dimanche 22 mai 2016

Quand mettre et retirer les Tafillin ? - Deuxième Partie

ב״ה

Quand mettre et retirer les Tafillin ?

Deuxième Partie


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Pour (re)lire la première partie, voir ici.

Le Ramba''m ז״ל explique les moments où l'on peut mettre les Tafillin et où l'on doit les retirer au Chapitre 4 des Hilkôth Tafillin Oumazouzoh Waséfar Tôroh dans son Mishnéh Tôroh. Nous avions mentionné quelques-unes de ces Halokhôth dans la première partie. Poursuivons notre analyse.

12. Si quelqu'un était en chemin avec les Tafillin sur sa tête et le soleil s'est couché, il doit placer sa main sur elles jusqu'à ce qu'il arrive chez lui et les retire. S'il était assis au Béth Hammidhrosh avec les Tafillin sur sa tête et que le jour s'est sanctifié, il doit placer sa main sur elles jusqu'à ce qu'il arrive chez lui et les retire. S'il y a une maison située près du mur [d'une ville] où elles pourront être en sécurité, il doit les y déposer. Et s'il n'a pas retiré ses Tafillin à partir du coucher du soleil parce qu'il n'avait pas d'endroit pour les garder et qu'il les a laissées sur lui afin de les garder, c'est permis.
יב  הָיָה בָּא בַּדֶּרֶךְ וּתְפִלִּין בְּרֹאשׁוֹ, וְשָׁקְעָה עָלָיו הַחַמָּה--מַנִּיחַ יָדוֹ עֲלֵיהֶן עַד שְׁהוּא מַגִּיעַ לְבֵיתוֹ, וְחוֹלֵץ. הָיָה יוֹשֵׁב בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ וּתְפִלִּין בְּרֹאשׁוֹ, וְקָדַשׁ עָלָיו הַיּוֹם--מַנִּיחַ יָדוֹ עֲלֵיהֶן עַד שֶׁמַּגִּיעַ לְבֵיתוֹ, וְחוֹלֵץ; וְאִם יֵשׁ בַּיִת סָמוּךְ לַחוֹמָה שְׁהֶן מִשְׁתַּמְּרִין בּוֹ, מַנִּיחָן שָׁם. וְאִם לֹא חָלַץ תְּפִלָּיו מִשֶּׁשָּׁקְעָה הַחַמָּה, מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ מָקוֹם לְשָׁמְרָן, וְנִמְצְאוּ עָלָיו, כְּדֵי לְשָׁמְרָן--מֻתָּר
Si quelqu'un était en chemin avec les Tafillin sur sa tête et le soleil s'est couché : On parle ici d'un soir de semaine.

il doit placer sa main sur elles : Afin que les autres ne le voient pas et n'en arrivent à penser par erreur qu'il convient de porter les Tafillin après le coucher du soleil.

jusqu'à ce qu'il arrive chez lui et les retire : On ne doit pas retirer les Tafillin en chemin après le coucher du soleil par crainte qu'elles ne tombent. Par conséquent, il faut attendre d'arriver chez soi pour le faire.

Il est évident du contexte de toutes les Halokhôth mentionnées ici que l'on parle de très petites Tafillin et non pas des grosses Tafillin standards portées par la plupart des Juifs d'aujourd'hui. En effet, il n'est pas possible de cacher de sa main les grosses boîtes des Tafillin standards d'aujourd'hui, chose qui est, au contraire, très facile avec des Tafillin ayant de très petites boîtes.

Voici ci-dessous de petites Tafillin de la tête fabriquées conformément aux instructions du Ramba''m et communément portées par les Témonim et Talmidhé HaRamba''m (remarquez que sur l'illustration ci-dessous elles sont portées exactement comme il faut, à savoir sur le crâne et non sur le front, contrairement à ce que font beaucoup de Juifs) :


S'il était assis au Béth Hammidhrosh avec les Tafillin sur sa tête : Dans les temps talmudiques, les Bathé Midhroshim étaient situés dans les champs et il n'était donc pas sûr d'y laisser des objets.

et que le jour s'est sanctifié : On parle ici d'un soir de Shabboth (vendredi). C'est-à-dire que le soleil s'est couché le vendredi soir, initiant ainsi automatiquement l'entrée du Shabboth.

Il est évident que le Ramba''m parle ici du coucher du soleil et non de la tombée de la nuit, puisque c'est à partir du moment où le soleil est descendu sous la ligne d'horizon qu'il devient interdit d'accomplir la moindre Malo`khoh, y compris celle de porter dans le domaine public.

il doit placer sa main sur elles jusqu'à ce qu'il arrive chez lui et les retire : Puisqu'à ce moment-ci la personne porte les Tafillin comme un vêtement et non pour accomplir la Miswoh des Tafillin, les avoir sur soi le vendredi soir en rentrant à la maison ne constitue pas une transgression de l'interdiction de porter dans le domaine public à Shabboth, étant donné qu'il est permis d'avoir sur soi des vêtements à Shabboth.

