mardi 23 juin 2015

Qu'est-ce que le « Mauvais Œil » ?

בס״ד

Qu'est-ce que le « Mauvais Œil » ?


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Rash''i1 זצ״ל, citant le Midhrosh2, déclare que lorsque les frères de Yôséf Hassaddiq ע״ה se rendirent en Égypte, ils reçurent l'ordre par leur père, Ya´aqôv `Ovinou ע״ה, d'entrer en Égypte par des portes séparées afin que le ´Ayin Horo´ (mauvais œil) n'ait pas de pouvoir sur eux. Pour citer précisément Rash''i :

Ils se fondaient dans la masse afin qu'on ne les reconnût pas, parce que leur père leur avait ordonné de ne pas se montrer tous à la même porte de la ville, mais d'entrer chacun par une porte différente, afin que le mauvais œil n'ait pas prise sur eux, car ils étaient tous beaux, tous forts.
מטמינין עצמן שלא יכירום, לפי שצוה להם אביהם שלא יתראו כולם בפתח אחד אלא שיכנס כל אחד בפתחו, כדי שלא תשלוט בהם עין הרע שכולם נאים וכולם גבורים

Cela signifie-t-il que le ´Ayin Horo´ est une puissance « magique » ayant une influence dans le monde ? Ou qu'il suffirait que quelqu'un énonce une mauvaise parole à l'égard de quelqu'un d'autre pour que cette mauvaise parole se réalise ?

Lorsque nous voyons une balle qui a été lancée en l'air, et que ses rebonds ne cessent chaque fois d'être un peu moins intenses jusqu'à ce qu'elle ne rebondit plus du tout et reste figée au sol, nous ne supposons pas qu'il y a une créature à l'intérieur de la balle qui la fait bouger chaque fois plus lentement et avec moins d'intensité, et que ce serait la raison pour laquelle la balle se comporte ainsi. Au contraire, nous cherchons une explication simple et logique. Nous ne supposons pas ce qui n'est pas nécessaire de supposer. Si nous pouvons expliquer le phénomène en comprenant la nature de l'objet qui nous occupe, nous ne devons pas chercher plus loin et nous laisser aller à des explications mystiques.

Il en est de même avec le ´Ayin Horo´ !

Le ´Ayin Horo´ est très simple à expliquer : cela se réfère à l'état psychologique de l'individu. Si quelqu'un dit « Et ben... Quel magnifique bébé ! », d'autres pourraient lui dire « Ne provoque pas sur lui le ´Ayin Horo´ ! ». Cela signifie-t-il que cette déclaration d'admiration pour la beauté de l'enfant peut causer un quelconque changement dans le bébé ? Absolument pas ! Les mots n'ont aucun pouvoir, si ce n'est qu'ils peuvent produire un changement dans celui qui les a entendus. Ce qui pourrait arriver est qu'une autre mère sera jalouse que cette déclaration ne fut pas faite pour son enfant, et inconsciemment, elle développe une agressivité envers le bébé favorisée ou la mère de cet enfant. L'inconscient d'un être humain est très malin, il est généralement discret et a besoin de satisfaction. Cette mère jalouse pourrait inconsciemment, ou « accidentellement », renverser son verre d'eau sur l'autre femme ou l'enfant de cette femme. Mais l'acte du déversement du verre ne suppose pas une influence ou un pouvoir mystique. Son geste s'explique simplement par une émotion existante, à savoir, la jalousie. Le fait que le déversement du verre d'eau se soit produit dans le sillage de la déclaration d'admiration envers l'autre enfant n'est absolument pas dû à une puissance mystique, mais à la jalousie s'exprimant dans l'inconscient. Cette mère ne peut accepter qu'un autre enfant reçoive plus d'attention que le sien, et elle renverse inconsciemment sa boisson sur l'autre mère, exprimant au-dehors ses sentiments intérieurs.

Aucune explication mystique du ´Ayin Horo´ n'est nécessaire pour expliquer ce cas de figure. Quelqu'un doté d'une Hokhmoh (sagesse) sur le fonctionnement de la nature humaine expliquera très simplement le comportement de cette femme.

Le même principe s'applique aux frères à leur entrée en Égypte. Ya´aqôv `Ovinou savait que ses fils étaient d'une carrure imposante, et nous voyons que deux d'entre eux (Shim´ôn et Léwi) furent capables à eux deux de détruire une ville entière. Il avait compris que dix hommes de carrure imposante ayant en plus l’apparence d'étrangers susciteraient l'interrogation et les soupçons des locaux lorsqu'ils passeraient ensemble par les portes de l’Égypte. Les frères devaient tout faire pour ne pas amener les locaux à les soupçonner de quoi que ce soit. Par conséquent, Ya´aqôv `Ovinou leur ordonna judicieusement d'entrer en Égypte chacun par une porte séparée. Cela minimiserait toute attention sur eux. Ce fut un ordre basé sur la raison, et non sur la crainte de puissances mystiques. Son ordre fut basée sur sa compréhension de la psychologie humaine et le désir de ne pas mettre ses fils en danger.

En outre, nous retrouvons l'expression de « mauvais œil » dans la Mishnoh de `Ovôth 2:12. Là, il est rapporté que Rébbi Yôhonon ban Zakka`y ז״ל posa à ses cinq disciples deux questions : la première fut « À quelle bonne voie l'homme doit-il s'attacher ? », et parmi les réponses nous retrouvons « à un bon œil » ; la deuxième fut l'opposée de la première, à savoir « Quelle est la mauvaise voie dont l'homme doit s'écarter ? », et parmi les réponses nous retrouvons « un œil mauvais ». Le Ramba''m זצ״ל et Rabbi ´Ôvadhyoh ban `Avrohom de Bertinoro זצ״ל décrivent tous deux le « ´Ayin Tôvoh » (bon œil) comme étant quelqu'un qui est toujours satisfait avec ce qu'il a et ne cherche pas à acquérir ce qui appartient à autrui, et le « ´Ayin Horo´ » comme désignant quelqu'un qui n'est jamais satisfait et cherche constamment à acquérir ce qui est à autrui. Aucun de ces deux Ri`shônim ne font mention de la moindre puissance mystique. Suivons les Ri`shônim et non les simplets de la société actuelle !

Nous devons faire l'effort de nous retenir lorsque nous ressentons le besoin d'expliquer quelque chose de façon mystique. Nous devons plutôt patiemment tenter de comprendre les paroles des Sages avec une pensée rationnelle, pas avec une fantaisie et imagination débordante.

Ne soyez pas prompts à croire quelque chose simplement parce que beaucoup (même des Juifs) y croient. Ce n'est pas une preuve ! Le nombre de gens qui suivent une certaine « croyance » ne démontre pas que la croyance est exacte. Beaucoup croient que le ´Ayin Horo´ est une force mystique qui peut causer un malheur, et vont jusqu'à porter des bracelets rouges conseillés par les kabbalistes pour se protéger du « mauvais œil ». Tout cela est de la pure foutaise !

1Commentaire sur Baré`shith 42:5

2Baré`shith Rabboh 91:6

lundi 22 juin 2015

Le fils d'une Israélite et d'un non Israélite est un Mamzér

בס״ד

Le fils d'une Israélite et d'un non Israélite est un Mamzér


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Nous avions vu dans l'article suivant qu'établir la judéité de quelqu'un simplement sur la base du fait que sa mère était Israélite/Juive (même si son père est un non Israélite) n'était pas si évident. Et cela le sera encore moins à la lecture de la Mishnoh suivante :

Yavomôth 7:5
Un Mamzér [peut à la fois] disqualifier et [permettre] de consommer [de la Taroumoh1]. Comment ça ? [Si] la fille d'un Israélite [s'est mariée] à un Kôhén, ou [que] la fille d'un Kôhén [s'est mariée] à un Israélite, et qu'elle enfante de lui une fille, et la fille s'en va se marier à un esclave ou qu'elle s'est mariée à un Nôkhri2 et a enfanté de lui un fils, celui-ci est un Mamzér. Et si la mère de sa mère était la fille d'un Israélite [mariée] à un Kôhén, elle peut manger la Taroumoh, [mais si elle était] la fille d'un Kôhén mariée[ à un Israélite elle ne peut pas manger la Taroumoh.
ממזר פוסל ומאכיל. כיצד: בת ישראל לכוהן, ובת כוהן לישראל, וילדה ממנו בת, והלכה הבת ונישאת לעבד, או שנישאת לנוכרי, וילדה ממנו בן--הרי זה ממזר. הייתה אם אימו בת ישראל לכוהן, תאכל בתרומה; בת כוהן לישראל, לא תאכל בתרומה

Nous voyons clairement que le fils d'une femme Israélite et d'un homme non Israélite a le statut de Mamzér (« bâtard »), c'est-à-dire, un enfant né d'une relation strictement interdite par la Tôroh, au même titre que l'enfant né de la relation entre un frère et une sœur, ou encore d'un enfant né à la suite d'une relation adultère. C'est parce que la Tôroh a catégoriquement interdit à un Israélite d'épouser une Gôyoh, tout comme elle a interdit à une Israélite d'épouser un Gôy. Par conséquent, tout enfant né de telles relations a le statut de « bâtard », comme cela avait déjà été établi dans la Mishnoh analysée dans l'article suivant.

Il convient de préciser que lorsqu'un enfant a le statut de « bâtard », cela a notamment pour conséquence qu'il aura l'interdiction plus tard d'épouser un Israélite n'étant pas un « bâtard ». En d'autres mots, un enfant « bâtard » désirant se marier à un/une Israélite ne pourra se marier qu'à un/une Israélite soit lui-même un/une « bâtard(e) ». Voilà pourquoi les généalogies étaient scrupuleusement analysées et conservées aux époques du Béth Hammiqdhosh, afin d'éviter toute souillure du peuple d'Israël pouvant naître d'unions illégales.

Notre Mishnoh mentionne une conséquence supplémentaire : si la grand-mère de « bâtard » était une Israélite mariée à un Kôhén, le statut de « bâtard » de son petit-fils ne la disqualifie pas pour consommer la Taroumoh après que son mari Kôhén soit décédé. Mais si la grand-mère était une fille de Kôhén mariée à un Israélite, à cause du statut de Mamzér de son petit-fils (le fils que sa fille a eu avec un Nôkhri ou un esclave), elle est privée du droit de consommer de la Taroumoh.

