basée sur Ta´anith 10a, qui déclare que dans ces pays-là, la demande pour la pluie ne doit se faire que 60 jours après l'équinoxe d'Automne, parce que c'est seulement à ce moment-là que les pluies commenceront à tomber.

Nous apprenons de là que contrairement à la pratique majoritaire d'aujourd'hui (défendue notamment par le Shoulhon ´oroukh18) qui consiste à faire commencer le moment de la demande des pluies pour toutes les communautés juives de la Diaspora à la même date que cela se faisait à Babylone du temps des Ga`ônim et Ri`shônim, chaque communauté de la Diaspora doit en fait commencer à demander les pluies à la date où commence généralement la saison des pluies ou l'hiver chez elle, ou lorsqu'elle a besoin de pluie chez elle en raison des fortes chaleurs. Il n'y a donc pas de date standard pour tout le monde. Et le Ramba''m le rendra plus clair encore dans la Halokhoh suivante. C'est pourquoi, le Ro`''sh19 ז״ל accepta que l'on prie pour la pluie en été dans des pays comme l'Espagne ou l'Allemagne, où le climat nécessite qu'il y ait de la pluie. De même, étant donné que les récoltes dans son pays allaient gravement être endommagées si de la pluie ne tombait pas au moins jusqu'à fin Novembre, il encouragea la pratique suivie en Provence consistant à demander la pluie en Marahshawon. Il en est de même pour les Juifs qui vivent actuellement dans l’hémisphère Sud, où la saison des pluies coïncide avec notre été.
19. Les localités qui ont besoin des pluies durant la saison d'été, comme par exemple les îles lointaines, demandent les pluies au moment où elles en ont besoin dans Shôméa´ Tafilloh. Les localités où l'on observe deux jours de Yôm Tôv, on dit « Môridh Haggasham » dans la Tafillath Mousof du premier jour de Shamini ´asarath, et on continue à prier ainsi toute la saison des pluies.
יט  מְקוֹמוֹת שְׁהֶן צְרִיכִים לַגְּשָׁמִים בִּימוֹת הַחַמָּה, כְּגוֹן אִיֵּי הַיָּם הָרְחוֹקִים--שׁוֹאֲלִין אֶת הַגְּשָׁמִים בְּעֵת שְׁהֶן צְרִיכִין לָהֶן, בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה. וּמְקוֹמוֹת שְׁהֶן עוֹשִׂין יוֹם טוֹב שְׁנֵי יָמִים--אוֹמֵר מוֹרִיד הַגֶּשֶׁם בִּתְפִלַּת מוּסָף שֶׁלְּיוֹם רִאשׁוֹן שֶׁלִּשְׁמִינִי עֲצֶרֶת, וּמִתְפַּלֵּל וְהוֹלֵךְ כָּל יְמוֹת הַגְּשָׁמִים
Les localités qui ont besoin des pluies durant la saison d'été, comme par exemple les îles lointaines : Et il n'y a pas d'exception. C'est-à-dire que cette Halokhoh s'applique réellement à tout pays ou endroit de la planète où l'on a besoin de pluie en été à cause du climat, ou dans le climat est diamétralement différent de celui de la Terre Sainte, comme par exemple les pays de l’hémisphère Sud.20

demandent les pluies au moment où elles en ont besoin : Peu importe le moment de l'année où nous sommes.

dans Shôméa´ Tafilloh : Qui est la quinzième bénédiction des Shamônah ´asréh.

C'est ce que tranche le Talmoudh21, au nom de Rébbi Yahoudhoh Hannosi` ז״ל, lorsque les habitants de Ninwéh, qui avaient besoin de pluie en plein mois de Tammouz (Juillet-Août), lui soumirent la question de savoir s'ils pouvaient demander la pluie à ce moment-là, et si oui, dans quelle bénédiction.

En d'autres mots, lorsqu'on se trouve dans une localité au climat similaire à celui de `aras Yisro`él, et que l'on a donc besoin de pluie au même moment que durant la saison des pluies de `aras Yisro`él, la demande doit se faire dans la neuvième bénédiction des Shamônah ´asréh, comme en `aras Yisro`él. Mais si on a besoin de pluie en-dehors de la période prévue pour la pluie, ou que l'on vit dans une localité au climat diamétralement différent de celui de `aras Yisro`él, on fera alors la demande dans la quinzième bénédiction.

Les localités où l'on observe deux jours de Yôm Tôv : Ce qui est le cas de la majorité des villes de la Diaspora et de certaines villes en `aras Yisro`él, où à l'origine, il existait un doute dans le calendrier.22

on dit « Môridh Haggasham » dans la Tafillath Mousof du premier jour de Shamini ´asarath, et on continue à prier ainsi toute la saison des pluies : Tel est ce qui a été tranché dans le Talmoudh.23

  1. Quelles modifications apporte-t-on aux Shamônah ´asréh durant les dix jours entre Rô`sh Hashonoh et Yôm Hakkippourim ?

20. Toute l'année, on conclut la troisième bénédiction par « Ho`él Haqqodhôsh » et la onzième bénédiction par « Malakh `ôhév Sadhoqoh Oumishpot ». Mais durant les dix jours qui vont de Rô`sh Hashonoh jusqu'à la sortie de Yôm Hakkippourim, on conclut la troisième [bénédiction] par « Hammalakh Haqqodhôsh » et la onzième par « Hammalakh Hammishpot ».
כ  כָּל הַשָּׁנָה כֻּלָּהּ--חוֹתֵם בִּבְרָכָה שְׁלִישִׁית, הָאֵל הַקָּדוֹשׁ; וּבְבִרְכַת אַחַת עֶשְׂרֵה, מֶלֶךְ אוֹהֵב צְדָקָה וּמִשְׁפָּט. וּבַעֲשֶׂרֶת הַיָּמִים שֶׁמֵּרֹאשׁ הַשָּׁנָה עַד מוֹצָאֵי יוֹם הַכִּפּוּרִים--חוֹתֵם בִּשְׁלִישִׁית, הַמֶּלֶךְ הַקָּדוֹשׁ; וּבְאַחַת עֶשְׂרֵה, הַמֶּלֶךְ הַמִּשְׁפָּט
C'est ce qui est tranché dans le Talmoudh.24

Nous avions abondamment traité de ce sujet dans l'article intitulé « Les ajouts dans les Shamônah ´asréh de la période des Dix Jours ».