S'il y a une maison située près du mur [d'une ville] où elles pourront être en sécurité, il doit les y déposer : Cela s'applique aussi bien en semaine qu'à Shabboth. Puisque la personne a un lieu sûr où placer ses Tafillin, il ne lui est pas permis de continuer à les porter le soir.

Et s'il n'a pas retiré ses Tafillin à partir du coucher du soleil parce qu'il n'avait pas d'endroit pour les garder et qu'il les a laissées sur lui afin de les garder, c'est permis : Bien que dans la Halokhoh précédente (voir la Halokhoh 11 dans la première partie) le Ramba''m avait également écrit qu'il était permis d'après le Din de continuer à porter les Tafillin la nuit si on les avait déjà sur soi avant le coucher du soleil, les gens ne devaient pas être mis au courant de cette permission. À l'inverse, lorsqu'on a l'intention de protéger les Tafillin, on peut les garder sur soi sans aucun problème.

13. Quiconque est exempt de la récitation du Shama´ est exempt de la [Miswoh des] Tafillin. Un mineur qui sait garder les Tafillin, son père doit acquérir pour lui des Tafillin afin de l'éduquer dans les Miswôth. Un malade de l'estomac et quiconque ne peut contenir ses fonctions excrétrices qu'avec difficulté est exempt de la [Miswoh des] Tafillin. Par contre, tous ceux qui sont rituellement impurs sont astreints à la [Miswoh des] Tafillin au même titre que ceux qui sont rituellement purs. Celui qui n'est pas à l'aise ou dont l'esprit n'est pas apaisée et qui ne peut concentrer ses pensées est exempt de la [Miswoh des] Tafillin, car celui qui met les Tafillin il lui est interdit d'en détourner son esprit.
יג  כָּל הַפָּטוּר מִקִּרְיַת שְׁמַע, פָּטוּר מִן הַתְּפִלִּין. קָטָן שֶׁיּוֹדֵעַ לִשְׁמֹר תְּפִלָּיו--אָבִיו לוֹקֵחַ לוֹ תְּפִלִּין, כְּדֵי לְחַנְּכוֹ בַּמִּצְווֹת. חוֹלֵי מֵעַיִם, וְכָל שְׁאֵינוּ יָכוֹל לִשְׁמֹר אֶת נְקָבָיו אֵלָא בְּצַעַר--פָּטוּר מִן הַתְּפִלִּין; וְכָל הַטְּמֵאִין, כֻּלָּן חַיָּבִין בַּתְּפִלִּין כַּטְּהוֹרִין. מִצְטַעֵר, וּמִי שְׁאֵין דַּעְתּוֹ נְכוֹנָה וּמְיֻשֶּׁבֶת עָלָיו--פָּטוּר מִן הַתְּפִלִּין: שֶׁהַמַּנִּיחַ תְּפִלִּין, אָסוּר לוֹ לְהַסִּיחַ דַּעְתּוֹ מֵהֶן
Quiconque est exempt de la récitation du Shama´ : La liste inclut :
  • Les femmes et les esclaves
  • Les mineurs
  • Les hommes dont l'esprit est préoccupé ou qui sont occupés par l'accomplissement d'autres Miswôth.

Pour la liste complète, voir le Chapitre 4 des Hilkôth Qiryath Shama´.

est exempt de la [Miswoh des] Tafillin : Il convient de signaler qu'être exempt d'une Miswoh ne signifie pas qu'il soit interdit de l'accomplir. En effet, une personne exemptée d'une Miswoh qui désire néanmoins l'accomplir peut tout à fait le faire, sans aucun problème. C'est ainsi qu'aux Hilkôth Sisith 3:10 le Ramba''m écrit que les femmes et les esclaves peuvent porter des Sisith ou accomplir n'importe laquelle des autres Miswôth dont ils sont normalement exemptés, y compris celle des Tafillin.


Un mineur qui sait garder les Tafillin : C'est-à-dire qui sait qu'il ne faut pas dormir avec les Tafillin, ni aller aux toilettes avec les Tafillin, ni prendre de repas entier avec les Tafillin, etc.

Nous reviendrons dans la troisième partie sur les règles à respecter lorsqu'on a sur soi les Tafillin.

son père doit acquérir pour lui des Tafillin afin de l'éduquer dans les Miswôth : À plusieurs reprises dans son Mishnéh Tôroh le Ramba''m mentionne l'obligation du père d'éduquer ses enfants concernant l'accomplissement des Miswôth.

Il convient de signaler que contrairement au mythe très répandu aujourd'hui, un enfant n'a pas à attendre de devenir religieusement majeur pour mettre les Tafillin ou accomplir d'autres Miswôth (porter un Tallith, lire la Tôroh en public, etc.). Dès lors qu'il sait les accomplir il en a l'obligation comme un adulte. Voir à cet égard l'article intitulé « La vérité sur la Bar Miswoh ». D'ailleurs, dans certaines communautés séfarades, il est de coutume que les enfants portent les Tafillin à partir de l'âge de 9 ans.

Un malade de l'estomac et quiconque ne peut contenir ses fonctions excrétrices qu'avec difficulté : Parce qu'il pourrait libérer des flatulences et parce qu'il ne pourra se concentrer sur les Tafillin.

est exempt de la [Miswoh des] Tafillin : Mais s'il sent qu'il sera capable de contrôler son corps et ses pensées pour une période de temps limité, il devra alors les porter durant cet intervalle de temps.