Nous voyons donc que l'union d'une Israélite à un non Israélite n'est pas une chose tolérée par nos Sages de la Mishnoh et que de telles relations pouvaient porter à conséquence. Même si à présent l'enfant d'une Israélite et d'un non Israélite est automatiquement reconnu comme Israélite/Juif, nous ne pouvons pas affirmer qu'il en fut toujours ainsi. Bien au contraire, il ressort clairement des deux Mishnoyôth (celle mentionnée ici et celle mentionnée dans l'article suivant) que dans les relations autorisées par la Tôroh, c'est-à-dire, lorsque les deux parents sont Israélites (de naissance ou convertis) et que leur union ne va à l'encontre d’aucune interdiction de la Tôroh (par exemple, un Kôhén ne peut pas épouser une divorcée, un Israélite légitime ne peut pas épouser une Israélite bâtarde, ils ne sont pas frère et sœur, il n'y a pas eu d'adultère, etc.), le statut de l'enfant suit le père (il n'est donc pas Israélite parce que sa mère l'est, mais parce que son père l'est). Par contre, lorsque la relation est strictement interdite par la Tôroh mais que le couple se marie quand même et a des enfants, le statut des enfants suit celui de la personne défaillante dans le couple (c'est-à-dire, celui avec lequel l'Israélite avait pourtant l'interdiction de se marier). Un Israélite libre qui se marie avec une esclave, alors que la Tôroh interdit une telle union, ses enfants seront esclaves. Une Israélite qui a une relation avec un Gôy, alors que la Tôroh interdit une telle union, ses enfants seront des « bâtards » et ont ainsi l'interdiction d'épouser des Israélites légitimes, même s'ils sont reconnus comme Israélites).

Il est vrai que de nos jours, de tels enfants ne sont plus traités comme des « bâtards »... Mais la Tôroh de nos Sages dit que ce sont des « bâtards » !

1Les produits (céréales, raisins et olives) revenant aux Kôhanim
2Un terme qui désigne un non Israélite, un étranger

vendredi 19 juin 2015

Oupshèrin : Cette pratique est-elle valable ?

בס״ד

Oupshèrin : Cette pratique est-elle valable ?


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Cela en surprendra peut-être beaucoup, mais il n'y a jamais eu de tradition ou de Halokhoh consistant à attendre trois ans pour couper les cheveux d'un garçon pour la première fois, pratique qui est appelée en Yiddish אפשערן « Opshèren » (ou « Oupshèrin », « Opshèrin », « Oupshèren », etc., selon le dialecte Yiddish que vous employez).

En fait, il existe même différentes pratiques à ce niveaux. Certains ont la pratique de ne pas du tout attendre et coupent les cheveux de l'enfant dès qu'ils semblent être trop longs. D'autres attendent que l'enfant ait neuf mois avant de lui couper les cheveux pour la première fois. D'autres attendent que l'enfant ait deux ans, car c'est généralement là qu'il est sevré. D'autres encore attendent jusqu'à quatre ou cinq ans avant de couper les cheveux de l'enfant. Il n'a donc jamais existé une Halokhoh ou tradition exigeant des parents d'attendre un âge spécifique avant de couper les cheveux de leurs garçons. C'est la raison pour laquelle différentes pratiques se sont développées à ce sujet. Mais on nous fait croire par les Hasidhim qu'il y aurait une quelconque tradition d'attendre l'âge de trois ans !

La toute première source à exiger cela est le Sha´ar Hakkawwonôth de Rabbi Hayyim Vital, le disciple du `Ari. Il combine deux versets de la Tôroh : le premier se trouve dans Davorim 20:19. Là, la Tôroh exige que durant les conflits armés les soldats Israélites prennent soin d'épargner les arbres fruitiers, et conclut en disant : כי האדם עץ השדה « car l'être humain est un arbre des champs ». Ce verset est combinée à celui de Wayyiqro` 19:23 qui exige d'attendre trois ans après la plantation d'un arbre fruitier pour pouvoir jouir de ses fruits. Le raisonnement est donc celui-ci : si la Tôroh exige d'attendre trois ans avant de consommer les fruits d'un arbre fruitier, et que de l'autre côté il nous est dit que l'être humain est un arbre des champs, il faut donc attendre trois ans avant de couper les cheveux d'un enfant (les cheveux étant vu comme des « fruits ») !

Mais ni le Zôhar, ni Rabbi Hayyim Vital, ni qui que ce soit d'autre ne peuvent créer un Minhogh, d'autant plus que ce n'est pas ainsi que fonctionne un Minhogh. En effet, contrairement à la définition de « coutume » qu'a aujourd'hui le terme מנהג « Minhogh », un Minhogh est une « façon » (littéralement une « voie ») d'accomplir une Halokhoh spécifique. C'est également le sens qu'il a en Arabe (« Minhaj »), à savoir, la voie que l'on suit pour l'application des prescriptions religieuses. Par conséquent, à moins qu'il y ait une Halokhoh existante dont les racines remontent à la Tôroh et au Talmoudh, il ne peut exister de Minhogh, une voie, une façon d'accomplir une quelconque pratique nouvelle.

Les gens d'aujourd'hui dénature complètement ce qu'est un Minhogh. Ils croient qu'un Minhogh est comme une loi de la Tôroh qui ne demande aucune autre source que le fait d'exister, mais c'est faux !

Par exemple : il y a une loi de la Tôroh de ne pas cuire ensemble de la viande et du lait. HaZa''l, sur base de cette loi de la Tôroh, ont émis un décret selon quoi nous devons attendre un peu entre la consommation de la viande et du lait. Ce n'est qu'une fois que cette loi d'attendre existe qu'il peut alors y avoir différents Minhoghim sur la période de temps à attendre, car bien que HaZa''l aient demandé d'attendre, ils n'ont pas dit combien de temps. Cela peut être quelques minutes, une heure, trois heures, cinq heures, six heures, etc. (Voir ici.) Mais s'il n'y avait jamais eu une loi rabbinique exigeant d'attendre entre la consommation de la viande et du lait, aucun Minhogh d'attendre ne pourrait exister, car un Minhogh ne peut pas être sans base halakhique sur laquelle reposer !

Ainsi, il n'existe aucune Halokhoh se rapportant à la coupe de cheveux d'un enfant. Par conséquent, il ne peut y avoir un Minhogh nous disant quand il faut le faire et comment. Voilà pourquoi, il existe, comme cela a été dit plus haut, différentes pratiques, car c'est à chacun d'agir comme bon lui semble (et comme cela a été dit, certains les coupent dès qu'ils deviennent trop longs pour eux), et personne ne peut prétendre que sa pratique à ce sujet est une Halokhoh ou un Minhogh, car il n'y a aucune Halokhoh sur le sujet.


Beaucoup ne seront pas d'accord, car on touche là à un sujet sensible, une pratique qui existe depuis de nombreuses années maintenant. (Mais en-dehors des milieux Hassidiques (et kabbalistiques), il n'y a pas grand monde qui suit cette règle consistant à attendre trois ans.) D'autres objecteront en disant que cette pratique n'a peut-être pas de base, mais elle crée de la gaieté chez l'enfant et permet à la famille et aux amis de se rassembler autour de l'enfant. D'autres encore disent que c'est une bonne occasion d'apprendre à l'enfant l'importance de la Miswoh des Pé`ôth Harô`sh. Peu importe les raisons pouvant être invoquées, la Tôroh a des règles spécifiques et l'Oupshèrin n'est pas qualifié pour entrer dans la catégorie d'un Minhogh, d'une loi rabbinique, et encore moins d'une loi de la Tôroh !

jeudi 18 juin 2015

Exposer les fausses notions : Est-on vraiment Juif par la mère ?

ב״ה

Exposer les fausses notions

Est-on vraiment Juif par la mère ?


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Le culte israélite (que l'on appelle aussi « Judaïsme ») est une foi, une spiritualité, un mode de vie, une religion qui englobe chaque aspect de nos vies. C'est parce que c'est une religion que des non Israélites peuvent se convertir et devenir également des Israélites, et c'est aussi pour cela qu'un Israélite qui renie les principes fondamentaux de la foi israélite a le statut d'apostat, ce qui compromet sa part dans le Monde-à-Venir. La Halokhoh énonce de nombreuses lois concernant les Israélites non pratiquants ou qui ont tourné le dos à la foi israélite, comme le fait de ne pas accepter leurs témoignages devant un Béth Din, ne pas manger leur pain ou boire leur vin, ne pas leur faire de charité, et dans certains cas il est même permis de les éliminer. Nous pouvons donc voir que ce qui rattache quelqu'un au peuple d'Israël, c'est avant tout sa pratique de la Tôroh et des Miswôth. Comme le disait le Rov Sa´adhyoh Go`ôn ז״ל, un Juif n'est Juif qu'en vertu de la Tôroh. Nous ne sommes pas un peuple dans le sens conventionnel du terme « peuple » : nous n'avons pas de terre commune, ni de langue commune, ni de culture commune en raison de notre exil plurimillénaire. Qu'est-ce qui fait donc que nous appartenions au peuple d'Israël ? L'accomplissement de la Tôroh et des Miswôth ! Sans cela, il n'y a pas de place dans le peuple d'Israël.

Mais s'il en est ainsi, pourquoi acceptons-nous quelqu'un comme « Israélite » ou « Juif » simplement parce sa mère est « Juive » ou « Israélite » ? Cela ne fait-il pas du Judaïsme une race ?