Les lois relatives aux cas où l'on a oublié d'opérer ces changements seront traitées par le Ramba''m au Chapitre 10.
21. Il y a des localités qui sont accoutumées durant ces dix jours à ajouter dans la première bénédiction « Zokhrénou Lahayim, etc. » et dans la deuxième « Mi Khomôkho `ov Horahamon, etc. ». Elles ajoutent [ausi] dans la dix-huitième bénédiction « Zakhôr Rahamakho, etc. », et elles ajoutent dans la dernière bénédiction « Ouvséfar Hayim, etc. ». De même, il y a des localités qui sont accoutumées à ajouter durant ces dix jours dans la troisième bénédiction « Ouvakhén, etc., Ouvakhén, etc. ». Mais à Rô`sh Hashonoh et à Yôm Hakkippourim, la coutume universelle consiste à ajouter « Ouvakhén, etc., Ouvakhén, etc. » dans la troisième [bénédiction].
כא  יֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁנָּהֲגוּ בַּעֲשֶׂרֶת יָמִים אֵלּוּ לְהוֹסִיף בִּבְרָכָה רִאשׁוֹנָה, זָכְרֵנוּ לְחַיִּים ...; וּבִשְׁנִיָּה, מִי כָּמוֹךָ אָב הָרַחֲמָן ...; וּמוֹסִיפִין בְּבִרְכַת שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה, זְכֹר רַחֲמֶיךָ ...; וּמוֹסִיפִין בִּבְרָכָה אַחֲרוֹנָה, וּבְסֵפֶר חַיִּים ... וְכֵן יֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁנָּהֲגוּ לְהוֹסִיף בַּעֲשֶׂרֶת יָמִים אֵלּוּ בִּבְרָכָה שְׁלִישִׁית, וּבְכֵן ... וּבְכֵן ...; אֲבָל בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים, מִנְהָג פָּשׁוּט הוּא לְהוֹסִיף בִּשְׁלִישִׁית, וּבְכֵן... וּבְכֵן
Aucun de ces ajouts n'est talmudique ; il ne s'agit que de coutumes, pas d'obligations. Néanmoins, sur la base de la Gamoro` de Barokhôth 34a, qui interdit d'ajouter des requêtes dans les trois premières et trois dernières bénédictions des Shamônah ´asréh, ces ajouts peuvent être problématiques. Nous en avions parlé dans l'article susmentionné.

Concluons en précisant que ce n'est pas parce que le Ramba''m rapporte certaines coutumes que cela signifie qu'il les approuve. C'est ainsi que dans son Siddour, il ne les inclut pas du tout !

Fin du Chapitre 2 !

1Ta´anith 13b
2Ibid.
3Barokhôth 4:3 ; Ta´anith 2:2
4´avôdhoh Zoroh 8a
5Barokhôth 4:3 ; Ta´anith 2:2
6Tahillim 107:28
7Barokhôth 4:3 ; Ta´anith 2:2
8Zakharyoh 2:9
9Barokhôth 33a
10Ta´anith 3a
11Ibid., 2a
12Ibid., 3b
13Ibid., 10a
14Barokhôth 33a
15Ta´anith 5a
16Ibid., 5b
17Voir le Targoum `ônqalôs
18`ôrah Hayim 117:1
19Voir dans le Tour et le Béth Yôséf, `ôrah Hayim 117
20Voir le Ramba''m, Commentaire sur la Mishnoh, Ta´anith 1:3
21Ta´anith 14b
22Voir Hilkôth Qiddoush Hahôdhash Chapitre 9
23Ta´anith 4b

24Barokhôth 12b

lundi 18 janvier 2016

Statut des toilettes et salles de bain modernes d'un point de vue halakhique : Deuxième Partie

ב״ה

Statut des toilettes et salles de bain modernes d'un point de vue halakhique


Deuxième Partie

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  1. Résumé des lois relatives aux toilettes et maisons de bain pré-modernes

Avant de tenter d'examiner les lois relatives aux salles de bain modernes, nous avons résumé les sources se rapportant aux situations classiques. Les sujets sont centrés autour d'un certain nombre de problèmes. Le principal est la nécessité de garder saint notre camp. Ce verset enseigne que dans un rayon de quatre `ammôth autour d'une Sô`oh, une Mé Raghlayim, une mauvaise odeur, ou tout ustensile fait expressément pour déféquer ou uriner, il est interdit de s'occuper par des activités saintes. En outre, cette interdiction impose certaines restrictions à une Béth Hakkissé` et une Béth Hammarhos. Il existe différentes lois spécifiques se rapportant aux diverses pièces composant une Béth Hammarhos et aux divers modèles de Béth Hakkissé`. Enfin, il existe une dernière propriété attribuée à une Béth Hakkissé` et une Béth Hammarhos  : le fait qu'il s'agisse de lieux spécifiquement désignés pour faire nos besoins, ce qui exempte ces pièces d'une Mazouzoh et de certaines autres lois.

Nous pouvons à présent nous pencher sur les salles de bains et lavabos modernes, et voir ce qu'en ont dit les Pôsqim contemporains.

Il convient de garder à l'esprit que tout ce qui sera dit ici sera centré autour d'une salle de bain/un lavabo propre. Pendant qu'on fait ses besoins, toutes les lois dont nous avons parlées dans la Première Partie, et que nous avons résumées ci-dessus, concernant la Sô`oh et la Mé Raghlayim s'appliquent pleinement, peu importe la sorte de salle de bain/lavabo que l'on utilise.

  1. Rouah Ra´ - Mauvais Esprit

Le Shoulhon ´oroukh1 tranche qu'il faut se laver les mains après être sorti d'une Béth Hakkissé`. D'après lui, cette « Halokhoh » s'applique également à une Béth Hammarhos, mais il ne précise pas de quelle pièce d'une Béth Hammarhos est-ce qu'il parle. À première vue, il semble qu'il veuille parler de la pièce intérieure.

Cette « Halokhoh » nécessitant de se laver les mains en sortant d'une Béth Hakkissé` et d'une Béth Hammarhos se retrouve pour la première fois mentionnée dans le livre qui constitue la plus grande arnaque de l'histoire juive, à savoir, le Zôhar2, et fut reprise par le Hydo''`3. Elle est basée sur l'idée selon laquelle une רוּחַ רַע « Rouah Ra´ » (mauvais esprit) résiderait dans une Béth Hakkissé` et d'une Béth Hammarhos.

À la lumière de tout cela, une question s'est posée : est-ce que le simple fait d'être entré dans une Béth Hakkissé`, une Béth Hammarhos, ou une salle de bain, transmet la Rouah Ra´, au point que cela nécessiterait qu'on se lave les mains en sortant, même sans avoir fait ses besoins ? Le passage du Shoulhon ´oroukh cité plus haut ne traite pas de cette question, mais le Mishnoh Barouroh4 tranche qu'il faut se laver les mains après être sorti d'une Béth Hakkissé` ou d'une Béth Hammarhos, même sans y avoir fait ses besoins. Cette décision n'est pas universellement acceptée. Par exemple, le Maharsha''m5 cite une preuve très concluante tirée du Moghén `avrohom6 selon quoi simplement entrer et sortir d'une Béth Hakkissé` ne nécessite pas un lavage des mains. Sur la base de ce passage du Moghén `avrohom, le Matéh `afroyim ou encore les Tôsofôth Yashanimin7 tranchent également que cela n'est pas requis. L'une des raisons avancées est que la Rouah Ra´ des temps passés n'existerait plus de nos jours, et de ce fait, cela n'a plus du tout la moindre incidence sur une Béth Hakkissé`.8 Le Lév Hayim cite une grande liste de Pôsqim qui sont d'accord avec cela, et ne requièrent pas de lavage des mains si on est simplement entré et sorti d'une Béth Hakkissé` sans y faire ses besoins, mais ajoutent qu'étant donné que cela n'est pas accepté par tous, il faudrait néanmoins toujours laver ses mains dans une telle situation. D'autres encore font la distinction entre un lavabo et des toilettes modernes, et sont indulgents dans le premier cas mais pas le deuxième.