Par contre, tous ceux qui sont rituellement impurs sont astreints à la [Miswoh des] Tafillin au même titre que ceux qui sont rituellement purs : Car tout ce qui a trait à la Tôroh ne peut contracter d'impureté. La Tôroh est pure et le restera toujours. Par conséquent, même une personne rituellement impure peut accomplir les préceptes de la Tôroh.

Celui qui n'est pas à l'aise ou dont l'esprit n'est pas apaisée et qui ne peut concentrer ses pensées est exempt de la [Miswoh des] Tafillin : Le Talmoudh Yarousholmi1 cite comme exemple Rébbi Yanna`y, qui ne mettait ses Tafillin que trois jours après s'être remis d'une maladie.

car celui qui met les Tafillin il lui est interdit d'en détourner son esprit : Comme nous l'avions vu à la Halokhoh 14 mentionnée dans la première partie.

À suivre...


1Barokhôth 2:3

vendredi 20 mai 2016

La Paroshoh avec le Ramba''m : `amôr

ב״ה

La Paroshoh avec le Ramba''m

`amôr


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La Parashath `amôr commence par le Din de la טֻמְאַת כֹּהַנִים « Toum`ath Kôhanim » (impureté des prêtres), qui interdit aux membres de la caste sacerdotale d'entrer en contact avec un cadavre humain. Comme nous aurions pu nous y attendre, la Tôroh permet cependant aux Kôhanim de devenir Tomé` (rituellement impur) pour enterrer des membres de leurs familles. C'est en accord total avec les valeurs toraniques fondamentales sur la famille et le respect dû aux morts, de sorte qu'en dépit de leur haute stature spirituelle les Kôhanim se doivent de s'occuper de l'enterrement de leurs proches, alors qu'en temps normal ils se doivent d'éviter toutes les sources de Toum`oh (impureté rituelle).

Mais il est surprenant de constater qu'une telle exception n'est pas accordée au Kôhén Godhôl, qui doit adhérer aux règles très strictes du code sacerdotal même face à des tragédies personnelles. Voici ce qui est dit dans la Tôroh1 :

Quant au Kôhén supérieur à ses frères, sur la tête duquel aura coulé l'huile d'onction, et qu'on aura investi du droit de revêtir les insignes, il ne doit point découvrir sa tête ni déchirer ses vêtements; il n'approchera d'aucun corps mort; pour son père même et pour sa mère il ne se rendra point impur; et il ne quittera point le sanctuaire, pour ne pas profaner le sanctuaire de son Dieu, car il porte le sacre de l'huile d'onction de son Dieu: Je suis `adhônoy.
וְהַכֹּהֵן הַגָּדוֹל מֵאֶחָיו אֲשֶׁר-יוּצַק עַל-רֹאשׁוֹ שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה, וּמִלֵּא אֶת-יָדוֹ, לִלְבֹּשׁ, אֶת-הַבְּגָדִים--אֶת-רֹאשׁוֹ לֹא יִפְרָע, וּבְגָדָיו לֹא יִפְרֹם. וְעַל כָּל-נַפְשֹׁת מֵת, לֹא יָבֹא: לְאָבִיו וּלְאִמּוֹ, לֹא יִטַּמָּא. וּמִן-הַמִּקְדָּשׁ, לֹא יֵצֵא, וְלֹא יְחַלֵּל, אֵת מִקְדַּשׁ אֱלֹהָיו: כִּי נֵזֶר שֶׁמֶן מִשְׁחַת אֱלֹהָיו, עָלָיו--אֲנִי יהוה

Même au décès d'un proche parent, le Kôhén Godhôl doit rester dans le sanctuaire et s'abstenir d'assister aux funérailles. Il lui est même interdit d'assumer la moindre pratique de deuil !

Il ressort clairement que le Din strict du Kôhén Godhôl (qui ne s'applique évidemment qu'à lui) a pour but d'établir un modèle de l'état d'esprit qui devrait animer même les membres les plus simples du peuple d'Israël. Le statut privilégié du Kôhén Godhôl en tant que serviteur en chef de Dieu dans le sanctuaire l'immunise contre les peines et les douleurs que les gens expérimentent normalement lorsqu'ils souffrent d'une perte personnelle. En restant dans le sanctuaire pour servir Dieu, le Kôhén Godhôl démontre que la joie et le privilège de la ´avôdhath HaShem éclipse même les tragédies les plus dures, de sorte qu'il puisse rester focalisé et ne pas se détourner de son rôle même face à des épreuves personnelles.

Ce principe s'applique bien à tous les Israélites. La Tôroh permet et exige même de tous les Israélites, excepté le Kôhén Godhôl, d'observer une période de deuil lors du décès d'un membre de la famille, mais dans le même temps elle nous demande de ne pas perdre de vue le privilège sans pareil que représente le fait de servir Dieu. Tout en reconnaissant l'importance du deuil pour ceux qu'on aime, la Tôroh nous invite à suivre l'exemple du Kôhén Godhôl dans la façon de concevoir les difficultés et épreuves de la vie. L'énorme privilège que nous avons de mener des vies au service de Dieu doit nous faire relativiser toutes les difficultés et nous permettre de les affronter avec force, courage et détermination.

