lundi 8 août 2016

Il n'y a pas de période de "Trois Semaines" chez les Sapharadhim

ב״ה

La Tôroh et HaZa''l n'ont jamais demandé « Trois Semaines » de deuil entre le 17 Tammouz et le 9 `ov

Deuxième Partie


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De façon relativement récente, la mode parmi les Sapharadhim ashkénazifiés consiste à reproduire et imiter les Harédhim `ashkanazim en interdisant pratiquement tout durant la période dite des « Trois Semaines » entre le 17 Tammouz et le 9 `ov.

Or, les Sapharadhim n'ont jamais connu cette période des « Trois Semaines », également appelée בֵּין הַמְּצָרִים « Bén Hammasorim » et n'avaient aucun Minhogh de tristesse durant cette période. Les seules choses qu'ils respectaient jusqu'à relativement récemment étaient des restrictions à partir de Rô`sh Hôdhash `ov et la semaine durant laquelle tombe le jeûne du 9 `ov.

Vous pouvez faire des recherches dans les écrits des Ri`shônim Sapharadhim, aucun ne fait référence à des Minhoghim se rapportant aux « Trois Semaines ». Chaque communauté séfarade adhérait à des Houmrôth et indulgences différentes, mais il n'y avait pas de « Halokhoh » s'appliquant à tous les Sapharadhim dans ce domaine précis.

En fait, le tout premier Sapharadhi à mentionner cette période fut Rabbi Yôséf Qa`rô (1488-1575) dans son Béth Yôséf, où il cite une responsa ashkénaze qui mentionne le Séphar Hasidhim de Rabbi Yahoudhoh ban Shamou`él Hahosidh (1148-1217) dans lequel il est écrit : « Certains pieux parmi les Pieux d'autrefois ne consomment pas de fruit nouveau durant les trois semaines, car comment dirions-nous la bénédiction de ''Shahahayonou'' durant une période si triste de l'année ? ». Premièrement, nous n'avons aucune preuve que les Hasidhim Hori`shônim (les « Pieux d'autrefois », une expression qui désigne les pieux de l'ère de la Mishnoh) avaient une telle pratique. Ni la Mishnoh, ni le Talmoudh, n'en parlent. Deuxièmement, la coutume consistant à réciter la bénédiction de « Shahahayonou » lors de la consommation d'un fruit nouveau ne remonte pas du tout au Talmoudh mais est post-talmudique. Comment donc les Hasidhim Hori`shônim auraient-ils pu avoir une telle pratique ? Troisièmement, le passage du Séphar Hasidhim ne mentionne que cette seule pratique durant les trois semaines. Nous sommes très loin de toutes les interdictions ashkénazes que l'on connaît aujourd'hui !

Mais là encore, la source de Rabbi Yôséf Qa`rô est un texte rédigé par l'un des Ri`shônim `ashkanazim. Il ne pouvait trouver aucun texte rédigé par les Ri`shônim Sapharadhim, tout bonnement parce que chez les Sapharadhim il n'y avait toujours eu que des Minhoghim s'appliquant à la période de neuf jours entre Rô`sh Hôdhash `ov et le jeûne, ainsi que d'autres lois et coutumes pour la semaine du jeûne. C'est là la pratique séfarade d'origine !

Comment les communautés séfarades passaient cette période ? Y avait-il des Houmrôth respectées par certaines ou toutes les communautés séfarades ?

  • Izmir, en Turquie

Le Grand-Rabbin Hayim ban Yisro`él Benbenisti (1603-1673) écrit dans ses « Shi´ouré Kanasath Haggadhôloh » que le Minhogh dans sa ville (et certaines autres villes turques) était de ne simplement pas se fiancer ou se marier durant toute la période des trois semaines. Rien de plus, rien de moins ! Il n'y avait donc pas les interdictions d'écouter ou jouer de la musique, de réciter la bénédiction de « Shahahayonou », d'acheter des vêtements neufs, etc.

Le Rov Hayim Pal`aghi (1788-1869), un autre rabbin turque de la ville de Smyrne, écrit la même chose dans le volume 2 de son « Lév Hayim ».

  • Le Caire, en Égypte

Le Grand-Rabbin Rapho`él `aharôn ban Shim´ôn (1847-1928) ne fait aucune mention de ces Minhoghim de deuil dans la section relative aux jeûnes dans son « Néhar Misrayim ».

Par contre, il fait mention du fait qu'il existe quelques communautés qui récitent certaines Qinôth lors des trois Shabbothôth de la période des « Trois Semaines », et que dans certaines autres communautés on lit les Haftorôth de ces Shabbothôth-là avec un air triste et déchirant. Mais il précise que rien de tout cela n'est le Minhogh en Égypte. Shabboth est Shabboth, et il ne doit y avoir aucune tristesse ou allusion à de la tristesse ce jour-là.

Mais là encore, rien n'est dit sur des interdictions d'écouter de la musique, de célébrer des mariages, d'acheter des vêtements neufs, de réciter « Shahahayonou », etc. La seule chose que faisaient ces communautés non égyptiennes qu'il mentionne était de réciter des Qinôth lors des trois Shabbothôth qui tombaient durant les « Trois semaines ».

Il vaut la peine de mentionner le fait que dans la section relative aux lois sur la sorcellerie et la magie, il dit que le Minhogh en Égypte consiste à se marier n'importe quel jour de l'année, mais que la majorité de la communauté est hésitante à tenir des fiançailles ou des mariages durant ces « Trois Semaines » parce que ce n'est pas considéré comme un « bon signe » ou de « bonne augure ». En mentionnant cela dans la section relative aux lois sur la sorcellerie et l’idolâtrie, il veut nous indiquer qu'hésiter à se fiancer ou se marier durant la période des « Trois Semaines » est de la pure superstition !

Nous voyons donc qu'en Égypte, il n'y avait aucune pratique de deuil pendant la période dite des « Trois Semaines ».

  • Bagdad, en Irak

Le Rov ´abdallah Somakh (1813-1889) nous dit dans le volume 3 de son « Zivé Sadhaq » que le Minhogh dans sa ville consistait à suivre la recommandation faite dans le Shoulhon ´oroukh de ne pas réciter « Shahahayonou » durant l'entièreté de la période dite des « Trois Semaines ». Pas plus, pas moins !