Quant à nous, les Talmidhé HaRamba''m, étant donné que le principe du mauvais esprit n'est pas talmudique, et que lorsque nos Sages se lavaient les mains en sortant des toilettes c'était uniquement à des fins hygiéniques ou parce qu'ils allaient ensuite directement remettre leurs Tafillin9, il est clair et évident que le fait de sortir d'une salle de bain ou d'un lavabo, sans y avoir fait ses besoins, ne nécessite aucun lavage des mains. Mais il n'y a aucun désaccord quant au fait qu'un lavage des mains à des fins hygiénique est requis après être sorti d'une salle de bain moderne si on a fait ses besoins et s'est essuyé.

  1. Ablutions et lavages à des fins rituelles

Il existe certains cas de la vie quotidienne qui nécessitent un lavage rituel des mains ou des ablutions, parmi lesquels : avant de manger du pain, avant de prier, ou un Kôhén avant de réciter la Birakhath Kôhanim. La question qui se pose est celle-ci : est-il permis de procéder à ses ablutions ou lavages rituels des mains dans une salle de bain moderne ?

Traitant d'une salle de bain sans déchets et sans mauvaise odeur, Horov Môshah Feinstein10 tranche qu'il est permis d'y faire les ablutions qui précèdent la prière, mais pas ceux qui précèdent un repas. Il argue que le lavage des mains avant la prière est moins strict que celui qui précède un repas, et qu'il a un doute quant à savoir s'il faudrait accorder le statut de Béth Hakkissé` Perse aux salles de bain modernes. Il ajoute néanmoins que même s'il permet de se laver les mains pour la prière dans une salle de bain, c'est seulement lorsqu'il n'y a pas d'autre possibilité et que les mains sont essuyées à l'extérieur.

Le Sis `ali´azar11 permet sans réserve de faire des ablutions rituelles dans un lavabo. Il cite le Rov `aharôn Walkin12 qui a tranché qu'un lavabo moderne est l'équivalent de la pièce médiane dont était dotée une Béth Hammarhos. En outre, il cite le Shou''t Yaskil ´avdi13 et le Yabbia´ `ômar14, qui permettent de se laver les mains rituellement dans un lavabo. Ces derniers arguent que la pièce n'est pas exclusivement employée pour prendre une douche/un bain et faire ses besoins, et par conséquent elle n'a pas le statut d'une Béth Hammarhos.15 Le Sis `ali´azar conclut donc qu'un lavabo moderne n'est pas comparable à une Béth Hammarhos, et qu'on peut donc s'y laver les mains avant un repas, et, selon la lettre de la loi, même y réciter la bénédiction. Mais il ajoute qu'il est préférable de ne pas s'appuyer sur son avis lorsqu'il est possible de faire autrement, afin d'éviter de se laver les mains dans un lavabo. En outre, il souligne que rien de tout cela ne s'applique à une salle de bain, indiquant par-là qu'il interdit de s'y laver les mains.

Horov Yôséf `éliyohou Henkin16 pousse le raisonnement du Rov Walkin plus loin encore et, se basant sur les deux faits selon lesquels les salles de bain modernes expulsent les déchets immédiatement et remplissent aussi d'autres fonctions que faire ses besoins ou prendre son bain, il soutient que nos salles de bain ont le statut de la pièce médiane d'une Béth Hammarhos d'antan. Par conséquent, réciter le Shama´ et faire la prière y sont interdits, mais s'y laver les mains avant de prier ou manger est permis.

Cette question est également traitée par le Halqath Ya´aqôv17 qui, usant de la même logique, l'applique aussi bien à une salle de bain qu'à un lavabo, et permet d'y faire des ablutions rituelles.

Allant encore plus loin que cela, le Lavoushé Mordokhay18 use de la logique selon laquelle nos toilettes modernes expulsent immédiatement les déchets et sont même meilleures qu'une Béth Hakkissé` Perse, et permet, par conséquent, de faire des ablutions rituelles dans une salle de bain. Or, comme nous l'avions vu dans la Première Partie, HaZa''l ont même permis de réciter le Shama´ dans une Béth Hakkissé` Perse. Ce qui signifie qu'en suivant le raisonnement du Lavoushé Mordokhay, cela est également permis dans les salles de bain modernes.

Le Rov ´ôvadhyoh Yôséf19 analyse la question des ablutions dans une salle de bain et un lavabo séparément. Il arrive rapidement à la conclusion qu'une simple présence dans une Béth Hammarhos (et certainement aussi un lavabo) ne nécessite pas de se laver les mains en sortant, à moins d'y avoir pris un bain/une douche. Se basant sur cela, et huit autres Pôsqim20, il conclut que l'on peut faire les ablutions qui précèdent la prière, le repas, et après s'être réveillé, dans un lavabo. Mais il ajoute qu'étant donné que d'autres ne sont pas d'accord avec cette position, on devrait ne pas le faire s'il y a le choix de se laver les mains ailleurs ; s'il n'y a pas d'autre choix et que la pièce est propre, il le permet.

Quant au Hozzôn `ish21, en plus de considérer que nos salles de bain modernes sont comme une Béth Hakkissé` Perse, il offre une raison supplémentaire pour y permettre les ablutions rituelles ; nos toilettes sont en porcelaine et sont rincées après chaque usage. Il est donc possible que tout comme l'innovation des Perses empêchait leurs toilettes d'acquérir le statut halakhique d'une Béth Hakkissé`, de même, nos « innovations » empêcheraient nos salles de bain d'acquérir ce statut. Néanmoins, il conclut qu'on doit être strict en raison du doute planant sur cette question.

Le Shou''t `ôhél Môshah22, le Rov Yishoq Ya´aqôv Weiss23 et le Shou''t `aras Savi24 l'ont, eux, aucun doute, et concluent tous que l'on peut procéder aux ablutions rituelles dans une salle de bain, certainement lorsqu'il n'y a pas d'autre choix, et aussi bien pour la prière que pour le repas.

Comme nous pouvons le voir, il existe diverses opinions, et nous penchons vers celle qui affirme que nos salles de bain et lavabos modernes sont comme une Béth Hakkisé` Perse et sont plus propres encore. Par conséquent, lorsqu'il n'y a pas de déchets présents, ni de mauvaise odeur, se laver rituellement les mains dans une salle de bain, des toilettes ou un lavabo est permis, aussi bien pour la prière que pour le repas. S'il en est ainsi des ablutions et lavages rituels, c'est d'autant plus le cas pour un simple lavage hygiénique. Puisque nos toilettes sont même mieux encore qu'une Béth Hakkissé` Perse, il sera également permis d'y réciter le Shama´, si la pièce est propre et qu'il n'y a ni mauvaise odeur ni déchets, s'il n'est pas possible de le faire ailleurs.