Le Ramba''m ז״ל exprime cette notion dans le cadre de son exposé sur le livre de `iyôv. Au début, `iyôv ע״ה répond à ses souffrances en reniant complètement la Divine Providence, et le Ramba''m suggère que `iyôv parvint à cette conclusion erronée en raison de sa compréhension imparfaite ou biaisée de Dieu. Il écrit2 :

Ce n'était là qu'une opinion qui surgit de prime abord, surtout chez un homme frappé de malheurs et intimement convaincu de son innocence, et c'est ce que personne ne contestera ; c'est pourquoi cette opinion est attribuée à `iyôv. Cependant celui-ci ne proférait tous ces discours que tant qu'il était dans l'ignorance et qu'il ne connaissait Dieu que par tradition, comme Le connait la foule des hommes religieux ; mais dès qu'il eut de Dieu une connaissance certaine, il reconnut que la vraie félicité, qui consiste dans la connaissance de Dieu, est réservée à tous ceux qui Le connaissent, et qu'aucune de toutes ces calamités ne saurait la troubler chez l'homme. Ces félicités imaginaires, comme la santé, la richesse, les enfants, `iyôv les avait considérées comme but, tant qu'il ne connaissait Dieu que par tradition et non par la réflexion ; c'est pourquoi il tomba dans tous ces égarements et proféra ces discours [blâmables].

Le Ramba''m déclare que celui qui atteint une connaissance parfaite de Dieu et Sa Providence obtient une telle « félicité » qu' « aucune de toutes ces calamités ne saurait la troubler chez l'homme » ; il n'est pas affecté même par les épreuves et et difficultés les plus dures, même celles qui assaillirent `iyôv. La joie et la vivification causée par cette connaissance lui permet de ne tenir compte d'aucun tourment et souffrance amère.

Évidemment, très peu de personnes peuvent se targuer d'avoir atteint un tel niveau idéal. Le Ramba''m lui-même, dans une lettre fameuse, décrit l'angoisse et la douleur qu'il a ressenties en apprenant le décès tragique de son frère. Néanmoins, nous pouvons tous apprendre du modèle du Kôhén Godhôl à reconnaître le privilège qui nous a été accordé de servir le Tout-Puissant, qui doit nous permettre de relativiser les nombreuses épreuves et difficultés mineures auxquelles nous sommes confrontés chaque jour.

1Wayyiqro` 21:10-12

2Môréh Navoukhim Volume 3 Chapitre 23

jeudi 19 mai 2016

Quand mettre et retirer les Tafillin ? - Première Partie

ב״ה

Quand mettre et retirer les Tafillin ?

Première Partie


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Le Ramba''m ז״ל explique les moments où l'on peut mettre les Tafillin et où l'on doit les retirer au Chapitre 4 des Hilkôth Tafillin Oumazouzoh Waséfar Tôroh dans son Mishnéh Tôroh. Voici ce qu'il rapporte :

10. Le moment pour mettre les Tafillin est la journée et non la nuit, car il est dit1 : « de jours en jours ». Ce « décret » (dont parle ce verset) se réfère à la Miswoh des Tafillin. De même, les Shabbothôth et les Yomim Tôvim ne sont pas un temps [pour mettre] les Tafillin, car il est dit2 : « elles seront pour toi un signe ». Or, les Shabbothôth et les Yomim Tôvim sont eux-mêmes un « signe ». Quand commence la plage horaire pour les mettre ? Dès l'instant où l'on peut voir son ami à une distance de quatre `ammôth et le reconnaître, jusqu'à ce que le soleil se soit couché.
י  זְמָן הַנָּחַת תְּפִלִּין בַּיּוֹם, לֹא בַּלַּיְלָה: שֶׁנֶּאֱמָר "מִיָּמִים, יָמִימָה"--"חֻקָּה" זוֹ, הִיא מִצְוַת תְּפִלִּין. וְכֵן שַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים, אֵינָן זְמָן תְּפִלִּין, שֶׁנֶּאֱמָר "וְהָיוּ לְךָ לְאוֹת", וְשַׁבָּתוֹת וְיָמִים טוֹבִים הֶן עַצְמָן אוֹת. וּמֵאֵימָתַי זְמָן הַנָּחָתָן--מִכְּדֵי שֶׁיִּרְאֶה אֶת חֲבֵרוֹ בְּרֵחוּק אַרְבַּע אַמּוֹת וְיַכִּירֵהוּ, עַד שֶׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה

Le moment pour mettre les Tafillin est la journée et non la nuit, car il est dit : « de jours en jours ». Ce « décret » (dont parle ce verset) se réfère à la Miswoh des Tafillin : La majorité des commentaires sur la Tôroh déclarent clairement que ce verset se réfère en fait à l'agneau pascal, et interprètent donc l'expression מִיָּמִים, יָמִימָה « Miyomim Yamimoh » comme voulant dire « d'années en années ».