Le Grand-Rabbin `alisho´ Nisim Sasson Dangoor (19ème siècle) nous parle dans son « Gadhoulôth `alisho´ » du Minhogh de Bagdad consistant à tenir une Barith Miloh (même durant les neuf jours entre Rô`sh Hôdhash `ov et le jeûne) avec des chants, des danses et des instruments de musique. Il questionne la permissivité d'un tel Minhogh à la lumière de la recommandation faite par HaZa''l de diminuer sa joie lorsqu'arrive le mois de `ov, mais ne fit rien du tout pour y mettre fin.

Le Rov Yôséf Hayim (1834-1909) nous dit dans son célèbre ouvrage intitulé « Ban `ish Hay » que bien que la Halokhoh n'interdit les mariages qu'à partir de Rô`sh Hôdhash `ov, le Minhogh s'est développé de l'interdire depuis le 17 Tammouz. Mais il précise que les fiançailles étaient permises depuis le 17 Tammouz jusqu'à Rô`sh Hôdhash `ov, moment à partir duquel elles devenaient interdites. Il ajoute qu'il était interdit d'organiser la moindre fête avec de la musique et des danses durant toute la période des « Trois Semaines ».

Le Rov ´ôvadhyoh Yôséf (1920-2013), qui était lui aussi de Bagdad, cite un témoignage oral qu'il a entendu du Rov Sliman Houghi `abboudhi, qui fut le `ov Béth Din de Bagdad, et qui rapporta qu'en fait, le Minhogh de Bagdad consistait à autoriser les mariages jusqu'à Rô`sh Hôdhash `ov.

Nous avons donc quatre témoignages divergents quant à ce qu'était le Minhogh de Bagdad. Cela nous permet de conclure qu'en réalité il n'y avait pas un seul Minhogh pour toute la communauté séfarade de Bagdad, mais que diverses communautés de la ville avaient différentes pratiques quant à ce qui pouvait ou ne pouvait pas être fait durant la période dite des « Trois Semaines ».

La ville de Bagdad est donc un bel exemple montrant clairement qu'il n'y a jamais eu de Minhogh universel parmi les Sapharadhim d'accepter des pratiques de deuil depuis le 17 Tammouz !

  • Meknès, au Maroc, et Tlemcen, en Algérie

Le Rov Yôséf Messas (1892-1974), dans le volume 2 de son « Mayim Hayim », répond à une question qui lui a été soumise quant à savoir si l'on doit s'abstenir de se marier dès le 17 Tammouz ou seulement dès Rô`sh Hôdhash `ov. Il répond en citant le Shoulhon ´oroukh1, qui interdit de réciter « Shahahayonou » durant les trois semaines, et le commentaire du Ramo''`2, qui interdit les mariages durant les trois semaines, et conclut que la règle suit ce qu'a écrit le Ramo''`. Il répond également à une autre question concernant la permissivité de se couper les cheveux durant les trois semaines en disant qu'on doit l'interdire durant les trois semaines, mais il ajoute qu'étant donné que les Français ont envahi l'Afrique du Nord beaucoup sont retournés vers le Minhogh consistant à ne l'interdire qu'à partir de Rô`sh Hôdhash `ov. Il conclut qu'il ne faut pas protester contre ceux qui sont retournés vers ce Minhogh, car interdire de se couper les cheveux depuis le 17 Tammouz n'est qu'une Houmroh et une pratique qui fut établie par les `ashkanazim qui s'est lentement frayée un chemin chez les Sapharadhim !

Tout est dit dans ces dernières lignes ! Bien qu'au Maroc et en Algérie ils s'interdisaient les mariages et de se couper les cheveux depuis le 17 Tammouz, ce n'était pas la pratique d'origine des Juifs marocains et algériens, qui n'ont fait qu'imiter les `ashkanazim en adoptant ces Houmrôth !

  • Damas et Alep, en Syrie

Dans le livre « Darakh `amath », par le Rov `avrohom Ades de Bané Baraq, qui rapporte toutes les pratiques des Juifs syriens lorsqu'ils vivaient encore nombreux en Syrie, il est dit que certains s'abstiennent de dire « Shahahayonou » les jours de semaine, mais que même ces « individus pieux » ne s'en abstiennent pas à Shabboth. Il ne dit rien sur d'autres restrictions en vigueur durant les « Trois Semaines ». Mais nous voyons qu'en Syrie, même l'interdiction de dire « Shahahayonou » n'était respectée que par certains, que le Rov Ades lui-même décrit comme « ces individus pieux ».

  • Djerba, en Tunisie

Dans le livre « Barith Kahounnoh », par le Rov Môshah Hakkôhén, il est rapporté ceci :
  1. aucun mariage n'est célébré durant l'entièreté de la période des « Trois Semaines », mais les fiançailles sont permises durant toute la période
  2. on ne se coupe pas les cheveux durant l’entièreté de la période des « Trois Semaines »
  3. durant toute cette période, le Minhogh entre Minhoh et ´arbith consiste à s'asseoir par terre et réciter le dernier chapitre de `ékhoh (Lamentations de Jérémie), ainsi que les Tahillim 137 et 79.
  4. la bénédiction de « Shahahayonou » n'est pas récitée sur un fruit nouveau, ni sur un vêtement neuf, durant l'entièreté de la période des « Trois Semaines ».

Comme vous avez pu le voir, il n'y avait jamais eu de Minhoghim uniformes parmi les Sapharadhim pour la période dite des « Trois Semaines », car les communautés séfarades d'origine se tenaient aux indications données dans le Talmoudh et par les Ri`shônim Sapharadhim (voir la première partie). Dès lors que Rabbi Yôséf Qa`rô alla emprunter aux `ashkanazim certaines de leurs innovations, des divergences sont nées chez les Sapharadhim, avec certains qui continuent à suivre les prescriptions données par le Talmoudh et les Ri`shônim Sapharadhim, d'autres qui reprennent certaines des restrictions des `ashkanazim, et d'autres enfin qui n'ont aucun honneur ni attachement aux pratiques de leurs ancêtres et préfèrent imiter les `ashkanazim en tout au mépris de leurs propres traditions d'origine, comme s'il fallait nécessairement être les plus rigoureux et stricts pour être de bons Juifs !