  1. Réciter des Barokhôth

La règle veut qu'il est interdit de réciter des bénédictions en faisant face à une Béth Hakkissé`, et même si elle est entourée d'un mur. Mais Horov Môshah Feinstein25 écrit qu'étant donné que les murs de nos salles de bain modernes sont également des parties intégrales de la maison, nous pouvons accorder à la porte et aux murs le même statut que le reste de la maison plutôt que les considérer comme faisant partie de la salle de bain. Il tranche donc que bien qu'on ne puisse pas s'y laver les mains pour un repas et encore moins réciter une Barokhoh à l'intérieur, on peut réciter une Barokhoh en faisant face à une salle de bain et à l'extérieur de celle-ci, même lorsque la porte est ouverte. La question fut également traitée par le Rov Savi Pésah Frank26, qui tire la même conclusion.

Comme cela a été mentionné au point précédent, certains Pôsqim estiment que nos salles de bain sont comparables à la pièce médiane d'une Béth Hammarhos ou à une Béth Hakkissé` Perse. Il est, par conséquent, imaginable que lorsque la pièce est propre ils permettent d'y réciter des Barokhôth.

Le Ro`''sh27 cite Rabbénou Ta''m qui avait l'habitude de simplement faire une séparation entre le haut et le bas de son corps lorsqu'il se trouvait dans un bain chaud et y récitait une Barokhoh avant de boire. C'est d'ailleurs cité comme Halokhoh dans le Shoulhon ´oroukh.28 Si cela était possible dans une Béth Hammarhos d'antan, à combien plus forte raison dans un lavabo d'aujourd'hui ! C'est pourquoi, le Shou''t Nésar Mattay29 permet de réciter une bénédiction dans un lavabo. Le Rov ´ôvadhyoh Yôséf30 ne va pas jusque là, accorde à un lavabo le statut de la pièce médiane d'une Béth Hammarhos, dans laquelle les pensées de Tôroh (mais pas le fait de les verbaliser) étaient permises. Par conséquent, lui, interdit d'y réciter des bénédictions, mais permet d'y apporter une radio ou un lecteur de cassette ou de CD pour écouter des Divré Thôroh pendant qu'on se douche ou prend son bain. Étant donné qu'il ne s'agit là que d'un enregistrement, et que ce n'est donc pas une voix réelle, c'est comparable à des pensées de Tôroh, qui sont permises. Mais il ajoute que si la pièce est une salle de bain, et non un lavabo, elle a un statut plus restrictif que la pièce médiane d'une Béth Hammarhos, et y avoir des pensées de Tôroh est interdit, même si la pièce est propre et qu'on ne se douche pas.

Mais puisque selon nous les salles de bain modernes sont comparables à une Béth Hakkissé` Perse, voire même en meilleur et en plus propre, où il était permis même de réciter le Shama´, il n'y a aucun problème à réciter une bénédiction dans nos salles de bain et lavabos actuels, dès lors qu'ils sont propres, que nos parties intimes sont couvertes, qu'il n'y a pas de déchets, ni de mauvaise odeur.

  1. Une Mazouzoh ou pas ?

Le Talmoudh exempte une Béth Hakkissé` et une Béth Hammarhos de la Miswoh de la Mazouzoh, sur la base de la Halokhoh qui veut que l'on ne fixe une Mazouzoh qu'à un endroit qui est désigné pour des activités dignes. Cette exclusion n'est pas limitée à ces deux endroits, et ne leur est pas non plus éternellement attachée. Cela nécessite plutôt une estimation objective qu'une certaine pièce d'une maison n'est pas « digne ».

Nous allons donner deux exemples pour illustrer cela. Le Talmoudh et le Shoulhon ´oroukh incluent d'autres pièces dans cette catégorie de pièces « indignes », comme par exemple une tannerie ou encore une Miqwah. L'inclusion d'une tannerie était due à l'odeur causée par l'usage d'excréments de chien dans le processus de tannage dans les temps anciens. Or, aujourd'hui, puisque l'on n'utilise plus du tout des excréments de chien, si la tannerie ne dégage plus une odeur vile plusieurs `aharônim soutiennent qu'elle est astreinte à la Miswoh de la Mazouzoh.31 Quant à une Miqwah, la raison était qu'elles étaient généralement situées en plein air, creusées à même la roche, ce qui fait qu'il n'y avait pas beaucoup d'intimité. Or, aujourd'hui, les Miqwôth sont situées généralement à l'intérieur de bâtiments et sont donc beaucoup plus intimes. Par conséquent, tous les bâtiments de Miqwôth modernes ont une Mazouzoh à la porte d'entrée. Nous pouvons donc bien voir par ces deux exemples que ce n'est pas parce que HaZa''l ont dit qu'une pièce était exemptée de la Miswoh de la Mazouzoh que cela voulait dire qu'il devait en être ainsi pour toujours. Il faut d'abord comprendre pourquoi ont-ils décidé cela et si les raisons du décret s'appliquent encore aujourd'hui. En faisant cela, nous comprenons pourquoi les tanneries et Miqwôth peuvent/sont à notre époque astreintes à la Miswoh de la Mazouzoh, bien que ce n'était pas le cas dans les temps passés. Nous avons également des cas de pièces qui n'étaient pas inclues dans la liste interdite de nos Sages de mémoire bénie, mais que les Pôsqim contemporains ont exemptées de la Miswoh de la Mazouzoh, comme par exemple une pièce qui est exclusivement utilisée pour laver des vêtements32, ou un abattoir33.

De l'autre côté, il y a des pièces qui, à première vue, on aurait pu penser qu'elles étaient exemptées mais ne le sont pas du tout, comme par exemple une chambre à coucher dans laquelle le couple a des relations intimes, ou encore une pièce dans laquelle les femmes se lavent totalement dévêtues34. En outre, une pièce qui q été utilisée comme une Béth Hakkissé`, bien qu'elle ne fut pas exclusivement réservée à cet usage, et qui fut par la suite nettoyée, ainsi qu'une Béth Hammarhos ou Béth Hakkissé` d'antan qui fut transformée en une pièce de séjour (comme un salon, etc.), nécessitent une Mazouzoh.35

Il est clair de tout ce que nous venons de dire que le problème de la Mazouzoh est totalement différent de celui de la prière, de la récitation du Shama´, etc., dans une salle de bain ; c'est-à-dire que le problème n'est pas du tout lié à l'exigence de garder saint notre camp. Une Mazouzoh est certainement permise, et souvent requise, même lorsque des hommes et/ou des femmes utiliseront cette pièce tout en étant dévêtus. Dans de tels cas, il est seulement requis que le parchemin de la Mazouzoh soit correctement couvert. L'exemption d'une Mazouzoh ne s'applique uniquement qu'à des pièces réservées spécifiquement à des activités considérées « indignes ».