Bien que ce soit la lecture acceptée du sens simple de ce verset, le sujet de ce verset fait l'objet d'un débat entre les Sages d'un point de vue halakhique3, et l'interprétation suivie par le Ramba''m est celle proposée par Rébbi Yôsé le Galiléen ז״ל. Pour l'autre interprétation, voir les articles intitulés « Mettre ou ne pas mettre les Tafillin durant Hôl Hammô`édh » et « Mettre ou ne pas mettre les Tafillin à Shabboth, Yôm Tôv et durant Hôl Hammô`édh ».

De même, les Shabbothôth et les Yomim Tôvim ne sont pas un temps [pour mettre] les Tafillin : L'expression יָמִים טוֹבִים « Yomim Tôvim » se réfère aux jours des fêtes de pèlerinage où s'appliquent les mêmes restrictions qu'à Shabboth (excepté en ce qui concerne la nourriture). Cela n'inclut pas les jours de Hôl Hammô´édh de ces fêtes. Par conséquent, le Ramba''m requiert de mettre les Tafillin durant Hôl Hammô´édh.

car il est dit : « elles seront pour toi un signe » : Comme cela a été dit plus haut, il existe une divergence d'opinion entre les Sages concernant le verset וְשָׁמַרְתָּ אֶת-הַחֻקָּה הַזֹּאת, לְמוֹעֲדָהּ, מִיָּמִים, יָמִימָה « Et tu garderas ce décret en son temps, Miyomim Yamimoh », s'il se réfère aux Tafillin ou à l'agneau pascal.

Rébbi Yôsé le Galiléen l'interprète comme se référant aux Tafillin et explique que ce verset enseigne que les Tafillin ne doivent pas être mises la nuit ni les Shabbothôth ni les Yomim Tôvim. Rébbi ´aqivo` ז״ל diverge et interprète ce verset comme se référant à l'agneau pascal. Bien qu'il soutienne que les Tafillin doivent également être mises la nuit, il est d'accord avec l'opinion selon laquelle elles ne doivent pas être mises les Shabbothôth et Yomim Tôvim, mais il déduit ce concept du verset qui déclare : וְהָיוּ לְךָ לְאוֹת « et elles seront pour toi un signe ».

Le Ramba''m cite donc les versets utilisés par les deux camps en divergence parce que chacun soutient néanmoins les principes halakhiques qu'il recherche à exprimer. C'est la raison pour laquelle il ne voit aucun problème à citer le verset וְשָׁמַרְתָּ אֶת-הַחֻקָּה הַזֹּאת, לְמוֹעֲדָהּ, מִיָּמִים, יָמִימָה « Et tu garderas ce décret en son temps, Miyomim Yamimoh » dans les Hilkôth Qiddoush Hahôdhash 1:7 d'après l'interprétation de Rébbi ´aqivo`, alors qu'ici il le cite d'après celle de Rébbi Yôsé le Galiléen !

Or, les Shabbothôth et les Yomim Tôvim sont eux-mêmes un « signe » : Comme il est écrit4 : אַךְ אֶת-שַׁבְּתֹתַי, תִּשְׁמֹרוּ: כִּי אוֹת הִוא בֵּינִי וּבֵינֵיכֶם, לְדֹרֹתֵיכֶם « Toutefois, gardez Mes Shabbothôth car c'est un signe entre Moi et vous pour vos générations ». Ce signe se réfère à l'interdiction d'accomplir des Malo`khôth à Shabboth et Yôm Tôv.

Deux témoins sont requis par la Tôroh pour établir un fait. Ainsi, nous devons chaque fois avoir deux signes de notre engagement envers la Tôroh. L'un est le signe de la circoncision dans notre chair et l'autre est soit le signe des Tafillin sur notre tête et notre bras soit le signe du Shabboth soit le signe de Yôm Tôv. Puisqu'à Shabboth ou Yôm Tôv nous avons le signe de la circoncision et celui du Shabboth ou de Yôm Tôv, le signe des Tafillin n'est plus nécessaire.

Quand commence la plage horaire pour les mettre ? Dès l'instant où l'on peut voir son ami à une distance de quatre `ammôth et le reconnaître : En d'autres mots, nous parlons ici de l'aube, lorsqu'il y a suffisamment de lumière naturelle que pour reconnaître quelqu'un que l'on connait, malgré qu'il fasse encore légèrement sombre.

Le Talmoudh Yarousholmi5 explique que l'on se réfère ici à un ami ou collègue avec lequel on a des contacts occasionnels.

La raison pour laquelle les Tafillin sont associées au fait de voir quelqu'un est que la Tôroh elle-même fait cette association dans le verset suivant וְרָאוּ כָּל-עַמֵּי הָאָרֶץ, כִּי שֵׁם יהוה נִקְרָא עָלֶיךָ; וְיָרְאוּ, מִמֶּךָּ « Et tous les peuples de la terre verront que le nom de `adhônoy est invoqué sur toi et ils auront la crainte de toi », que HaZa''l interprètent comme se référant aux Tafillin6, sur lesquelles se retrouvent les lettres du nom « Shadday ».

jusqu'à ce que le soleil se soit couché : Ce qui marque le début de la période de Bén Hashamoshôth, lorsque le soleil est complètement descendu sous la ligne d'horizon mais que les étoiles ne sont pas encore sorties dans le ciel. À partir de ce moment, on ne pourra pas commencer à mettre les Tafillin.