Si nous jetons un coup d’œil dans la Mishnoh, il n'est pas du tout évident que la judéité se transmet par la mère ! Voici ce que nous lisons1 :

Chaque fois qu'il y a des Qiddoushin et qu'il n'y a pas de transgression, la progéniture suit le statut de l'homme. De quel cas s'agit-il ? Tel est le cas lorsque la fille d'un Kôhén, d'un Léwi, ou d'un Yisro`él2, est mariée à un Kôhén, un Léwi ou à un Yisro`él. Mais chaque fois qu'il y a des Qiddoushin et une transgression, la progéniture suit le statut du celui qui est défectueux entre les deux. De quel cas s'agit-il ? C'est le cas lorsqu'une veuve est mariée à un Kôhén Godhôl, ou une divorcée ou une Halôsoh à un Kôhén ordinaire, ou une Mamzérath ou une Nathinoh à un Yisro`él, et la fille d'un Yisro`él à un Mamzér ou un Nathin. Et toute femme qui ne peut contracter de Qiddoushin avec une personne en particulier, mais peut contracter des Qiddoushin avec une autre personne, la progéniture est Mamzér. De quel cas s'agit-il ? C'est le cas lorsque quelqu'un a des relations sexuelles avec n'importe laquelle des ´aroyôth mentionnées dans la Tôroh. Et toute femme qui ne peut contracter de Qiddoushin avec une personne en particulier ou d'autres personnes, la progéniture suit son statut. De quel cas s'agit-il ? C'est le cas avec la progéniture d'une servante ou d'une Nôkhrith3.
כל מקום שיש קידושין ואין עבירה, הוולד הולך אחר הזכר; ואיזו זו--זו כוהנת לוייה וישראלית, שנישאו לכוהן וללוי ולישראל. וכל מקום שיש קידושין ויש עבירה, הוולד הולך אחר הפגום שבשניהם; ואיזו זו--זו אלמנה לכוהן גדול, גרושה וחלוצה לכוהן הדיוט, ממזרת ונתינה לישראל, בת ישראל לממזר ולנתין. וכל מי שאין לה עליו קידושין, אבל יש לה קידושין על אחרים--הוולד ממזר; ואיזה זה, זה הבא על אחת מכל העריות האמורות בתורה. וכל מי שאין לה לא עליו ולא על אחרים קידושין, הוולד כמוה; ואיזה זה, זה ולד שפחה ונוכרית

De quoi s'agit-il ? Commentons cette Mishnoh point par point :

Chaque fois qu'il y a des Qiddoushin : Une consécration pour le mariage, c'est-à-dire, un homme a consacré une femme afin qu'elle devienne son épouse.

et qu'il n'y a pas de transgression : C'est-à-dire que la relation est valable d'un point de vue de la Tôroh. En d'autres mots, la Tôroh permet à cet homme de se marier à cette femme, car elle n'entre pas dans la catégorie des relations interdites.

la progéniture suit le statut de l'homme. De quel cas s'agit-il ? Tel est le cas lorsque la fille d'un Kôhén, d'un Léwi, ou d'un Yisro`él, est mariée à un Kôhén, un Léwi ou à un Yisro`él : Les enfants auront donc le statut du père. Ils seront Israélites et hériteront de la tribu du père.

Mais chaque fois qu'il y a des Qiddoushin et une transgression : C'est-à-dire, qu'un homme ou une femme s'est marié(e) à une personne avec laquelle la Tôroh lui interdisait de se marier.

la progéniture suit le statut du celui qui est défectueux entre les deux : C'est-à-dire, les enfants ont le statut de la personne avec qui l'Israélite n'avait pas le droit de se marier.

De quel cas s'agit-il ? C'est le cas lorsqu'une veuve est mariée à un Kôhén Godhôl : Puisqu'un Kôhén Godhôl a l'interdiction par la Tôroh d'épouser une femme ayant déjà été mariée à quelqu'un d'autre, s'il le fait ses enfants n'auront pas le statut de Kôhén mais prendront le statut de leur mère. Ainsi, si elle était une simple Israélite, les enfants seront de simples Israélites et non des Kôhanim.

ou une divorcée ou une Halôsoh à un Kôhén ordinaire : Une Halôsoh est une femme ayant été mariée à un homme qui est mort sans laisser d'enfants, mais ne s'est pas remariée à un membre de la famille de son défunt mari. Un Kôhén ordinaire a l'interdiction par la Tôroh d'épouser une de ces deux femmes. Par conséquent, s'il le fait quand même, ses enfants n'auront pas le statut de Kôhén mais prendront le statut de leur mère. Ainsi, si elle était une Lawiyoh, les enfants seront de simples Lawiyim et non des Kôhanim.

ou une Mamzérath ou une Nathinoh à un Yisro`él : Une Mamzérath est une « bâtarde », c'est-à-dire, une femme née d'une relation interdite par la Tôroh, par exemple elle est née suite à une relation adultère, une relation entre un frère et sa sœur, etc.. La Tôroh interdit à un(e) bâtard(e) d'épouser un(e) Israélite non bâtard(e). Une Nathinoh est une descendante des Gibéonites, qui furent maudits par Yahôshoua´ bin Noun, et condamnés à être des fendeurs de bois et des puiseurs d'eau.4 Ils avaient l'interdiction d'épouser des Israélites. Dans les deux cas, si un Israélite épouse une de ces deux femmes, les enfants nés de cette relation n'auront pas le statut d'Israélite de leur père mais le statut de leur mère. Si elle est une Mamzérath, les enfants seront des Mamzérim ; si elle est une Nathinoh, ils seront Nathinim.

et la fille d'un Yisro`él à un Mamzér ou un Nathin : Dans tous ces cas, bien qu'on n'annule pas les Qiddoushin, l'union est interdite et les enfants nés de cette relation reçoivent le statut du parent qui est déficient. Et on voit bien que cela n'est pas à sens unique mais dans les deux sens. Ainsi, si une Israélite a épousé un Mamzér, ses enfants auront le statut de Mamzér du père ; si elle a épousé un Nathin, ses enfants auront le statut de Nathin du père.

Et toute femme qui ne peut contracter de Qiddoushin avec une personne en particulier, mais peut contracter des Qiddoushin avec une autre personne, la progéniture est Mamzér : Juste avant, on avait parlé de cas de mariages interdits par la Tôroh mais qui n'entraînent pas d'annulation des Qiddoushin s'ils ont eu lieu. Ainsi, si le mariage a quand même eu lieu, le mariage est valable et un Gét sera nécessaire pour dissoudre l'union (les Gibéonites avaient un statut d'Israélites car ils s'étaient convertis, bien que leur conversion, comme le rapporte la Tôroh, fut une ruse. Mais une fois convertis, ils sont Israélites. Voilà pourquoi les Qiddoushin contractés avec un Gibéonite ont une valeur contraignante et qu'un Gét sera nécessaire pour défaire l'union). À présent, la Mishnoh nous parle de cas où des Qiddoushin avec une certaine personne n'ont dès le départ aucune valeur contraignante d'un point de vue religieux, cet ne sont donc pas valables. Si le mariage n'est pas valable dès le départ, mais que la femme aurait pu être épousée par d'autres hommes, l'enfant a le statut de Mamzér.

De quel cas s'agit-il ? C'est le cas lorsque quelqu'un a des relations sexuelles avec n'importe laquelle des ´aroyôth mentionnées dans la Tôroh : Par exemple, celui ou celle qui a une relation avec sa sœur, son frère, sa mère, son père, une femme mariée, etc. Les enfants nés de telles unions sont des bâtards.

Et toute femme qui ne peut contracter de Qiddoushin avec une personne en particulier ou d'autres personnes, la progéniture suit son statut. De quel cas s'agit-il ? C'est le cas avec la progéniture d'une servante ou d'une Nôkhrith : La Mishnoh se conclut en traitant du cas d'une femme qui ne peut épouser aucun Israélite, qu'il soit viable ou pas (c'est-à-dire, peu importe que cet Israélite soit né d'une relation douteuse ou d'une relation permise par la Tôroh), et précise que si cette femme a quand même des relations avec un Israélite et que des enfants naissent de cette union, les enfants prendront le statut de leur mère. La Mishnoh précise que l'on parle du cas d'une servante Cananéenne ou d'une femme non Israélite. Ainsi, si un Israélite a une relation avec une servante Cananéenne, ses enfants auront le statut de servants Cananéens, car les enfants nés d'une femme servante Cananéennes restent des servants. S'il a une relation avec une femme non Israélites, ses enfants auront le statut de leur mère, c'est-à-dire, ils seront des non Israélites.

C'est sur la base de ce dernier cas traité par la Mishnoh que l'on conclut le principe de la transmission matrilinéaire. Mais il convient de noter que la Mishnoh n'est pas complète. En effet, la seule chose qu'elle nous dit c'est que l'enfant d'une mère non Israélite ou d'une servante n'est pas Israélite mais servant ou non Israélite. Mais elle n'adresse pas le statut de l'enfant d'une mère Israélite et d'un père non Israélite. Donc, pourquoi automatiquement conclure que puisque la Mishnoh ne traite pas explicitement de ce cas c'est que cela signifie que l'enfant né d'un père non Israélite et d'une mère Israélite a forcément le statut de sa mère Israélite ? Et pourtant, deux points de notre Mishnoh peuvent nous permettre de conclure que l'enfant né de la relation d'une femme Israélite avec un homme non Israélite a le statut non Israélite de son père : notre Mishnoh établit clairement que lorsque le potentiel d'un mariage valable existe entre les parents d'un enfant, c'est-à-dire, lorsque les parents d'un enfant n'avaient pas l'interdiction par la Tôroh d'avoir une relation ensemble, l'enfant reçoit son statut d'Israélite de son côté paternel et non maternel. De ce fait, nous ne pouvons pas conclure qu'un Israélite est Israélite si sa mère est Israélite, car dans le cas de mariages normaux, c'est le père qui transmet son statut d'Israélite à ses enfants ! Mais lorsqu'une union est interdite par la Tôroh, l'enfant reçoit le statut du parent défaillant, c'est-à-dire de la personne avec laquelle un Israélite avait l'interdiction de se marier. Dans le cas d'une femme Israélite ayant eu un enfant avec un homme non Israélite, c'est l'homme non Israélite qui est la partie défaillante dans le couple. Par conséquent, il est logique de conclure que l'enfant aura alors le statut non Israélite du père !