1551:17

2551:1

jeudi 4 août 2016

La Halokhoh demande-t-elle trois semaine de deuil ?

ב״ה

La Tôroh et HaZa''l n'ont jamais demandé « Trois Semaines » de deuil entre le 17 Tammouz et le 9 `ov

Première Partie


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Ce soir, nous serons Rô`sh Hôdhash `ov, mois durant lequel nous observerons le jeûne annuel de Tish´oh Ba`ov (9 `ov). Dès ce soir, d'après la Halokhoh, certaines restrictions commenceront à s'appliquer. Mais la majorité des Juifs d'aujourd'hui s'imposent des restrictions déjà depuis le 17 Tammouz. Est-ce une pratique appropriée et soutenue par la Halokhoh authentique ?

Vous pouvez chercher dans tout le TaNa''Kh et le Talmoudh, ni HaShem ית׳ ni HaZa''l n'ont parlé d'une Halokhoh consistant à prendre le deuil durant les trois semaines entre le 17 Tammouz et le 9 `ov. En fait, c'est une pratique née chez les `ashkanazim qui a fini, avec le temps, par être adoptée par d'autres Israélites après eux. Que disent HaZa''l dans le Talmoudh ?

Dans la Mishnoh, nous lisons ceci1 :

La semaine durant laquelle tombe Tish´oh Ba`ov, il est défendu de se couper les cheveux et faire la lessive. Mais le jeudi c'est permis en raison de l'honneur du Shabboth. La veille de Tish´oh Ba`ov l'homme ne doit pas consommer deux plats cuits, ni consommer de la viande, ni boire du vin. Rabbon Shim´ôn ban Gamli`él dit : « On doit opérer des changements ». Rébbi Yahoudhoh oblige à retourner le lit2, mais les Sages n'ont pas consenti à cela.
שבת שחל תשעה באב להיות בתוכה--אסורים מלספר, ומלכבס; ובחמישי, מותרין מפני כבוד השבת. ערב תשעה באב לא יאכל אדם שני תבשילין, לא יאכל בשר, ולא ישתה יין; רבן שמעון בן גמליאל אומר, ישנה. רבי יהודה מחייב בכפיית המיטה, ולא הודו לו חכמים

De ce passage, nous apprenons que les pratiques de deuil relatives à la destruction du Béth Hammiqdosh ne sont pas en vigueur durant les trois semaines qui s'écoulent entre le 17 Tammouz et le 9 `ov, mais que certaines s'appliquent à partir de la semaine durant laquelle va tomber le jeûne du 9 `ov et d'autres la veille du 9 `ov. Et les interdictions mentionnées dans cette Mishnoh sont :

Durant la semaine dans laquelle tombe le 9 `ov :
  • ne pas se couper les cheveux (et non pas « ne pas se raser », comme traduisent certains)
  • ne pas faire la lessive

(Ces interdictions sont levées le jeudi qui précède le jeûne du 9 `ov, par respect pour le Shabboth.)

La veille du jeûne du 9 `ov :
  • ne pas consommer deux plats cuits. C'est-à-dire que lors du dernier repas avant que le jeûne ne commence à la tombée de la nuit, on ne consommera qu'un seul plat cuit et non deux plats cuits différents. Par exemple, on ne consommera pas un plat de lentille suivi d'un plat de riz avec des légumes
  • ne pas consommer de la viande. Cela concerne toujours le dernier repas qui précède le jeûne
  • ne pas boire de vin. Là encore, lors du dernier repas qui précède le jeûne

La Mishnoh se conclut en mentionnant le fait que la veille du 9 `ov, on doit opérer des changements. Les Sages ont rejeté l'opinion de Rébbi Yahoudhoh ז״ל qui obligeait à changer l'orientation du lit la veille du 9 `ov en guise de changement. Pourquoi HaZa''l ont-ils rejeté son opinion ? Tout simplement parce que lorsqu'il est dit que l'on doit opérer des changements, cela concerne la façon de prendre son repas et sa façon de se tenir la veille du 9 `ov, par exemple en prenant son repas par terre et non assis sur une chaise.

Voilà pourquoi, dans son Mishnéh Tôroh, le Ramba''m ז״ל tranche ceci3 :

6. Lorsqu'entre [le mois de] `ov, nous réduisons notre joie. Et la semaine durant laquelle tombe Tish´oh Ba`ov, il est défendu de se couper les cheveux, faire la lessive et porter un vêtement repassé, même en lin, jusqu'à ce que le jeûne soit passé. Et même faire la lessive et réserver [les vêtements] pour après le jeûne est défendu. Les Israélites se sont déjà accoutumés à ne pas consommer de viande durant cette semaine, ni à se rendre aux maisons de bains, jusqu'à ce que le jeûne soit passé. Et il y a des endroits qui se sont accoutumés à ne pas faire d'abattage rituel depuis Rô`sh Hôdhash jusqu'au jeûne.
ו  מִשֶּׁיִּכָּנֵס אָב, מְמַעֲטִין בַּשִּׂמְחָה. וְשַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב לִהְיוֹת בְּתוֹכָהּ, אָסוּר לְסַפַּר וּלְכַבַּס וְלִלְבֹּשׁ כְּלִי מְגֹהָץ, אַפִלּוּ כְּלִי פִּשְׁתָּן, עַד שֶׁיַּעֲבֹר הַתַּעְנִית; וְאַפִלּוּ לְכַבַּס וּלְהַנִּיחַ לְאַחַר הַתַּעְנִית, אָסוּר. וּכְבָר נָהֲגוּ יִשְׂרָאֵל, שֶׁלֹּא לֶאֱכֹל בָּשָׂר בְּשַׁבָּת זוֹ, וְלֹא יִכָּנְסוּ לְמֶרְחֵץ, עַד שֶׁיַּעֲבֹר הַתַּעְנִית; וְיֵשׁ מְקוֹמוֹת שֶׁנָּהֲגוּ לְבַטַּל הַשְּׁחִיטָה מֵרֹאשׁ הַחֹדֶשׁ, עַד הַתַּעְנִית
Lorsqu'entre [le mois de] `ov, nous réduisons notre joie : Conformément au Talmoudh, le Ramba''m ne mentionne pas une seule fois la moindre restriction entrant en vigueur dès le 17 Tammouz. Or, en opposition avec le Talmoudh, le Minhogh majoritaire des Juifs d'aujourd'hui consiste à respecter toute une série de restrictions sans fondement halakhique à partir déjà du 17 Tammouz, comme par exemple les interdictions de se marier, de réciter la bénédiction de « Shahahayonou », de ne pas écouter de la musique, ne pas acheter de vêtements neufs, ne pas se raser ou encore ne pas se couper les cheveux.4 Et à partir de Rô`sh Hôdhash `ov, ils ajoutent d'autres restrictions.