11. Celui qui met les Tafillin avant que le soleil ne se soit couché et que l'obscurité arrive et qu'elles sont [encore] sur lui, même si elles [restent] sur lui toute la nuit c'est permis. Mais on ne doit pas enseigner cela en public. Plutôt, on enseigne à chacun que l'on ne doit pas mettre sur soi les Tafillin mais plutôt les retirer à partir du coucher du soleil. Quiconque met les Tafillin a priori après que le soleil se soit couché transgresse une interdiction, car il est dit7 : « et tu garderas ce décret en son temps ».
יא  מִי שֶׁהִנִּיחַ תְּפִלִּין קֹדֶם שֶׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה, וְחָשֵׁכָה וְהֶן עָלָיו--אַפִלּוּ הֶן עָלָיו כָּל הַלַּיְלָה, מֻתָּר; וְאֵין מוֹרִין דָּבָר זֶה בָּרַבִּים, אֵלָא מְלַמְּדִין אֶת הַכֹּל, שֶׁלֹּא יַנִּיחוּ תְּפִלִּין עֲלֵיהֶן, אֵלָא יַחְלְצוּ אוֹתָן מִשְּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה. וְכָל הַמַּנִּיחַ תְּפִלִּין לְכַתְּחִלָּה אַחַר שֶׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה--עוֹבֵר בְּלָאו, שֶׁנֶּאֱמָר: וְשָׁמַרְתָּ אֶת-הַחֻקָּה הַזֹּאת, לְמוֹעֲדָהּ

Celui qui met les Tafillin avant que le soleil ne se soit couché et que l'obscurité arrive et qu'elles sont [encore] sur lui, même si elles [restent] sur lui toute la nuit c'est permis : En d'autres mots, la Halokhoh précédente ne parlait que de l'heure limite à partir de laquelle on pouvait commencer à mettre les Tafillin, à savoir lorsque le soleil s'est couché. Mais cela ne veut pas dire qu'il soit interdit d'avoir sur soi les Tafillin la nuit, après la sortie des étoiles. En effet, si on avait sur soi les Tafillin avant que le soleil ne se soit couché, il sera permis de les garder sur soi durant la nuit (mais on les retirera avant de dormir, car dormir avec les Tafillin est interdit comme cela sera expliqué à la Halokhoh 15, dans la deuxième partie).

Le Talmoudh8 rapporte que la pratique que Rov `ashi ז״ל consistait à ne pas retirer ses Tafillin la nuit (sauf au moment de se coucher).

Mais on ne doit pas enseigner cela en public : Par crainte que les gens simples et ignorants ne traitent pas la Miswoh de la façon la plus appropriée.

Plutôt, on enseigne à chacun que l'on ne doit pas mettre sur soi les Tafillin : La nuit.

mais plutôt les retirer à partir du coucher du soleil : Pour éviter que l'on en arrive à dormir avec.

Quiconque met les Tafillin a priori après que le soleil se soit couché transgresse une interdiction : Mais cette interdiction n'est pas inclue dans le compte des 613 Miswôth de la Tôroh et sa transgression n'est pas punissable de flagellation.

Puisque la Halokhoh est que l'on peut continuer à porter ses Tafillin la nuit si on les avait mises sur soi avant le coucher du soleil, nous voyons que cette interdiction n'a pas le même degré de contrainte que les autres et n'est, par conséquent, pas punissable.

car il est dit : « et tu garderas ce décret en son temps » : Un verset qui a précédemment été interprété comme voulant dire que le temps des Tafillin était la journée et non la nuit.

14. Un homme a l'obligation de toucher ses Tafillin tout le temps qu'elles sont sur lui, afin qu'elles ne s'écartent pas de son esprit ne serait-ce qu'un instant, car leur sainteté est plus grande que celle du Sis, puisque le Sis ne contenait qu'une seule fois le nom [de Dieu], tandis que celles-ci possèdent vingt-et-une fois le nom Yôdh Hé` dans celle de la tête, exactement comme dans celle de la main.
יד  חַיָּב אָדָם לְמַשְׁמַשׁ בִּתְפִלָּיו, כָּל זְמָן שְׁהֶן עָלָיו, שֶׁלֹּא יַסִּיחַ דַּעְתּוֹ מֵהֶן, אַפִלּוּ רֶגַע אֶחָד--שֶׁקְּדֻשָּׁתָן גְּדוֹלָה מִקְּדֻשַּׁת הַצִּיץ: שֶׁהַצִּיץ אֵין בּוֹ אֵלָא שֵׁם אֶחָד; וְאֵלּוּ יֵשׁ בָּהֶן אֶחָד וְעֶשְׂרִים שֵׁם שֶׁלְּיוֹד הֵא בְּשֶׁלָּרֹאשׁ, וּכְמוֹתָן בְּשֶׁלַּיָּד

Un homme a l'obligation de toucher ses Tafillin tout le temps qu'elles sont sur lui : On parle ici de les toucher de temps en temps.

afin qu'elles ne s'écartent pas de son esprit ne serait-ce qu'un instant : Puisque les Tafillin peuvent (et devraient) être portées toute la journée (et dans les temps talmudiques, elles étaient portées même lorsqu'on faisait des activités mondaines, comme travailler), on pourrait en arriver à oublier qu'on les a sur soi. Par conséquent, afin de s'en rappeler, il convient de les toucher de temps en temps.