Le but de cette Mishnoh est précisément de nous avertir et nous éloigner le plus loin possible des relations interdites par la Tôroh, car autrement les enfants auront un statut défaillant et non pas un statut d'Israélites de plein droit. Or, si on dit que l'enfant d'une femme Israélite est toujours Israélite même si son père n'est pas Israélite, mais que dans le même temps on dit qu'il est interdit à une femme Israélite d'épouser un non Israélite, n'est-ce pas néanmoins encourager les femmes non Israélites à avoir des relations avec des hommes non Israélites, puisque de toute façon leurs enfants seront Israélites ? C'est précisément pour éviter ce genre de raisonnement que cette Mishnoh nous a été donnée ! Un Israélite a intérêt à épouser une personne qui lui est permise par la Tôroh, car autrement ses enfants auront un statut défaillant ! Il n'est pas logique de dire qu'un homme Israélite a l'interdiction d'épouser une femme non Israélite et que s'il le fait ses enfants ne seront pas Israélites, tout en disant de l'autre côté qu'une femme Israélite a l'interdiction d'épouser un homme non Israélite mais que si elle le fait quand même ses enfants seront Israélites !

Un autre indice de notre Mishnoh nous permet d'avoir une conclusion différente de celle qui est faite aujourd'hui : la Mishnoh nous dit que « Et toute femme qui ne peut contracter de Qiddoushin avec une personne en particulier, mais peut contracter des Qiddoushin avec une autre personne, la progéniture est Mamzér. De quel cas s'agit-il ? C'est le cas lorsque quelqu'un a des relations sexuelles avec n'importe laquelle des ´aroyôth mentionnées dans la Tôroh ». Or, les Gôyim font partie des gens avec lesquels les Israélites ont l'interdiction par la Tôroh de se marier ! Donc, si nous suivons notre Mishnoh, une femme Israélite qui a l'interdiction d'épouser une personne en particulier, mais qui aurait pu se marier à d'autres personnes, si elle a quand même épousé celui avec lequel elle ne pouvait pas se marier, ses enfants sont des Mamzérim, c'est-à-dire, nés d'une relation illicite. Pourquoi ne pourrions-nous donc pas appliquer cela au cas d'une femme Israélite ayant eu des enfants avec un Gôy, puisque les relations avec les Gôyim sont strictement interdites ?

Même en lisant la Gamoro`5 sur cette Mishnoh, il n'est pas du tout clair pourquoi l'enfant d'une Israélite et d'un non Israélite aurait le statut d'Israélite, tandis que l'enfant d'un Israélite et d'une non Israélite aurait le statut d'un non Israélite. En outre, cet enseignement est donné par Rébbi Yôhonon ז״ל au nom de Rébbi Shim´ôn ban Yôho`y ז״ל, qui a interprété Davorim 7:3-4 comme voulant dire que si la mère est Israélite l'enfant est Israélite tandis que si la mère est une païenne l'enfant est un non Israélite. Le raisonnement est celui-ci (tel qu'il a été donné par Rash''i ז״ל) : Bien que la Tôroh mentionne aussi bien l'interdiction pour un Israélite d'épouser une non Israélite que celle pour une Israélite d'épouser un non Israélite, elle donne néanmoins une raison pour l'interdiction du mariage mixte, à savoir, כִּי-יָסִיר אֶת-בִּנְךָ מֵאַחֲרַי « car il détournera ton fils de derrière Moi ».6 L'emploi du « il » rend perplexe, car il présuppose que l'on ne parle donc que d'un seul cas et non des deux. En d'autres mots, le texte voudrait nous dire qu'il existerait une crainte que le père non Israélite de l'enfant (qui est le « il » dans le texte) « détournera ton fils », c'est-à-dire, le fils de ta fille qui serait légalement un Israélite, « de derrière Moi », c'est-à-dire, de suivre la Tôroh, alors que dans le cas d'une femme non Israélite mariée à un Israélite, la Tôroh ne dit pas « elle détournera ton fils de derrière Moi ». On suppose donc que si la Tôroh ne le dit pas, c'est que de toute façon l'enfant suit le statut de sa mère non Israélite et n'est donc pas considéré être « ton fils ». C'est ainsi que l'on déduira cette règle de la transmission matrilinéaire du Judaïsme.

Mais cette explication rend perplexe et n'est pas du tout en phase avec la Mishnoh, qui nous informe que dans toute relation ordinaire et permise entre deux Israélites l'enfant est Israélite, pas parce que sa mère est Israélite (même s'il est vrai qu'elle l'est) mais parce que son père est Israélite et s'est marié à une Israélite. À l'inverse, dans toute relation anormale ou interdite par la Tôroh, le statut de l'enfant suit celui du partenaire déficient dans la relation.

En outre, l'interprétation susmentionnée est la façon dont Rash''i a expliqué les propos de Rébbi Shim´ôn. Il convient également de mentionner que le Maharsha''l (Rabbi Shim´ôn Louria`, 1510-1574), dans son commentaire sur la Gamoro` de Yavomôth 16b, ainsi que le Mahari''t `Alghazi (Rabbi Yôm Tôv ban Yisro`él Ya´aqôv, 1727-1802), dans son commentaire sur la Gamoro` de Barokhôth 47a, soutiennent que l'enfant d'une Israélite et d'un non Israélite n'est Israélite QUE si sa mère l'a élevé comme un Israélite, c'est-à-dire, seulement s'il a mené sa vie comme un Israélite. Si ce n'est pas le cas, il n'est pas du tout Israélite. Selon eux, il ne suffit donc pas seulement d'avoir une mère Israélite ; il faut aussi avoir été élevé comme un Israélite. Si un enfant né d'une mère Israélite et d'un père non Israélite n'a pas été élevé comme un Israélite, il est un Gôy et devra se convertir pour être considéré comme Israélite.

Il y en a d'autres qui disent que durant la grossesse, la mère n'est pas légalement considérée être la « mère » du fœtus, mais le père est appelé « père » dès lors que la grossesse devient évidente. En d'autres mots, c'est uniquement lorsque la mère a accouché de l'enfant qu'elle commence à être considérée comme la mère de l'enfant. D'après ces rabbins, durant la grossesse, il n'y a pas de mère légale, seulement un père. Ainsi, si le père est un Gôy, le fœtus est alors Gôy. Mais une fois que l'enfant naît, et qu'il a un père et une mère, c'est l'identité religieuse de la mère qui deviendrait alors l'élément déterminant pour le statut de l'enfant. Et qui sont ces rabbins qui soutiennent une telle opinion ? Le Rov Yôséf Engel, dans son Béth Ho`ôsér, Kalal 4, `Ov, et le Dayyon Fisher, dans son ´Avan Yisro`él sur le Rambam 7:16 (troisième paragraphe). Si on adopte cette position, qu'en est-il alors d'un enfant né d'un père Israélite et d'une mère non Israélite ? Ces rabbins diraient-ils que durant la grossesse le fœtus était Israélite car le père était Israélite, mais qu'ensuite, au moment de l'accouchement, par un tour de passe-passe, le bébé est devenu non Israélite ? Tout cela ne tient pas la route !

Même le Rov Môshah Feinstein soutenait comme le Maharsha''l et le Mahari''t `Alghazi qu'un enfant né d'une femme Israélite et d'un père non Israélite n'est Israélite que s'il a été élevé comme un Israélite. Cette position est beaucoup plus logique et tient beaucoup plus la route.

La Tôroh interdit toute forme de mariage mixte, par conséquent on ne peut pas dire à quelqu'un que simplement parce que sa mère est Juive, lui aussi est Juif ! Si l'enfant né d'une telle relation n'a pas été élevé comme un Israélite, il est Gôy et devra se convertir plus tard pour être considéré comme un Israélite. S'il n'y avait pas de conséquence sur l'enfant et qu'il suffirait d'avoir une mère Israélite pour être Israélite, la Tôroh n'aurait jamais interdit les mariages mixtes. Et il n'est pas logique de donner le statut de non Israélite à un enfant né d'une mère non Israélite, mais de l'accorder à un enfant né d'une mère Israélite.

Le statut de l'enfant suit celui du parent déficient. Et dans le cas où les deux parents sont Israélites, son statut suit celui du père. Il est donc Israélite parce que son père l'était et non pas parce que sa mère l'était (même s'il est vrai qu'elle aussi doit être Israélite). Nous ne pouvons donc pas prouver ou même expliquer que la judéité se détermine par la mère ! Et ce n'est pas du tout ce que soutient la Mishnoh !

1Qiddoushin 3:13 (3:12, dans certaines éditions)
2Un Israélite qui n'est ni Kôhén, ni Léwi
3Une femme non Israélite
4Lire Yahôshoua´ 9:19-23 ; Talmoudh, Yavomôth 70b
5Qiddoushin 66b-69a

6Davorim 7:4

lundi 15 juin 2015

Consommer du poisson à Shabboth

בס״ד

Consommer du poisson à Shabboth : comment on est passé d'un Minhogh à de la superstition


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Nous connaissons la coutume très ancienne consistant à consommer du poisson à Shabboth. Elle est d'ailleurs déjà mentionnée dans le Talmoudh. Après avoir parlé de l'obligation de faire du Shabboth un jour de délice/plaisir, le Talmoudh nous dit ceci :

Shabboth 118b
Et comment montre-t-on son plaisir ? Rov Yahoudhoh, le fils de Rov Shamou`él bar Shilath, a dit au nom de Rov : « Avec un plat de betteraves, un grand poisson et des têtes d'ail ». Rov Hiyyo` bar `Ashi a dit au nom de Rov : « Même un petit quelque chose, à partir du moment qu'on l'a fait en l'honneur du Shabboth, est un délice ». De quoi s'agit-il ?1 « Une tarte au hachis de poisson ».
במה מענגו רב יהודה בריה דרב שמואל בר שילת משמיה דרב אמר בתבשיל של תרדין ודגים גדולים וראשי שומין רב חייא בר אשי אמר רב אפילו דבר מועט ולכבוד שבת עשאו הרי זה עונג מאי היא אמר רב פפא כסא דהרסנא

Beaucoup de gens ont élevé la pratique consistant à manger du poisson à Shabboth au rang de Halokhoh, au point de considérer qu'un Shabboth sans poisson n'est pas un Shabboth. Or, le Talmoudh ne dit pas du tout que c'est une obligation. Le sujet concerne le fait de consommer des aliments délicieux à Shabboth. Dans ce contexte, le Talmoudh donne quelques exemples, comme un plat de betteraves, un grand poisson et des têtes d'ail. Mais au final, ce ne sont que des exemples, et la Halokhoh est que peu importe ce que l'on mange à Shabboth, même un petit quelque chose, l'important est que ce que l'on mange a été préparé avec amour spécialement pour honorer le Shabboth. Ainsi, ce n'est ni ce que l'on mange, ni la quantité, ni le fait que ce soit un aliment simple ou raffiné, qui compte, mais qu'on l'ait préparé pour honorer le Shabboth et qu'il a bon goût. La raison pour laquelle le Talmoudh n'a déterminé précisément ce que l'on devait manger en l'honneur du Shabboth est que manger à Shabboth fait partie de la Miswoh de עונג שבת « ´Ônagh Shabboth » (délice du Shabboth), ce qui fait que c'est donc purement une question de goût. Or, on ne peut légiférer sur une question qui se rapporte uniquement au goût, puisque c'est à chacun de préparer ce qu'il aime. Voilà pourquoi consommer du poisson, un plat e betterave, etc., n'est qu'un Minhogh (coutume) et non une Halokhoh, et chacun fera ce qu'il désire préparer pour Shabboth, même un petit quelque chose.