Et la semaine durant laquelle tombe Tish´oh Ba`ov : C'est-à-dire à partir du dernier Môso`é Shabboth (samedi soir) qui précède le jeûne.

faire la lessive : Même si on lave des vêtements que l'on ne comptera porter qu'après que le jeûne soit passé.

et porter un vêtement repassé, même en lin : Les vêtements en lin ne sont pas aussi présentables que les autres sortes de matières lorsqu'on les repasse. Ainsi, bien que leur qualité va diminuer si on les repassait, il sera défendu de les repasser.

Les Israélites se sont déjà accoutumés à ne pas consommer de viande durant cette semaine : Bien que le Talmoudh ne l'interdise que la veille du jeûne.

Il convient de signaler que chaque fois que le Ramba''m déclare וּכְבָר נָהֲגוּ יִשְׂרָאֵל « Et les Israélites se sont déjà accoutumés », cela ne constitue en rien une approbation. Il ne fait que rapporter la coutume que se sont imposés les gens. Comme cela se verra à la Halokhoh 7, il est d'avis, comme cela est dit dans le Talmoudh, que l'interdiction de la consommation de viande ne s'applique que lors du dernier repas avant l'entrée du jeûne, et non durant toute la semaine dans laquelle tombe le jeûne.

ni à se rendre aux maisons de bains, jusqu'à ce que le jeûne soit passé : Cela ne concerne que le fait de se laver pour le plaisir. Inutile de dire qu'un lavage associé à une Miswoh (par exemple, une femme qui se lave avant d'aller se tremper au Miqwah le soir de son immersion rituelle) ou pour des raisons hygiéniques est permis. Mais là encore, le Ramba''m ne fait que rapporter la coutume que beaucoup se sont imposés. Cela ne veut pas dire qu'il y souscrit. Nos Sages n'ont jamais interdit de se laver ou prendre un bain durant la semaine durant laquelle tombe le 9 `ov.

Et il y a des endroits qui se sont accoutumés à ne pas faire d'abattage rituel depuis Rô`sh Hôdhash jusqu'au jeûne : Mais cette pratique ne fut pas acceptée par tous.
7. Toute chose [interdite] à Tish´oh Ba`ov l'est autant la nuit que le jour. On ne mange que tant qu'il fait encore jour. Entre les soleils de ce jour-là, c'est interdit, comme à Yôm Hakkippourim. On ne doit pas manger de viande ni boire du vin durant le repas de séparation de ce jour-là. Mais boire du jus de raisin qui a été laissé durant trois jours ou moins et manger de la viande salée qui a trois jours ou plus est permis. On ne doit pas consommer deux plats cuits.
ז  תִּשְׁעָה בְּאָב--לֵילוֹ כְּיוֹמוֹ לְכָל דָּבָר, וְאֵין אוֹכְלִין אֵלָא מִבְּעוֹד יוֹם; וּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁלּוֹ, אָסוּר כְּיוֹם הַכִּפּוּרִים. וְלֹא יֹאכַל בָּשָׂר וְלֹא יִשְׁתֶּה יַיִן, בִּסְעוֹדָה הַמַּפְסִיק בָּהּ; אֲבָל שׁוֹתֶה הוּא יַיִן מִגִּתּוֹ שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁלוֹשָׁה יָמִים אוֹ פָּחוּת, וְאוֹכֵל בָּשָׂר מָלִיחַ שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁלוֹשָׁה יָמִים אוֹ יָתֵר. וְלֹא יֹאכַל שְׁנֵי תַּבְשִׁילִין
Toute chose [interdite] à Tish´oh Ba`ov : À savoir5 :
  • se laver,
  • s'oindre d'huile/de parfum par plaisir,
  • porter des chaussures,
  • avoir des rapports sexuels,
  • lire le TaNa''Kh, ou étudier la Mishnoh, la Halokhoh, le Talmoudh ou les ouvrages `aggadiques. On ne peut lire et étudier que les livres de `iyôv et de `ékhoh, ainsi que les prophéties « négatives » contenues dans le livre de Yirmayohou, et
  • envoyer les enfants à l'école.

(Le Ramba''m mentionne aussi une interdiction qui ne concerne que les Talmidhé Hakhomim : l'interdiction pour eux de saluer les gens. Mais si quelqu'un qui n'est pas un Talmidh Hokhom les salue, ils doivent répondre, mais faiblement et d'une voix sombre.)

l'est autant la nuit que le jour : Contrairement aux jeûnes du 3 Tishri, du 10 Tévéth et du 17 Tammouz, où les interdictions ne s'appliquent que durant la journée du jeûne et non à partir de la veille au soir.

On ne mange que tant qu'il fait encore jour : Le jour précédent le jeûne.

De même, si quelqu'un a résolu d'accepter le jeûne plus tôt, avant le coucher du soleil, il lui sera interdit de manger.6

Entre les soleils de ce jour-là, c'est interdit : C'est-à-dire entre le moment où le soleil est passé sous la ligne d'horizon et la tombée de la nuit, il est défendu de manger, car il y a un doute quant à savoir si cette période fait partie du jour qui s'achève ou du jour qui commence.

On ne doit pas manger de viande, ni boire du vin, durant le repas de séparation de ce jour-là : C'est-à-dire lors du dernier repas qui précède l'entrée du jeûne.