Il est important de signaler qu'il est évident que lorsque le Talmoudh et le Ramba''m font mention de cette Halokhoh, cela concerne uniquement les Tafillin aux petites boîtes et non des Tafillin aux grosses boîtes. En effet, plus les boîtes des Tafillin sont grosses moins il est possible d'oublier qu'on les a sur soi. (Or, les boîtes des Tafillin des temps talmudiques étaient très petites.) En outre, la Tafilloh de la main est normalement censée être couverte sous la manche de son vêtement et non exposée comme le font la majorité des Juifs d'aujourd'hui. Le fait que la boîte ne soit pas visible peut amener à oublier qu'on la porte.

car leur sainteté est plus grande que celle du Sis : Le צִיץ « Sis » est la tiare dorée que portait le Kôhén Godhôl par-dessus son turban.9

puisque le Sis ne contenait qu'une seule fois le nom [de Dieu] : Sur le Sis étaient gravés les mots קֹדֶשׁ לַיהוה « Qôdhash Ladhônoy – Consacré à `adhônoy ».

tandis que celles-ci possèdent vingt-et-une fois le nom Yôdh Hé` dans celle de la tête, exactement comme dans celle de la main : Lorsqu'on additionne le nombre de fois où le Tétragramme est mentionné dans les quatre passages bibliques que contiennent les Tafillin, cela nous fait vingt-et-une fois.

En insistant sur cette grande sainteté des Tafillin, le Ramba''m veut nous faire comprendre que détourner son esprit des Tafillin lorsqu'on les porte équivaut à un acte d'irrespect envers Dieu. Par conséquent, il est interdit d'en détourner son esprit tout le temps où on les porte, et c'est pourquoi on veillera à les toucher de temps en temps tout le temps qu'on les a sur soi.

25. La sainteté des Tafillin est une sainteté immense, car tout le temps où les Tafillin sont sur la tête de quelqu'un et sur son bras, il est humble et craint [Dieu] et ne s'adonne pas à la légèreté et aux conversations futiles. Il ne conçoit pas de pensées mauvaises mais oriente plutôt son cœur vers les paroles de vérité et de justice. C'est pourquoi un homme doit essayer de les avoir sur lui toute la journée, car telle est la meilleure façon d'accomplir la Miswoh. Il a été dit concernant Rov, le disciple de Rabbénou Haqqodhôsh, que toute sa vie on ne l'a [jamais] vu parcourir quatre `ammôth sans Tôroh, sans Sisith et sans Tafillin.
כה  קְדֻשַּׁת תְּפִלִּין, קְדֻשָּׁה גְּדוֹלָה הִיא: שֶׁכָּל זְמָן שֶׁתְּפִלִּין עַל רֹאשׁוֹ שֶׁלָּאָדָם, וְעַל זְרוֹעוֹ--הוּא עָנָו וְיָרֵא, וְאֵינוּ נִמְשָׁךְ בִּשְׂחוֹק וּבְשִׂיחָה בְּטֵלָה, וְאֵינוּ מְהַרְהֵר בְּמַחְשָׁבוֹת רָעוֹת, אֵלָא מְפַנֶּה לִבּוֹ לְדִבְרֵי הָאֱמֶת וְהַצֶּדֶק. לְפִיכָּךְ צָרִיךְ אָדָם לְהִשְׁתַּדַּל לִהְיוֹתָן עָלָיו, כָּל הַיּוֹם--שֶׁמִּצְוָתָן, כָּךְ הִיא. אָמְרוּ עָלָיו עַל רָב תַּלְמִיד רַבֵּנוּ הַקָּדוֹשׁ, שֶׁכָּל יָמָיו לֹא רָאוּהוּ שֶׁהָלַךְ אַרְבַּע אַמּוֹת בְּלֹא תּוֹרָה, אוֹ בְּלֹא צִיצִית, אוֹ בְּלֹא תְּפִלִּין

La sainteté des Tafillin est une sainteté immense : Voir la Halokhoh 14.

car tout le temps où les Tafillin sont sur la tête de quelqu'un et sur son bras, il est humble et craint [Dieu] et ne s'adonne pas à la légèreté et aux conversations futiles : Comme cela est sous-entendu d'une anecdote rapportée dans le Talmoudh.10

Il ne conçoit pas de pensées mauvaises mais oriente plutôt son cœur vers les paroles de vérité et de justice : Le Talmoudh11 déclare que tout le temps où quelqu'un a les Tafillin sur sa tête et son bras il n'en arrivera pas à commettre un péché.