Mais à cause de l'influence de la Qabboloh sur le Judaïsme depuis la publication du Zôhar, l'histoire a pris une tournure dégoûtante. Déjà au Moyen-âge, les disciples du Rashbo''` (Rabbi Sjalômôh Ban `Adharath (1235-1310) introduisirent la Qabboloh dans la Halokhoh. Et après Rabbi Yôséf Qa`rô (auteur du Béth Yôséf et du Shoulhon ´Oroukh), le Rama''q (Rabbi Môshah Qôrdôvarô, 1522-1570) et surtout le `Ari (Rabbi Yishoq Louria` `Ashkanazi), le processus s'est accéléré, au point qu'aujourd'hui beaucoup ne savent plus ce qui vient de nos Sages et ce qui vient de la Qabboloh, ce qui est authentique et ce qui ne l'est pas, ce qui est valable comme croyance et ce qui est de la pure hérésie. Et le Minhogh de la consommation de poisson à Shabboth est un exemple parfait de la folie que la Qabboloh injecte dans la foi israélite sans que les gens semblent s'en rendre compte.

Le poisson est désormais devenu un aliment quasiment incontournable des tables du Shabboth parce que les kabbalistes enseignent que les Saddiqim se réincarnent en poisson après leur décès (le ´Oroukh HaShoulhon invoque lui-même cette explication, citant le Qisour HaShalah). Ainsi, en consommant l'âme que contient le poisson, la Miswoh élève l'âme de ce Saddiq réincarné dans ce poisson.

Le livre kabbalistique חמדת ימים « Hamdath Yomim » (un livre que l'on soupçonne fortement avoir été écrit par Nothon de Gaza, un disciple de l'hérétique Shabbathaï Sévi, et qui est rempli d'hérésie de la première à la dernière page), qui est très populaire dans les milieux kabbalistiques et Hassidiques, et qui mentionne les coutumes de toutes les fêtes et prétend les expliquer, ajoute des idées supplémentaires à ce mélange. Voici donc les cinq raisons qui se sont développées avec le temps :

  1. La raison d'origine et rationnelle invoquée par nos Sages : c'est une question de goût. Ainsi, celui qui aime le poisson, qu'il en fasse pour Shabboth. Et s'il aime autre chose, qu'il fasse autre chose, même de très simple, tant que c'est en l'honneur du Shabboth.
  2. Une raison symbolique invoquée par les kabbalistes : les yeux de poisson sont toujours ouverts, ce qui est un symbole de la Providence Divine qui est constante.
  3. Trois raisons kabbalistiques superstitieuses :
  • en consommant du poisson lors d'un repas qui est une Miswoh, l'âme qui s'est réincarnée dedans est sauvée ;
  • le Hamdath Yomim invoque le concept kabbalistique de l'élévation des étincelles. Ainsi, en consommant du poisson, on libère les étincelles de sainteté cachées dedans ;
  • il explique également que consommer du poisson crée une connexion ordonnée entre les dix Safirôth, permettant ainsi un bel équilibre dans les mondes spirituels.

Il y aurait de quoi vous dégoûter de consommer du poisson à Shabboth à partir de maintenant ! Il y a trop de vaudou dans l'air !

Il serait plus que temps de retourner à une Halokhoh authentique, telle que mise en place par HaZa''l dans le Talmoudh et expliquée par le Ramba''m dans son Mishnéh Tôroh, où toutes ces superstitions n'ont pas leur place !


1C'est-à-dire, quel exemple d'un petit quelque chose peut-on donner ?

mardi 9 juin 2015

Qu'est-ce qui ne va pas avec le Zôhar ? - Les incohérences du Zôhar III

בס״ד

Qu'est-ce qui ne va pas avec le Zôhar ?


Pour (re)lire :

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Les incohérences du Zôhar III

  1. Erreurs élémentaires contenues dans le Zôhar

En plus de chronologies erronées et d'anachronismes, le Zôhar renferme également toute une série d'erreurs élémentaires sur des règles halakhiques, des citations, des versets et des commentaires. En voici quelques-unes :

  • Le Zôhar déclare que les Shaté Hallaham (les deux pains qui étaient préparés en l'honneur de Shovou´ôth) étaient brûlés sur l'autel, alors que la Tôroh déclare clairement qu'ils étaient offerts au Kôhén.
  • Le Zôhar déclare que l'offrande du ´Ômar (Omer) était apportée à partir de farine d'orge, alors qu'il est explicitement dit dans la Tôroh qu'elle était apportée à partir de grains d'orge entiers.
  • Le Zôhar déclare à cinq endroits que le Lac de Tibèriade est la source du Hilozôn (le crustacé qui était utilisé pour obtenir la teinture du cordon Takhélath des Sisith), alors que HaZa''l nous disent que la bénédiction que Môshah Rabbénou donna à la tribu de Zavouloun incluait le fait que le Hilozôn se trouverait abondamment dans leur territoire, dans la Mer Méditerranée.
  • Le Zôhar déclare que `Alishoh´ (Élisée) purifia les eaux mortelles de Yarihô (Jéricho) avec le manteau de `Éliyohou Hannovi`, alors que le texte biblique dit qu'il l'a fait à l'aide sel (c'est `Éliyohou Hannovi` qui fit usage de son manteau pour diviser le Yardén).
  • Le Zôhar déclare que Shamou`él Hannovi` était un Kôhén, alors qu'il était en réalité un simple Léwi (comme cela est dit dans le Midhrosh Bamidhbor Rabboh 14:1 et le Talmoudh Yarousholmi Barokhôth 31a).
  • Le Zôhar déclare que c'est ´Azro` qui prononça les mots זכרה לי לטובה « tiens-moi compte, pour mon bien, etc. », alors qu'ils furent prononcés par Nahamyoh. (Voir Nahamyoh 5:19.)

La vérité est que cette dernière erreur susmentionnée est facilement explicable et excusable. En effet, Môshah de Lé`ôn vivait à une époque où les livres de ´Azrô` et Nahamyoh ne formaient qu'un seul et même livre appelé « ´Azro` » (d'ailleurs, le Talmoudh également les compte comme n'étant qu'un seul livre). C'est seulement au 15ème siècle que des éditeurs Protestants décidèrent de diviser en deux livres distincts ´Azrô` et Nahamyoh. De ce fait, c'est en ouvrant le livre de ´Azro` que Môshah de Lé`ôn tomba sur ce verset.

Le Zôhar rapporte également le Targoum pour différents versets du livre des Divré Hayyomim (Chroniques), et chaque fois qu'il le fait il précise s'il s'agit du « Targoum `Ônqalôs » ou du « Targoum Yônothon ban ´Ouzzi`él », sans se rendre compte que le Talmoudh (dans Maghilloh 3) déclare clairement que ni `Ônqalôs ni Yônothon ban ´Ouzzi`él n'ont traduit le moindre livre des Kathouvim (Hagiographes) !

Au niveau des commentaires frauduleux que l'on retrouve dans le Zôhar, le Rov Ya´aqôv Emden en rapporte plusieurs exemples. En voici un : il est écrit ceci dans le Zôhar :

אמר רבי יוסי...כתיב ויהי משה בהר ארבעים יום וגו' וכתיב ויקרא אל משה וגו' (משפטים). משמע דמשה בטורא הוה בההוא זמנא דקרא ליה. וכתיב מאהל מועד. ואהל מועד לא הוה בטורא דסיני דהא בינייהו דישראל הוה

Le Zôhar commence par citer un premier verset, ויהי משה בהר ארבעים יום וארבעים לילה « et Môshah resta sur la montagne quarante jours et quarante nuits »1, puis en cite un deuxième, ויקרא אל-משה וידבר ה׳ אליו מאהל מועד לאמר « Il appela Môshah, et HaShem lui parla de la Tente de la Rencontre en disant »2, et conclut que Môshah se trouvait encore sur la montagne lorsqu'HaShem l'appela de la Tente de la Rencontre ! C'est clairement impossible, étant donné que ce verset tiré de Wayyiqro` s'est produit après que le Mishkon fut construit, dix mois après le verset tiré de Shamôth !

Autre exemple cité par le Rov Ya´aqôv : il est écrit ceci dans le Zôhar :

וכל העם רואים את הקולות ואת הלפידים [כדין אמרת] הזאת נעמי. דא הוא נעימו דאורייתא. [ולא ידעי ישראל ענשא דאורייתא] עד דאתו למרה דכתיב ויבאו מרתה וכתיב שם שם לו חק ומשפט ושם נסהו כדין אמרה אורייתא קראן לי מרה

Dans ce passage, le Zôhar affirme qu'au moment du Mathan Tôroh (don de la Tôroh), les Israélites n'entendirent que les parties agréables de la Tôroh, mais c'est seulement lorsqu'ils arrivèrent à Moroh qu'ils entendirent parler des punitions et malédictions qui les attendaient en cas de désobéissance. Sauf que, comme le fait remarquer le Rov Ya´aqôv, leur passage à Moroh n'a pas eu lieu après le Mathan Tôroh, mais après la séparation du Yam Souf à leur sortie d’Égypte, et donc avant le Mathan Tôroh !