Mais boire du jus de raisin qui a été laissé durant trois jours ou moins : Et qui n'a pas fermenté.

et manger de la viande salée qui a trois jours ou plus est permis : Nos Sages ont interdit la consommation de viande la veille du jeûne du 9 `ov en raison du fait que lorsque le Béth Hammiqdosh fut détruit, les sacrifices ont cessé. Puisqu'aucune viande sacrificielle ne pouvait être consommée une fois que trois jours étaient passés depuis l'abattage rituel, l'interdiction de consommer de la viande la veille du 9 `ov ne s'applique pas à de la viande qui a été abattue et salée au moins trois jours avant le jeûne.

On ne doit pas consommer deux plats cuits : Nos Sages ont institué cette restriction parce que lorsque deux plats cuits ou plus sont servis, on considère que c'est un repas important et conséquent, et jouir d'un tel repas est inapproprié alors qu'on s'apprête dans quelques instants à commémorer la destruction du Béth Hammiqdosh.
8. Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles ? Lorsqu'on mange la veille de la Tish´oh Ba`ov après la mi-journée. Mais si on prend un repas avant la mi-journée, quand bien même ce serait [notre repas de] séparation pour ce jour-là, on peut manger tout ce que l'on désire. Et la veille de Tish´oh Ba`ov qui tombe un Shabboth on peut manger et boire tout ce dont on a besoin et remplir sa table même d'une manière similaire au repas de Shalômôh. De même lorsque Tish´oh Ba`ov lui-même tombe un Shabboth, on ne doit pas du tout se restreindre.
ח  בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים, שֶׁאָכַל עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב אַחַר חֲצוֹת; אֲבָל אִם סָעַד קֹדֶם חֲצוֹת--אַף עַל פִּי שְׁהוּא מַפְסִיק בָּהּ, אוֹכֵל כָּל מַה שֶׁיִּרְצֶה. וְעֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת--אוֹכֵל וְשׁוֹתֶה כָּל צָרְכּוֹ, וּמַעֲלֶה עַל שֻׁלְחָנוֹ אַפִלּוּ כִּסְעוֹדַת שְׁלֹמֹה; וְכֵן תִּשְׁעָה בְּאָב עַצְמוֹ שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּשַּׁבָּת, אֵינוּ מְחַסֵּר כְּלוּם
Dans quel cas les paroles susmentionnées s'appliquent-elles : À savoir les interdictions de consommer de la viande, boire du vin et consommer deux plats cuits.

Lorsqu'on mange la veille de Tish´oh Ba`ov après la mi-journée : Le repas qui précède le jeûne du 9 `ov, contrairement à celui qui précède le jeûne de Yôm Hakkippourim, est de nature sombre (triste) à cause de la destruction du Béth Hammiqdosh que nous y commémorons. L'atmosphère de deuil qui prévaut tout au long de ce jeûne a commencé. Par conséquent, il est déplacé de consommer un repas normal.

Mais si on prend un repas avant la mi-journée, quand bien même ce serait [notre repas de] séparation pour ce jour-là, on peut manger tout ce que l'on désire : Car avant la mi-journée, on est encore trop loin du jeûne en lui-même.

Et la veille de Tish´oh Ba`ov qui tombe un Shabboth, on peut manger et boire tout ce dont on a besoin, et remplir sa table même d'une manière similaire au repas de Shalômôh : On parle ici du cas où le 9 `ov tombe un samedi soir. Le repas du samedi après-midi pourra être copieux et on pourra manger tout ce qu'on veut dans la quantité que l'on désire, car l'obligation d'honorer le Shabboth surpasse la nécessité de commémorer la destruction du Béth Hammiqdosh.

De même lorsque Tish´oh Ba`ov lui-même tombe un Shabboth : C'est-à-dire, un vendredi soir.

on ne doit pas du tout se restreindre : Contrairement au Minhogh des `ashkanazim qui consiste à appliquer certaines restrictions.7
9. C'est le comportement de tous les gens qui ne peuvent supporter plus que cela. Mais les pieux d'autrefois se comportaient de la façon suivante : la veille de Tish´oh Ba`ov, on apportait à l'homme se trouvant seul du pain sec avec du sel, et il le trempait dans l'eau en s'asseyant entre le four et les plaques de cuisson et mangeait. Et il buvait une cruche d'eau avec inquiétude, tristesse et des larmes, comme si son mort était couché devant lui. Et c'est ce que devrait faire les sages, ou du moins se rapprocher de cela. De nos jours, nous ne consommons pas la veille de Tish´oh Ba`ov de plat cuit, même un plat cuit de lentilles, à moins que ce ne soit le Shabboth.
ט  זוֹ הִיא מִדַּת כָּל הָעָם, שְׁאֵינָן יְכוּלִין לִסְבֹּל יוֹתֵר מִדַּי. אֲבָל חֲסִידִים הָרִאשׁוֹנִים, כָּךְ הָיְתָה מִדָּתָן--עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב מְבִיאִין לוֹ לָאָדָם לְבַדּוֹ פַּת חֲרֵבָה בְּמֶלַח, וְשׁוֹרָהּ בַּמַּיִם וְיוֹשֵׁב בֵּין תַּנּוּר לְכִירַיִם וְאוֹכְלָהּ; וְשׁוֹתֶה עָלֶיהָ קִתּוֹן שֶׁלְּמַיִם בִּדְאָגָה וּבְשִׁמָּמוֹן וּבְכִיָּה, כְּמִי שֶׁמֵּתוֹ מֻטָּל לְפָנָיו. וּכְזֶה רָאוּי לַחֲכָמִים לַעֲשׂוֹת, אוֹ קָרוֹב מִזֶּה; וּמִיָּמֵינוּ לֹא אָכַלְנוּ עֶרֶב תִּשְׁעָה בְּאָב תַּבְשִׁיל, אַפִלּוּ תַּבְשִׁיל שֶׁלַּעֲדָשִׁים, אֵלָא אִם כֵּן הָיָה בַּשַּׁבָּת
Mais les pieux d'autrefois se comportaient de la façon suivante : la description donnée ici par le Ramba''m est rapportée dans le Talmoudh.8

Et c'est ce que devrait faire les sages, ou du moins se rapprocher de cela : Ce sont de telles pratiques que visait la Mishnoh lorsqu'il a été tranché que l'on devait opérer des changements la veille du jeûne du 9 `ov.