C'est pourquoi un homme doit essayer de les avoir sur lui toute la journée : Comme cela était le cas dans les temps talmudiques.

Chaque fois qu'il est possible pour quelqu'un de porter ses Tafillin en-dehors des moments de la prière, comme par exemple pour étudier, ou quand il est chez lui dans l'intimité de sa maison, ou qu'il n'a pas honte de les porter en public, etc., il convient qu'il essaie de les porter.

Il a été dit concernant Rov, le disciple de Rabbénou Haqqodhôsh, que toute sa vie on ne l'a [jamais] vu parcourir quatre `ammôth sans Tôroh, sans Sisith et sans Tafillin : Voir les Hilkôth Yasôdhé Hattôroh 5:15, où le Ramba''m décrit un tel acte comme un exemple de Qiddoush HaShem.

Il convient de noter que bien que le Ramba''m parle de Rov ז״ל, le Talmoudh12 dit plutôt que c'est Rébbi Zéro´ ז״ל qui agissait de la sorte. Il semble donc que le Ramba''m se soit appuyé sur une responsa des Ga`ônim qui rapporte dix actes de piété pouvant décrire Rov, parmi lesquels le fait qu'on ne le voyait jamais sans Tôroh, sans Sisith et sans Tafillin.

26. Bien que la meilleure façon d'accomplir la Miswoh soit de les porter toute la journée, le moment le plus approprié est pendant la prière. Les Sages ont dit13 « Quiconque procède à la récitation du Shama´ sans Tafillin est comparable à celui qui porte contre lui-même un faux témoignage ». Quiconque ne met pas les Tafillin transgresse huit [commandements] positifs, car dans les quatre sections se retrouve le commandement relatif aux Tafillin de la tête et aux Tafillin de la main. Mais quiconque s'habitue aux Tafillin [aura] de longs jours, car il est dit14 : « Le Seigneur est sur eux ; ils vivront ! »
כו  אַף עַל פִּי שֶׁמִּצְוָתָן לְלָבְשָׁן כָּל הַיּוֹם, בְּשָׁעַת תְּפִלָּה יָתֵר מִן הַכֹּל: אָמְרוּ חֲכָמִים, כָּל הַקּוֹרֶא קִרְיַת שְׁמַע בְּלֹא תְּפִלִּין, כְּאִלּוּ מֵעִיד עֵדוּת שֶׁקֶר בְּעַצְמוֹ; וְכָל שְׁאֵינוּ מַנִּיחַ תְּפִלִּין, עוֹבֵר בִּשְׁמוֹנֶה עֲשֵׂה--שֶׁהֲרֵי בְּאַרְבַּע הַפָּרָשִׁיּוֹת צִוָּה עַל תְּפִלִּין שֶׁלָּרֹאשׁ, וְעַל תְּפִלִּין שֶׁלַּיָּד. וְכָל הָרָגִיל בַּתְּפִלִּין--מַאֲרִיךְ יָמִים, שֶׁנֶּאֱמָר: אֲדֹנָי, עֲלֵיהֶם יִחְיוּ

Bien que la meilleure façon d'accomplir la Miswoh soit de les porter toute la journée, le moment le plus approprié est pendant la prière : Car c'est pendant la prière que l'on est le plus focalisé sur Dieu, que l'on a l'humilité et la crainte de Lui, ce qui sont des sentiments liées aux Tafillin comme cela a été vu à la Halokhoh 25.

Les Sages ont dit « Quiconque procède à la récitation du Shama´ sans Tafillin est comparable à celui qui porte contre lui-même un faux témoignage » : Puisque la Miswoh des Tafillin est mentionnée dans deux des trois paragraphes du Shama´, celui qui récite le Shama´ sans Tafillin est comme quelqu'un qui porte un faux témoignage contre lui-même. En effet, il récite des passages faisant mention du fait d'obéir à toutes les Miswôth de Dieu, en particulier celles de l'étude de la Tôroh, de la mise des Tafillin sur son bras et sa tête, de la mise des Mazouzôth aux poteaux de sa maison et à l'ajout de Sisith sur chaque vêtement à quatre coins dont il se couvre, mais il n'accomplit pas même la Miswoh des Tafillin qu'il est pourtant en train de mentionner en récitant le Shama´.

Mais quiconque s'habitue aux Tafillin [aura] de longs jours, car il est dit : « Le Seigneur est sur eux ; ils vivront ! » : Ce verset est interprété comme se référant à celui qui met les Tafillin, puisque lorsqu'un Israélite porte les Tafillin c'est la seule fois où le nom d'HaShem est sur lui (puisque Son nom est marqué sur les Tafillin que l'on porte sur la tête).

À suivre...

1Shamôth 13:10
2Ibid., verset 9
3Voir Talmoudh, Manohôth 36b
4Shamôth 31:13
5Barokhôth 1:2
6Manohôth 35b
7Shamôth 13:10
8Manohôth 36a
9Voir Shamôth 28:36-39
10Barokhôth 30b
11Manohôth 43b
12Maghilloh 28a
13Barokhôth 14b

14Yasha´yohou 38:16
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