Certaines autres incohérences n'ont pas été relevées par le Rov Ya´aqôv, mais il est néanmoins intéressant de les mentionner. Par exemple, le Zôhar attribut au Rashb''i l'ordre des sonneries du Shôfor à Rô`sh Hashonoh, תשת תרת תשרת. Or, nous savons du Talmoudh lui-même que c'est Rov `Avohou qui a institué cet ordre de sonneries du Shôfor, dont l'acronyme est תשר"ת, lorsqu'il se trouvait à Césarée. (Voir Rô`sh Hashonoh 34a.) Et pour information, Rov `Avahou vécut de 279 à 320 de l'ère courante, c'est-à-dire, bien plus tard que l'époque du Rashb''i !

Le Zôhar déclare qu'il y a toujours deux jours de Rô`sh Hashonoh. Faux ! Du temps du Rashb''i en `Aras Yisro`él, comme l'attestent les traités talmudiques de Béso` et Rô`sh Hashonoh, dans les villes à proximité du Béth Hammiqdhosh, ainsi que celles à proximité du Béth Hawwa´adh (le siège du Sanhédhrin à Tibèriade), Rô`sh Hashonoh ne durait qu'un jour.

Le livre même du Zôhar est divisé dans les différentes Parashiyôth de la Tôroh que nous connaissons aujourd'hui, et le Zôhar lui-même déclare que Shamini ´Asarath est toujours Simhath Tôroh. Sauf que du temps du Rashb''i, et ce jusqu'à l'époque du Ramba''m, en `Aras Yisro`él et les pays environnants (comme l’Égypte, la Syrie, etc.) le Minhogh consistait à terminer la lecture de la Tôroh au cours d'un cycle de trois ans et demi ! De ce fait, Shamini ´Asarath n'était Simhath Tôroh que tous les trois ans et demi, et non pas chaque année. En outre, ils n'utilisaient absolument pas les divisions de Parashiyôth que nous avons aujourd'hui. Pour plus d'informations à ce sujet, vous pouvez lire le livre « Minhaghé Mizrah Ouma´arav » composé par les Ga`ônim, ainsi que ce que le Ramba''m écrit sur la lecture de la Tôroh dans son Mishnéh Tôroh, où il indique que la division des Parashiyôth que l'on connaît aujourd'hui a commencé à se développer à son époque.

  1. Pratiques étranges dans le Zôhar

Il y a encore un autre niveau d'anomalies s'appliquant cette fois-ci à la pratique. Certaines pratiques défendues dans le Zôhar peuvent clairement être qualifiées de contraire à la Tôroh et à la Halokhoh de HaZa''l, ce qui est donc de la pure hérésie, car quiconque contredit la Tôroh ou une parole de HaZa''l est inclus dans la catégories des hérétiques du peuple d'Israël qui compromettent leur part dans le Monde-à-Venir. Voici un bref échantillon :

  • Le Zôhar déclare qu'il y aurait une obligation biblique de mettre les Tafillin aussi bien selon le style de Rash''i que selon le style de Rabbénou Ta''m.
  • Le Zôhar invente l'interdiction de parcourir quatre `ammôth sans avoir au préalable fait Natilath Yodhoyim (qui ne fut pourtant institué par nos Sages qu'en guise de préparation à la prière du matin, et non pour retirer un prétendu mauvais esprit. Ainsi, c'est uniquement juste avant de faire le Shama´ ou la ´Amidhoh que l'on se lave les mains d'après HaZa''l), et va jusqu'à prescrire la peine de mort pour celui qui négligerait cette prétendue interdiction.
  • Le Zôhar affirme que celui qui a versé sa semence en vain n'aura droit à aucune expiation. (Des pseudos kabbalistes affirmant néanmoins connaître les remèdes secrets pour ce péché sont parvenus à amasser de grandes fortunes sur la base de cet enseignement du Zôhar.)
  • Le Zôhar affirme que le Yadh des Tafillin Shal Rô`sh ne doit jamais toucher la boîte.
  • Le Zôhar affirme que celui qui porte les Tafillin durant Hôl Hammô´édh est passible de la peine de mort, ce qui est de la pure hérésie, car HaZa''l ne l'ont jamais interdit. (Voir ici et .)
  • Le Zôhar déclare qu'il est interdit d'étudier la Tôroh Écrite la nuit, alors que la Tôroh demande elle-même d'être étudiée jour et nuit et que HaZa''l parlent en des termes élogieux de ceux qui étudient justement la Tôroh la nuit)
  • L'étude du Talmoudh est fortement dépréciée dans le Zôhar. (On se demande pourquoi !)
  • Le Zôhar interdit de donner de la Sadhoqoh (charité) la nuit.
  • Le Zôhar prétend que le jour final où le jugement annuel de chaque individu est scellé n'est pas Yôm Hakkippourim, mais Hôshano` Rabboh.
  • À la Parashath Pinhos, le Zôhar déclare que l'épouse d'un homme est permise à un étranger si son mari l'autorise.

Et la liste peut continuer ainsi très longtemps ! Le Zôhar contient d'innombrables blasphèmes, hérésies, et pratiques idolâtres et superstitieuses. Tous les citer prendrait trop de temps.

  1. Pourquoi le Zôhar fut néanmoins accepté par le Rov Ya´aqôv Emden ?

Comment se fait-il donc que le Rov Ya´aqôv Emden rédigea un livre contenant 300 preuves de la fausseté du Zôhar, dans un langage même très dénigrant, et rapportant des preuves très convaincantes, mais prit soin d'écrire dans sa préface que quiconque douterait de l'authenticité du Zôhar passera en jugement devant HaShem ? De même, à la conclusion de son livre, il déclare qu'aucune partie du Zôhar ne peut avoir été rédigée par le Rashb''i, et que le Rashb''i mentionné dans le Zôhar est en décalage total avec celui que l'on connaît dans la Mishnoh, mais précise néanmoins que ce livre est d'une grande sainteté ! Pourquoi ? Quel argument rapporte-t-il pour tout de même continuer à croire en l'authenticité du Zôhar ? Le Rov Ya´aqôv n'apporte qu'un seul argument : le `Ari ! Pour reprendre les propres termes du Rov Ya´aqôv :

Toutefois, l'authenticité de ce livre du Zôhar doit être acceptée sans le moindre doute, car le `AriZa''l a rendu témoignage en sa faveur, lui qui fut un homme saint et divin, et sur lequel l'Esprit Saint reposait. [ce livre] n'a-t-il pas battit toute sa sagesse, splendeur et nature redoutable ? Que Dieu préserve de penser autre chose !
גם ספר הזוהר הוא נזר המקובלים בלי ספק בעולם, בשגם העיד עליו האר"י ז"ל, שהיה איש קדוש ואלקי ורה"ק שורה עליו, הלא עליו בנויה כל חכמתו, הנשגבה והנוראה, חלילה להרהר אחר דבריו

Qui a-t-il de si « solide » dans cet argument ?

Il semblerait qu'affirmer que le Zôhar soit faux équivaudrait à considérer que le `Ari fut un menteur. Après tout, le `Ari ne parvint à gravir les échelons de la sainteté et à atteindre la renommé qu'en vertu de son étude assidu du Zôhar. Tous les livres qui lui sont attribués ne sont que des combinaisons et analyses des dogmes zôhariques. Toute son énergie et son temps ne fut consacré qu'au Zôhar.

Il aurait reçu des révélations de la part de `Éliyohou Hannovi` qui lui expliqua les concepts zôhariques, et c'est pour comprendre le Zôhar qu'il eut des ascensions spirituelles vers la Yashivoh Céleste. Il affirmait percevoir et communiquer avec les âmes des Tanno`im et `Ammôro`im mentionnés dans le Zôhar et leur avoir parlés des idées qui leurs sont attribuées dans le Zôhar. Il serait même monté dans les cieux pour entendre le Saint, béni soit-Il, Lui-même donner des cours sur le Zôhar.

Ainsi, toucher à la sainteté du Zôhar équivaudrait à prétendre que le `Ari est un menteur et n'a pas expérimenté toutes ces choses dont il parle. En outre, cela amènerait à faire des rabbins des derniers siècles des gens superstitieux, naïfs et lâches, puisqu'ils ont accepté sans broncher l'authenticité du Zôhar ! Et c'est pourquoi, même de nos jours, beaucoup sont réticents à critiquer le Zôhar !

  1. Les problèmes du `Ari

Tout ce que le `Ari raconte sur ses ascensions spirituelles, le Zôhar enseigné dans les cieux par HaShem Lui-même, etc., n'est que pure affabulation et mensonge ! En outre, il peut être exposé par d'autres points qu'il développe dans ses écrits :

  • Il donne une explication kabbalistique quant à la raison pour laquelle la disponibilité du Takhélath dépend de l'existence du Béth Hammiqdhosh, alors que le Talmoudh lui-même, aux traités Barokhôth et Manohôth, rapporte que le cordon Takhélath dans les Sisith était encore d'usage plus de 300 ans après la destruction du Béth Hammiqdhosh.
  • Il prétend connaître les processus de réincarnations des gens et raconte quelle a été la réincarnation d'un certain Dôstay Go`ôn. Or, d'après les écrits des Ga`ônim eux-mêmes, ce Go`ôn n'a jamais existé !
  • Il prétend avoir découvert les lieux d'enterrement des Prophètes, des Tanno`im et des `Ammôro`im grâce à son Esprit Saint. Parmi les lieux d'enterrement qu'il aurait découvert se trouve la tombe de Rébbi Mé`ir à Tibèriade, alors qu'il y a d'innombrables documents et preuves, dont certains datant des 11ème et 12ème siècles, que sa tombe se trouve en Irak.

Ses propres écrits et témoignages provenant de ses disciples attestent que le `Ari s'adonnait régulièrement à deux formes d'augure : l'ornithomancie (la divination par les oiseaux) et la pyromancie (la divination par le feu). En dépit que ces pratiques soient clairement interdites dans la Tôroh (qui punit de mort quiconque s'y adonnerait), le `Ari justifie ses pratiques bizarres et idolâtres par des explications kabbalistiques. Et quand bien même ses prédictions et augures se seraient avérées être vraies, ce n'est en aucun cas une preuve que le `Ari était un saint ! Au contraire, le seul fait qu'il se soit adonné à ces choses démontre son hérésie !