Pour déterminer si les salles de bain modernes pourraient avoir la permission d'avoir une Mazouzoh, ou seraient même astreintes à en avoir une, il n'est pas seulement nécessaire d'évaluer leur propreté mais également si elles sont considérées comme des pièces « honorables ». Dans les temps passés, avec le type de toilettes qui existait, nous pouvons aisément comprendre que les toilettes d'antan n'étaient pas des lieux dignes. Mais aujourd'hui, de nombreuses salles de bain pourraient réellement être considérées comme des pièces « honorables ». Dans les hôtels de qualité investissent beaucoup d'argent et d'éclat dans les salles de bain, comme dans les suites. De même, dans de nombreuses maisons privées, la salle de bain est traitée comme une pièce comme les autres au niveau de la décoration, du design intérieur et de la propreté. Dans les temps talmudiques, on n'aurait jamais osé inclure des toilettes extérieures à l'intérieur d'un bâtiment, tellement elles étaient sales, alors qu'aujourd'hui beaucoup y incluraient sans hésitation des salles de bain. Le Da´ath Qadhôshim36 exigeait seulement que les excréments soient constamment couverts pour changer le statut de la pièce et permettre d'y fixer une Mazouzoh. Le Mazouzath Malokhim37 se basa sur cela et fit une extension logique de cette permission en tranchant que toute salle de bain dotée d'une plomberie moderne devrait nécessiter une Mazouzoh. Le Miqdosh Ma´at concède que cette logique est valable, mais est quelque peu dubitatif étant donné que l'exclusion d'origine n'était pas basée sur la présence de Sô`oh mais la fonction « indigne » pour laquelle la pièce était utilisée.38 La pratique majoritaire consiste à ne pas placer de Mazouzoh à une salle de bain, et le Miqdosh Ma´at conclut qu'il ne faudrait pas dévier de cette coutume.

Mais nous avons vu que celui qui le fait quand même a sur qui s'appuyer, et que cette approche est tout autant valable, d'autant plus que les salles de bain modernes ne servent pas uniquement qu'à faire ses besoins, mais à beaucoup d'autres activités, comme faire sa lessive, ranger des vêtements, des essuies, des draps, des médicaments, se brosser les dents, se raser, se coiffer, etc. Nous ne pouvons donc pas dire qu'elles ont le statut de pièces « indignes ».

  1. Conclusion

  1. Les questions halakhiques relatives à la salle de bain et/ou le lavabo moderne incluent leur possible classification comme une Béth Hakkissé` ou une Béth Hammarhos.
  2. Il y a des raisons valables d'être plus indulgents avec une salle de bain et un lavabo moderne qu'une Béth Hakkissé` ou une Béth Hammarhos.
  3. De nombreux Pôsqim sont d'avis que la notion de Rouah Ra´ n'est plus d'actualité à notre époque et, par conséquent, une salle de bain et un lavabo moderne ne nécessitent pas que l'on se lave les mains en sortant, même sans y avoir rien fait.
  4. D'après de nombreuses opinions, si la pièce est propre il est permis de réaliser toutes les ablutions rituelles dans un lavabo. La majorité des Pôsqim n'autorisent les ablutions que pour la prière, mais de nombreux Pôsqim permettent n'importe quelle ablution rituelle dans une salle de bain. Mais d'après toutes les opinions, s'il y a une mauvaise odeur dans la salle de bain, ou si la toilette n'est pas entièrement propre, toutes les Halokhôth relatives à la Sô´oh, à la Mé Raghlayim et à une mauvaise odeur s'appliqueraient.
  5. La pratique dominante est de ne pas placer de Mazouzoh à une salle de bain ou un lavabo moderne, mais il y a des raisons de le permettre.
1`ôrah Hayim 4:18
2Baré`shith 10b
3Dans son commentaire sur le Séfar Hasidhim 823
44:40
5Séfar Da´ath Tôroh, `ôrah Hayim 4
6`ôrah Hayim 227
7Sur Yômo` 30a
8Moghén `avrohom, `ôrah Hayim 173:1. Notez que cela signifie également, comme le dit le Moghén `avrohom lui-même, que même le lavage des mains au réveil, que font la majorité des Juifs d'aujourd'hui, ne serait plus nécessaire également, puisque le concept de mauvais esprit n'existe plus
9Voir Soukkoh 46a et Bavo` Qammo` 17a, où il est clair que se laver les mains en sortant d'une Béth Hakkissé` n'avait rien à voir avec un prétendu mauvais esprit
10`iggarath Môshah, ´évan Ho´azar 1:114
117:5
12Zaqon `aharôn 1:1
13`ôrah Hayim 6:13
14Volume 3, `ôrah Hayim 1-2
15Ce raisonnement est basé sur le Moghén `avrohom, cité plus haut, concernant une ´ovit
16´édhouth LaYisro`él 1
171:205 et 2:162
18`ôrah Hayim 1
19Yabbia´ `ômar Volume 3, `ôrah Hayim 1-2 ; Yahawah Da´ath 3:1
20Shém MiShim´ôn, `ôrah Hayim 9 ; Halqath Ya´aqôv 1:205 ; Zaqon `aharôn 1:1 ; Mahara''m Brisq 3:39 ; Sis `ali´azar 7:5 ; Yashou´ath Môshah Aharonson 31 ; Yaskil ´avdi 6, `ôrah Hayim 13:8 ; Nésar Mattay 2
21Hilkôth Qiryath Shama´ 17:4 et 17:11. Voir aussi `ôrah Hayim 14:4
22Volume 2, 126:3
23Minhath Yishoq 1:60
24110-111
25`iggarath Môshah, ´évan Ho´azar 1:114
26Har Savi, `ôrah Hayim 1
27Barokhôth 3:36
28`ôrah Hayim 74:2
292
30Yabbia´ `ômar Volume 5, `ôrah Hayim 11
31Citons par exemple le `amaq Halokhoh, ´ôrah Hayim 30, ou encore le Hayé odhom et beaucoup d'autres
32Voir Qountrés Mazouzoh 286:10 ; Barouré Halokhoh, page 173
33Mazouzath Malokhim, Sé´if Qoton 147
34Touré Zohov, Yôréh Dé´oh 286:5
35Pithhé Tashouvoh 286:6
36Yôréh Dé´oh 286:10
37Sé´if Qoton 147

38Hôvath Haddar, Chapitre 2, note de bas de page 35

dimanche 17 janvier 2016

Statut des toilettes et salles de bain modernes d'un point de vue halakhique : Première Partie

ב״ה

Statut des toilettes et salles de bain modernes d'un point de vue halakhique


Première Partie

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  1. Introduction

Les 20ème et 21ème siècles sont caractérisés par leurs innovations technologiques nombreuses qui confrontent la communauté religieuse à des défis nouveaux et intéressants. La plomberie intérieure est une innovation relativement mineure qui a néanmoins fait ressurgir beaucoup d'anciennes questions halakhiques et en a provoqué de nouvelles plus « modernes ». Le changement le plus significatif est certainement la disparition des toilettes communautaires ou toilettes extérieures qui étaient partagées par de nombreuses personnes dans une même cour. Aujourd'hui, chaque famille possède ses propres installations, généralement dans la même pièce que le lavabo et la baignoire/douche. En plus d'être privées, elles sont beaucoup plus salubres et moins odorantes que dans le passé, puisque les déchets qu'on y fait sont immédiatement chassés à l'eau et retirés de la pièce et de la maison.