De nos jours, nous ne consommons pas la veille du neuf `ov de plat cuit, même un plat cuit de lentilles : C'est une autre manière d'opérer des changements la veille du jeûne du 9 `ov.

Nous voyons donc que le Ramba''m reste fidèle à ce que tranche la Mishnoh ! Et il convient de signaler que le Shoulhon ´oroukh également ne parle jamais d'une période de trois semaines de deuil, mais seulement de restrictions entrant en vigueur durant la semaine dans laquelle tombera le jeûne du 9 `ov, ainsi que la veille du jeûne du 9 `ov. Ce ne sont, à la base, que les `ashkanazim qui avaient la coutume de respecter trois semaines de deuil.

Dans la Gamoro`, d'autres restrictions sont mentionnées. Voici ce que nous lisons dans le traité Yavomôth9 :

Il a été enseigné : « La semaine durant laquelle tombe Tish´oh Ba`ov, il est défendu de se couper les cheveux et faire la lessive. Mais le jeudi c'est permis en raison de l'honneur du Shabboth ». Et il a été enseigné [par rapport à cette Mishnoh] : Avant ce moment10, les gens doivent restreindre leurs occupations dans le commerce, la construction et les plantations, mais il est permis de se fiancer mais pas de se marier. On ne doit pas non plus organiser un repas de fiançailles ! Cela fut enseigné par rapport au temps qui précède ce temps.11
תנן שבת שחל תשעה באב בתוכה אסור לספר ולכבס ובחמישי מותר מפני כבוד השבת ותניא קודם הזמן הזה העם ממעטין בעסקיהם מלישא ומליתן מלבנות ולנטוע ומארסין אבל לא כונסין ואין עושין סעודת אירוסין כי תניא ההיא קודם דקודם

Comme vous l'aurez remarqué, cette Gamoro` cite la Mishnoh par laquelle nous avons commencé notre article, et ajoute que durant la semaine dans laquelle tombera le jeûne du 9 `ov les gens doivent limiter leurs activités commerciales, leurs travaux de construction, ainsi que leurs plantations (ceux qui possèdent un jardin ou un champ). On apprend également qu'avant la semaine durant laquelle tombera le 9 `ov, il est permis de se fiancer mais pas de se marier. La raison de l'interdiction du mariage provient du fait que le mariage est suivi de sept jours de réjouissance. Se marier peu de temps avant que l'on arrive à la semaine durant laquelle tombe le 9 `ov est inapproprié. Mais bien que se fiancer avant d'arriver à cette période soit permis, aucun repas de fiançailles ne devra être organisé. Par contre, se fiancer durant la semaine dans laquelle tombe le 9 `ov sera défendu.

Ce sont-là toutes les interdictions talmudiques et authentiques concernant cette période !

La période que l'on appelle communément de nos jours « période des Trois Semaines », avec de nombreuses restrictions allant du 17 Tammouz au 9 `ov, n'a aucun fondement halakhique. Nos Sages n'ont parlé que de restrictions entrant en vigueur à partir de la semaine durant laquelle tombe le jeûne du 9 `ov, ainsi que de certaines restrictions à appliquer la veille du jeûne du 9 `ov, mais jamais de trois semaines de deuil.

Dans une deuxième partie, nous verrons que les Sapharadhim n'avaient pas non plus, jusqu'à récemment, la pratique générale de garder trois semaines de deuil, mais qu'ils ont malheureusement copié cela sur les `ashkanazim.

1Ta´anith 4:6 (4:7 dans certaines éditions)
2C'est-à-dire, l'orienter différemment de la façon ordinaire dont il est orienté, en faisant de la tête le pied et le pied la tête
3Hilkôth Ta´niyôth 5:6-9
4Le Ramo''`, `ôrah Hayim 551:1-2, 4 ; Qisour Shoulhon ´oroukh 122:1-3
5Mishnéh Tôroh, Hilkôth Ta´niyôth 5:10-11
6Commentaire du Ramba''m sur la Mishnoh de Ta´anith 4:6
7Le Ramo''`, `ôrah Hayim 554:19
8Ta´anith 30a-b
943a-b
10C'est-à-dire, avant le 9 `ov, mais durant la semaine dans laquelle tombe le 9 `ov

11Cette phrase concerne les fiançailles : les fiançailles n'ont été permises qu'avant la semaine durant laquelle tombe le 9 `ov, lorsque faire la lessive est également permis. Mais durant la semaine en elle-même, se fiancer, tout comme laver ses vêtements, est défendu

Lois sur l'idolâtrie, la superstition, la sorcellerie et l'occultisme - Cinquième Partie

ב״ה

Lois sur l'idolâtrie, la superstition, la sorcellerie et l'occultisme

Cinquième Partie


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  1. Interaction avec les gôyim
  1. Interdictions générales