Le summum de son hérésie consista d'ailleurs à affirmer que l'on ne recevra pas de récompense dans le Monde-à-Venir si on étudie le TaNaKh ou le Talmoudh la nuit ! C'est ce que son plus fidèle disciple, Rabbi Hayyim Vital, rapporte en son nom. Si vous ne le croyez pas, vous pouvez lire par vous-mêmes ce que Rabbi Hayyim Vital a écrit. C'est très long, mais cela en vaut la peine, car c'est une preuve irréfutable de l'hérésie de ces gens-là :

כי עבר קציר כלה קיץ ואנחנו לא נושענו. רפואה לא עלתה למחלתינו. אין מזור לבשרנו. ולא עלתה ארוכה למכתינו לחורבן בית מקדשינו, הנחרב זה היום אלף ות"ק וד' שנים אוי לנו כי פנה היום יום אחד של הקב"ה שהוא אלף שנים וגם נטו צללי ערב שהם ת"ק וד' שנים יותר מחצי היום הב'. וכלו כל הקצין ועדיין בן דוד לא בא. ונודע את אשר ארז"ל כל דור שלא נבנה בה"מ בימיו כאלו נחרב בימיו. ואתנה את פני לחקור ולדעת מה זה ועל מה נתארך קיצינו וגלותינו. ומדוע לא בא בן ישי? ומצאתי און לי ואנינה בקרבי ולבי דוי. ממאמר א' הובא בס' התיקונים תיקון ל' דף ע"ז ע"ב. וז"ל- תנינא כתב ורוח אלהי"ם מרחפת וגו' מאי ורוח אלא בודאי בזמנא דשכינתא נחתת בגלותא האי רוח נשיב על אינון דמתעסקי באורייתא בגין שכינתא דאשתכחת בינייהו והאי רוח אתעביד קלא, ויימא הכי: אינון דמיכין, דשינתא בחוריהון, סתימין עינין, אטימי לבא, קומו ואתערו לגבי שכינתא! דאית לכון לבא בלא סכלתנו למינדע ביה ואיהו בינייכו ורזא דמלה- קול אומר קרא. כגון קרא נא היש עונך וגו' והיא אומרה מה אקרא כל הבשר חציר. כלא אינון. כבעירה דאכלי חציר. וכל חסדו כציץ השדה כל חסד דעבדי, לגרמייהו הוא דעבדי. ובההוא זמנא מה כתיב- ויזכור כי בשר המה רוח הולך ולא ישוב דא איהו רוחו של משיח. ווי לון מאן דגרמי דיוזיל ליה מן עלמא. ולא יתוב לעלמא דאילין אינון דעבדי לאורייתא יבשה ולא בעאן לאשתדלא בחכמת הקבלה וגרמין דאסתלק נביעו דחכמה דאיהו יו"ד מינה ואשתארת בי"ת יבשה ווי לון פיקודא תנינא ויאמר אלהים יהי אור. ובג"ד אמר הקב"ה השבעתי אתכם בנות ירושלים אם תעירו ואם תעוררו את האהבה עד שתחפץ כו' דאיהו רחימו בלא פרס ולא ע"מ לקבל פרס. ויראה ואהבה ע"מ לק"פ איהי שפחה ותחת שלש רגזה ארץ וגו'. תחת עבד כי ימלוך ושפחה כי תירש גבירתה עכ"ל (ר"ל עכ"ל הזוהר שהביא). והנה מ"ש בתחילת דבריו ואפי' כל אינון דמשתדלי באורייתא כל חסד דעבדי לגרמייהו וכו' עם היות שפשטו מבואר ובפרט בזמנינו זה בעו"ה אשר התורה נעשית קרדום לחתוך בה אצל קצת בעלי תורה אשר עסקם בתורה ע"מ לק"פ והספקות יתירות וגם להיותם מכלל ראשי ישיבות. ודיני סנהדראות להיות שמם וריחם נודף בכל הארץ כו' ואמנם האנשים האלה מראים תימה וענוה באמרם כי כל עסקם בתורה הוא לשמה כו' האמנם אע"פ שלכאורה אפשר לפרש לשון המאמר על אופן זה, עכ"ז דבר קשה מאד מאד לומר. וכי בשופטני עסקינן ולא בכללות כל התלמידי חכמים העוסקים בתורה? (תמיהני מה קורא לכזה שופטני, מאחר שאמר שרוב בני דורו העוסקים בתורת הנגלה עושים אותה קרדום כו' א"כ מצוי הוא זה השופטני וראוי לדון בו!) והראיה ע"ז אומרו דרך כללות ואפי' כל אינון דמשתדלי באורייתא, כל חסד דעבדי, לגרמייהו עבדי. ואין לומר דמלת כל היא יתירה ומשבשתא שהרי מקרא דורש וכל חסדו כציץ השדה שלא נאמר וחסדו אלא וכל חסדו לרמוז כי כל הת"ח העוסקים בתורה הנקראת תורת חסד על לשונה הם דומים בחסד ההוא אל ציץ השדה משום דלגרמייהו עבדי אבל ביאור לשון הנז"ל יובן ראשיתו מאחריתו באומרו ויראה ואהבה ע"מ לקב"פ איהי שפחה ותחת שלש רגזה ארץ. והענין יובן במ"ש בס"ה בפרשת בראשית דף כ"ז ע"ב. ובג"ד אמר קב"ה לא טוב היות האדם לבדו אעשה לו עזר כנגדו דא משנה איתתא דההוא נער ואיהו שפחה דשכינתא ואי זכו ישראל איהי עזר לון בגלותא מסטרא דהיתר טהור כשר ואי לא איהי כנגדו מסטרא דטמא פסול אסור וכו' דלית יחודא עד דערב רב יתמחון מן עלמא. ובג"ד אתקבר משה לבר מארעא קדישא וקבורתא דיליה איהי משנה דשלטא על מטרוניתא דאיהי קבלה למשה ומלכא ומטרוניתא מתפרשא מבעלה ובג"ד תחת שלש רגזה ארץ תחת עבד כי ימלוך דא עבדה ידיעה ושפחה דא משנה ונבל כי ישבע לחם דא ערב רב (!!! רחמנא לצלן מהאי דעתא כוזיבא להניא לב בני ישראל מלימוד הש"ס משום שלדידיה היא שפחה, והוקשתה לערב רב, ורק הקבלה (השקרית ההיא) היא תורה לשמה! אוי לעינים שכך רואות בכתב בשם הנחשב לרב גדול ומקובל בישראל!!). הנה מבואר כי תורתינו הק' כלולה ונמצאת בכל ד' עולמות אבי"ע ובהיותה בעולם האצילות אז נקראה קבלה כי שם היא מופשטת מכל הלבושים הנקרא פשט מלשון פשטתי אם כתנתי שהוא בחי' המלבושים החיצוני שהוא ע"ג עור אדם המתפשט מעליו לפעמים וזהו עיקר מלת פשט. ואמנם בעולם האצי' אשר שם הקב"ה יושב ועוסק בתורה כנזכר במדרז"ל וגם בדברי המתרגם על פ' דודי צח ואדום וכמש"ה ואהיה אצלו אמון וגו' הנדרש לרז"ל על בריאת העולם שהיה הקב"ה מביט בתורה ובורא עולמות. ואין ספק כי לא כמעשה אדה"ר ולא כמעשה דבני חרי וכמעשה אתונו דבלעם וכיוצא בהם בהיותם כפשוטם היה משתעשע בהם הקב"ה אלפים שנה קודם שנברא העולם ובורא בהם עולמות. אמנם שעשועות של הקב"ה בתורה והיותו בורא בה את העולמו היתה בהיותו עוסק בתורה בבחי' הנשמה הפנימית שבה הנקרא רזי תורה הנקרא מעשה מרכבה היא חכמת הקבלה כנודע אל היודעים וטעם הדבר הוא להיותו עולם האצילות העליון מאד טוב ולא רע דלא יכיל להתערבא עמיה קליפה ועליה אתמר וכבודי לאחר לא אתן כנזכר בספר התיקונין ד' ס"ו תיקון י"ח וכן בסה"ז בפ' בראשית דכ"ח ע"א ע"ש ולכן גם התורה אשר שם איננה רק מופשטת מכל לבושי הגופנים משא"כ למטה בעולם היצירה עולם דמטטרו"ן הנק' עבד טוב והוא הנקרא עץ הדעת טוב מסטרא ומסטרא דסמאל שהוא קליפין דיליה נקרא עבד רע כי התורה אשר שם הם שית סדרי משנה הנקראים שפחה כנ"ל וכנזכר בפרשת בראשית שם דף כ"ז ע"א ולכן נקראת משנה לפי ששם יש שינויים הפוכים טוב מסטרא דעבד טוב היתר כשר טהור רע מסטרא דעבד רע איסור טמא פסול. גם הוא מלשון כי מרדכי היהודי משנה למלך שהיה שפחה הנקרא עבד מלך. גם נקרא מלשון שינה כנזכר בפרשת פינחס דף רמ"ד ע"ב קם זמנא תנינא ואמר מארי מתניתין נשמתין ורוחין ונפשין דילכון אתערו כען ואעברו שינתא מניכון דאיהו ודאי משנה אורח פשט דהאי עלמא ואנא לא אתערנא בכו אלא ברזין עילאין דעלמא דאתי דאתון בהון לא ינום ולא ישן. וזה יובן במ"ש יותר למעלה שם ורבנן דמתניתין ואמוראי כל תלמודא דלהון על רזין דאורייתא סדרו ליה (ראה לקמן פרק ד' סי' קנ"ט מ"ש על זה) ונמצא כי המשנה והש"ס הם הנקרא גופי תורה. כו' ונחזור עתה למאמרינו הראשון ולבאר מ"ש ואפי' כל אינון דעסקי באורייתא כל חסד דעבדי וכו' ואמר עוד שם כי המשנה היא שפחה משום דאיהי ע"מ לקבל פרס פי' כי הנה כל מדותיו יתברך הם מדה כנגד מדה ולכן העוסקים בפשטיה הגופניים הטובים עליהם נאמר בשמאלה עושר וכבוד הוא הפרס הנתון להם בעה"ז כי כן עסקם בתורה הוא בבחי' היותם בעה"ז בדיני איסור והיתר טומאה וטהרה וכו' והם כנגד העבד העובד את רבו שבודאי ע"מ לקבל פרס (!) וכל חסד דעבדי וכו' כעבדים ושפחות המשמשים את רבם ע"מ לקבל פרס. אמנם העוסקים ברזי התורה שהם בחי' התורה כפי מה שעוסקים בה בעה"ב עליהם נאמר אורך ימים בימינה לעולם שכולו ארוך. וכו'. אין הנאה להקב"ה מכל מה שברא בעולמו רק בהיות בניו למטה עוסקים ברזי התורה להכיר גדולתו ויופיו ומעלתו כי בפשטי התורה ובספוריה ובדיניה ובמצותיה בהיותם כפשטם אין בהם שום היכר וידיעה לידע את בוראם יתברך אדרבה יש בהם מצות וחקים שאין הדעת סובלם. וכו'. וא"כ היכן הוא הדר התורה ויופיה וגדולתה ועל כיוצא בזה נאמר אם צדקת מה תתן לו ואם חטאת מה תפעל בו כי השכר והעונש אשר עליהם הוא לך לבדך אמנם בסודות התורה ובעסק כוונת המצות ע"ז נאמר בהפך אם בטובה נאמר תנו עוז לאלהים ואם ברעה נאמר צור ילדך תשי ונאמר ויצאו וראו בפגרי האנשים הפושעים בי בי דיקא ולא לי בי ממש כביכול. וכו'. ת"ח מה כתיב אם לא תדעי לך היפה בנשים אם אנת אתיא בלא ידיעה ולא אסתכלת בחכמה עד דלא אתית להכא ולא ידעת רזין דעלמא עילאה אע"ג דאנת היפה בנשים במצות ובמעשים טובים לית אנת כדאי למעיל הכא צאי לך וכו'. מצינו בר' אבהו אשר שופריה מעין שופריה דיעקב אע"ה כפי קשר נשמתו בו ואמרו בגמרא כי עליו נאמר זקן ונשוא פנים הוא הראש דא ר' אבהו שהיו נושאים פנים לדורו בעבורו בשמים והיה אומר בשעת פטירתו ואני אמרתי לריק יגעתי לתהו והבל כחי כליתי וכל בעל שכר יתמה מדברים אלה ולא יובנו זולתי במ"ש למעלה ענין הפרש עסק התורה בפשטיה שהם תורת העוה"ז אשר היא הבל לפני תורתו של משיח ותורת העוה"ב וז"ס לתהו והבל כחי כליתי וכו' כי שכר מצות ותורה הפשטיית היא בעוה"ז ובג"ע הארץ. האמנם למיעל לעלמא עילאה אי אפשר עד שיעסוק האדם כפי יכלתו כפי אשר תשיג ידו בחכמת הזוהר ואי לא כדין מפקי ליה מכל תרעין דעלמא עילאה אע"ג דאיהי יפה במצות ובמע"ט