Cette pièce qui combine à la fois une toilette, un lavabo et une baignoire/douche est communément appelée « salle de bain ». Dans certains endroits, des maisons possèdent également une pièce dotée uniquement d'une douche/baignoire et d'un lavabo. Nous désignerons cette pièce par l'appellation de « lavabo ».1 Il convient de signaler d'entrée que les pièces modernes désignées par ces termes sont distincts des בֵּית הַכִּסֵּא « Béth Hakkissé` » et בֵּית הַמֶּרחָץ « Béth Hammarhos » dont on nous parle fréquemment dans la littérature halakhique traditionnelle (Talmoudh, Ga`ônim et Ri`shônim), et ces distinctions entre ces quatre termes seront préservées tout au long de cet article.

Le statut que la Halokhoh accorde aux salles de bain modernes a de nombreuses ramifications pratiques. Certaines des questions les plus courantes qu'elles suscitent sont notamment celles-ci : Peut-on accomplir son obligation de faire les ablutions ou lavages rituels dans une salle de bain ? Est-il permis de penser à des sujets de Tôroh dans une telle pièce ? Peut-on y prononcer les paroles du Shama´, de la prière ou de la Tôroh ? Peut-on y porter les Tafillin ? Une salle de bain moderne doit-elle avoir une Mazouzoh ? Ces questions et beaucoup d'autres seront traitées ici.

Étant donné que l'usage de la salle de bain moderne remplace deux installations distinctes du passé, il sera d'abord nécessaire de comprendre les Halokhôth de ces deux entités. Il s'agit de la בֵּית הַמֶּרחָץ « Béth Hammarhos » (« maison de bain ») et de la בֵּית הַכִּסֵּא « Béth Hakkissé` » (« toilette extérieure »). Ces deux pièces ou bâtiments sont sujets à des Halokhôth claires et assez bien définies. La mission consistera à savoir si elles sont pertinentes par rapport aux salles de bain ou lavabos modernes. Cet article discutera d'abord des définitions et Halokhôth classiques, et seulement ensuite des questions contemporaines.

  1. Béth Hammarhos

Dans les temps talmudiques, une Béth Hammarhos standard comprenait trois pièces, chacune régie par ses propres lois. Dans la pièce extérieure les gens y étaient presque entièrement habillés et n'étaient jamais complètement dévêtus. C'était un lieu où on terminait de s'habiller et où on se relaxait avant de partir.2 Dans cette pièce, il n'existe aucune restriction sur les activités saintes, et il est donc permis d'y réciter le Shama´, de prier, de mettre les Tafillin, etc.3

On entrait dans la pièce médiane en quittant le bain pour commencer à s'habiller.4 Dans cette pièce, il est interdit de prier, réciter le Shama´ et mettre les Tafillin. Mais il est permis d'y avoir des pensées de Tôroh5 ou saluer quelqu'un par le mot ָלוֹם « Sholôm »6.

La troisième pièce est la pièce intérieure. C'est là où était situé le bain. Là, la plupart des gens étaient totalement dévêtus et y transpiraient abondamment.7 Dans cette pièce, il est même interdit d'avoir des pensées de Tôroh8, d'y saluer quelqu'un par le mot « Sholôm », ou porter des Tafillin.

La Béth Hammarhos classique n'était pas considérée comme un lieu digne ou honorable.9 Puisque la Gamoro`10 comprend le verset de Wayyiqro` 19:32 (qui enseigne la Miswoh de קִימָה וְהִידּוּר « Qimoh Wahiddour », se lever et honorer un sage/une personne âgée) comme ne s'appliquant qu'à un lieu digne ou honorable, une Béth Hammarhos est exclue. Mais cette exclusion ne s'applique qu'à la pièce intérieure et non à la pièce extérieure.11

Un raisonnement similaire est employé pour exempter une Béth Hammarhos de l'obligation de la Mazouzoh. La Tôroh12 enseigne que la Miswoh de la Mazouzoh ne s'applique qu'à בֵּיתֶךָ, וּבִשְׁעָרֶיךָ « ta maison et à tes portes », ce que la Gamoro` interprète comme voulant dire que tout comme ta maison est réservée à l'honneur, de même, tout lieu réservé à l'honneur nécessite une Mazouzoh. Ce qui vient exclure une Béth Hammarhos.13

Il y a deux principes qui ressortent ici : celui qui régit les lois relatives à la Mazouzoh et au Qimoh Wahiddour découle d'une classification subjective d'une Béth Hammarhos comme étant un lieu dénué d'honneur. L'autre, qui limite les activités saintes dans la Béth Hammarhos, est déduit du verset qui stipule14 : וְהָיָה מַחֲנֶיךָ, קָדוֹשׁ « et ton camp sera saint », et a des ramifications pratiques supplémentaires qui seront traitées au point suivant.

Aucune des restrictions susmentionnées se rapportant à une Béth Hammarhos ne doit amener à dénigrer son rôle. En dépit des interdictions que les Sages ont instituées, ces derniers firent les éloges de Rome pour la construction de nombreuses Baté Hammarhos en Palestine15, et Hillél ז״ל enseigna à ses disciples que prendre un bain était un devoir religieux.16 Dans les temps talmudiques, il était même interdit à un Talmidh Hokhom de vivre dans une ville qui n'était pas dotée d'une Béth Hammarhos publique.17

  1. Et ton camp sera saint

Le verset, וְהָיָה מַחֲנֶיךָ, קָדוֹשׁ « et ton camp sera saint », est la source de l'interdiction biblique de réciter le Shama´, faire la prière, prononcer ou penser des paroles de Tôroh si le « camp » de quelqu'un n'est pas « saint ». Ces deux termes (« camp » et « saint ») nécessitent une clarification. Le contexte de ce verset nous apprend que l'absence de sainteté résulte, par exemple, de la présence de צוֹאָה « Sô`oh » (excrément) à l'intérieur du « camp » ou domaine de quelqu'un.18 Quatre `ammôth (180 cm) sont généralement considérées comme étant la taille du « camp privé » de quelqu'un. Ainsi, ce verset enseigne qu'il ne doit y avoir aucune Sô`oh dans un rayon de quatre `ammôth afin de pouvoir s'adonner à des activités religieuses.

Si une Sô`oh se trouve en face de quelqu'un, dans le même domaine et est visible, même s'il se trouve en-dehors des quatre `ammôth immédiates, la récitation de paroles de sainteté est interdite, tant qu'on ne l'aura pas couverte, ou tant qu'elle sera encore visible (ainsi, on doit avancer devant la Sô`oh, de façon à ce qu'on ne la voit plus).