  1. Les versets וּבְחֻקֹּתֵיהֶם, לֹא תֵלֵכוּ « dans leurs coutumes vous ne marcherez point »1, וְלֹא תֵלְכוּ בְּחֻקֹּת הַגּוֹי « vous ne marcherez point dans les coutumes du gôy »2, et הִשָּׁמֶר לְךָ, פֶּן-תִּנָּקֵשׁ אַחֲרֵיהֶם « préserve-toi de crainte d'être attiré derrière eux »3, ont été expliqués de diverses façons par HaZa''l. Ils nous ont enseigné que nous avons l'interdiction d'imiter les habitudes et les coutumes des gôyim. Cela s'applique à toutes leurs cérémonies et rites religieux. Ainsi, il est par exemple défendu de calquer les cérémonies de mariage israélite sur le modèle des cérémonies de mariage des gôyim. De même, il n'est pas permis d'inclure dans les offices de prières des éléments appartenant à d'autres religions ! Nous ne devons pas non plus suivre leurs intérêts culturels, plus particulièrement leurs formes étranges de divertissement, leurs cirques, leurs théâtres et leurs sports, car passer du temps à ces choses-là nous amènera progressivement à abandonner la Tôroh et le mode de vie israélite.4
  2. Plus particulièrement, HaZa''l nous ont enseigné à nous différencier et nous distinguer par rapport à leurs comportements immoraux, leurs façons de s'habiller, leurs styles de coiffures, leur coutumes, leur culture, etc.5 Nous ne pouvons pas :
  1. porter les mêmes vêtements portés par leurs prêtres durant leurs offices idolâtres (ainsi, il est défendu, par exemple, de se vêtir de la toge des moines catholiques ou bouddhistes)
  2. avoir certains types de coiffures (voir l'article intitulé « Les coiffures qualifiées de « Darakhé Ho`amôri »)
  3. recopier le design ou la forme de leurs cathédrales et temples dans lesquels ils tiennent leurs cultes idolâtres.6
  1. L'interdiction de s'habiller comme les gôyim ne s'applique pas aux uniformes ou tenues professionnelles, comme par exemple les blouses des médecins, la toge des avocats, les vêtements des ouvriers, etc., car ces vêtements sont portés à des fins professionnelles.7
  2. De la même manière, bien qu'il soit défendu d'avoir certains types de coiffure, le Talmoudh autorise les Israélites fonctionnaires pour un régime gôy d'arborer une coiffure interdite si tel est le règlement au sein des administrations dans lesquelles ils travaillent.8
  3. Il est permit pour un Israélite de s'habiller comme un gôy, à partir du moment où ce qu'il porte est pudique, n'a pas de lien avec la ´avôdhoh Zoroh et est un style déjà adopté par d'autres Israélites.9
  4. Se rendre à des théâtres, des cirques, des concerts et dans des stades est inclut dans l'interdiction de suivre les coutumes des gôyim, plus particulièrement lorsqu'il y a de la ´avôdhoh Zoroh et de l'immoralité.
  5. Le Sma''g a dit que l'interdiction d'imiter les gôyim inclut aussi le fait de parler comme les gôyim.10 D'ailleurs, dans tous les pays où les Israélites se sont installés ils ont toujours veillé à mélanger la langue locale avec de l'hébreu. Nous aussi, nous devons veiller à employer le maximum d'expressions hébraïques quand nous parlons en français. Il est bien connu que l'un des mérites ayant permis la sortie d'Égypte a été que les Israélites gardèrent la langue hébraïque durant tout le temps de leur exil égyptien. Mélanger la langue locale à l'hébreu est une barrière puissante contre l'assimilation, car une langue influence le processus de penser.
  6. Plusieurs `aharônim ont dit que se faire appeler par un prénom gôy, à moins que ce ne soit la traduction d'un prénom hébraïque (par exemple, se faire appeler « Joël » au lieu de « Yoël », « Elisabeth » au lieu de « Elisheva », « Judith » au lieu de « Yehoudit » ou encore « Salomon » au lieu de « Shlomo »), est inclus dans cette interdiction.11
  7. Construire un monument est défendu, car c'est la coutume des gôyim et de la ´avôdhoh Zoroh.
  8. Il est strictement défendu d'adopter des chants liturgiques gôyim dans nos synagogues.
  9. La plupart des `aharônim sont opposés au fait d'organiser des mariages dans les synagogues, car c'est une imitation de la coutume chrétienne consistant à se marier à l'église.12 Les mariages traditionnels israélites se sont toujours opérés en plein air, lorsque le temps le permettait, ou dans une salle louée pour l'occasion, mais jamais à la synagogue. Nous ne devons pas adopter cette coutume des chrétiens.
  10. Les `aharônim ont prévenu qu'il était strictement défendu d'inscrire un épitaphe sur une tombe israélite dans une langue autre que l'hébreu, pour ne pas imiter les gôyim.13 De la même manière, à cause de la pratique des gôyim consistant à s'habiller en noir pour des funérailles, il est strictement défendu pour un Israélite, qui d'ordinaire ne s'habille pas en noir, de s’habiller en noir pour des funérailles. De même, on ne dépose jamais de fleurs, des poèmes ou encore des photos sur des tombes israélites, car ce sont là quelques-unes des coutumes des gôyim. De la même manière, tirer des coups de fusil en l'air lors de funérailles militaires est strictement défendu par les Pôsqim, car c'est la coutume des gôyim.
  11. La coutume dégoûtante du culte de Molokh consistant à faire passer ses enfants par le feu est inclus dans l'interdiction d'imiter les coutumes des gôyim.14
  12. HaZa''l ont interdit de manger certains aliments et consommer certaines boissons avec des gôyim afin que nous restions séparés d'eux, car sinon nous finirions par nous assimiler à eux, à nous habituer à leurs idées, à être attirés par le fait d'avoir des rapports illicites avec eux, et finir par nous marier avec eux.

Dans la sixième partie, Dieu voulant, nous commencerons à parler des superstitions et fausses croyances.

1Wayyiqro` 18:3
2Ibid., 20:23
3Davorim 12:30
4Mishnéh Tôroh, Hilkôth ´avôdhoh Zoroh Wahouqqôth Haggôyim Chapitre 11
5Ibid. ; Voir aussi le Ramo''`, Y.D. 178:1
6Shoulhon ´oroukh Y.D. 178:1
7Ramo''`, Y.D. 178:1
8Voir aussi Shoulhon ´oroukh Y.D. 178:2
9Shélôth Outhashouvôth Béth Shalômôh, Y.D. 1:197
10Voir le Ba''h Y.D. 178
11Mahara''m Schick Y.D. 169
12Hatho''m Sôphér, ´évan Ho´azar 98
13Mahara''m Schick, Hôshén Mishpot 56

14Talmoudh, Sanhédhrin 64b

mercredi 3 août 2016

Les quatre ingrédients d'une vraie vie

ב״ה

Les quatre ingrédients d'une vraie vie


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Dowidh Hammalakh ע״ה écrit ceci1 :

Aie confiance en `adhônoy et fais le bien ; repose sur terre et entretiens la foi.
בְּטַח בַּיהוה, וַעֲשֵׂה-טוֹב; שְׁכָן-אֶרֶץ, וּרְעֵה אֱמוּנָה

Quatre éléments sont mentionnés ici pour mener une vie véritable, significative et épanouissante. Analysons-les un par un.