Dans ce long exposé, il est clairement dit expliqué que les gens qui ne s'occupent que de la Tôroh révélée (un terme désignant le TaNaKh, le Talmoudh et la Halokhoh) ne recevront une récompense que dans ce Monde-ci sous la forme de richesses et d'honneurs, car la Tôroh révélée ne traite que des choses de ce Monde-ci, qui est physique et matériel ! Or, dans une célèbre Mishnoh que la plupart des Juifs récitent en guise de préparation à la prière du matin, il nous est enseigné ceci : אלו דברים שאדם אוכל פרותיהן בעולם הזה והקרן קימת לו לעולם הבא. כבוד אב ואם. וגמילות חסדים. והבאת שלום בין אדם לחברו ותלמוד תורה כנגד כולם « Celles-ci sont les choses dont l'homme consommera les fruits dans ce Monde-ci, tandis que le solde sera mis en réserve pour lui dans le Monde-à-Venir : l'honneur dû au père et à la mère, les actes de bienfaisance, l'établissement de la paix entre un homme et son prochain. Mais l'étude de la Tôroh équivaut à elles toutes ! ». HaShem nous récompensera non seulement dans ce Monde-ci, mais également dans le Monde-à-Venir, pour notre étude (et soumission) de la Tôroh, qui équivaut à toutes les Miswôth, car c'est grâce au fait qu'on l'étudie que l'on est capable d'accomplir les autres Miswôth exigées par HaShem ! Et lorsque Rébbi `Ali´azar, le maître de Rébbi ´Aqivo`, fut sur le point de quitter ce monde, de quoi discuta-t-il avec ses disciples ? La Gamoro` nous dit ceci dans Sanhédhrin : כשחלה רבי אליעזר נכנסו רבי עקיבא וחביריו לבקרו...נתקבצו כולן למקום אחד. אמרו לו: הכדור והאמוס והקמיע וצרור המרגליות ומשקולת קטנה מהו? אמר להן: הן טמאין וטהרתן במה שהן. מנעל שעל גבי האמוס מהו? ־ אמר להן: הוא טהור. ויצאה נשמתו בטהרה. Il passa ses derniers moments à discuter avec ses disciples des ustensiles qui transmettaient l'impureté rituelle et ceux qui ne les transmettaient pas, et non pas de ces stupidités kabbalistiques !

  1. Conclusion

Le livre du Rov Ya´aqôv Emden ne toucha pas un grand public, et fut même largement étouffé. Mais il semble que le Hatha''m Sôfér l'aimait et l'estimait beaucoup. Dans l'une de ses Tashouvôth3, il ressort qu'il était d'accord avec les arguments anti-zôhariques contenus dans le livre du Rov Ya´aqôv.

Rabbi `Ali´azar Fleckeles, le principal disciple du Nôdha´ BiYhoudhoh (le Rov Yahazqé`l Landau, 1713-1793), qui lui succéda à la tête de la communauté juive de Prague et composa le Shou''th Tashouvoh Mé ahavoh dans lequel il mentionne également le livre du Rov Ya´aqôv Emden, et révèle a propre opinion du Zôhar au Simon 26 de son livre : עלה אחד מתלמוד בבלי קדוש יותר מכל ספר הזוהר « Une seule page du Talmoudh Bavli est plus sage que l'entièreté du livre du Zôhar ».

Ce remarquable rabbin, qui fut un génie de la Tôroh, parvint avec succès à interdire toute littérature kabbalistique dans les terres tchèques, d'abord par l'intermédiaire du Roi Joseph II (qui régna de 1780 à 1790), puis du Roi Francis II (qui régna de 1792 à 1835). Il donne trois arguments supplémentaires à son opposition au Zôhar :
  1. Les kabbalistes prétendent que même le Ramba''n croyait ardemment que la Qabboloh est vraie. Que l'on croit en cela ou pas, et peu importe de qui pourrait provenir une telle affirmation, nous ne possédons aucune tradition sur la Qabboloh du Ramba''n.
  2. Quand le `Ari a affirmé qu'après le Ramba''n la chaîne de transmission de la Qabboloh cessa, cette affirmation ne fut jamais remise en question par les kabbalistes qui prétendent que le Zôhar était connu du Ramba''n. Or, toute la Qabboloh que nous avons aujourd'hui ne découlent que du Zôhar et du `Ari. Vu qu'il n'y a aucune source antérieure pour confirmer le Zôhar (« découvert » au 13ème siècle), rien de ce qui est dit dedans ne doit avoir de valeur pour nous au niveau pratique et philosophique.
  3. Lorsqu'il avance que la propagation de la Qabboloh a causé des maux physiques et mentales, l'histoire révèle des statistiques frappantes : il existe un nombre impressionnant de rabbins célèbres qui ont dépensé beaucoup d'énergie pour répandre la parole kabbalistique mais furent retranchés de ce monde par HaShem d'une manière ou d'une autre, que ce soit le `Ari qui est mort à 34 ans, ou Shabbathaï Sévi qui est devenu Moumor (apostat) en se convertissant à l'Islam), ou le Moghén `Avrohom qui a inséré bon nombre des pratiques du `Ari dans la Halokhoh populaire et est mort à 46 ans, ou le Ramha''l qui fut chassé hors d'Europe et est mort à 40 ans, ou les rabbins A, B, C, D, de notre époque, qui ont propagé beaucoup de Zôhar et de Qabboloh en public, mais sont morts dans la fleur de l'âge. Moi-même je connais des gens devenus littéralement fous et mentalement instables à cause de la Qabboloh. En outre, certains rabbins disent discrètement que l'on peut remarquer un énorme nombre d'ignorants de la Halokhoh et même de la Tôroh dans les communautés qui ont adopté des pratiques kabbalistiques à grande échelle.

Au siècle dernier, l'existence du Mitpahath Saforîm fut généralement et simplement jeté sous le tapis. Actuellement, il existe même une interdiction Harédhi de republier ce livre. Il est vrai qu'il est plus avantageux de garder le peuple dans l'ignorance de façon à préserver intacts le pouvoir et l'autorité des rabbins Harédhim.

Les idées exprimées dans le Zôhar sont tellement mélangées au mensonge et au paganisme, que tout ouvrage lié de près ou de loin à la Qabboloh du Zôhar ne peut jouir de la moindre crédibilité, peu importe son auteur.

Les kabbalistes qui ont concocté ce mélange empoisonné ont volontairement caché ces idées hérétiques et blasphématoires au milieu d'une forêt de textes de la Tôroh, de Halokhôth et d'enseignements de nos Sages, dans une tentative claire de compromettre tout ce qui nous a été transmis sur la Tôroh et le Monde-à-Venir. Et après cela, nous devrions avoir foi en ces kabbalistes et considérer que la Qabboloh contient les idées et enseignements les plus saints de notre religion ? Devrions-nous accepter, après tout cela, de changer nos idées, croyances et pratiques, pour embrasser les leurs ?

Que Dieu nous en préserve !

Tout ce que nous avons exposé dans cette série d'articles n'était qu'une brève exposition du problème que pose le Zôhar. Mais toute personne de bonne volonté ou qui aspire à servir HaShem de la façon la plus pure (sans hérésie et idolâtrie) et sincère possible est invitée à faire ses propres recherches et à juger par elle-même si la Qabboloh est authentique et si les enseignements qui y sont contenus sont saints et conformes à ce qui nous est dit et enseigné dans la Tôroh et le Talmoudh !

1Shamôth 24:18
2Wayyiqro` 1:1

3Shou''th Hatha''m Sôfér 6:36
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