jeudi 22 décembre 2016

Hanoukkoh : allumer dehors est l'essence de la Miswoh

ב״ה

Hanoukkoh : allumer dehors est l'essence de la Miswoh

Illustration : Des soldats Juifs allemands célèbrent Hanoukkoh durant la Première Guerre Mondiale, en 1916

Cet article peut être téléchargé ici.

Dans son « `iggarath Hashamadh »1 (Lettre sur l'Extermination), le Ramba''m ז״ל rapporte l'anecdote historique suivante concernant la période de persécution grecque :

Ce qu'il s'est passé en `aras Yisro`él sous le méchant empire grec est également bien connu ; il fit passer des décrets sévères et mauvais, parmi lesquels l'interdiction pour quiconque de fermer la porte de sa maison afin qu'il ne s'isole pas pour s'adonner à quelque Miswoh que ce soit. Les Sages plaidèrent en leur faveur...

Le Ramba''m souligne cet aspect moins connu de l'oppression grecque afin d'expliquer pourquoi l'allumage des lumières de Hanoukkoh doit, idéalement, être réalisé à l'entrée de chaque maison. (Voir la cinquième partie des « Lois relatives à Hanoukkoh », dans laquelle nous avions fait mention de cette Halokhoh.) Ce furent les portes et corridors menant aux maisons qui empêchaient chaque famille israélite de maintenir une vie religieuse sous la domination grecque, et par conséquent, assez logiquement et de façon tout à fait appropriée, nous allumons les lumières de Hanoukkoh spécifiquement à l'entrée de nos maisons, à l'extérieur, pour célébrer notre triomphe sur l'oppression grecque.

C'est cet aspect-là de l'oppression grecque que le Ramba''m avait à l'esprit lorsqu'il a expliqué, dans son Mishnéh Tôroh, la Miswoh de l'allumage des lumières de Hanoukkoh : מִצְוָתָהּ שֶׁיִּהְיֶה כָּל בַּיִת וּבַיִת מַדְלִיק נֵר אֶחָד « L'idéal de la Miswoh consiste à allumer dans chaque maison une seule lampe. »2 Que le minimum requis soit l'allumage d'une seule lampe par maison fut déjà établi dans le Talmoudh lui-même3, mais le Ramba''m semble avoir poussé ce concept un niveau plus haut. On aurait pu arguer que dans le fond, chaque individu porte la responsabilité d'allumer les lumières de Hanoukkoh, mais qu'au niveau pratique on peut s'acquitter de ce devoir par l'allumage des lumières de Hanoukkoh effectué par un autre membre de la famille (comme c'est généralement le cas, par exemple, pour les lampes de Shabboth). Cependant, le Ramba''m définit l'obligation comme incombant à la maison, et non aux individus. (On peut donc déduire que, selon lui, un sans-abri est exempt de la Miswoh de l'allumage des lumières de Hanoukkoh, tout comme il est exempt de la Miswoh de la Mazouzoh, étant donné qu'il n'a pas de maison.) Puisque, comme le Ramba''m le rapporte dans son `iggarath Hashamadh, les lumières de Hanoukkoh commémorent le décret exigeant que la porte d'entrée des maisons israélites soit constamment laissée ouverte, HaZa''l ont décrété une obligation que des lumières soient allumées devant chaque maison israélite durant Hanoukkoh.

Ce décret aide également à expliquer l'insistance traditionnelle concernant l'affichage public des lumières de Hanoukkoh, ce que l'on appelle פִּרְסוּמֵי נִיסָא « Pirsoumé Niso` » (publication du miracle), qui est essentiel dans la célébration de Hanoukkoh. Les grecs ont cherché à empêcher les Israélites même l'observance privée des Miswôth ; nous célébrons donc leur défaite par l'observance publique de cette Miswoh, nous réjouissant de notre liberté de pratiquer la Tôroh fièrement et ouvertement, sans crainte, ni intimidation.