Est inclue dans cette obligation de garder « saint » notre « camp » l'interdiction de prier, réciter le Shama´, etc., en présence d'une mauvaise odeur. Les mauvaises odeurs peuvent être classées en deux catégories : celles qui ont une source spécifique, discernable et présente, et celles qui n'en ont pas. Si une mauvaise odeur a une source, elle est considérée comme une Sô`oh vis-à-vis des lois bibliques. Par conséquent, on doit s'éloigner au-delà de quatre `ammôth de l'endroit d'où l'odeur ne se fait plus sentir, autrement la prière doit être recommencée. Si la mauvaise odeur est halakhiquement sans source, ce n'est alors pas un problème au niveau biblique, et au niveau rabbinique il suffira simplement de se retirer de la zone de l'odeur avant de prononcer des paroles de sainteté. Ces Halokhôth incluent toute source de mauvaise odeur, pas seulement une Sô`oh. Un sac poubelle, des aliments avariés, ou des carcasses d'animaux qui produisent une mauvaise odeur rendent interdite, au niveau biblique, la récitation de paroles de sainteté.

La מֵי רַגלַיִם « Mé Raghlayim » (urine) ne retire la « sainteté » de son « camp » et ne cause une interdiction biblique qu'au moment où elle coule du corps dans un flux régulier. Mais s'il ne s'agit que de gouttes et une fois que l'urine est à terre, cela ne soulève qu'un problème rabbinique.19 Il doit la traiter comme du Sô`oh. S'en éloigner n'est efficace que si la Mé Raghlayim n'émet pas de mauvaise odeur. Autrement, tout comme pour n'importe quelle mauvaise odeur ayant une source, elle cause une interdiction biblique.

Le résumé que nous venons de faire des lois relatives à la Sô`oh, la Mé Raghlayim et les mauvaises odeurs est pertinent dans de nombreux domaines de la Halokhoh pratique, comme au fait de prier dans une pièce remplie de couches de bébé sales, dans des chambres d’hôpitaux, etc.

Lorsqu'on traite de la salle de bain moderne, deux ramifications supplémentaires de « et ton camp sera saint » sont pertinentes. Il s'agit d'une גְּרָף שֶׁל רְאִי « Garof Shal Ra`i » et d'une עָבִיט שֶׁל מֵי רַגלַיִם « ´ovit Shal Mé Raghlayim ». On les traduit généralement par « pot de chambre », respectivement pour les excréments et pour l'urine20, et seront à partir de maintenant simplement appelées Garof (pour les excréments) et ´ovit (pour l'urine).

La Garof et la ´ovit causent toutes deux les interdictions bibliques susmentionnées, même lorsqu'elles ne contiennent pas d'excréments ou de l'urine.21 La raison à cela est due au fait que c'est un objet spécifiquement désigné à un but « impur ». Mais ce n'est le cas que si elles sont faites en argile ou en bois, c'est-à-dire des matériaux qui sont considérés poreux et absorbants. Si elles sont faites en métal, en verre, en argile vernie, etc., il est permis de réciter des paroles de sainteté en leur présence, dès lors qu'elles ont été nettoyées correctement.22 Tout cela nous sera très utile, étant donné que les Halokhôth indulgentes se rapportant à une ´ovit (que l'on présentera au point suivant) pourraient s'avérer utiles dans l'analyse d'une salle de bain moderne.

Le Moghén `avrohom ז״ל fournit deux possibilités supplémentaires (autre que les matériaux non poreux) où une ´ovit pourrait ne pas causer les interdictions habituelles.23 La première est un ustensile qui a un usage supplémentaire en plus de servir de ´ovit pour la Mé Raghlayim. Ainsi, elle n'est plus spécifiquement désignée uniquement pour un but « impur » et n'acquiert donc pas le statut d'une ´ovit. Plutôt, elle est comme n'importe quel autre récipient neutre ; lorsqu'elle ne contient ni Sô`oh ni Mé Raghlayim, et qu'elle ne dégage pas une mauvaise odeur, elle n'interdit pas les activités religieuses. Le deuxième cas est celui où à chaque fois que la ´ovit est utilisée une Ravi´ith24 d'eau est également immédiatement versée dedans.25 Le Bi`our Halokhoh26 explique que ces deux conditions l'empêchent également de prendre le statut de ´ovit (et, comme nous le verrons plus tard, cela pourrait également empêcher l'entièreté de la pièce d'assumer le statut de Béth Hakkissé`).

  1. Béth Hakkissé`

Une application supplémentaire du verset « et ton camp sera saint » est la Béth Hakkissé`. Il conviendra de garder à l'esprit que tout ce qui sera dit ici ne s'applique qu'à la Béth Hakkissé` en vigueur dans les temps talmudiques. Plusieurs des règles qui s'y rapportent pourraient ne pas du tout s'appliquer à la salle de bain moderne.

Il y a deux sortes de Béth Hakkissé` dont parlent HaZa''l. La première est appelée בֵּית כִּסֵּא קָבוּעַ « Béth Kissé` Qovoua´ » (une Béth Hakkissé` permanente), et était une zone à part qui était spécifiquement réservée et utilisée pour faire ses besoins. Les déchets y restaient intégralement. En termes modernes, elle est plus ou moins semblable aux latrines que l'on retrouve le long de certains sentiers de randonnée. En outre, les cabines sanitaires mobiles, que l'on retrouve souvent sur des chantiers ou à des festivals, pourraient avoir le même statut, étant donné que les déchets y restent. La deuxième est appelée בֵּית כִּסֵּא עַראִי « Béth Kissé` ´ar`i » (une Béth Hakkissé` temporaire). Ce n'était pas une zone spécifiquement réservée pour faire ses besoins, mais un endroit où quelqu'un qui avait besoin de se soulager se choisissait une zone isolée et l'utilisait comme une Béth Hakkissé`. De par le fait qu'il l'avait utilisée de la sorte, il créait une Béth Kissé` ´ar`i. C'est beaucoup moins courant aujourd'hui, du moins dans les zones peuplées, mais cela se produit fréquemment lorsqu'on on est à l'armée ou quand on fait du camping, par exemple.

Dans une Béth Kissé` Qovoua´, il est interdit de réciter le Shama´, prier, prononcer des paroles de sainteté, penser à de tels sujets, ou porter des Tafillin27, même lorsqu'il ne s'y trouve pas de Sô`oh.28

L'effet prohibitif d'une Béth Hakkissé` est si forte qu'il est même interdit de réciter le Shama´ à l'extérieur mais face à une Béth Hakkissé`.29 Il est également interdit de faire entrer dans des Tafillin dans une Béth Hakkissé`. Mais si elles risquent d'être volées, endommagées, etc., si on les laissait à l'extérieur, on peut les recouvrir et les emporter avec soi dans la Béth Hakkissé`.

La plupart des lois relatives à une Béth Hakkissé` prennent effet dès l'instant où elle a spécifiquement été désignée comme telle, même si elle n'a jamais été utilisée. Ainsi, si une pièce a été réservée comme Béth Hakkissé`, même si on en a jamais fait usage pour ses besoins, il est interdit d'y réciter le Shama´, car elle n'est plus inclue dans la catégorie d'un « camp saint ».30 De cette simple Halokhoh, nous pouvons sentir la gravité des interdictions se rapportant à une Béth Hakkissé`.