  1. בְּטַח בַּיהוה « Batah Badhônoy – Aie confiance en `adhônoy »

Lorsque quelqu'un consacre sa vie au service de Dieu, il jouit d'une vraie sécurité. C'est d'ailleurs la seule sécurité qui vaille et elle est basée sur la confiance. La personne se rend compte que si elle mène sa vie conformément au plan de Dieu en tant qu'Israélite, elle n'a pas besoin de chercher de la sécurité dans quoi que ce soit d'autre. C'est le but de notre existence, au niveau collectif et individuel. En quoi cela offre-t-il une profonde sécurité ? Parce que c'est la seule raison pour laquelle nous avons été créés. C'est uniquement Dieu qui nous a dotés d'intelligence, de talents et de capacités. C'est Lui qui nous a permis de jouir de tout ce que nous acquérons et réalisons dans ce monde, même lorsque nous sommes démunis et semblons n'avoir aucune protection dans ce monde.

L'Israélite a une mission spécifique dans la vie, qui tourne entièrement autour du fait de servir le Créateur et d'être un exemple de droiture et de bonté pour les autres. Par définition, notre mission nous offre toute la sécurité dont nous avons besoin. Nous devons œuvrer à rester fidèles à notre foi et croyance que Dieu sait tout. Après tout, Il nous a créés, nous sommes Son peuple, Ses enfants et notre alliance avec Lui est éternelle et inébranlable. Par conséquent, Il Se chargera de tout et ne nous laissera jamais tomber en quelque circonstance que ce soit.

Vivre avec cette conscience de Dieu et confiance en Dieu offre la plus grande sécurité qui puisse exister !

  1. וַעֲשֵׂה-טוֹב « Wa´aséh Tôv – et fais le bien »

En faisant le bien, nous orientons nos énergies vers l'accomplissement des Miswôth aussi souvent et autant que possible. C'est cela la ´avôdhoh, et c'est ce que l'on appelle « faire le bien ». Cela nous amène à pleinement nous réaliser dans nos vies car nous sommes en phase avec ce que Dieu attend de nous. Ne vous faîtes pas égarer par ce que le reste de la société appelle « bien », qui ne consiste en réalité qu'à courir derrière des plaisirs et fantaisies sans fin. Cela n'a rien à voir avec ce que la Tôroh définit comme le « bien ». Le seul bien qui compte est le bien que Dieu désire que vous accomplissiez.

Lorsque quelqu'un doit faire le choix de se lancer ou pas dans une certaine activité, la seule question qu'il doit se poser est celle-ci : « Cela trouvera-t-il grâce aux yeux de Dieu ? » Comme l'a dit Dowidh Hammalakh, וְהִתְעַנַּג עַל-יְהוָה « Cherche tes délices en `adhônoy »2 ; c'est-à-dire que nous devons désirer et prendre plaisir uniquement dans les plaisirs voulus et approuvés par Dieu, et dont nous pouvons jouir en Sa présence sans la moindre honte ou sentiment de culpabilité pour nous être laissé aller. Bien au contraire, ces plaisirs doivent nous apporter de la joie parce que vous savez que vous pouvez en profiter en Sa présence puisqu'ils sont parvenus jusqu'à vous par Sa bonté et qu'ils trouvent grâce à Ses yeux. Et ainsi, même au sein des joies et des plaisirs nous restons avec Dieu.

Par conséquent, dirigez nos énergies pour servir Dieu est bien, alors que diriger nos énergies pour ne servir que nous est mauvais. Ne vous préoccupez pas de savoir sir les autres apprécient ou pas vos aspirations à servir Dieu, ou s'ils vous y encouragent ou pas.

  1. שְׁכָן-אֶרֶץ « Shakhon `aras – repose sur terre »

Cela signifie deux choses : a) que nous devons chercher et nous assurer un lieu paisible et épanouissant pour vivre côte à côte comme voisins, chacun en tant qu'individus au cœur d'une existence pacifique ; b) bien que tout le monde autour de vous pourrait constamment être changeant et incertain, faîtes-vous une « demeure » paisible. C'est-à-dire créez une paix intérieure, construisez-vous une personnalité forte et assurée que presque rien ne pourra ébranler. Mais ne soyez pas si absorbés par votre « place » au point d'en oublier le but de votre vie, qui est d'accomplir la Volonté de Dieu.

  1. וּרְעֵה אֱמוּנָה « Oura´éh `amounoh – et entretiens la foi »

Nous sommes tous vulnérables et en proie à l'instabilité de la vie. Néanmoins, chaque jour nous devrions penser à la grandeur de Dieu et du vrai but de nos vies tel que Dieu l'a prévu pour nous. Essayez de vivre chaque jour comme s'il s'agissait du dernier et servez le Créateur de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces, comme nous le disons dans le Shama´ ; c'est cela notre but ultime.

Dieu nous a donné les clefs pour atteindre ce but. En faisant un plus grand effort pour nous lancer dans la prière avec une meilleure concentration ; en étudiant la Tôroh pour mieux connaître le Créateur ; en accomplissant les Miswôth avec cœur et dévotion authentique, et non de façon mécanique ; en améliorant nos mauvais traits de caractère et en solidifiant les bons (c'est-à-dire, trouver l'équilibre) ; tous cela fait partie des moyens de nourrir la foi. C'est cela qui nous donne de la force et du courage pour nous impliquer dans la Volonté de Dieu. Et c'est cela qui nous aide également à cultiver dans nos esprits l'amour et la crainte de Dieu.

Nous devons essayer chaque jour de nous impliquer dans l'aspect pratique de la foi israélite, et enseigner à nos enfants et inspirer les autres à eux aussi s'impliquer dans l'aspect pratique de la foi israélite afin qu'ils puissent l'entretenir.

Si nous continuons à diriger nos vies vers les voies d'HaShem ית׳, alors HaShem nous assistera.

1Tahillim 37:3

2Ibid., verset 4
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