Par conséquent, tous ceux qui pourraient allumer les lumières de Hanoukkoh à l'extérieur de chez eux, mais le font à l'intérieur, n'agissent pas correctement lorsque l'on garde à l'esprit le message essentiel que nous transmet la fête de Hanoukkoh. Ils donnent l'impression que nous devons vivre cachés, que nous sommes persécutés, ou qu'il y aurait aujourd'hui une crainte d'afficher publiquement qui nous sommes. Or, c'est justement pour réaffirmer sans honte que nous sommes des Israélites, serviteurs du Dieu Tout-Puissant, et que nous n'avons pas honte de notre fidélité envers la Tôroh, que nos Sages ont institué l'allumage des lumières de Hanoukkoh. Ils n'ont prévu que deux exceptions permettant de ne pas allumer les lumières de Hanoukkoh à l'extérieur des maisons : 1) si on vit dans un immeuble d'appartements, on allumera à l'intérieur de chez soi, près de la fenêtre, de façon à ce que nos lumières de Hanoukkoh soient visibles de l'extérieur pour les passants ; 2) si on est dans une période de persécution d’État et de grands dangers pour les Israélites (ce qui n'est pas du tout le cas dans la plupart des pays dans lesquels nous vivons aujourd'hui), on allumera à l'intérieur de chez soi, même sur une table ou dans sa chambre à coucher, c'est-à-dire tout endroit de sa maison d'où les lumières de Hanoukkoh ne seront pas visibles de l'extérieur, afin de garantir la sécurité de ceux qui allument.

Excepté dans ces deux cas, lorsque nous allumons dans nos maisons plutôt qu'à l'extérieur des entrées de nos maisons, nous renvoyons le mauvais message et annulons même par-là le sens de l'allumage des lumières de Hanoukkoh.

Nous vivons à une époque où nous sommes libres de pratiquer notre foi, sans crainte, ni intimidation, et il n'y a pas de persécution d’État. Cessons de nous victimiser ou de vivre constamment dans la peur ou le « qu'en dira-t-on ? » N'écoutez pas les rapports alarmistes et mensongers que font circuler dans les communautés juives ceux qui ont intérêt à répandre la peur et faire immigrer les Juifs vers l’État d'Israël. Nous sommes des Israélites, les serviteurs d'HaShem ית׳, et c'est Lui que nous craignons, ce sont Ses Miswôth que nous chérissons et pratiquons. Même durant la Première Guerre Mondiale, les soldats Juifs n'avaient pas honte d'accomplir publiquement les Miswôth d'HaShem. Alors, à combien plus forte raison devons-nous faire cet effort aujourd'hui. Cela incombe encore plus à ceux qui vivent dans des quartiers à forte population juive, qui devraient commencer à allumer leurs lumières de Hanoukkoh dehors et non plus à l'intérieur de chez eux.

Comme l'a écrit Dowidh Hammalakh ע״ה, dans ses Tahillim : בְּךָ-יהוה חָסִיתִי; אַל-אֵבוֹשָׁה לְעוֹלָם « En Toi, `adhônoy, je m'abrite ! Puissé-je ne jamais avoir honte ! »4, et אֱלֹהַי--בְּךָ בָטַחְתִּי, אַל-אֵבוֹשָׁה; אַל-יַעַלְצוּ אוֹיְבַי לִי. גַּם כָּל-קֹוֶיךָ, לֹא יֵבֹשׁוּ; יֵבֹשׁוּ, הַבּוֹגְדִים רֵיקָם « Mon Dieu, en Toi j'ai placé ma confiance. Que je n'ai point honte ! Que mes ennemis ne triomphent pas de moi ! Aussi, tous ceux qui espèrent en Toi n'auront pas honte ; n'auront honte que ceux qui sont gratuitement perfides. »5

Ce n'est pas sur nous que doit être la honte ! D'ailleurs, comment pourrait-on même avoir honte de servir le Créateur de tout ?

Tous ceux qui le peuvent, et sont dans les conditions appropriées pour le faire, je les invite à allumer leurs lumières de Hanoukkoh à leurs portes, à l’extérieur ! C'est l'essence de la Miswoh et le message central que nous transmet l'institution par nos Sages de la fête de Hanoukkoh : nous avons vaincu ceux qui voulaient même nous interdire l'observance privée des Miswôth, et nous sommes à présents libres de les observer même en public !

1Page 43
2Hilkôth Maghilloh Wahanoukkoh 4:1
3Shabboth 21b
4Tahillim 71:1

5Ibid., 25:2-3
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...