Toutefois, il y a aussi des exemples de ce qui semble être des indulgences concernant même une Béth Hakkissé`. Bien qu'il soit interdit de penser à des sujets de Tôroh dans une Béth Hakkissé`, si quelqu'un est si versé et impliqué dans son étude qu'il ne lui est pas possible de penser à autre chose, cela lui est permis.31 C'est notamment le cas des Talmidhé Hakhomim, ceux qui consacrent la grande majorité de leur temps à l'étude. Une autre indulgence plus pertinente se rapporte à ce que le Talmoudh appelle une Béth Hakkissé` Perse. La caractéristique particulière de cette Béth Hakkissé` était que les déchets étaient toujours techniquement couverts ou pas présents à l'intérieur de cette pièce. Plus précisément, si une pièce est construite avec un trou dans lequel les déchets tombent à un angle, de sorte que la Sô`oh et la Mé Raghlayim finiront toujours par partir ou s'éloigner à une distance d'au moins quatre `ammôth grâce à ce trou de drainage, elle n'est pas soumise aux lois susmentionnées relatives à une Béth Hakkissé`, et il sera permis d'y réciter le Shama´.32 Nous reparlerons de cette indulgence très importante lorsqu'on traitera des ramifications possibles qu'elle a sur les salles de bain modernes.

Tout comme il le fait pour la Béth Hammarhos, le Talmoudh insiste également sur l’importance d'une Béth Hakkissé`.33 La Mishnoh34 attache même quelques fois le mot « honneur » à une Béth Hakkissé`, et se réfère aux sanitaires du Béth Hammiqdosh comme étant une בֵּית כִּסֵּא שֶׁל כָּבוֹד « Béth Kissé` Shal Kovôdh » (une Béth Kissé` d'honneur). Ce statut d'honneur était dû au fait qu'elle pouvait être verrouillée de l'intérieur et faire ainsi savoir si quelqu'un se trouvait dans la pièce.

Dans la deuxième partie, nous traiterons des salles de bain et lavabos modernes, et verrons s'ils ont un statut similaire aux deux installations dont nous avons abondamment parlées ici.

1Un lavabo désigne à l'origine une vasque dans laquelle on se lave, pas seulement les mains et/ou le visage, mais tout le corps
2Rash''i, sur Shabboth 10a
3Tôsafto`, Barokhôth Chapitre 2 ; Gamoro`, Shabboth 10a ; Mishnéh Tôroh, Hilkôth Tafillin Oumazouzoh Waséfar Tôroh 4:22
4Rash''i, sur Shabboth 10a
5Le Ra''n, sur ´avôdhoh Zoroh 44b (les Tôsofôth, sur le même passage, ne sont pas d'accord et disent que Shabboth 150a s'applique à la pièce médiane, et que là aussi il est interdit d'avoir des pensées de Tôroh). La permission d'avoir des pensées de Tôroh s'applique même s'il y a dans la pièce des personnes dévêtues, car des pensées de Tôroh sont permises en présence d'une nudité (Shabboth 150a. Ainsi, on peut penser à la Tôroh tout en étant soi-même nu. (Le Mé`iri, sur Shabboth 10a, semble ne pas être d'accord et soutient que ces indulgences ne s'appliquent que lorsqu'il n'y a personne de dévêtu dans la pièce.)
6Qui est l'un des noms de Dieu. Voir Shôftim 6:24 ; Gamoro`, Shabboth 10b ; Tôsofôth, sur Sôtoh 10a ; Tashouvôth Horo`''sh 3:15
7Rash''i, sur Shabboth 10a
8Shabboth 150a
9Rash''i, sur Bavo` Qammo` 86b
10Voir Qiddoushin 32b-33a. C'est cité comme une Halokhoh dans le Mishnéh Tôroh, Hilkôth Talmoudh Tôroh 6:2
11Qiddoushin 33a
12Davorim 6:9
13Yômo` 11b ; Mishnéh Tôroh, Hilkôth Tafillin Oumazouzoh Waséfar Tôroh 6:9
14Davorim 23:15. Voir le Sifri, Davorim 6:9, et la Gamoro`, Shabboth 150a. Ce verset est immédiatement précédé de l'obligation de prévoir des toilettes extérieures au camp militaire des Israélites
15Maghilloh 6b et Shabboth 33b
16Midhrosh, Wayyiqro` Rabboh 34:3
17Sanhédhrin 17b
18La Sô`oh d'un enfant en bas âge n'est pas problématique. La Sô`oh d'un animal est régie par des lois différentes et est en générale moins problématique que la Sô`oh d'un être humain. Dès lors qu'il n'y a pas une mauvaise odeur, on pourra prononcer des paroles de sainteté en sa présence, à l’exception des excréments et urines d'un âne récemment revenu d'un voyage, ou des excréments d'un chat, d'un léopard ou d'un poulet « rouge »
19Quelqu'un qui a une incontinence urinaire peut s'adonner à ses activités religieuses, dès lors lors qu'il ne ressent pas le passage de l'urine et que ses vêtements extérieurs sont propres. De même, celui qui a un cathéter urinaire par lequel passe' constamment l'urine peut accomplir ses devoirs religieux
20Rash''i, sur Barokhôth 25b, explique qu'il s'agit d'objets identiques, mais portant des noms différents sur base de leur fonction respective
21Barokhôth 25b
22Ces règles ont des ramifications pratiques pour quelqu'un qui utilise une bassine hygiénique ou un urinoir. Si c'est fait en bois ou en argile non vernie, c'est traité comme du Sô`oh. Si c'est fait en métal, en verre, en plastique ou en argile vernie, qu'il est propre et sans mauvaise odeur, il ne sera pas nécessaire de s'en éloigner
23`ôrah Hayim 87
24Qui correspond à 143,5 millilitres
25La plupart des toilettes modernes contiennent bien plus qu'une Ravi´ith d'eau dans la cuvette en tous temps, et ensuite, lorsqu'on tire la chasse, de l'eau supplémentaire dans une quantité là encore supérieure à une Ravi´ith est ajoutée.
26`ôrah Hayim 87
27Voir Gamoro`, Barokhôth 23a ; Mishnéh Tôroh, Hilkôth Tafillin Oumazouzoh Waséfar Tôroh 4:17
28Gamoro`, Barokhôth 26a ; Mishnéh Tôroh, Hilkôth Qiryath Shama´ 3:2-4
29Ibid.
30Cette Halokhoh ne s'applique pas à une Béth Hammarhos (Shabboth 10a)
31Béth Yôséf, `ôrah Hayim 85, sur la base de la Gamoro` de Zavohim 102b
32Barokhôth 26a. C'est à la condition de toujours faire usage de ce trou et qu'aucune mauvaise odeur n'est présente dans la pièce
33Barokhôth 8a, Barokhôth 55a, Bavo` Masia´ 107a, Nadhorim 49b, etc.

34Tomidh 1:1 ; Tomidh 26a
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